‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 58 sur 175 · KU LI, LE · texte numérisé non relu

KU LI, LE

royaume, comme font chez nous les fsai-siang*®. Chouang* signifie province, dans la langue du Nan-tchao. Un to-chouang* gouverne trois provinces. Cent familles sont soumises à l'autorité d'un fsongso'8, mille familles à celle d'un fchi-jin-kouan *, dix mille familles à celle d'un fou-to !°. Une mesure agraire de cinq meou*! porte également le nom de chouang *. Les mandarins du premier rang reçoivent 40 chouang de terre à cultiver, les grandes familles 30 chouang ; ces concessions leur tiennent lieu d'appointements e de subvention. Tous les hommes en état de porter les armes sont soldats en temps de guerre ; les chevaux ne manquent point pour monter une nombreuse cavalerie. Mille soldats composent un corps de troupes placé sous les ordres d'un commandant supérieur, et quatre corps de troupes sont commandés par un général. L'organisation intérieure du Nan-tchao comporte d'ailleurs six gouvernements régis par des {sie-tou ", deux lieutenances générales‘! et dix circonscriptions appelées kien!*, terme qui correspond à peu près au mot chinois fcheou !°.

Dans les régions montagneuses qui forment la partie occidentale du Nan-tchao, les vallées sont humides, l'herbe est toujours

verte et mouillée, le climat est très-malsain. Depuis Xio-tsing-

35 Ministres d'Etat. tient environ 6 arcs.

16 44 2 fEfÉ | a ù : 40 chouang représentaient à 1x BE peu près 12 hectares.

48 A { a 34 ii Lia A AM I° a “hg

‘ x 46 i Le nico, ou arpent chinois. con- I

tcheou*' jusqu'à Tien-tchi'*, la population cultive le riz et élève des vers à soie nourris avec les feuilles de l'arbre fche'?. Ces vers à soie font leurs cocons vingt jours après qu'ils sont éclos. Les habitants de Z'ai-ho°, de Ki-sten?! et des autres régions occidentales n'élèvent point de vers à soie, mais fendent le fruit de l'arbre Po-lochou *?, qui produit une sorte de filasse, et s'en servent pour fabriquer des étoffes. Ils ont des puits salins. Ils font des arcs très-forts avec le bois d’un mùrier sauvage, qui croit dans les terrains rocailleux ; ils taillent et emploient ce bois sans l'envelopper de nerfs ni de vernis *®. Le long des fleuves et dans toutes les montagnes, on trouve de l'or ; les contrées à l'ouest de Youe-tan‘i fournissent des plantes propres à la fabrication des nattes et aussi d'excellents chevaux.

Les femmes du Nan-tchao ne se fardent pas le visage et ne se noircissent pas les sourcils, mais elles humectent leurs cheveux avec des huiles parfumées. Le peuple de ce pays fait usage d'un

calendrier qui diffère peu du nôtre, bien que le premier mois de

7 HH Di Jil Actuellement Aio- Ù i |

tsing-fou (Yun-nan oriental).

Ù { IA U Territoire au sud du lac de ce nom.

® Ff Suivant W. Williams: The

tod E È AE Fi Ilex latifolia, dit Thunberg.

33 Les arcs chinois, d'une fabrication

très-compliquée, sont en bois recouvert

quercus or Silkworm oak of China. de nerfs fortement collés avec un vernis

ui Le 38) Territoire actuel de Ta-

li-fou (Yun-nan).

préparé spécialement pour cet usage.

i BE KA ° EX HR Actuellement Teng-youe.

l'année v figure au caractère 1 *. Pour la sûreté du royaume, le Roi établit en certains endroits des camps retranchés où sont cantonnés 2,500 soldats. La loi militaire est de soigner les blessés qui tombent frappés par devant et de décapiter au contraire ceux qui sont blessés par derrière. Le labourage se fait au moven d'un buffle ct de trois hommes. Le premier de ces trois hommes dirige l'animal, le second appuie sur la charrue et le troisième la conduit. L'agriculture est un grand honneur ; les plus hauts personnages se livrent cux-mémes aux travaux des champs. L'Etat ne perçoit qu un seul

impôt qui se paie en nature, et qui consiste en un boisseau de grain

sur deux. Les artisans ne sont pas dispensés de cultiver la terre, dont une parcelle à faire valoir leur est assignée. Ils gardent pour cux la première récolte et la seconde est pour le Roi.

La famille Mong * est en possession de la royauté, qu'elle se transmet héréditairement. Sa généalogie est bien établie depuis CAhelong *. Che-long eut pour fils Sr-rou-lo **, qui envoya des ambassadeurs à l'empereur Kao-tsong, de la dynastie des Tang ?*. Kaotsong lui fit donner des vêtements de cérémonie en soie brochée.

Yen-ko "9, petit-fils de Si-nou-lo, offrit le tribut et recut l'investiture

tcheou, latitude 24° 58°, longitude 46925. che-long. le méme roi qui a été désigné

où

Le caractère DI gn estle troisième plus haut, par abréviation. sous le nom

du cvcle duodenaire. Le sens de cette de Mong-che ‘tchao!. Ci-dessus. note 13. des

phrase est, sans doute, que les habitants ù It XL HE

du Nan-tchav commencaient l'année au 59 L'empereur Aa0-fsong régna de l'an troisième mois de l'année chinoise. 650 à l'an 0X4. se ES co 4 Il . . .

JE |fT} Deguignes, qui fait men-

57 PA ZX 1 C'est-à-dire E li HL Mons -

avec le titre de roi, au temps de l'impératrice Ou-heou‘!. Il mourut dans les années kai-youen (713-741), laissant la couronne à son frère cadet Tching-lo-pi", lequel eut pour successeur son fils Pi-lo-ko%. Ce prince recut l'investiture comme roi de 7ai-tengkiun , et fut en outre décoré d’un titre qui lui conférait une haute dignité chinoise. Yen-ko, n'ayant pas d'entants, avait adopté Ko-lofong® qui régna plus tard. Un fils naquit à Ko-lo-fong, et cet enfant recut le surnom de 7ching-ko®,

Vers la fin des années kar-youen 713-741), Pi-lo-ko, chassant les barbares Ho-man®", s'empara de la ville de Tai-ho ® et prit en outre celle de Za-li%°. La ville de Tai-ho devint la résidence de

Ko-lo-fong et reçut à cette occasion un nom qui, dans le langage des

tion de ce prince, dit qu'on l'appelle éga- est dit un peu plus loin que le roi de

lement Lo-tching. Van-tchao avait soumis les barbares du

8! C'est-à-dire de l'an 6090 à l'an 505. pays de Mi (Mi-man), c'est-à-dire les bar- 62 N À + . «

JR FE a bares qui habitaient les bords du lac de 63 vd: I 1 Hi

E eo PH Ta-li ou Du ;H in Si-eul-ho, égale-

Ae

EE XI HP C'est-à-dire: roi du

kiun de Tai-teng, fief imaginaire dont la

pi

Cour chinoise créait la dénomination pour mieux établir sa suzeraineté plus ou moins réelle.

Page 1