‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 62 sur 175 · A GREX · texte numérisé non relu

A GREX

ti X FÉ} A Expression assez difficile à rendre, qui signifie, à peu près,

le grand constitué.

magnifiques ; il laissait le soin du gouvernement à ses ministres. La quatrième année, ien-fou (877), il envoya des ambassadeurs exprimer à l'Empereur ses sentiments d'amitié et reçut de pareilles assurances. Bientôt, cependant, les incursions des Nan-tchao recommançant à troubler le Sse-tchouen occidental, Kao-pien fit à l'Empereur la proposition de donner une princesse du sang en mariage à leur roi, comme un moyen de mettre fin à des hostilités sans cesse renaissantes. Les conseillers Lieou-tao et Tsoui-tchan combattirent vivement ce projet, qui leur parut blessant pour l'honneur national. Ils dirent à l'Empereur : « Voilà des barbares lointains qui ont toujours été en révolte contre la suzeraineté de l'Empire, et parce qu'un bonze les a ramenés à l’obéissance, on vient demander maintenant pour eux une princesse du sang impérial. Vraiment, cela ferait bien rire nos descendants. Kao-pien est un grand général, mais en dehors de la guerre, ses avis ne méritent pas d’être écoutés. » L'affaire fut endormic pendant quelque temps. Ensuite il arriva du Nan-tchao desenvoyés porteurs d’une demande officielle ; Kao-pien, de son côté, renouvela ses instances, et les ministres ne pouvant se mettre d'accord sur la décision qu'il convenait de prendre, l'Empereur écrivit de sa main à Tsoui-ngan-tsien afin de savoir ce qu’il en pensait !*. Tsoui-ngan-tsien répondit : « Le Yao-tcheou

du Yun-nan n'est qu'un petit coin de terre sans importance!%,

192 Ce Tsoui-ngan-fsien devait être un Ngai-lao) qu'une partie du Yun-nan personnage considérable; cependant son actuel avait été constituée en tcheou de nom ne figure pas dans les biographies Yao (Yao-tcheou). Zsoui-ngan tsien afchinoises que j'ai pu consulter. fecte, par mépris, de désigner sous ce

193 On a vu précédemment (article nom le royaume de Van-tchao.

Pourquoi se préoccuper autant de ce pays et lui accorder des honneurs excessifs, qui ne servent qu à l'enorgueillir en lui faisant croire que nous le redoutons ? Il faut éluder la demande sous quelque prétexte. Une princesse du sang de l'Empereur ne saurait subir l’humiliation d’épouser un petit roi barbare. »

Les Nan-tchao sachant que le pays de Chou était bien gardé ne se hasardaient plus à l'attaquer, mais ils fondirent à l’improviste sur le Ngan-nan dont les garnisons ne purent leur résister. Le gouverneur Tseng-yen s'enfuit à Yong !‘!, abandonné par ses troupes débandées. Alors le gouverneur du Si-tchouen, Tching-king-siouen, amena l'Empereur à examiner de nouveau la question du mariage. Le ministre Lou-y, qui avait été disgracié pour s'être montré favorablc aux propositions de Kao-pien, rentra en faveur. Secondé par deux grands de la Cour, Teou-lou-tcho et Kiai-heou-pien, il parvint à séduire l'esprit de l'Empereur au moyen de raisonnements tels que ceux-ci: « Depuis quinze années les barbares du Nan-tchao n'ont cessé de causer des troubles; ils ont envahi le Ngan-nan et le Yong-tcheou, dévasté quatre fois le Kten-nan, désolé le Sse-tchouen, et obligé l'Empire à soutenir des guerres continuelles. Le trésor public est épuisé ; l'armée est affaiblie par la peste et par les fièvres. La situation est déplorable, et comme les barbares la connaissent on doit s'attendre à de nouvelles invasions pour l'hiver prochain. Si l'Empereur daignait consentir à l'union que le roi de Nan-tchao sollicite, ce prince, bien qu'il ne se dise pas sujet de l'Empire, changerait très-certainement de sentiments et désormais la tran-

quillité scrait assurée. » Le mariage fut donc résolu. L'Empereur

194 Ci-dessus, note 1060,

choisit une princesse à laquelle il donna le titre de Ngan-hoa-tchangkong-tchu!®., La notification des fiançailles fut portée au pays de Nan-tchao par une ambassade, qui revint très-promptement avec un traité de sincère alliance. Tching-king-siouen fut promu d'un grade en récompense de l’heureuse initiative dont le mérite lui appartenait.

Pour recevoir avec honneurs la jeune princesse, le roi de Nantchao ne tarda pas à envoyer ses trois ministres eux-mêmes, Tchao-long-met!%, Yang-ki-hoen!! et T'ouan-y-tsong!*8. À cette nouvelle Kao-pien, qui commandait alors dans le Yang-tcheou, écrivit à l'Empereur : « Les trois personnages que vous tenez actuellement entre vos mains, sont l’âme du Nan-tchao. Gardezvous de les laisser repartir. Qu'on leur serve du vin empoi- ‘sonné, et pour longtemps le Nan-tchao sera hors d'état de nuire. » Le conseil de Kao-pien fut suivi; les ministres qui avaient suscité tant de maux à l'Empire périrent à la fois et, privé de leurs dangereux talents, le roi de Nan-tchao n'osa plus rien entreprendre !.

Le roi Fa étant mort, ses sujets lui décernèrent le faux titre

195 Titre que l'on pourrait traduire li- silence sur ce trait monstrueux de perfi-

brement : Princesse de l'inauguration de die orientale. On reste d'ailleurs indécis

la paix. sur la question de savoir si la princesse 196 : fi i ba lE ‘ir 5 P chinoise fut envoyée au Nan-tchao, mal- 197 +} À PAY . ” . .

) Li gré cet épisode de scs fiançailles, ou bien Ei si le mariage fut rompu.

IN Le rank mot garde le

posthume de Ching-ming-ouen-ou Hoang-ti*®. Son fils Chun-hoa?% lui succéda. Ce prince envoya une ambassade au gouverneur du Li-tcheou, afin de renouveler par son entremise les anciens traités d'amitié avec la Chine, mais l’empereur Tchao-tsong ne répondit rien à cette ouverture. Les guerres civiles qui désolaient l'Empire suspendaient toute relation avec les peuples du dehors.

Sous les Tang postérieurs, la troisième année tong-kouang (925), quand le trône de la nouvelle dynastie fut consolidé, le ministre Quang-ki-ki donna le conseil d’attirer les Nan-tchao comme par le passé. La première année tien-tching {926), on apprit qu’un envoyé du Yun-nan était attendu à Soui-tcheou ?*.

Beaucoup de princes et de grands chefs des barbares méridionaux arrivèrent des régions les plus lointaines pour faire la visite d'hommage et apporter le tribut. L'empereur Ming-tsong les reçuten audience officielle et leur conféra des mandarinats?%,

La seconde des années tien-tching (927), à la septième lune, l'Empereur désigna plusieurs officiers chargés d’aller visiter les barbares.

Cette mème année, à la neuvième lune, le gouverneur du Ssetchouen occidental, rendant compte à l'Empereur de la réoccupa-

tion du Li-tcheou, fit connaître que l’envoyé du Yun-nan, nommé

xo BU HH b'à IN Ei i entend ici un envové du Nan-tchao.

‘Empereur saint, éclairé, savant et guer- 203 C'est-à-dire leur donna des titres rier. — Voir ci-dessus, la note 188). Lc chinois pour gouverner scs propres sujets roi Fa mourut l'an 885. au nom de l'Empereur, suivant le système

ni Ti Â4 de suzeraincté fictive qui a été expliqué

303 Par un envoyé du Yun-nan on précédemment.

Tchao-ho?%, avait laissé dans une maison bâtie par lui, au midi du fleuve Ta-tou-ho, quinze liasses de correspondance et diverses compositions poétiques. Le tout fut expédié à la Cour.

L'Empereur Tai-tsou, des Song, fut frappé des sacrifices que la Chine avait dû s'imposer, sous la dynastie des Tang, pour soutenir des guerres continuelles avec le Nan-tchao. En conséquence, il prit le parti d'abandonner tous les territoires de la province de de Youe-soui situés au-delà du Ta-tou-ho, et de fixer définitivement à ce fleuve les limites du domaine impérial. Il jugea qu'on éviterait ainsi des violations de frontières trop faciles, source d'hostilités sans cesse renaissantes et souvent si dangereuses. Quant aux défilés de Hou-teou?% et à ces régions de l’ouest défendues par tant de précipices et d'obstacles naturels, il résolut d’en confier la garde aux barbares des antres qu'elles renferment, placés euxmêmes sous la protection de l'Empire. Dès-lors, les communications devinrent très-rares et les relations officielles avec le Nantchao furent interrompues.

Au milieu des années hoang-yeou (1049-1053), Nong-tchi-kao vaincu s étant réfugié sur les terres du roi de Ta-li, ce prince se saisit de sa personne et le fit notifier à l'Empereur ?%,

La neuvième année hi-ning (1076), le roi de Ta-li envoya des

206 ti XM du Yong-tcheou, s'était proclamé roi de 205 jé, dA BA Nan-tien(ciel du midi), et tint longtemps 26 Nong-tchi-kao était un chef puissant en échec les généraux chinois envoyés des barbares méridionaux habitant les pour le combattre: — Les rois de Nanterritoires qui forment actuellement le fchao avaient dès-lors changé leur nom

sud-ouest du Kouang-si. Il s'était emparé en celui de rois de LS FE Ta-li.

ambassadeurs qui offrirent en tribut des objets de leur pays; mais cette visite ne se renouvela pas dans les années suivantes et les représentants du Ta-li qui parurent ensuite à la Cour, à de longs intervalles, ne furent pas toujours reçus en audience officielle.

La troisième année tching-ho (1113), l'inspecteur du Kouangtcheou, nommé Hoang-lin, fit savoir qu’un ambassadeur du Ta-li, dont le nom était Mou-y-hoaï?!’, était en route pour se rendre à la Cour et venait offrir le tribut au nom de son maître, désireux de compter parmi les grands vassaux de l’Empire?%. L'Empereur ordonna d’envoyer au-devant de cet ambassadeur des officiers de distinction qui l’accompagnèrent dans son voyage.

La sixième de ces mêmes années (1116), le roi de Ta-li envoya un nouvel ambassadeur nommé Li-tse-tsong*®, accompagné d'une suite nombreuse. Cette ambassade passa par 7ing-tcheou?!. Li-tsetsong sollicita l'autorisation, qui lui fut accordée, de visiter le collége impérial afin d'y saluer l'image du grand sage?!!. Il voulut aussi voir la bibliothèque impériale et lire quelques ouvrages composés par des empereurs. Avant de les ouvrir, il s'inclinait

jusqu à terre, en élevant la tablette d'ivoire ?!*.

an TEA mi ui és HU... .

7 E IR EL A Littéralement: Du saint 205 A cette époque le royaume de Ta-li par excellence, expression qui désigne

avait beaucoup perdu de son ancienne Confucius.

importance (Voir la planche 20 des Ta- 212 La tablette d'ivoire (ho)est une sorte bleaux historiques de l'Asie}. d'écran que les ministres tiennent par 200 > LE Hi | . LE SR I respect devant leur visage, en parlant à

nio "fl Di La Cour était alors à l'Empereur dans les cérémonies offi-

Pien-leang (Kai-fong-fou). cielles.

La septième année tching-ho (1117), le roi de Ta-li vint rendre la visite d'hommage en personne. Il offrit en tribut des chevaux et du musc. L'Empereur reconnut à ce prince, nommé Xïa-ho-yu?!}, le titre de roi de Ta-li, gouverneur général du Yun-nan. Il lui conféra, en outre, de très-hautes dignités.

Sous le règne de l’empereur Kao-tsong, la troisième des années chao-hing (1133), le gouverneur du Kouang-si annonça que le roi de Ta-li se disposait à envoyer une ambassade qui amenait, pour les vendre, un asssez grand nombre de chevaux. La Cour s'y opposa, ne pouvant permettre qu'une mission officielle prit le caractère d'une opération commerciale ; mais il fut ordonné aux gouverneurs des provinces frontières d'acheter tous les chevaux qui leur seraient présentés. L'occasion, d’ailleurs, parut favorable pour établir un précédent très-utile à la remonte de la cavalerie chinoise.

La sixième année chao-king (1136), le commissaire impérial en fonction dans le Kouang-si écrivit à la Cour afin de prévenir l'Empereur que des hommes du royaume de Ta-li, qu'on attendait à Hong-chan, avaient réuni des chevaux et des éléphants destinés à lui être offerts, en même temps qu'ils lui adressaient un placet et différentes lettres. L'Empereur ordonna de refuser les présents, mais de récompenser les bonnes intentions de ceux qui les avaient préparés par des cadeaux d’une valeur égale à celle des chevaux et des éléphants qu'on refusait d'accepter. A l'égard des lettres et du

us e oa Le pee , È #1 PL On pourrait lire J'ai choisi la prononciation adoptée par aussi ce nom Touan-ho-yu à cause de la Deguigues dans son Histoire des Huns

double prononciation du caractère E pour éviter toute confusion,

placet, ordre était donné de les recevoir et de fes faire parvenir à la Cour, pour qu'il y fut répondu comme il conviendrait ?!$.

On lit dans l’ouvrage intitulé Kouei-hai-yu-heng-tchi 215; « Le Ta-li est l’ancien royaume de Nan-tchao. Au commencement de la dynastie des Tang, les Nan-tchao n'étaient encore que de petits barbares, divisés en cinq tribus. La tribu qui avait pour chef Mong-che-tchao était la plus forte et se nommait Nan-tchao; c’est pourquoi ce nom servit à désigner la nation tout entière. Pi-lo-ko, chef des Nan-tchao, ayant réuni sous sa domination les cinq tribus, l'Empereur lui reconnut le titre de roi du Yun-nan. Plus tard, son successeur Y-meou-tsin reçut l’investiture avec le titre de roi de Nan-tchao. Plus tard encore, le roi de Nan-tchao Tsieou-long, qui portait le titre de Piao-sin?!, donna lui-même à son royaume le nom de 7a-li?!?, que l’on écrit aujourd’hui T'a-l1°18. Les historiens des Tang ont employé successivement ces deux orthographes, sans qu'on en sache d’ailleurs la raison.

Le territoire de Ta-li est grand et très-peuplé; on y fabrique d’excellentes armes?!°. Les anciens auteurs ont décrit tout

cela avec beaucoup de détails. Le fleuve Yeou??, du Yong-

214 Ces hommes du royaume de Ta-li dans la conduite à suivre, en l'instruisant

étaient sans doute des chefs mécontents de la situation du pays. de leur souverain, qui cherchaient à se 215 Voir ci-dessus, page 35, note 223. placer directement sous la protection de l'Empereur. Tout en refusant des présents

qui pouvaient la compromettre, la Cour

chinoise encourageait la démarche faite auprès d'elle et recevait avec empresse-

ment des lettres qui devaient la guider

219 Les armes blanches de Ta-li sont

encore aujourd'hui très-renommées.

tcheou?*!, mêle ses eaux à celles du fleuve Za-pan** du Ta-li. Ce

fleuve Ta-pan coule sur le territoire de Ouei-tsou**. Le cercle de

Te-mo *’ est limitrophe du territoire de Chen-tchen *?>. À partir du

cercle de Yong-tcheou, les barbares Man ®?9 et Leao 2? s'étendaient

à quarante ou cinquante jours de marche des frontières du Ta-li.

Le Ta-li produit de très-bons chevaux, qui arrivent facilement

sur le marché de Hong-chan®"*. Les Pe-keng®, les Tse-ki?%, les

Nau-keng*\, les Te-mo **, ont été longtemps sans communication

avec ce marché. Ils se disaient placés au-dessous des Ma-tiao du

Ta-h°*.

an SL | | di, M Ci-dessus, note 164.

223 XK Re 233 Ai X sé Actuellement territoire

de Tsou-hiong-fou (Yun-nan). — Les indications données ici ne s'accordent pas très-bien avec celles des cartes chinoises modernes, non plus qu'avec celles des cartes européennes. Il semble que l'auteur du Aouei-hai-yu-heng-tchi ait confondu le cours supérieur du Ta-pan avec celui des afffuents du fleuve Ho-ti.

HE pa Actuellement territoire

de Xouang-nan-fou (Yun-nan).

Ancien nom du terri-

toire qui forme aujourd'hui la circonscription de Yun-nan-fou, ainsi qu'il a été dit

précédemment.

ni k F4 TE (i Je n'ai pu identifier Ma-tiao, et les indications données dans ce passage me paraissent, je l'avoue,

assez obscures.

APRIRE

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