‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 134 sur 175 · I. di · texte numérisé non relu

I. di

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LO-TSA

seni

Le royaume de Lo-tsa est à l’est de celui de Po-li'. Ses habitants sont très laids ; ils ont la peau noire, les cheveux rouges, des dents de carnassiers et des ongles d'oiseaux de proie. De temps en temps, ils vont faire le commerce sur les côtes du Lin-y. Ils arrivent et se montrent seulement pendant la nuit; le jour ils se tiennent cachés. La mission chinoise envoyée au Tchi-tou par l’empereur Yang-ti dans la troisième année fa-nie (607), sous la conduite de Tchang-tsun, visita en passant le pays de Lo-tsa *.

! Ci-dessus, p. 457. 2 Voir ci-dessus, p. 471.

He 4

Ce royaume, qui fut connu au temps des Soui, est dans une grande île de la mer du midi, située au sud du Tchin-la. En partant de Kouang-tcheou! et faisant route au sud-ouest, on y arrive après cent jours de navigation. Le Roi se nomme Teou-ho-lo?, de son nom de famille, et Fou-ye-ki-yao* de son personnel. Il a plusieurs résidences. Les grands édifices sont couverts de tuiles. L’usage général des habitants de ce pays est de surmonter les maisons de terrasses et d'en peindre les murs de diverses couleurs. L.'enceinte fortifiée de la capitale ne renferme que le palais du Roi et ses dépendances; mais autour de cette enceinte sont groupées les demeures de plus de dix mille familles. Le Roi a cent gardes qui veillent sur lui jour et nuit. Toutes les fois qu'il donne audience. il porte un vêtement rouge d’aurore et met sur sa tête un bonnet d'or. À ses oreilles sont suspendus des anneaux ; à son cou est une sorte de hausse-col ! du même métal. Ses souliers sont faits de cuir

et ornés de pierres précieuses.

! Canton. os 1 Hr LÉ tà Ù TE PU : Litt.: bavette.

Dans l'ordre des fonctionnaires, on compte d'abord deux srands dignitaires résidant à la cour, dont l'un a le titre de {chaotsing-tsiang-kiun” et l'autre le titre de fsong-tchi-koue-tching®. Viennent ensuite des /san-kiun', kong-tsao*, tchu-pou”, tchingkiu \, kin-ouei-tsiang-kiun!', tsan-fou!, etc., les uns civils, les autres militaires. Les villes et circonscriptions territoriales sont classées en tcheou, kiun et hien!*. Chaque tcheou est gouverné par un fsan-kiun!; chaque kiun a son kin-ouei-tsiang-kiun et chaque hien son tching-kiu %. La hiérarchie est bien réglée ; l'administration fonctionne régulièrement.

La peine de mort est appliquée à ceux qui ont commis des vols importants. On punit les petits vols en perçant le nez et les oreilles du coupable et en lui rasant les cheveux des tempes. Celui

qui fabrique, sans autorisation, de la monnaie d'argent a le poi-

Ho vil NINE Nine 5 ti 11 34 CI Maréchal de de l'Empire chinois, offrent cependant la Cour (?). cela de remarquable qu'ils sont évidem-

’, ° 9e 6 a rl [i 19‘ Surintendant ment formés avec des dénominations chi-

de l'administration du royaume (?). noises. Le rapprochement est ici plus TX i frappant encore, par l'emploi de ces trois n 7 Hi | divisions territoriales, tcheou, kiun ct 9 +: sat lien, cmpruntées à la Chine, bien qu'apto i Ja) pliquées arbitrairement. (Voir la notc 8,

74 “rs

vo X Es: Hi page 4, dans le volume ORIENTAUX). 12 + a li Ci-dessus, note 7.

13 Les titres de fonctions énumérés 15 Ci-dessus, note 11

plus haut, sans être exactement confor- "6 Ci-dessus, note 10.

mes à ceux de la hiérarchie administrative

gnet coupé. Il n'existe, pour les impôts, aucune obligation ni aucune taxe régulière ; chacun offre plus ou moins, selon ses ressources et sa volonté. Une partie de la population se livre à l’agriculture ; l’autre s’adonne au commerce. Les habitants voyagent montés sur des éléphants. Ils se servent aussi de chevaux; mais c'est à peine s'ils en possèdent un millier dans tout le royaume, et encore ne savent-ils leur appliquer ni la selle ni le mors. Ils ne savent que leur percer les joues et passer dans les trous cicatrisés une corde qui fait l'office de bride. Pour la musique, ils ne connaissent que la conque et le tambour. Les funérailles commencent par des sacrifices accompagnés de grandes lamentations ; ensuite, on brule le mort, on recueille les cendres dans un vase de terre cuite et ce vase est précipité dans des eaux profondes. Celui qui a perdu son père ou sa mère doit se raser la tête. Le commerce emploie des monnaies d'argent, mais qui sont très minces ct très petites ‘?. On pratique également la religion de Fo et le culte du tao. L’Etat entretient des écoles publiques; l’écriture qu'on y enseigne ne ressemble pas à celle de la Chine.

Des anciens de ce royaume disent que le Roi n'a point de nom de famille, mais seulement un nom personnel, qui est Tsi- Ichang-mo 8. Les maisons sont couvertes de paille. Le Roi habite une tour qui ressemble à une tour bouddhique ; elle est ronde et

dorée. Les ouvertures en sont tournées vers l’orient, comme celles

17 Litt.: Comme des graines d'orme. mais on reconnait promptement que cette 18 pe FL PE Ceci est en contra- contradiction tient au système de compidiction avec ce qui a été dit plus haut, que lation chronologique adopté par Afa-

le nom de famille du Roi était Teou-ho-lo; touan-lin, système dont nous avons déjà

de toutes les habitations du pays. Au milieu des années tchingkouan de la dynastie des Tang (627-650), des enyoyés du Teou-ho vinrent à la Cour, apportant des lettres pour l'Empereur enfermées dans une boite d'or. Ils offrirent en tribut des vases d'or de différentes formes, une ceinture ornée de pierres précieuses, un rhino-

céros, des éléphants et divers produits de la mer.

parlé plusieurs fois et qui consiste à cument rapporté ici appartient à l'époque réunir, sans essayer de les mettre d'accord, des Soui; le second est de l’époque des des documents puisés à des sources de Tang, comme on le voit quelques lignes

différentes époques. — Le premier do- plus bas.

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CHE-PO ou TOU-PO

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Le royaume de Che-po ou Tou-po! est dans la mer du midi,

' W. Williams a cru pouvoir identifier cc pays avec Ava, mais il est dit plus loin (art. Ho-lo-lan) que [kl VE est une ile, ce qui ne permet guère de s’arrèter à cette identification. St. Julien. sur l'un de ses dictionnaires, que je possède aujourd'hui, a annoté Java, opinion que M. de Rosny a émise et qui m'a été confirmée par M. Yang-ouen-hoeï, attaché à l’ambassade chinoise à Paris, très adonné aux études géographiques. M. de Rosny nomme ce pays Tou-po, tandis que M. Yangoucn-hoeï assure qu'on doit prononcer Che-po. — Le caractère FA se prononce également che et tou. L'opinion

d'un savant chinois est assurément d'un

grand poids; cependant, en parlant plus loin d'un royaume de Ho-ling auquel il consacre une notice, /a-touan-lin dit = à :

qu'on l'appela jadis ja IRE ou H DI variante d'orthographe qui parait affirmer la prononciation Tou-po. la ques tion me semble donc pour le moins indécise. Du rapprochement de cette notice avec celle du Ho-ling, et aussi avec celle du pays de Ho-lo-tan, il me semble résulter que Che-po ou Tou-po fut à la fois le nom de l'ile de Java et du principal royaume existant dans cette ile, où d'autres petits états ont cxisté simultanément.

Peut-être aussi plusicurs iles de /a Sonde

ont-elles été confondues sous la méme

(en partant du centre de ce royaume?) et en se dirigeant vers lorient, on arrive à la mer après un mois de marche. Si l’on s’embarque et si l'on continue d'avancer par mer dans la même direction, on arrive au royaume de Kouen-lun* après un demi mois de navigation. Du côté de l'uuest, la distance à parcourir pour atteindre la mer exige quarante-cinq jours de marche. Du côté du sud, on y arrive en trois jours, et si l'on s'embarque en continuant d'avancer dans la méme direction, on arrive au royaume de Ta-chi', après cinq jours de navigation. Du côté du nord, on arrive à la mer en quatre jours; et si l'on fait voile ensuite vers le nord-ouest, on peut se rendre à la Chine en suivant l’itinéraire que voici: quinze jours de navigation et l’on touche au royaume de Po-ni*; encore dix jours de mer et l'on passe devant le royaume

de San-fo-tsî"; encore sept jours et l'on parvient au royaume de

dénomination. — Ajoutons que, selon St.

x; Julien. la grande Java est appelée K UE Ta-po (Grande Po) par quelques géographes chinois.

2 [.e membre de phrase placé ici entre parenthèses n'est pas dans le texte chinois. Comme il faut de toute nécessité un sous-entendu pour l'intelligence de ce qui suit, j'avais pensé d'abord que les distances étaient supposées partir de la capitale du royaume ou séjour du Roi, mais le savant lettré que j'ai déjà cité dans la

note précédente m'a assuré qu'en style géo-

graphique chinois le sens devait être completé ainsi que je l'ai tait d'après son avis.

3 134 US) Nous avons vu déjà plusieurs Aouen-lun qu'il serait impossible de reconnaître ici. Ed. Biot dit que les Chinois donnaient aussi ce nom à l'île de Poulocondor dans la mer de Cochinchine.

Ù Xx Ta Nom général des Arabes, dit Ed. Biot.

5 EE) 1 La notice sur ce pays viendra plus loin.

6OLL. ih? 7A La notice sur ce

pavs viendra plus loin.

Kou-lo'; encore sept jours et l’on mouille au port de T'chaï-liting*, d'où l'on atteint Kouang-tcheou”, en côtoyant le Æiïao-tchi'.

Ce royaume est couvert de plaines fertiles, propres à la culture du riz, du sésame. du chanvre, du millet et des dolics ; mais on n'y récolte pas de froment. Le peuple paie l'impôt en nature. Cet impôt est fixé au dixième de la récolte. Les habitants du pays font bouillir l’eau de la mer pour en tirer du sel. Ils ont en abondance des poissons, des tortues, des poules, des canards et des chèvres, et ils assomment encore des bœufs pour les manger. Leurs fruits sont le coing, la noix de coco, les bananes, la canne à sucre et l’arum!'. Le sol leur fournit de l'or et de l'argent, du soufre, des parfums, des noix d’arec, des graines de carvi, du poivre, du safran, de l'aloës, du bois de sandal et du bois de sapan. Ils élèvent des vers à soie et fabriquent des étoffes de soie de plusieurs sortes ; ils tissent également le coton ki-pei. Ils découpent des feuilles d'argent pour faire des monnaies très minces, employées dans le commerce. Les fonctionnaires recoivent douze mesures de millet, ou l’équivalent en monnaies d'or !?. Leurs maisons sont fort belles, ornées de dorures et de lapis-lazuli.

Les négociants chinois qui visitent ce pays sont logés dans des hôtels destinés à les recevoir, bien traités et nourris avec

d ; ne Je 13 Le texte ne dit pas de quel rang HE = t=da SR FÉ rp sont les fonctionnaires (E) qui revoi- * Canton, vent ce traitement de douze mesures ou ‘0 Ci-dessus, p. 307. boisseaux, ni s'il est mensuel comme à

++ 4 -4- The raro; also applied to la Chine.

other edible tubers (NV. Williams).

autant d'abondance que de propreté. On ne leur sert pas de thé, le pays n’en produisant pas; mais on leur offre une sorte de vin fabriqué avec du lait de coco, ou bien avec la moelle du h1a- Jeou-tan \*, arbre qui n'existe pas à la Chine et, de plus, une liqueur très bonne et très parfumée, tirée de la noix d’arec.

Le code pénal est des plus simples. A la seule exception des brigands et des meurtriers qui sont mis à mort, tous les autres criminels rachètent à prix d'argent la peine qu'ils auraient encourues, payant un peu plus ou un peu moins, selon la gravité des cas.

Le Roi noue ses cheveux sur le sommet de la tête, en forme de marteau et met dans sa coiffure des clochettes d'or. Il porte une longue robe de soie et des souliers de cuir. Il s'asseoit sur un lit de forme carrée. Ses ministres et ses grands officiers doivent se présenter devant lui tous les jours ; ils se prosternent trois fois et se retirent aussitôt. Quand il sort de son palais, il monte sur un éléphant, ou quelquefois dans une voiture découverte. Cinq à six cents gardes l’accompagnent!', Chacun s'agenouille à l'approche de son cortège et ne se relève qu'après quil a passé. Les trois fils du Roi sont vice-rois !. Quatre grands dignitaires du titre de /o-kilien dirigent les affaires du royaume ; leurs fonctions sont à peu près celles de nos ministres, mais ils n'ont point de traitement régulier. De temps en temps, sans époque fixe, on leur alloue des

grains et autres denrées provenant de l'impôt foncier. Viennent

< 1h+ ti jte JE F} tif ont une date fixe, puisqu'il s'agit d'un roi 14 Litt.: cing à sept cents. qui avait précisément trois fils. | HE fé I li On voit que ces documents ne sont 67 In pas donnés d'une manière générale, mais

A TSUME GUSA. 8 à: 328

ensuite plus de trois cents fonctionnaires importants, parmi lesquels figurent des sieou-tsaî!’ et des fchang-ouen'*, qui gèrent les comptes du trésor, et enfin un millier environ de fon:tionnaires d'un degré inférieur, chargés de la police des villes ou employés dans les divers services de l'Etat. Les chefs de l’armée reçoivent, deux fois par an, dix onces d'or. L'armée est forte de trente mille hommes; officiers et soldats recoivent également leur solde en or.

Les mariages se font sans intermédiaires. Le prétendant offre de l'or à la famille de celle qu'il recherche et l'acceptation du présent lui donne aussitôt les droits de l'époux. A la cinquième lune, on se promène en bateau ; à la dixième lune on gravit les montagnes !*; les uns montent des chevaux d'une race particulière *, ayant le pied très sûr ; d’autres sont portés sur une chaise flottante formée de cordes et de deux planchettes. Les gens du peuple dansent au son d'une flûte transversale et des kou-pan?!, qui sont des cymbales de bois. Ils laissent flotter leurs cheveux en désordre. Leur costume consiste uniquement dans un morceau d'étoffe qui s’enroule à la taille et descend jusqu'aux genoux. Les malades ne prennent aucun médicament; ils se contentent d'adresser des prières aux esprits ou à Bouddha ; il n'existe pas de noms de famille, mais seulement des noms personnels. Dans la langue de ce pays les vraies perles se disent: mo-tie-hia-lo*®*, les dents:

kia-lo*?, des parfums : kouen-tun-lou-ma *, un rhinocéros : ti-mi**.

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