‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 2 sur 175 · IT. AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

IT. AVERTISSEMENT

la nation chinoise. Comment Klaproth et de savants sinologues qui l'ont suivi ou précédé ont-ils pu compulser l'œuvre de Matouan-lin, lui emprunter de nombreux matériaux et ne pas même soupconner qu'elle renfermàt précisément ce qu'ils jugeaient introuvable. L’explication en est facile à donner. Pleins de cette opinion que le territoire de la Chine actuelle, divisé tout entier et depuis longtemps en provinces et districts chinois à l’époque où vécut Ma-touan-lin, ne devait renfermer aucune région réputée terre étrangère par l’auteur que nous traduisons, ces savants n'ont pas mis en doute que toutes les notices comprises dans son Ethnographie des peuples étrangers ne dûssent concerner des peuples répandus au-delà des frontières de l'Empire, telles qu'ils se les figuraient d'après les vieilles cartes chinoises. Ce fut là leur erreur et moi-même, abordant cette section des Méridionnaux, j'éprouvai nne bien grande surprise dès les premières identifications géographiqués que je pus faire. Je me vis transporté sur les rives du Kiang, alors que je cherchais à m'orienter dans les régions du Yun-nan ou de la presqu'île transgangétique. J'étais donc au cœur de la Chine ; j'y découvrais les autochthones encore en possession d'une grande moitié de la mère-patrie et peu à peu se dessinait à mes yeux, dans son ensemble, le tableau politique de cette unité fictive qui devait tromper tant de savants orientalistes, alors que l'artifice leur en échappait.

Dé l’est'à l’ouest, à quelques centaines de li au-dessus du fleuve Kiarig et des frontières du Sse-tchouen, des fonctionnaires chinois gouvernént des populations à peine soumises; au-dessous de cette limite, dés nations entières restent debout, régies par leurs souverains héréditaires, administrées suivant leurs propres lois par des chefs de leur propre race. L'Empereur décore de titres chinois

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