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34 [ci l'édition primitive du Quen-hientong-kao offre, avec les éditions postérieures, une variante qui par le changement d'un seul caractère (le caractère Fi ki substitué au caractère K. ki), change complétement le sens général. Si l'on adopte la correction, on doit traduire comme l'a fait Abel Rémusat: « A la cinquième ou la dixième lune, il court un vent pestilentiel, » sans voir aucune liaison entre cette phrase et la précédente ;
mais la forme si différente des caractères
gonner une faute de copiste et je soupgonne, au contraire, l'éditeur des réimpressions d'avoir altéré la version originale faute d'en saisir le véritable sens, pour n'avoir pas lu ou pour n'avoir plus présent à l'esprit ce quia été dit plus haut, à l'articie Tchi tou, de l'infection des eaux de la mer sur les côtes de l'Inde transgangétique, et de la cause qu'on lui attribuait (voir ci-dessus p. 475). C'est pourquoi J'ai cru devoir m'en tenir au texte de l'é-
dition de 1524.
Près de la capitale est une montagne nommée Ling-kia-po-po*\, au sommet de laquelle s'élève un temple toujours gardé par mille soldats et consacré à l'esprit nommé Po-to-li, auquel on sacrifie des hommes. Chaque année, le Roi va dans ce temple faire lui-même un sacrifice humain pendant la nuit. C’est ainsi qu'ils honorent les esprits. Beaucoup des habitants du Tchin-la suivent la loi de Bouddha ; beaucoup d'autres pratiquent le culte du fao. Les bouddhistes et les fao-sse placent des images pieuses dans les maisons où s arrêtent les voyageurs *”.
Au temps de la dynastie des Soul, dans la douzième année ta-nie (616), les gens de ce pays envoyèrent des ambassadeurs chargés d'offrir le tribut. L'Empereur les recut avec de grands honneurs ; mais ensuite les relations furent interrompues.
Sous le règne de la dynastie des Tang, entre les années ou-te (618-627) et les années ching-li (699-700), le Tchin-la envoya quatre fois des ambassadeurs.
Après les années chin-long (705-707), ce pays fut partagé en deux états. La moitié septentrionale, remplie de montagnes et de vallées fut appelée Tchin-la de terre’. La moitié méridionale, bornée par la mer et couverte de lacs, fut appelée T'chin-la d'eau”. Le Tchin-la d'eau a 800 li d’étendue. Le Roi habite la ville de Po-
34 FE {mn EX VE culte (note d'Abel Rémusat\.
» | - LE € 35 VIE H, #1 37 DA IE. HE Lo-tchin-la, plus lit- 36 Il est plus vraisemblable que là, téralement Haut Tchin-la. - =. $ comme à la Chine, les voyageurs s'ar- 38 A IE. He Choui-tchin-la.
rétent dans les édifices consacres au
lo-ti-pa ”. Le Tchin-la de terre, aussi nommé Quen-tan!* ou Poleou*!, a 700 li d’étendue. Le Roi porte le titre de fsiaï-kiu “ Au temps des années kaï-ouen et tien-pao (713-755), le prince héritier vint à la Cour avec une suite de vingt-six personnes, toutes de sa parenté. L'Empereur lui conféra le titre de ko-y-tou-ouei*?.
Dans les années fa-li (766-780), le vice-roi du Tchin-la d'eau, nommé Po-mi*', fit une visite d'hommage ; il était accompagné de sa femme. Il offrit en tribut onze éléphants apprivoisés. On accorda à ce Po-mi un titre honorifique et on lui donna de plus le surnom de Pin-han* (hôte de l'Empereur). Bientôt après l’empereur Tetsong étant monté sur le trône fit lacher tous les oiseaux précieux et tous les animaux rares entretenus à grands frais. Quant aux éléphants apprivoisés, que les barbares du midi avaient offerts et qui étaient nourris, au nombre de trente-deux, dans les jardins des résidences impériales, tous furent envoyés au midi du Kingchan".
Au milieu des années youen-ho (806-820), le Tchin-la d'eau offrit encore le tribut.
Au nord-ouest du Ouen-tan ‘7, est un royaume qui en dépend
39 VE RE Hi FR que le nord d'un fleuve, indique le midi F K Hi d'une montagne.
si VE pH #7 C'est-à-dire : au nord-ouest du Tchin- 42 À JE la de terre, puisqu'on a vu plus haut que 43 LE KI Al Ed Protecteur ferme Quen-tan était un nom qui servait à dési-
et persévérant. gner le méme pays. — Ma-touan-lin extf trait ses documents de sources différentes
et les transcrit sans y rien changer.
et qui se nomme 7san-pan **. La huitème année ou-te (625), on vit venir avec des envoyés de ce pays ceux d'un autre petit état, également dépendant du Queh-tan et dont les habitants ne portent pas de vétements. La vue d'un homme habillé les fait rire. Ils n'ont ni sel ni fer et se servent d'arbalètes de bambou pour vivre de leur chasse.
Sous les Song, à la douzième lune de la sixième année {chingho (1116), le roi de Tchin-la ‘* envoya comme ambassadeurs deux grands dignitaires de son royaume, dont l’un se nommait Xïeoumo-seng-ko% et l'autre Mo-kiun-ming-kin-sse®'. Ils vinrent avec une suite de quatorze personnes. On leur donna des habits de Cour et alors Kieou-mo-seng-ko dit à l'Empereur : « De loin, les nations du midi et de l’occident ont les regards fixés sur les heureux changements qui s’opèrent dans le sort des peuples, par les saintes institutions de l’Empire. A peine arrivons-nous pour contempler de près votre gloire, que déjà nous sommes comblés de vos bienfaits. Bien que nous n’ayons pas encore pu vous prouver notre grand attachement ni faire éclater notre vive reconnaissance, nous sollicitons la permission de paraître à l'audience impériale avec les habits qui nous ont été donnés. » — L'Empereur leur accorda ce
qu'ils demandaient et voulut que tous les détails de leur réception
48 Voir ci-dessus, note 20. Dansle Peï- tradiction sans prétendre de l'expliquer. ouen-yun-fou, on lit: « Au sud-ouest du 4 Le texte ne dit pas s'il s’agit du Tchin-la, à plus de mille li, est le royaume Tchin-la de terre ou du Tchin-la d'eau. de Tsan-pan.» Ici, le Tsan-par est indi- 50 HÉ > {a dI qué comme étant placé au nord-ouest du SI es À HH Fà AE
Tchin-la. Je me borne à noter cette con-
fussent consignés dans les annales officielles. L'année suivante (1117), à la troisième lune, ces étrangers prirent congé et s'en retournèrent au Tchin-la. La seconde année siouen-ho (1120), de nouveaux envoyés du même pays arrivèrent encore. Leur roi recut l'investiture avec des honneurs égaux à ceux qui étaient accordés au roi de Tchen-tching *.
Le Tchin-la touche aux frontières méridionales du Tchentching *. Il a la mer à l’est, le Pou-kan à l'ouest et le Xïa-lo-h1 * au midi. Ses villes fortifiées, ses bourgades et aussi les mœurs de ses habitants ressemblent beaucoup à celles du Tchen-tching. Son étendue est de sept mille li. On voit dans ce pays une tour de cui-
vre, avec vingt-quatre tourelles pareillement en cuivre et huit figures
53 La notice sur le Tchen-tching viendra plus loin, Ici le texte éenumère, dans une note intercalaire, tous les titres qui étaient concédés au roi de Tchen-tching, et qui vraisemblablement furent accordés de même à celui de Tchin-la. Ces titres étant, pour la plupart, tout à fait intraduisibles, je me contenterai de renvoyer le sinologue qui voudrait les dépouiiler au feuillet 4 (recto) livre 332 du Ouenhien-tong-kao, édition de 1524.
53 Cette nouvelle description du Tchinla, qui recommence ici, est extraite de la Géographie des Ming et nous fait voir
une fois de plus le système adopté par
Ma-touan-lin de reproduire simplement, sans songer à les fondre, les matériaux qu'il emprunte des sources différentes, dans un ordre chronologique. — Rémusat a extrait, à son tour, de cette Géographie des Ming plusieurs détails omis par Matouan-lin et néanmoins intéressants, notamment ceux qui se résument ainsi: « Le Tchin-la fut partagé en deux états, après les années chin-long (705-707); mais ensuite ces deux états furent de nouveau réunis en un seul, avant les années
tching-ho'(1111-1117).»
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d'éléphants du même métal, placées comme pour garder les tours, pesant chacune quatre mille livres. Le royaume possède des éléphants de guerre au nombre de deux cent mille #° et une multitude de chevaux, mais qui sont petits.
La troisième année kien-youen (1128), l'Empereur conféra de hautes dignités au roi de Tchin-la, nommé Kin-peou-pin-chin%, qui fut reconnu grand vassal de l'Empire. Quelques difficultés relatives aux affaires de commerce furent ensuite examinées et réglées, entre la première et la dix-septième années chao-hing
Longtemps le Tchin-la eut des relations amicales avec le Tchen-tching, auquel il payait chaque année une certaine redevance en or; mais, dans la quatrième année chun-hi (1177), le quinzième jour de la cinquième lune, le roi de Tchen-tching ayant assailli par mer la capitale du Tchin-la et enlevé les richesses que cette ville renfermait, le roi de Tchin-la jura de tirer de lui une vengeance éclatante, ce quil parvint à exécuter après dix-huit années de patiente dissimulation. Il fondit à l’improviste sur le Tchentching, au milieu de la période king-youen (1195-1200), détrôna le prince objet de sa haine et mit à sa place un de ses propres sujets. Depuis cette époque le roi de Tchen-tching est demeuré feudataire du roi de Tchin-la.
Un autre royaume dépendant du Tchin-la est celui de 7 chinli-fou 5’, situé à ses frontières du sud-ouest. Ce royaume de Tchin-
SE R SR Fine PEARL E=-. Pa permis de supposer qu'il a été commis st JA. H E
quelque faute de copiste en cet endroit.
li-fou est lui-même borné au sud-est par le pays de Po-sse-l/an* et au sud-ouest par le pays de Teng-lieou-mei®?. ll renferme environ soixante tribus, formant un pareil nombre de bourgades. Dans la sixième année king-youen (1200), la Cour apprit que le roi de Tchin-li-fou alors régnant, et déjà depuis vingt ans sur le tròne, envoyait en tribut diverses raretés de son pays et deux éléphants blancs*. l’Empereur ordonna de récompenser largement ce louable zèle, mais prenant en considération la longueur du voyage par mer que les envoyés d’un royaume si lointain avaient à faire, il décida pour l’avenir que le Tchin-li-fou serait dispensé d'offrir le tribut®!.