‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 148 sur 175 · HO - CHAN · texte numérisé non relu

HO - CHAN

Ma-ou". Au printemps, il y tombe de grandes pluies après lesquelles vient la saison du feu. Le feu, qui s'allume de lui-même, blanchit l'écorce des arbres, d'abord noircie par la pluie, et aussitôt les habitants de toutes ces îles dépouillent les arbres de leur écorce blanche, pour en fabriquer une étoffe et pour faire aussi des mèches de lampe. L'étoffe qu'ils fabriquent est imcombustible ; dn la nettoie en la mettant dans le feu.»

Il existe encore, àu nord du royaume de Xïa-yng'® et à l'ouest du royaume de 7chu-po?, une montagne (ou une île) qui a 300 /i de tour. De la quatrième lune à la fin de l’année elle ne cesse de brûler. Quand le feu s'allume, les feuilles tombent et la végétation s'arrête, comme à la Chine durant l'hiver. A la troisième lune, les habitants des îles voisines visitent cette montagne pour dépouiller ses arbres de leur écorce, avec laquelle ils fabriquent l'étoffe appelée ho-hoan-pou!.

employée ici comme synonyme de Ho- ceux qui la fabriquaient en trouvaient la

chan. Il ne saurait être question de ces îles substance dans l'écorce d'un arbre, elle

qu'incidemment dans une description du s'explique peut-être par les récits d'un Fou-nan.

6 HE h. On pourrait également

traduire : des îles Ma-ou.

voyageur que nous allons citer. Les notices qui se succèdent ici dans l’œuvre de

Ma-touan-lin se rapportent presque tou-

7 Voir plus loin la note 10.

HE

tes aux nombreux archipels qui s'éten-

dent de Sumatra à la Nouvelle-Guinée.

* Ci-dessus, note 3, vile 0 À IT ff (L'étoffe qui se lave dans le feu). 11 s'agit évidemment de toile

d'amiante. Quant à l'erreur de croire que

L'identification particulière de chacune des îles désignées sous leurs noms chinois est un travail épineux qui exige beaucoup

de réserve. Je remarquerai toutefois que

les voyageurs du XV[me et du XVI[me siècles, Lope Soarez de Albergaria, Middleton, Dampier, etc., parlent d'un grand nombre d'îles volcaniques dans les Moluques et mentionnent même des fles brilantes, où le feu semble sortir de terre.

Antonio de Brito, notamment, voyageur portugais qui fit voile en 1521 de Malacca aux îles Moluques, donne la relation que voici: «On compte (aux îles Moluques) «cinq îles principales, Ternate, Tidor, Mousel, Maquien et Ma-chan. — Quelques-unes de ces îles ont des montagnes ardentes, particulièrement celle de Ternate. Les habitants mangent moins de

chair que de poisson, quoiqu'ils puissent

s'en procurer également ; mais leur principale nourriture est une sorte de pain fait de l'écorce d'un arbre qui ressemb'e au palmier. {ls tirent aussi de cet arbre et de quelques autres leur vin et leur vinaigre. » (Hist. gén. des voyages, t. 1, p. 126). Si la relation de Brito est exacte, ou en pourra inférer que les Chinois, recueillant de la toile d'amiante dans un pays où ils ont vu les indigènes faire provision d'écorces d'arbres, se sont imaginé que ces écorces servaient à la fabrication du tissu. — Ajoutons, pour terminer, que M. Yang-ouen-hoeï range l'ile Mindanao

(des Philippines) parmi les Iles de feu.

CS

NE

Ce royaume fut connu à l'époque des Soui!. Il est à 2000 li environ à l'ouest du Fou-nan?. Les routes y sont bordées d'arbres

pi-pa et autres arbres fruitiers, qui donnent beaucoup d'ombrage.

' Voir ci-dessus la note 7, p. 511 (article Pien-teou).

2 Nous avons vu précédemment que le Fou-nan, dont la notice se rencontre ci-dessus, p. 436, occupait une partie de l'Inde transgangétique, et nous venons de passer en revue avec Ma-touan-lin divers pays situés à l’est du Fou-nan, c'est-à-dire dans la direction des îles Philippines, de Bornéo. des îles de la Sonde, des Moluques, des Célèbes, etc. Ici, nous sommes

ramenés dans la direction tout opposée,

bien que nous devions un peu plus loin retourner aux îles des mers de la Sonde; cela tient, sans doute, à ce que Ma-touanlin donne successivement, dans l'ordre où il les a recueillies, les notices extraites par lui de l’histoire des Soui et de l'ouvrage traitant du Fou-nan (et pays voisins), mentionné plus haut dans la note 4 de la notice précédente.

3 HE #0 Eryobotria japonica. l.e

bibassier.

De plus, le voyageur rencontre, de dix /i en dix /î, un fing', ou lieu abrité pour se reposer, et dans chaque #ng il trouve un puits. Les habitants mangent du pain de froment et boivent du vin de raisin, qui a l’apparence de la colle forte fondue?. Mêlé avec de

l'eau, ce vin est d’une saveur très agréable.

—t + Le paraîtrait signifier que la couleur du vin 5 Au dire des Chinois que j'ai con- était d'un rouge foncé tirant sur le

sultés, cette comparaison assez étrange jaune.

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