‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 160 sur 175 · YF · texte numérisé non relu

YF

2 On voit par la phrase suivante que

rapporté l’histoire de Kiu-youen dans l'E-

tude préliminaire placée en tête de ma tra-

le calendrier du Tchen-tching différait du Guction de son poème le Li-sao;j'aicité ce

calendrier chinois, de telle sorte qu’il pou- poème au sujet du Fou-sang (Ethnogra-

vait y avoir correspondance entre ce jour du quatrième mois, qu'on ne précise pas, et le cinquième jour du cinquième mois de l'année chinoise. Or, au cinquième mois de l'année chinoise, les habitants de la Chine entière font aussi des promenades nautiques sur des bateaux pavoisés, en commémoration de la triste fin du célèbre ministre Æiu-youen, qui se noya par

désespoir, l'an 298 avant notre ère. J'ai

phie des peuples étrangers, ORIENTAUX, p. 389) et, plusieurs fois déjà, nous avons constaté que la solennité des promenades en bateaux s'était répandue et perpétuée chez les peuples indigènes de la Chine méridionale et jusque dans les fles de la Sonde, ainsi qu'on l’a vu plus haut (article Chepo ou Tou-po, p. 498). Il est intéressant de retrouver encore la même tradition

en Cochinchine.

tice d’hiver est fixé au quinzième jour de la onzième lune. Ce jourlà, les habitants se réunissent entre eux et les villes offrent au Roi les productions les plus choisies de chaque localité. Le quinzième jour de la douzième lune, on construit une tour de bois en dehors des murs de la capitale. Le Roi et ses sujets de tous les rangs mettent sur cette tour des vétements avec des parfums. Ensuite la tour est brûlée, en sacrifice à l'Homme du Ciel®8.

Les malades cherchent des simples, dont ils prennent le suc tout frais?. Le pays ne produit pas de thé. Les boissons fermentées y sont inconnues. On ne boit que du lait de coco, en mâchant des noix d’arec.

La cangue et les entraves sont appliquées aux criminels. La peine ordinaire est la flagellation avec des baguettes flexibles. Le ‘ coupable est étendu par terre ; deux hommes à droite et deux hommes à gauche le frappent alternativement. Il reçoit de cinquante à cent coups, selon la gravité du délit. Quand la peine de mort est prononcée, le condamné est attaché à un arbre ; on lui perce la gorge avec une lance très pointue et sa tête est tranchée presqu'aussitôt. Le meurtre commis avec préméditation ou avec accompagnement de brigandage entraîne un autre mode d'exécution. On livre quelquefois le criminel au peuple qui le presse et l’étouffe ; d’autres fois on le fait écraser sous les pieds d’un éléphant très bien dressé pour cet office. Les adultères donnent un bœuf pour se racheter de la mort. Celui qui ne rend pas au Roi ce qui lui est dû est

23 XK A aux yeux des Chinois, qui usent toujours

29 Littér.: cru; observation notable des simples par infusion.

attaché à un poteau planté dans un lieu désert; il n’obtient sa délivrance qu’en faisant acte de soumission *?.

Ce royaume n'eut que de rares communications avec la Chine jusqu'à l'époque dc la dynastie des Tcheou postérieurs ‘!. Dans le courant des années hien-te (954-989), le roi de Tchen-tching, nommé Chi-li-yn-te-man *, envoya comme ambassadeur à la Cour son ministre nommé Pou-ho-san*. Parmi les objets que Pou-ho-san offrit en tribut, il y avait une ceinture dont l’agrafe, en corne de rhinocéros, représentait un dragon entouré de nuages, une pierre appelée pou-ssa-chi*\, de l'essence de roses dont le parfum, répandu sur les habits, se conservait plus d’une année et de l'huile, dite de feu ardent, qui brùlait dans l’eau avec un redoublement de force. L'huile et l'essence étaient enfermées dans des flacons de /ieou-li3%. Le même Pou-ho-san revint, vers la fin de la seconde année kien-long (961), apportant des lettres du roi Chi-li-

% Encore une phrase dont je crains de ne pas saisir exactement le sens. Le texte dit simplement : Celui qui ne rend pas les choses du Roi.

#! Nous avons vu plus haut que le Youen-kien-loui-han considérait l'histoire du Tchen-tching comme la continuation de l'histoire de l’ancien peuple du Lin-y (ci-dessus, p. 434, note 70). On poura remarquer que la date à laquelle Ma-touan-

lin arrête les chroniques du Lin-y et celle

à laquelle il fixe la première connaissance qu'eurent les Chinois du royaume de Tchen-tching s'accorderaient parfaite -

ment avec cette tradition.

“48 A) A 46 18 » i a HA #4 C'est-à-dire: pierre de Pou-ssa, sorte

de pierre d'un grain très fin, avec laquelle

on fait des statuettes bouddhiques.

35 FA K TH Huile de naphte.

3 Voir l’Index.

yn-to-pan *", écrites sur des feuilles de pei-to 3* et placées entre des tablettes de bois odorant. Il offrit en tribut, cette fois, des dents de rhinocéros*, du camphre, quatre paons et vingt flacons du royaume de 7a-chi*°. On le rémunéra largement de ses frais de voyage et il fut chargé de divers présents pour son maître, consistant surtout en étoffes de soie. La troisième et la quatrième années kien-te (963, 964), les troisième, cinquième, sixième, septième et neuvième années kaî-pao (970, 972, 973, 974, 976), les deuxième, troisième et quatrième années faï-ping-hing-koue (977, 978, 979), de nouvelles ambassades se succédèrent, offrant toujours régulièrement le tribut.

La sixième année faï-ping-hing-koue (981), le chef qui régnait au Kiao-tchi, nommé Li-houan !, écrivit à l'Empereur qu'il voulait lui offrir des prisonniers, au nombre de quatre-vingt-treize, de la nation des Tchen-tching, et qu'il les envoyait à la capitale. L'empereur Taï-tsong mandat immédiatement au gouverneur du Kouang-tcheou * de retenir ces hommes, de les bien traiter en prenant soin de leur nourriture et de leurs vêtements, de les rapatrier aux frais du trésor et d'écrire à leur roi qu'il agissait ainsi par ordre impérial.

37 $È #I A Pi RE Évidem- 40 Voir l’Index.

ment le successeur de Che-li-yn-man. A Voir, ci-dessus, page 312 et sui-

RE 1e Percsenzin Le Peï-ouen-yun-fou nous vantes.

°° [] ba apprend que peï-to est l'ancien nom du 1 Kouang-tcheou, c'est Canton, comme

to-lo (Ilex latifolia). — Voir ci-dessus la ça j'a dit plusieurs fois déjà. On voit que les

note relative aux feuilles de to-lo, P. 474: communications du Kiao-tchi avec l'Em-

pire se faisaient par cette voie maritime,

La septième et la huitième de ces mêmes années (982-983), des ambassades du Tchen-tching apportèrent le tribut accoutumé. La seconde des années yong-hi (985) les envoyés du Tchen-tching présentèrent à l'Empereur une lettre de leur souverain, qui se plaignait d’être envahi par les Kiao-tchi. La réponse de l'Empereur fut que le roi de Tchen-tching devait défendre lui-même son royaume et vivre en paix avec Ses voisins. La troisième année yong-hi (986), nouvelle ambassade du Tchen-tching. Cette même année un chef de ce pays, nommé Pou-lo-ngo“*, pressé par les Kiao-tchi, se réfugie dans le Tan-tcheou avec une centaine des siens et demande à faire sa soumission aux autorités chinoises. L'année suivante (987), à l'automne, le gouverneur du Kouangtcheou annonce qu'une seconde bande de cent cinquante étrangers, venant du Tchen-tching et conduite par un chef nommé Y-ssetang-li-niang'>, s'est réfugiée sur son territoire et voudrait s'y établir. L'Empereur ordonne que ces fugitifs soient internés dans les Rien de Nan-haï et de Tsing-youen. La première année touankong (988), un chef du Tchen-tching, nommé Ho-siouen *, pénètre encore sur les terres de l'Empire, suivi de trois cents émigrants.

La première année chun-hoa (990), te roi de Tchen-tching fait de nouvelles plaintes contre les envahissements et les violences des Kiao-tchi, qui pillent ses villes et enlèvent ses sujets. L’Empereur enjoint à Li-houan de respecter désormais les territoires

de ses voisins ‘!.

ni [ss] eta DCE ES « SH 4 C'est-à-dire: dans l’île de Haï-nan. 47 Ordre purement comminatoire. «RIU £

La première année tchi-tao (995), le roi de Tchen-tching envoyait un ambassadeur avec des lettres pleines de protestations de dévouement, remerciant l'Empereur de ce que, plusieurs fois déjà, il avait bien voulu faire rapatrier bon nombre de ses sujets et le priant d'en faire de même à l’égard d’un de ses envoyés, nommé Lo-tchang-tchen**8, qui n'avait pu regagner son pays et qui était demeuré à Kouang-tcheou. L'Empereur ordonna de prendre des informations à Kouang-tcheou et, s’il s'y trouvait des sujets du roi de Tchen-tching qui voulussent être rapatriés, de leur procurer à tous des moyens de transport. Deux bons chevaux furent donnés à l'ambassadeur du Tchen-tching, en cette circonstance ; libéralité qui, dans la suite, devint d’un usage constant. |

La seconde année kien-ping (999) et la première année king-te (1004), le. Tchen-tching continue à offrir le tribut et ses envoyés reçoivent, en retour, de bons chevaux, des cuirasses, des casques et des lances.

La quatrième année king-te (1007), le roi de Tchen-tching fit parvenir à l'Empereur une lettre enfermée dans une enveloppe de soie brochée. La lettre contenait un passage où ce prince disait : . «Jadis mon royaume a relevé du Kiao-tchi; mais j'ai secoué le joug en émigrant dans le pays de Fo-che, dont les limites du nord sont à 700 li de mes anciennes frontières #?. » L'ambassade qui avait apporté cette lettre s'en retourna comblée de présents.

La troisième et la quatrième années fa-tchong-siang-fou (1010-

en] 0 kE 134 rh Il ne m'a pas été possible d'identifier ce % # C'est-à-dire: dans un pays situé à pays de 1h HI Fo-che.

700 li au sud de mes anciennes limites. —

rorr), on vit arriver de nouvelles ambassades du Tchen-tching. La dernière offrit plusieurs lions et laissa dans les jardins de la résidence impériale deux hommes chargés de les soigner. Les deux hommes furent pris de nostalgie. L'Empereur en eut compassion ; il leur fit remettre une somme plus que suffisante pour un long voyage et les renvoya dans leur pays.

Les annales mentionnent encore plusieurs ambassades qui vinrent à la Cour dans la huitième année {a-tchong-siang-fou (1015), et enfin dans la seconde et dans la troisième des années fien-hi (1018, 1019). L'une de ces ambassades recut 4,700 faëls d’argent ®, comme don de l'Empereur au roi de Tchen-tching, indépendamment des armes, chevaux et objets d'équipement formant la rémunération traditionnelle.

Dans ces parages de la mer (du Midi), sont aussi les royaumes de Pou-touan®', San-ma-lan®, Ou-sun* et Pou-po-tchong*. Au printemps de la quatrième année fa-tchong-tsiang - fou (1020), comme l'Empereur sacrifiait sous les murs de Fen-yn, des envoyés des ces quatre royaumes vinrent offrir le tribut. Le roi de Poutouan sollicitait de la munificence impériale les mémes dons qui étaient accordés au roi de Tchen-tching, à savoir des chevaux et un grand étendard sacré ; mais on jugea que le Pou-touan n'était pas un royaume à mettre sur le méme rang que celui de Tchen-

tching et il fut décidé qu'on lui donnerait seulement, avec des che-

# La valeur du taè/ ou leang, qui a 53 [7 Dé bri . Ò | 2 | varié suivant les époques, est aujourd'hui 53 7) 3%

d'environ 8 francs. © Di 51 TS VE i 4 Ly “i Im

vaux, Cinq petits drapeaux de diverses couleurs *. Le royaume de Pou-touan fit de nouveau la visite d'hommage dans la huitième année fien-ching (1030), dans la seconde année king-li (1042), dans la seconde et dans la cinquième années hoang-yeou (1050, 1053), dans la première et dans la sixième années kia-yeou (1056, 1061). Ses envoyés offrirent des éléphants bien dressés et d'autres produits de leur pays. Ils présentèrent des lettres écrites dans leur langage, mais accompagnées de la version chinoise.

Au commencement de la septième année kia-yeou (1062), le commissaire impérial du Kouang-si annonça qu'une ambassade du Tchen-tching se rendait à la Cour, par la route de Kouang-tong. Il fit parvenir, en même temps, un mémoire où il exposait que le Kiao-tchi, abusant de la faiblesse militaire de ses voisins, n'avait cessé d’envahir leurs territoires ; que cependant le Tchen-tching essayait de se mettre en état de défense et qu'il serait bon de l'y encourager. L'ambassade arriva dans la cinquième lune. L'Empereur lui donna trois chevaux blancs.

La première année hi-ning (1068), des envoyés du Tchentching, apportant le tribut, demandèrent l'autorisation d'acheter des chevaux et des mulets. L'Empereur leur fit donner un cheval blanc et leur permit d’achcter des mulets, dans le Kouang-tcheou, avant de s'embarquer pour leur retour.

La septième de ces mêmes années (1074), Li-kien-te, roi du Kiao-tchi, écrivait que le roi de Tchen-tching s’était soumis à lui,

55 Le grand étendard sacré k Hi On lui offre des sacrifices, lui attribuant Asi est en quelque sorte un drapeau- ainsi une sorte de divinité.

maître, unique pour une grande armée.

en se rendant à discrétion avec trois mille soldats et toute sa famille 59. Li-kien-te disait encore : « De la capitale du Tchen-tching pour aller au Tchin-la, il faut un mois de navigation sur mer, et pour aller à Kiao-tcheou, il faut quarante jours de marche à travers un pays de montagnes. Le Tchen-tching renferme cent cinquante gros villages érigés en fcheou et en hien. » Bientôt l'Empereur résolut de châtier le Kiao-tchi, qui causait des troubles perpétuels, et il engagea le roi de Tchen-tching à opérer de concert avec les armées chinoises pour exterminer l’ennemi commun. Le Roi répondit qu'il mettait immédiatement sept mille soldats en campagne et qu'il ferait garder les routes des montagnes sur plusieurs points importants. L'Empereur daigna recevoir lui-même, des mains de son ambassadeur, la lettre écrite en langue barbare et sur feuilles de fo-lo #?, qui donnait cette assurance; mais les forces du roi de Tchen-tching ne furent pas à la hauteur de son bon vouloir?*. Plus tard, la paix étant rétablie et les visites d'hommage ayant repris leur cours, les envoyés du Tchen-tching demandèrent qu'on leur évitàt tout contact avec ceux du Kiao-tchi. L'Empereur voulut bien y consentir; il ordonna que, si l'audience générale des tributaires avait lieu dans le palais de Ouen-te , un jour de nouvelle

% Voir, ci-dessus, la notice sur le K'iao- 57 Voir l'Index. tchi (p. 332 et suiv.), où Li-kien-te est 38 Cette allusion à la défaite que dudésigné seulement par son nom personnel rent subir les troupes du roi de Tchende Kien-te. — Au nonî personnel de Aien- !ching se trouve expliquée, plus haut, te on ajoute ici le nom de famille, qui est. dans la notice sur le Æiao-tchi. Li. Li-kien-te équivaut à Kien-te de la 9 C'est-à dire, des mérites littéraires.

famille Li.

lune, les représentants du Tchen-tching et ceux du Kiao-tchi seraient placés respectivement aux deux extrémités de l’est et de l'ouest, et que si l'audience se tenait un jour de pleine lune, les uns seraient introduits dans le pavillon de 7choui-kong®, tandis que les autres attendraient le moment de leur réception dans le pavillon de Tse-chin!; enfin, que pour le grand repas de cérémonie, les mémes représentants seraient également séparés autant que le permettrait l’assistance.

La septième des années youen-yeou (1092), le roi de Tchentching fit, à son tour, des ouvertures à la Cour impériale, offrant sa coopération la plus active, si l'Empereur voulait entreprendre une guerre d’extermination contre le Kiao-tchi; mais l'Empereur ne jugea pas à propos de troubler la paix, alors que le Kiao-tchi payait régulièrement le tribut et rendait les visites d'hommage en vassal fidèle. Il encouragea, toutefois, le roi de Tchen-tching dans son zèle à servir l'Empire, en conférant de hauts grades militaires à ses deux envoyés Leang-pao-kou-lun-ya-tan® et Pang-

choui-tchi-to®.

60 Pavillon du bon gouvernement, en ne saurait multiplier des explications du

traduction libre. Tchoui-kong signifie littéralement: laisser tomber les plis de sa robe et tenir ses mains croisées; mais ces paroles tirent le sens que l'on vient de voir d'un passage du Chou-king, où il est fait usage de cette expression imagée pour peindre la démarche tranquille d’un prince dont les états jouissent d'un calme par fait,

parce qu'ils sont bien gouvernés. — On

genre de celles-ci dans un ouvrage de la nature de celui que nous publions, mais il ne me paraît pas inutile de donner, en passant, un exemple de la nécessité où se trouve parfois le traducteur de renoncer à la version littérale.

61 Pavillon violet.

o FL 4H A8 dI CET:

Le roi qui régnait dans les années {ching-ho (1111-1118) se nommait Yang-po-mo-tieS'. Il adressa de grands témoignages de dévouement et sollicita la faveur d’une subvention pécuniaire, officiellement concédée par décret impérial, afin que sa qualité de vassal direct et le protectorat qu'elle lui assurait fussent patents aux yeux de tous les barbares. L'Empereur accueillit favorablement cette requête, et lui donna l'investiture comme roi de Tchen-tching, en lui conférant aussi plusieurs titres honorifiques. Dans les années qui suivirent, chaque fois que des grâces furent accordées aux princes étrangers à l’occasion de la visite d'hominage, le roi Yang-po-mo-tie en eût sa part. Il vit ses honneurs grandir et sa subvention s’accroître peu à peu. Les tcheou 85 qui formaient le domaine de ce prince étaient seulement au nombre de trente-huit ; la population qu'ils renfermaient n'allait pas au-delà de trente mille familles. Certaines villes de ses états étaient alors défendues par des murailles de briques et par des tours construites en pierre. Les soldats étaient armés de boucliers, de javelots et d’arcs faits avec du bois de bambou; leurs flèches n'étaient pas empennées. Pour combattre, ils se formaient par groupes de cinq hommes, qui se soutenaient mutuellement.

64 4} | Dé Lt Deguignes (Æis-

toire des Ifuns, t. I, page 173) fait régner Yang-po-mo-tie l'an 1019; différence d'un siècle, qui n’est probablement que le résultat d’une faute d'impression.

65 Nous avons vu plusieurs fois déjà que, par tcheou, on entendait une circons-

cription territoriale plus ou moins grande.

Une ligne entière manque ici dans l’édition de 1524. Elle a été restituéc dans les éditions suivantes, probablement en recourant aux documents originaux que

Ma- touan-lin avait compulsés.

Les bois de senteur abondent dans les montagnes du Tchentching. Chaque année, le peuple en fait une coupe réglée sous la surveillance des magistrats. L'Etat prélève, comme impôt en nature, une certaine quantité du bois coupé. Chacun doit acquitter cette redevance, avant de s'approprier le surplus. C'est à peu près ce qui se pratique à la Chine pour le sel, dans les contrées où ce produit est exploité. Les navires étrangers qui importent des marchandises sont soumis à un impôt analogue. Aussitôt qu'ils arrivent, des agents de l'état viennent à leur bord pour examiner le chargement. Tout est inscrit en lettres blanches sur un registre de peau noire. Les marchandises étant débarquées, ces agents prélèvent un cinquième de chaque sorte au nom du Roi. C’est alors seulement qu'il est permis de trafiquer du reste.

La première année kien-yen (1127), Yang-po-mo-tie vint luimême faire la visite d'hommage. L'Empereur l’honora de nouveaux titres et le gratifia de nouveaux subsides, qui lui demeurèrent définitivement acquis.

La vingt-cinquième année chao-hing (1155), un fils de ce roi, nommé T'sieou-chi-pa-lan 6, lui succéda, offrit le tribut et demanda que les honneurs dont son père avait joui lui fussent continués, ce que l'Empereur accorda, mais seulement dans la troisième année kien-tao (1167).

Tseou-ya-no ', fils du roi précédent, envoya un tribut si considérable que l'Empereur ordonna tout d'abord de n'accepter que la dixième partie des présents offerts. Bientôt, les autorités chi-

noises du Fo-kien transmirent à la Cour les plaintes d'un nommé

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