‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 34 sur 175 · BH HT · texte numérisé non relu

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construisissent eux-mêmes, comme marque leurs limites orientales, une ligne de palissades qui serait devenue pour les garnisons chinoises un excellent ouvrage de défense ; mais ils s'y refusèrent, en disant qu'on ne devait pas élever des barrières alors qu'on se promettait de vivre en bonne amitié. Ces barbares, du reste, demeurèrent fidèles à la parole donnée et ne renouvelèrent plus leurs incursions.

Entre les pays de Jong® et de Lou? se trouvaient les Leao appelés Ko-Leao*, habitant des montagnes et des vallées coupées de très-belles forêts. Ils s'étendaient sur un espace de plusieurs centaines de li, et comptaient parmi les plus turbulents. Au moindre grief, ils prenaient les armes et levaient quelques milliers de combattants. Ils avaient un grand chef auquel ils donnaient le titre de roi, dans leur langage po-neng®, lequel marchait toujours avec une certaine pompe, précédé et suivi de porte-drapeau. Vers la fin des années faï-tchong (847-859), les deux tcheou de Tchangf! et de Lou étant administrés par des hommes cupides et concussion-

SI 7 Ancienne circonscription comprise actuellement dans la partie méridionale du département de Sin-tcheou (Ssetchouen méridional).

> "| Ë A l'est du Sin-tcheou.

li mE BE Ceci semble, à premier

abord, en contradiction, avec ce qui a été

dit plus haut que les Leao n'eurent jamais

de roi; mais ce titre donné à son chef par une tribu isolée ne détruit pas une assertion dont le vrai sens est que jamais les Leao ne furent réunis sous l’autorité d'un souverain universellement reconnu par les diverses tribus.

6! Actuellement Yong-tchang, à l'est de Zia-ting.

62 Ci-dessus, note 58.

naires, les Leao de Jo-tseng et de Yang-kiang*, qui venaient dans les marchés s’approvisionner de riz et de blé, se voyaient fraudés de moitié sur la quantité des grains qu'ils achetaient et faisaient entendre de grandes plaintes, en criant bien haut qu'on les poussait ainsi à la rebellion. Les mandarins coupables de ces malversations imaginèrent de dresser des pancartes exposées en public, dans lesquelles il était dit qu’ils repoussaient tout reproche, et que s’il survenait des troubles, les Leao en porteraient seuls la responsabilité. Les Leao accueillirent cet avertissement par des rires ireniques et la révolte éclata. lls décernèrent le titre de roi à l’un de leurs chefs appelé Chi-ngai®, puis ils s'avancèrent au-delà de Tse-tong*f, incendiant et pillant toutes les localités qu'ils traversaient. Le gouverneur Lieou-tching-chi eut recours à la perfidie pour conjurer le danger. Il fit égorger soixante-dix chefs qu’il avait attirés dans un piége et parvint à tenir momentanément ainsi tous les autres en respect. Enfin, Lieou-tchong-yng, gouverneur genéral du Tong-tchouen?, acheva de rétablir le bon ordre en publiant un rescrit impérial*8.

63 75 $€ o Æ FE Cette localité, non plus

que la précédente, ne se trouve mentionnée dans aucun de mes dictionnaires géographiques; mais le contexte indique clairement que toutes deux étaient voisines de Tchang et de Lou.

0 Ta La Même observation que

ci-dessus. note 60.

66 Ville du troisième ordre, qui n'a pas changé de nom et qui est située à peu de distance de Mien; latitude 31° 37°, longitude 102° 56°. On voit qu'ils avaient traversé toute la partie centrale du Ssetchouen.

i È JII Le Sse-tchouen oriental.

6 C'est-a- ire un décret d’amnistie.

Le grand chef Chi-ngai implora son pardon, que Lieou-tchong-yng lui accorda au nom de l'Empereur, et les bandes insurgées regagnèrent leurs montagnes.

On lit dans l'ouvrage intitulé Kouei-hai-yu-heng-tchi de l’écrivain Fan-chi-hou8? :

« Les Leao habitent des montagnes couvertes de forêts; ils n'ont pas de souverain ; ils ne dressent aucun registre de la population ni des familles. Ce sont les plus sauvages et les plus méprisables de.tous les Man. Ils tuent des animaux à la chasse, au moyen de l’arc et la flèche, et mangent souvent leur chair crue. Tout ce qui remue, insecte ou reptile, leur sert d’aliment. Ils ne savent pas compter les années par cycles. Ils ne se distinguent entre eux par aucun nom de famille, ni par aucun nom personnel. Chaque village choisit pour chef le plus intelligent et le plus brave, qu'ils appellent Lang-ho'°. Ho, dans leur langage, signifie un homme en général. Au commencement de l’année, ils remplissent d’eau douze vases de terre, disposés dans l’ordre où nous placons les caractères qui représentent les heures. Le Lang-ho adresse des prières au Ciel et les vases sont surveillés soigneusement par tous les habitants du village. S'il arrive que le vase correspondant à l'heure Yn conserve de l'eau, tandis que l’eau se soit évaporée déjà dans le vase correspondant à l'heure Mao, ils en augurent qu'il pleuvra à la première lune et que le temps sera sec à la seconde. Ils ont une confiance

absolue dans ces pronostics ‘!.

69 Voir ci-dessus, page 35, note 223. bre de douze, comme les nôtres, mais ont 0 i . , .

‘ HP K une double durée, parce qu'elles remplis-

71 Les heures chinoises sont au nom- sent le jour ct la nuit sans se répéter. Cc

« Chaque année, les barbares désignés en général sous le nom de Fan‘? viennent dans les marchés chinois voisins des frontières pour échanger des chevaux contre diverses marchandises, et surtout contre du sel et des bœufs. Si le sel ou les bœufs font défaut sur un marché, ils cessent d'y amener des chevaux. Afin de les attirer, les mandarins ont coutume de les gratifier de quelques présents qui consistent, d'ordinaire, en sel et en étoffes aux vives couleurs ; mais ces éleveurs de chevaux n’appartiennent pas à la race {des Leao, qu'on doit classer dans la catégorie des Man”.

« Jadis on racontait qu'il y avait des Leao à têtes volantes (Fei-teou}", d'autres à dents qui claquent (Tso-tchî/®, d'autres buvant par le nez /Pi-yn/', d'autres enfin dont les traits distinctifs étaient des vêtements blancs /Pe-chan)", des visages peints (Hoa-mien}'*, des culottes rouges /7chi-kouen)", etc., en tout

qui est assez surprenant, c'est que l'heure Yn, qui est la troisième, corresponde ici au premier mois de l’année, et l'heure Mao, qui est la quatrième, au deuxième mois. Peut-être est-ce parce que cette troisième heure (de 3 heures à 5 heures du matin) étant en réalité la première de la journée ou période du jour, les Leao en

auront fait la première de toutes.

ra RE tO | a Les Chinois donnaient ce nom générique à certains peuples de leurs

frontières occidento-méridionales.formant

une grande famille dont sera parlé plus loin.

78 Cette dernière phrase est, dans le texte, d'une rédaction obscure. Je crois l'avoir interprétée selon son véritable sens; mais je fais cependant toute réserve.

- Ze EH 16 A

vingt et une variétés. On connaît aujourd'hui plus de cent variétés de Leao, rien que dans les régions sud-ouest du Yeou-kiang ®°. »

Le Livre des merveilles lointaines! raconte que les femmes des Leao font sortir leurs maris aussitôt qu'elles ont accouché, afin de prendre du repos tout à leur aise, et que si la nouvelle accouchée commet des imprudences, c'est le mari qui tombe malade tandis que la femme n’éprouve aucun accident.

On lit, enfin, dans les chroniques des Tang : « Les Leao à têtes volantes ont des têtes parfois disposées à s'envoler ; ils se forme alors autour du cou une ligne rouge circulaire, mince comme un filament de soie ou de chanvre. Dès que ce signe est visible, la femme et les enfants veillent, pendant la nuit, le père et l'époux, ainsi qu'on veille un malade. Autrement la tête disparaît le soir

80 Le nomde Æ IL Yeou-kiang se réunissent aux limites occidentales du

(fleuve ou plutôt fleuves de droite) n'est Xouei-tcheou et du Kouang-si et commencent à changer leur nom de fleuves de droite en celui de fleuves de gauche CÆ

I I) vers le 105° degré de longitude, à

pas précisément un nom particulier, mais un terme par lequel les Chinois désignent

les principaux affluents du grand fleuve

(X ] I) qui après avoir traversé le

Kouang-si de l'ouest à l’est, se jette dans la mer non loin de Canton, au lieu appelé Fan-yu. Deux de ces affluents sont appelés Pan-kiang du nord et Pan-kiang du sud, le premier venant du Sse-tchouen et du Kouei-tcheou, selon la géographie To-

sse-fang-yu, et le second du Yun-nan. Ils

l'est de la ville de Sse-tching (Kouang-si). Dans le passage de notre texte auquel cette note correspond, l'expression assez vague régions sud-ouest du Yeou-kiang me paraît désigner le sud-ouest du Aoueitcheou, l'ouest du Kouang-si et peut-être

l'extrémité orientale du Yun-nan.

pour ne revenir que le matin. Il existe encore des Leao appelés Ou-ou #, dont le pays est très-malsain. Celui qui est atteint du mal que le climat de ce pays engendre ne peut avaler, malgré ses efforts, aucun médicament ; c'est pourquoi il claque des dents, et de là est venu le surnom de fso-tchi fi. »

82 La fable des Leao à têtes volantes lante durant ses promenades nocturnes ; est très-populaire à la Chine. Un com- c'est pourquoi ils veillent à ce qu'elle ne mentateur naïf ajoute aux détails donnés s'envole pas.

. - ” 83 EL TC ici : La femme et les enfants craignent nf

qu'il n'arrive des accidents à la tête vo- 84 Ci-dessus. note 75.

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