‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 162 sur 175 · LR RARA EE EE · texte numérisé non relu

LR RARA EE EE

Ce pays, habité par une race de barbares différente de celles qui peuplent les autres royaumes méridionaux dont il a été parlé précédemment, est voisin du Tchen-tching et situé entre le Tchinla et le Che-po ou Tou-po!. Il est divisé en quinze gouvernements. ll produit des roseaux rouges, de l'or très pur de couleur pourpre, des noix d’arec et des bois de senteur pareils à ceux du Tchen-tching*. On n'y fait pas usage de monnaies de cuivre ; on règle les affaires commerciales avec de l’or et de l’argent*. Pour le climat, beaucoup de chaleur et peu de froid ; jamais de brouillard ni de gelée. Les habitants se frottent le corps avec des huiles

1 Ci-dessus, p. 494. — M. de Rosny se trouve d'accord avec M. Yang-ouenhoeï pour placer le San-fo-tsi dans l'île de Sumatra.

3 V. ci-dessus, page 539, note 12.

3 Les Chinois n'ayant que des mon-

naies de cuivre, l'expression fé Be en-

filade de sapèques, monnaies de cuivre, se prend souvent dans le sens de monnaie en général, Le texte veut dire, sans doute, qu'il n'existait aucune monnaie, mais qu'on payait avec des lingots d'or et d'ar-

gent.

parfumées. Ils ne connaissent pas le blé, mais ils récoltent du riz et des dolics de plusieurs sortes; ils élèvent des poules, des oies, des canards comme à la Chine et se nourrissent aussi de poisson ; ils font des liqueurs de fleurs de saule, de coco, de noix d’arec, qui toutes fermentent naturellement et sont assez fortes pour enivrer. Leur musique se compose de petits instruments à corde et de petits tambours.

Les actes officiels du royaume sont rédigés en langue barbare et scellés de la bague du Roi; mais quand le Roi s'adresse à l'Empereur, ses lettres sont écrites en chinois. La capitale est entourée de murailles, construites avec de grandes briques. Son enceinte est de plusieurs dizaines de /i°. Les édifices sont couverts

4 Le texte ajoute ici: Li lé UL LS HH E 4 phrase que je n'ai

pas osé traduire, de peur de me tromper du tout au tout dans ma version. Deux lettrés chinois que j'ai consultés entendent : «(Ils ont aussi) des filles esclaves du Kouen-lun, qui dansent et chantent pour les divertir. » Un autre lettré chinois ne voit qu’un nom, phonétiquewent exprimé, dans les quatre caractères HE la HV Ha et traduit ainsi: «Ils chantent des chansons, ou ils jouent des airs, de Kouen-lun-rou-ta, » sans pouvoir expliquer d'ailleurs ce que serait Kouen-lun-

nou-ta. — (A l'égard de Kouen-lun, voir

l'Index.) — Pour adopter l’une ou l'autre de ces deux versions, il me faudrait des éclaircissements qui me font défaut, et j'avoue que je n'en saurais trouver une troisième.

5 Littéralement : « En superposant de grandes briques, ils ont construit une muraille qui, de tour, a plusieurs dizaines de li. » Si j'ai traduit comme je l’ai fait, en attribuant cette enceinte à la capitale, c'est parce que ia formule de cette phrase se rencontre assez souvent dans le style de Ma-touan-lin, toujours avec l'application que nous lui donnons ici. — Ce qu’on appelait la capitale ou ville royale, n’était

du reste à proprement parler que l'assem-

avec des feuilles de cocotier. Le peuple habite dispersé en dehors des murailles. Il ne paie aucun impôt. En cas de guerre seulement, on frappe des contributions extraordinaires ; on nomme des chefs pour commander ; chacun fournit ses armes, et doit pourvoir à : sa subsistance.

Un grand nombre de ces barbares se nomment Pouf, de leur nom de famille. Tous sont d’une très grande bravoure, très exercés à combattre sur terre ou sur mer et, en cela, très supérieurs à leurs voisins. Ils ont un port de mer, placé sur le passage des navires de commerce qui traversent ces parages, et ils obligent tous les marchands étrangers à s’y arrêter. Si quelque vaisseau essayait de passer au large, sans tenir compte de cette exigence, il serait aussitôt assailli par une flottille toujours prête à sortir et pris immanquablement, fit-1l la plus énergique résistance. Il résulte de là que le port de San-fo-tsi est un lieu de réunion pour les marchands de tous les pays.

A l'époque de la dynastie des Tang, dans la première année tien-yeou (904), le roi de San-fo-tsi offrit le tribut et l'Empereur conféra un titre honorifique à son envoyé, nommé Pou-ho-s07, qui avait chez lui le titre de tou-fan-tchang. Sous les Song, à la neuvième lune de la première année kien-/ong (960), on vit paraî-

tre à la Cour un ambassadeur nommé Li-tche-ti°, qui venait faire

blage des palais et des jardins du Roi. 6 AS « Le peuple habite en dehors des murail- 7% =D] 3. les », dit le texte très explicitement un 8 AP CS È peu plus loin. Dix li représentent à peu 9 ca iti près 4 kilomètres.

ATSUME GUSA ir. 81 336

la visite d'hommage et offrir le tribut de la part du roi Si-/i-houta-hia-li-tan Ÿ, Des ambassades du même prince arrivèrent encore durant l'été de la seconde année kien-long (961), et dans l'hiver qui suivit. On apprit par elles que le royaume de San-fo-tsi était appelé aussi royaume de Sien-leou .

Le roi Li-si-lin-nan-ni-ji-laï ? envoya plusieurs ambassades à son tour. La troisième des années kien-/ong (962), on fit remettre à ses représentants, comme libéralité de l'Empereur vis à vis de leur maître, un chasse-mouches blanc, de la porcelaine unie, des objets de laque noire, deux selles, deux brides et de très belles étoffes. La quatrième année #aï-pao (971), le roi de San-fo-tsi offrit en tribut du cristal de roche et de l’huile de naphte. La septième de ces mêmes années (974), ses présents consistèrent en ivoire, encens, essence de roses, confitures de pêches et de jujubier, sucre blanc en poudre, bagues de cristal, flacons de /ieou-li ‘à, branches de corail, etc. L'année suivante (975), de nouveaux ambassadeurs vinrent encore. L'Empereur leur fit remettre des bonnets, des ceintures et des vêtements de soie.

La cinquième année tai-ping-hing-koue (981), la deuxième année yong-hi (985), la seconde année touan-kong (989), le Sanfo-tsi continua d’envoyer le tribut.

La troisième année chun-hoa (992), le gouverneur du Kouangtcheou écrivait à la Cour: « L’ambassadeur du San-fo-tsi, nommé Pou-y-to-li'', ayant appris à son retour ici du voyage qu'il avait fait

10 hs À) ti} k px HF tl 13 Voir l’Index.

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à la capitale que son royaume était envahi par les Tou-po, est resté en mer pendant près d’un an, a relâché ensuite à Tchen-tching et, enfin, les dernières nouvelles qu'il a recueillies n'étant pas bonnes, a pris le parti de revenir ici. Il prie l'Empereur de daigner en faire instruire son souverain. » L'Empereur voulut bien accéder à cette requête.

La sixième année hien-ping (1003), le roi de San-fo-tsi, envoyant le tribut, écrivit à l'Empereur qu'il venait d'élever un temple bouddhique afin d'y prier tout particulièrement pour la longévité de Sa Majesté et qu'il souhaiterait que l'Empereur voulût bien donner à ce temple un nom et une cloche. L'Empereur accueillit très favorablement la proposition ; il donna au temple le nom de Tching-tien-ouan-cheou ‘*, fit fondre une cloche tout exprès pour y être placée, et concéda des titres honorifiques aux envoyés qui avaient accompli cette mission près de lui.

La première année fa-tchong-siang-fou (1008), des envoyés du San-fo-tsi arrivèrent, auxquels l'Empereur permit de venir le trouver près du mont Taï-chan et qui s'en retournèrent comblés de présents.

La première année tien-hi (1017), le San-fo-tsi offrit en tribut des perles, de l'ivoire, des livres sacrés de l'Inde !f. Il reçut, en retour, des marques encourageantes de la libéralité impériale.

La sixième année fien-ching (1028), les envoyés du San-fo-tsi étaient au nombre des visiteurs étrangers qui venaient offrir le

tribut, lorsqu'une innovation fut introduite dans le cérémonial de

be ++ = | 13 Hx XK ER; 3 Dix mille an- 16 Livres bouddhistes.

nées à recevoir du Ciel.

la visite d'hommage. L'usage constant avait été jusque là de donner à chaque représentant des rois fan! une ceinture garnie d’ornements d’or et d'argent entremélés. Cette fois, on leur distribua des ceintures dont tous les ornements étaient en or.

La dixième année hi-ning (1077), le roi de San-fo-tsi envoya comme ambassadeur un de ses plus grands officiers, nommé 71hoa-kta-lo!*, que l'Empereur, par un décret spécial, honora d'un grade militaire très élevé. Durant les années youen-fong (1078- 1085), deux ambassades vinrent encore, apportant pour le tribut des lingots d'argent, des perles, des parfums, etc. Le gouverneur du Kouang-tcheou fit passer à la Cour leurs lettres de créance en annonçant leur arrivée, afin qu'un ordre impérial fixât le cérémonial de leur voyage jusqu’à la capitale. L'Empereur les gratifia de dons proportionnés à la longueur de la distance qu'ils avaient dû parcourir pour accomplir leur mission. A l'une de ces ambassades il donna 64,000 ligatures et 10,500 taëls en lingots d'argent "*. De plus, comme ils sollicitaient l’autorisation d’acheter des ceintures dorées, différents ustensiles d'argent et des vêtements violets, de ceux que portent les supérieurs des couvents bouddhiques, l'Em-

17 E 2 Terme par lequel on désignait les étrangers du sud-ouest en général.

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1 10,500 leang ou taëls représentent environ 385 kilogrammes d'argent (en lingots), et 60,000 ligatures ou enfilades de sapèques représentent la valeur conven-

tionnelle de 64,000 leang ou taëls. C'est

à peu près six fois davantage. Les sapèques, monnaie courante de la Chine, faite d'un mélange de cuivre et d'étain, n'ayant presqu'aucune valeur intrinsèque, on doit supposer que le San-fo-tst avait de grandes relations commerciales avec l'Empire, pour qu'un pareil présent trouvât son

emploi ou son utilité.

SAN-FO-TSI. 565 pereur décida que tout ce qu'ils désiraient leur serait gracieusement accordé, sans qu'ils eussent rien à payer.

La cinquième des années youen-fong (1082), un grand dignitaire du San-fo-tsi arriva à Kouang-tcheou, porteur de lettres écrites en chinois par la fille du roi de ce pays. Il offrit du camphre et des étoffes au préfet maritime Siun-hoei-tong, qui n'osa pas accepter ces présents avant d’avoir pris les ordres de la Cour. La Cour ordonna de ne rien refuser, mais de faire estimer tous les objets offerts et de rétribuer l’envoyé du San-fo-tsi par-des cadeaux d'une égale valeur, auxquels on ajouterait encore de belles soieries, afin qu'il demeurât largement récompensé.

La troisième année youen-yeou (1088), une ambassade du San-fo-tsi offrit en tribut des nénuphars d’or, des perles, du camphre, etc. Elle fit la cérémonie appelée sa-tien?°. Tout le personnel qui la composait fut honoré de divers titres?!.

La sixième année yowuen-yeou (1091), et au milieu des années chao-ching (1094-1097), il y eut de nouvelles ambassades.

La septième année chao-hing (1137), il fut réglé à la chancellerie que les lettres adressées au roi de San-fo-tsi seraient écrites sur de la soie jaune et que, pour les autres détails d’éti-

20 } i Big Cette cérémonie, qui consiste à répandre du camphre mêlé de perles sur les degrés du trône, est décrite plus loin, dans la notice sur le pays de Tchou-lien.

21 Littéralement: Des titres de man-

darinats de divers rangs, conformément à

la fiction adoptée par le gouvernement chinois de considérer les étrangers qui venaient en visite comme des sujets de l'Empire, tenant l'autorité qu'ils exerçaient dans leur propre pays de la puis-

sance même de l'Empereur.

quette, on suivrait les traditions établies à l'égard du royaume des Ta-chi.

= La vingt-sixième de ces mêmes années (1156), des envoyés du San-fo-tsi parurent encore à la Cour.

La huitième année kien-tao (1172), le Roi sollicita l’autorisation d’acheter du cuivre, d'en faire charger un bateau et d'engager aussi à son service un certain nombre d'ouvriers chinois sachant fabriquer des tuiles avec ce métal. L'Empereur donna son consentement, mais sous la condition que cette demande ne serait pas renouvelée ??.

La cinquième année chun-hi (1178), le roi de San-fo-tsi offrit en tribut divers produits de son pays et exprima le désir d’être assimilé au roi de Tchen-tching, en ce qui concernait les rémunérations accordées par la munificence impériale. L'Empereur y consentit et, de plus, dispensa ses envoyés de poursuivre leur voyage jusqu'à la Cour, le gouverneur du Tsiouen-tcheou ?* étant chargé de les recevoir et de leur servir d’intermédiaire. Ce roi fit connaître qu'il avait succédé à son père depuis la quatrième année kien-tao (1169). Aussitôt l'investiture lui fut donnée, avec la confirmation de tous les titres dont ses ancêtres avaient joui et avec les présents consistant en habits de cérémonie, ceinture d’or, chevaux, selles, soieries, traditionnellement accordés aux princes de son rang à

l'occasion de leur avènement.

22 Les palais de l'Empereur sont re- de San-/fo-tsi voulut sans doute imiter.

couverts de tuiles de cuivre, ce que le roi 33 i M De la province du Fo-kieu.

PO-NI

Ce royaume est au sud-ouest, dans la grande mer'. Avec un bon vent, les vaisseaux mettent quarante-cinq jours pour s'y rendre en partant du pays de Che-po ou Tou-po, quarante jours en partant du San-fo-tsi, et trente jours en partant du Tchen-tching ou de Mo-y?. La capitale est défendue par des murs de bois; elle renferme plus de dix mille habitants. Le royaume compte quatorze tcheou*. Le palais du Roi est couvert avec des feuilles de peï-to; les maisons du peuple ont des toitures de chaume. Les ministres du Roi portent le titre de fa-Jinf. Le Roi siège sur un lit fait de cordes entrelacées ; quand il sort, il s'étend sur une large couverture dont tous les grands de sa Cour portent les soutiens sur leurs

‘ M. de Rosny identifie ce pays (dont dans ce volume. Quant au pays de Mo-), il écrit le nom Pou-ni) avec l'ile de Bornéo. je n’ai pas pu l'identifier. M. Yang-ouen-hocï place également le 4 Littéralement: Des murs de planches. royaume de Po-ni dans l'île de Bornéo, ‘ C'est-à-dire quatorze bourgades, mais seulement dans la partie méridio- centres d'autant de divisions territoriales. nale. 5 Ilex latifolia (déjà dit), ou Palmyra 2 |: + % Le Che-po ou Tou-po, le palm, selon W. Williams. San-fo-tsi et le Tchen-tching sont décrits 6 X A

épaules. Ils appellent cela youen-nang*. Pour la guerre, ils sont armés de sabres et revêtent des cuirasses de cuivre fondu qui ont la forme d’un grand tube, protégeant à la fois le ventre et le dos.

Le pays ne produit pas de blé, mais du riz et du chanvre. Les habitants élèvent des poules, pêchent du poisson, savent préparer des peaux de moutons et, n'ayant pas de vers à soie, tissent des étoffes en coton ki-pei*. Ils boivent du vin de cocotier. Ceux qui se marient donnent, comme présents de noces, du vin de cocotier, des noix d'arec, une bague et quelques pièces d’étoffe, ou bien l'équivalent de ces présents en or et en argent. Ils mettent leurs morts dans un cercueil et le cercueil sur un petit chariot de bambou, que l’on conduit et que l'on abandonne dans les montagnes. A la deuxième lune, ils commencent à labourer les champs et font, à cette occasion, des sacrifices aux esprits. Ils composent leur année de douze lunes et de sept jours. Ils ont un climat très chaud. avec beaucoup de vent et beaucoup de pluie. Quand ils font un festin, ils l’accompagnent de chants, de danse et d’une musique formée de flûtes, de cymbales et de tambours. Les plats et les assiettes sont de grandes feuilles de peï-to disposées sur des montures de bambou. On les jette après s’en être servi.

Le royaume de Po-n1 est voisin de celui de Ti-men*. En faisant cuire les racines d’un arbre qui croît dans ce pays, on en tire un médicament précieux. C’est une sorte d’onguent!°, qu'on mange et qu'on applique aussi sur la peau, et qui est particulièrement souverain pour les blessures faites avec des armes tranchantes. Les

7 BI “E 9 JE PH Timor, selon M. de Rosny.

8 Voir l'Index. | 1 Littéralement: graisse.

PO-NI. 569

premières notions qu'on eut du Po-ni ne remontent pas au-delà de la seconde année faï-ping-hing-koue de la dynastie des Song (977), époque à laquelle le roi de ce pays, nommé Hiang-ta!!, adressa des lettres à l'Empereur, offrant en tribut du bois de sandal, de l’ivoire, des écailles de tortue, du camphre en gros morceaux, du camphre en poudre et du camphre bleu '*. Les lettres adressées à l'Empereur étaient enfermées dans une enveloppe roulée plusieurs fois sur ellemême. Ces étrangers ne se servent pas pour écrire de papier semblable au papier chinois, mais d’une sorte de papier qui ressemble à une écorce végétale mince, polie, brillante et verdâtre, taillée par bandes longues de plusieurs {chi et larges seulement d’un ou deux sun. La lettre du roi Hiang-ta avait la forme d'un petit rouleau, qui tenait exactement dans le creux de la main. Son écriture, fine et déliée, se lisait horizontalement. On en fit la traduction que voici :

« Hiang-ta, roi du royaume de Po-ni, salue très humblement l'auguste Empereur. ll lui souhaite une longévité de dix mille années, dix mille années et encore dix mille fois dix mille années. Il envoie vers lui des ambassadeurs et il lui offre le tribut. — Moi, Hiang-ta, j'avais ouï dire qu'il n'existait pas de route praticable pour arriver jusqu'à votre capitale ; mais dernièrement, un homme de la race des Fan‘, nommé Pou-lou-hie‘, ayant abordé dans un port de mon royaume et ayant été amené devant moi, m'a déclaré qu'il venait de la Chine, alors qu'une tempête l'avait assailli

‘i [A] }] d'un ou deux pouces.

12 & HE HA 4 Ci-dessus, p. 564, note 17.

49 C'est-à-dire à peu près: longues 1 ES È ak

de plusieurs pieds et larges seulement

ATSUME GUSA. uo di 337

sur les côtes du royaume de Che-po ou Tou-po!f et l’avait porté sur . les rivages de mes propres états. Il m’apprit aussi que tous ceux qui visitaient votre empire en revenaïent pleins de contentement. Aussitôt, je fis construire un grand vaisseau et je chargeai Pou-lou-hie du soin de le diriger. Je souhaiterais particulièrement que mes envoyés, chargés de faire pour moi la visite d'hommage, eussent l'honneur de comparaître devant l'Empereur et de contempler ses augustes traits. Chaque année, je renouvellerai la visite d’hommage et j enverrai un nouveau tribut. Je crains seulement pour mes vaisseaux que des vents contraires ne les entraînent sur les rivages du Tchen-tching et que le Tchen-tchmg ne les retienne; c'est pourquoi je vous prie de faire connaître au Tichen-tching que ces vaisseaux étant placés sous votre haute protection ne sauraient être arrêtés. Je vous adresse les produits les meilleurs et les plus estimés de mon royaume, regrettant de n'avoir rien de plus précieux à vous offrir. »

L'Empereur voulut bien recevoir l'ambassade du roi de Po-ni en audience officielle ; il l'a combia de très riches présents.

La cinquième année youen-fong (r082), à la deuxième lune, des envoyés d’un roi de Po-ni, nommé Si-li-ma-je!?, parurent encore à la Cour. Ils demandèrent à s'en retourner par la route de Tsiouen-tcheou "8, ce qui teur fut accordé.

16 FÀ DE Voir ci-dessus, p. 492. Soleiman (Salomon), ce qui indiquerait Vi 35) F4 TK h£ Suivant M. de un prince musulman (Mém. de la Soc. Rosny, on devrait prononcer Sse-li-ma-ni, d'Ethnographie, tome I, page 28).

transcription phonétique du nom arabe ‘8 Voir ci-dessus, p. 566, note 23.

TL

RA ea. A E I - AA - EL VOD > e vit ir to Ca 1% i Ca s

FEHU-LIEN

Du côté de son orient, ce rayaume est à 5,000 /i des rivages de la mer. Du côté de l'accident 1,500 li le séparent du Tien-tcho! occidental. Du côté du midi, il est situé à 2,500 li de Lo-/an? et, du côté du nard, à 3,000 li de Tun-tien?. Il n'eut avec la Chine aucune communication dans l'antiquité. Pour s’y rendre, en partant de Kouang-tcheou, il faut parcourir par mer une distance de près de 411,400 li'.

La capitale du Tchu-lien a sept enceintes de murailles, d’une hauteur de sept chi, distantes de cent pas les unes des autres. L'enceinte extérieure a douze /i de diamètre du midi au nord, et sept /i de l’est à l’ouest. Les quatre premières murailles sont construites en briques ; les deux suivantes sont en terre; celle de l’intérieur est en bois. Toutes sont couvertes d'espaliers ou garnies de fleurs. Les trois premières enceintes sant occupées par le peuple

L'Inde. 3 E HH

/% x # 3 # OM 4 C'est-à-dire plus de 40,000 lieues.

572 PEUPLES MÉRIDIONAUX. © sr et renferment de nombreux cours d'eau. La quatrième enceinte contient les habitations de quatre grands officiers ; la cinquième enceinte appartient aux fils du Roi. Dans la sixième est un temple de Bouddha, servi par cent bonzes. Enfin, la septième contient le palais du Roi, ou ville royale, comprenant plus de quatre cents édifices. Les villes de second ordre sont au nombre de trente et une : douze à l’ouest de la résidence royale, huit au midi et onze au nord. La dynastie régnante occupe le trône depuis trois générations. |

L'administration de la justice est confiée par le Roi à l’un de ses quatre grands officiers. Ceux qui ont commis des délits sont mis aux entraves et reçoivent des coups de verges dont le nombre varie de cinquante à cent. Les criminels sont décapités ou écrasés sous les pieds d'un éléphant. | |

Dans les festins, le Roi et les quatre grands officiers se saluent mutuellement, en croisant les mains et inclinañt le corps à la manière des bonzes; ensuite, ils s'asseoient tous ‘ensemble. Ils mangent de la viande, mais ils ne boivent pas de vin. Ils ont différentes sortes de potages, des gâteaux et des mets particuliers de très bon goût. Ils portent des vêtements de coton. Le festin est accompagné de musique, de chants et de danses. Le service est fait par des femmes. i sa

Pour les mariages, le prétendant envoie d’abord une médiatrice vers la famille de la jeune fille qu'il recherche, en offrant une bague d’or ou d’argent. Trois jours après, les parents du jeune homme se réunissent et tiennent conseil pour déterminer s'ils peuvent, suivant leurs ressources, donner au nouveau ménage des champs, des animaux domestiques, ou seulement du vin de pæimier,

. des noix d’arec, etc. De leur côté, les parents de la future envoient au fiancé des bagues d'or ou d'argent, des pièces d’étoffe® et de beaux habits destinés à sa femme. Ces préliminaires étant accomplis, si le jeune homme refuse d'épouser la jeune fille, il doit renvoyer les gages de fiançailles qu'il a reçus, et si c'est la jeune fille qui veut se dédire, elle doit restituer le double des présents qu'elle avait acceptés f. | oo Quand on fait la guerre, l'ordre de bataille est disposé de la manière que voici : au premier rang sont placés des éléphants ; derrièré les éléphants viennent des hommes armés à la légèré, recouverts de petits boucliers ; ensuite des soldats armés de lances dont la pointe ressemble à la navette du tisserand ; puis, des fantassins maniant de longs glaives et, enfin, les archers formant l'arrièregarde. Les quatre grands officiers commandent toutes les forces disponibles, par divisions. A 2,500 /i environ, au sud-est du royaume de Tchu-lien est le royaume de Si-/an-tchi?. La guerre éclate parfois entre ces deux pays. | Le Tchu-lien produit des perles, du corail, du cristal, des noix d'arec, des noix de muscades, du coton ki-peï, etc. On y voit des éléphants, des chèvres, des bœufs, des faisans, des perroquets, beaucoup de jasmin blanc et quantité d’autres fleurs8. Ses fruits

3 Littéralement: De l'étoffe (appelée) 8 Le texte énumère ici plusieurs noms 1 “id Ti youe-no-pou. de fleurs que je n'ai pu traduire, faute de 6 Cela donne à supposer que les fiancés pouvoir en établir la synonimie même ne se voyaient qu'après les‘conventions approximative Les uns paraissent n'avoir matrimoniales passées entre Jes: parents. qu'une valeur phonétique; d'autres offrent

7 & Fe jU un sens figuratif, tel que murier de Fo,

sont ceux du jujubier, du cocotier, du prunier, du jaquier, etc. Les habitants cultivent des dalics verts et noirs, ainsi que plusieurs sortes de grains, notamment du blé et du riz. Le bambou se plaît sur leur terroir.

Ce royaume qui, dans l'antiquité, n'avait jamais communiqué avec l'Empire, envoya pour la première fois des ambassadeurs sous la dynastie des Song. Ils arrivèrent à la neuvième tune de la huitième année ta-tchong-siang-fou (1009) ; le principal d’entre eux, nommé Cha-li-san-ouen”, était un des quatre grands officiers du roi régnant Lo-tcha-lo-tcha . Venaient ensuite un second ambassadeur nommé Pou-kia-sin!! et deux conseillers dont les noms étaient Ong-ou-fang ‘? et Ya-kin-kia . Ces étrangers apportaient une lettre de leur souverain pour l'Empereur, avec les présents offerts en tribut. Ils s'avancèrent jusqu'au bas des degrés du trône, y déposèrent des perles et des pierres précieuses sur un plateau et, reculant ensuite jusqu'au fond de la salle d'audience, firent deux profondes révérences. L'interprète expliqua qu'ils entendaient par là manifester leur respect et leur attachement de loin comme de près. La lettre du Roi était conçue à peu près dans les termes suivants : « Moi, Lo-tcha-lo-tcha, votre sujet, j'ai appris par un vais-

nombril de singe, double d'automne. Le sède la bibliothèque nationale.

sinologue qui voudrait faire à cet égard D i # gue q 8 si D des recherches spéciales trouverait ces 0 Se Re /E noms à la dernière ligne du feuillet 27 , DE JU (N % d

versò et à la première ligne du feuillet ta & 3) FE

28 rectò, livre 332; dans l'édition du 14 uu 9) Tn

Ouen-hien-tong -kao de 1524 que pos-

seau marchand qui visitait mon royaume ‘! que la grande dynastie des Song était maîtresse de l'Empire, que déjà deux empereurs de votre race avaient occupé le iròne et qu'aujourd'hui le mandat du Ciel vous était glorieusement acquis. Des paroles de l'antiquité, qui sont heureusement venues jusqu'à moi, m'ont tout d'abord inspiré le désir de vous rendre hommage ‘5. Bientôt, j'ai su que votre influence bienfaisante s'étend au loin, que vos sujets sont très fidèles et très soumis, que votre haut mérite surpasse celui de tous vos prédécesseurs. Vous pratiquez la justice ; vous maintenez la paix par la seule puissance de votre vertu. Vous êtes fort et redoutable ; mais vous n’aimez pas à frapper. Aussi, tous les peuples se tournent vers vous. Vous savez instruire les hommes et servir fe Suprême Seigneur avec une piété sincère. Votre bonté s'étend jusqu'au faible roseau; elle atteindrait les poissons jusqu'au fond des abimes. C'est pourquoi le Ciel vous éclaire et vous protège ; c’est pourquoi ses grâces descendent sur vous, manifestes, constantes, éclatantes. — Moi, votre sujet, je suis humble et petit ‘$. Je réside, comme ont résidé mes ancêtres.

14 Il est dit, au commencement de cette notice, que le Tchu-lien était à 5,000 li des rivages de la mer. Il semble donc, tout d'abord, assez difficile à comprendre qu'un vaisseau aît pu y aborder. Peut-être faut-il entendre que le territoire de ce royaume, bordé par la mer d’un.cété, s'étendait de l'autre à 5,000 li dans les terres.

#5 On trouvera plus loin l'explication

de cette phrase (voir note 19).

16 Littéralement: Je suis comme une poule confite et réduite dans la saumure, je suis comme le chien de paille tressée (dont on faisait usage dans certains sacrifices et qu'on jetait ensuite dédaigneusement dans quelque coin). — Tout ce morceau offre un mélange d'expressions vulgaires et de passages en style emphatique et figuré qu'il serait à peu près impossible

de traduire littéralement sans un commen-

dans une ville barbare, bien loin du flambeau brillant de la civilisation chinoise. Je vis, en quelque sorte, à la lumière des chandelles. Cependant, le bruit de vos louanges qui remplit le monde n’a pu manquer de m'émouvoir. Mon âge, l'étendue des mers qui nous séparent et les grandes difficultés des routes à parcourir, ne me permettent pas d'aller vous porter moi-même le tribut que je veux vous offrir ; mais, s'il m'est interdit de contempler de près et de mes propres yeux l'éclat de votre gloire, j'épanche du moins dans cette lettre la sincérité de mon cœur, et je vous envoie respectueusement les meilleurs produits de mon pays. Telles, des fourmis appelées par une odeur suave; telle, la fleur du tournesol qu'un charme invicible attire vers le soleil ; telles seront mes envoyés, au nombre de cinquante-deux, arrivant au pied de votre trône. Je les charge de vous offrir une robe et un bonnet ornés de perles, des perles de différente grosseur pesant ensemble 21,000 leang '?, soixante pièces d'ivoire et soixante livres d'encens. »

Les ambassadeurs distribuèrent en outre personnellement, à titre de cadeaux particuliers, 6,600 /eang de perles et 3,300 livres de parfums ‘$.

taire perpétuel, plus fatiguant qu'intéressant. On verra du reste, ci-après, que Ma-touan-lin tient ce document pour apocryphe, ce qui permet sans inconvénient de le traduire un peu librement.

oZ&—-T— Fi Le leang, seizième partie de la livre chinoise, représente environ 38 grammes. Il

s'agirait donc de près de 800 kilogrammes

de perles fines, exagération tellement fantaisiste qu'elle ne mérite pas la moindre discussion,

18 Cette nouvelle exagération, non moins ridicule que la précédente, montre qu'il n'y a pas d'erreur de copiste dans ce passage, comme on aurait pu d'abord le supposer. Ma-touan-lin lui-même cons-

tate que la notice du Tchu-lien, recueillie

Les paroles de l'antiquité auxquelles le roi Lo-tcha-lo-tcha faisait allusion dans sa lettre étaient celles qu'avait prononcées le patron du vaisseau étranger qui visitait son royaume et qui avait dit : « Depuis dix ans la mer n'a plus de tempêtes. » Le sens de ces paroles légendaires était que, depuis dix ans, l’Empire avait pour maître un prince pieux, doué de toutes les vertus !°. De là, le désir qu'eut le Roi d'envoyer des ambassadeurs à la cour de Chine.

San-ouen °° et sa suite, ayant navigué tout d'abord pendant soixante-dix-sept jours et nuits et passé devant les îles No-outan*\ et Po-li-si-lan*, arrivèrent au royaume de T'chen-pin *\,. Poursuivant leur route sans cesser de faire voile durant la nuit, et passant en vue de l'île Y-ma-lo-li?, leur vaisseau atteignit les

dans les annales des Song, est écrite toute entière sur un ton qui ne saurait inspirer beaucoup de confiance,

‘9 Une vieille légende chinoise rapporte que sous le règne de Chun, l'influence des vertus de ce saint empereur s'étendit jusque sur les saisons et les éléments.

2° Le premier ambassadeur du Tchulien, comme on l’a vu plus haut.

2 HP VI FF LU Le caractère ij chan sert à désigner une montagne et aussi

une fle de petite dimension (qui est con-

sidéréc comme une montagne s'élevant du fond de la mer). Pour ce nom géographique et pour plusieurs autres qui vont suivre, tous accompagnés du mot chan; on pourrait donc traduire la montagne Noou-tan, etc., aussi bien que l'île No:

ou-tan, etc., mais alors qu'il s'agit de l'itinéraire d'un voyage par mer, il m'a paru que le sens d'fle devait étre pré-

férablement adopté.

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côtes du royaume de Xou-lo *, après soixante et un jours de marche. Le royaume de Kou-lo renferme une haute montagne appelée Kou-lo, à laquelle il doit son nom. Encore soixante et onze jours et nuits de navigation et les voyageurs, après avoir laissé derrière eux les îles Kia-pa*i, Kou-po-lao** et Tcheou-pao-long ®*, mouillèrent aux rivages du San-fo-tsi**. Continuant d'avancer pendant dix-huit jours et nuits, ayant traversé l'embouchure du fleuve Man-chan ® et côtoyé les îles de 7ien-tcho ?!, ils-se trouvèrent en vue de l’île Pin-teou-lang * et purent tourner au loin leurs regards du côté de l’orient, à la distance d'environ 100 /î, vers le tombeau de Si-ouang-mou*. Ils coururent encore vingt jours et vingt nuits,

} Si-ouang-mou (la mère du Roi d'Occident) est une figure semi-historique et semi-fabuleuse. Les chroniques rapportent que Mou-ouang, empereur de la grande dynastie des Tcheou qui vécut au XIme siècle avant notre ère, ayant fait un grand voyage vers les con-

trées occidentales. y vit la mère du Roi

d'Occident à laquelle il offrit un festin sur les bords du lac Yao. La tradition mentionne plusieurs points de son itinéraire, dont l'identification a vivement préoccupé les historiens et les géographes, car si l'on pouvait les reconnaître, on déterminerait par cela même les régions visitées par l'empereur de la Chine, régions désignées trop vaguement sous le nom d'Occident. — M. Pauthier a inséré une intéressante dissertation sur ce sujet dans sa Chine ancienne (page 97) et plusieurs auteurs chinois disent que le tombeau de Si-ouangmou était dans les monts Kouen-lun, près du lac Kou-kou-noor. Quant à expliquer

comment ce tombeau pouvait se trouver

passèrent lesiles Yang-chan® et Kieou-sing-chan **, touchèrent à l’ile Pi-pa % et abordèrent enfin au port de Kouang-tcheou ‘’, après un voyage de 1150 jours.

L'Empereur ordonna de les recevoir avec les plus grands égards et de leur accorder les mêmes honneurs qu'aux envoyés du Koueï-tse*, pour tout ce. qui concernait le cérémonial des audiences, les invitations aux diners officiels, etc. Comme on célébrait, cette année-là, le dixième anniversaire de l’avénement de Tchin-tsong *, San-ouen et ses compagnons se rendirent au temple bouddhique de Xi-ching-chen-youen, voulant unir leurs prières à celles des bonzes qui demandaient au Ciel d'accorder à ce prince la longévité.

La quatrième année fien-hi (1020), une seconde ambassade du Tchu-lien entra dans le port de Kouang-tcheou. A peine débarqué, le premier ambassadeur nommé Pa-lan-te-mo-lie ‘* mourut d'une maladie d'épuisement. On fit parvenir à la Cour les lettres de créance dont il était porteur. L'Empereur y répondit en donnant l'ordre de traiter honorablement tous les étrangers qui formaient la suite du défunt, et de les congédier avec de très riches présents. |

La seconde année ming-tao (1033), un nouvel ambassadeur du Tchu-lien arriva. Il apportait une lettre de son souverain écrite

sur la route maritime des envoyés du Tchu- 37 Canton. | ona si a lien, cela semble bien difficile. tail Y% Ancien royaume de l'Asie si + Li centrale.

13 7 L HF. ili (Ile des neuf étoiles). 39 L'empereur régnant.

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en caractères d'or. Il offrit en tribut une robe et un bonnet ornés de perles, cent cinq /eang de perles et cent pièces d'ivoire. Cet ambassadeur déclara que plusieurs ambassades, parties de son pays pour se rendre à la Chine, avaient été surprises en mer par des tempêtes et avaient péri corps et biens. Il témoigna un grand désir de pouvoir s'avancer jusqu’au bas du trône impérial pour y accomplir, avec des perles de premier choix, la cérémonie appelée sa-tien “, le plus grand témoignage de respect et d’attachement à ses propres yeux. La permission lui en ayant été donnée, il mit ses perles sur un plateau d'argent qu'il éleva au-dessus de sa tête après s'être agenouillé ; ensuite il les sema aux pieds de l'Empereur. Cet ambassadeur se nommait Pou-ya-to-li!?. Des titres honorifiques lui furent accordés. |

La dixième année hi-ning (1077), des envoyés du Tchulien parurent encore à la Cour. Ils étaient au nombre de vingtsept ; ils offrirent des perles grosses comme des pois, une grande coupe de /ieou-li*3, du camphre, des dents de rhinocéros, de belles étoffes, de l’encens, divers parfums, de l'essence de roses, des plantes médicinales, du borax et des épices. Le principal d’entre eux ayant accompli la cérémonie satien“, l'Empereur lui conféra un titre honorifique très élevé et lui fit donner des médicaments précieux tirés de la pharmacie impériale. Les autres envoyés furent gratifiés de nombreux cadeaux, consistant surtout en soieries, et cette ambas-

Ci-dessus, p. 565, note 20. 5 Voir l’Index.

42 SE HP (Na Pa Li “ Ci-dessus, note 41.

TCHU- LIEN. 581 sade emporta pour le roi de Tchu-lien 81,800 ligatures de sa-

pèques avec 52,000 faéls d'argent 45,

En résumé, si l’on veut examiner sérieusement tout ce qui vient d'être rapporté (d'après les annales) sur ce royaume de Tchu-lien, situé précisément à la distance de 411,400 li par mer du port de Kouang-tcheou et dont le voyage exigeait une navigation de 1150 jours, on n'y trouvera guère que trois faits méritant d'être mis hors de doute, à savoir que le Tchu-lien était un pays très éloigné de la Chine, qu'il n'avait jamais communiqué avec l'Empire dans l'antiquité, et qu'il offrit pour la première fois le tribut au milieu des années {a-tchong-siang-fou. Quant à la lettre du roi Lo-tcha-lo-tcha, il suffit d'en voir le style recherché, remph de locutions et de fleurs de rhétorique purement chinoises, sans la moindre tournure d'inspiration étrangère, pour juger qu'elle

13 52,000 leang ou taëls d'argent représentent à peu près 1900 kilogrammes d'argent (en lingots). 81,800 ligatures de sapèques, ou enfilades de mille de ces petites pièces de billon percées d’un trou carré au milieu qui forment la monnaie couranté de la Chine, représentent conventionnellement une valeur équivalente à celle qu'aurait un nombre égal de Jeang ou taëls (une ligature de 1000 sapèques étant la représentation conventionnelle d'un

leang au taël), soit environ la valeur de

3,000 kilogrammes d'argent. — Les réflexions que fait l'auteur du Ouen-hientong-kao à la fin de cette notice dispensent le traducteur de placer ici ses propres observations critiques, et sur l'énormité du présent en lui-même et sur la singulière composition de ce présent formé pour la plus grande partie de monnaies sans valeur intrinsèque, ayant cours seulement dans les provinces chinoises et offertes au prince étranger le plus éloigné des fron-

tières de l'Empire.

n’a pas même été rédigée au loin par un de ces émigrés chinois à demi lettrés comme en possèdent le Kao-kiu-li et le Kiao-tchi. C'est l’œuvre d'un véritable lettré de l’Empire, dont le pinceau s'est exercé à embellir ou plutôt à défigurer un document origmal, à supposer que ce document original ait existé,

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