AVERTISSEMENT III
ces princes indigènes ; il nomme préfets ou chefs de district, selon leur importance, les officiers barbares préposés par leur maître à la garde de ses places grandes et petites. La hiérarchie chinoise est observée; le paiement plus ou moins régulier d’un tribut minime et l'acceptation d'un sceau officiel suffisent pour consacrer ces annexians illusoires.
Ainsi, en réalité, l'Empire Chinois était moins grand de moitié au XIII"® siècle qu'il ne l’est de nos jours et cet empire, si vieux par son histoire, par sa civilisation propre, par ses institutions trente fois séculaires, n'a qu'une existence assez moderne au point de vue de son étendue actuelle et de son unité.
Les notices consacrées aux aborigènes occupent les deux premjers tiers de ce volume. On voit qu'ils appartenaient à plusieurs races bien distinctes et très différentes de la race chinoise. C'est seulement à la suite de la petite préface ayant pour titre: Le midi de la mer (page 409) que nous visitons des pays étrangers è la Chine contemporaine et que Ma-touan-lin, après avoir exploré les régions continentales situées au sud-ouest de l’Empire, nous conduit dans les îles répandues en-decà et au-delà de l'équateur. Des itinéraires détaillés de voyages par terre et par mer, des observations faites au gnomon, des notes ethnographiques, des remarques d'histoire naturelle servent de guide et de contrôle pour reconnaitre les latitudes et la direction.
La détermination exacte des territoires occupés jadis par les petites nationalités que la race chinoise a successivement absorbées ou détruites offre parfois des difficultés résultant, d’une part, de nombreux déplacements sous l'influence de luttes incessantes et, d'autre part, de l’usage déplorable qu'ont eu les Chinois de changer et même d'intervertir, à diverses époques, des noms de villes et de