‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 7 sur 175 · CHE K · texte numérisé non relu

CHE K

Ou, mille y° d'or pur et une ville de dix mille familles, avec sa fille cadette en mariage. Examinons toutes ces assertions et nous verrons qu'elles renferment autant d’erreurs manifestes. Antérieurement aux Tcheou, l'or se pesait par kin et non par y, mesure de pesanteur qui peut être ne remonte pas au-delà des Tsin. Il n'existait point de villes, au temps de l'empereur Ti-kou ; le’ titre de fsiangkiun fut créé seulement par les derniers Tcheou, et quant au nom de Ou, c'est encore aux Tcheou qu'il doit son origine !°. Méler ce nom à des récits du siècle de Ti-kou est une incroyable inattention. Fan-ve, du reste, ne se dissimulait pas le caractère plus ou moins fabuleux des sources auxquelles il avait puisé. Dans un écrit qu'il adressait à ses neveux du fond de sa prison, il a dit formellement : Les ouvrages anciens, qui nous font connaître l’histoire et les mœurs des barbares de nos frontières, sont si remplis de merveilleux que tout ce qu'ils rapportent de vrai est comme entaché par le voisinage de la fable!!.|

Emportant sur ses épaules la fille de ‘Fi-Kou, Pan-hou s'était

retiré dans les Nan-chan!* ou montagnes du Midi.

commentaire ajouté au corps principal

10 Ou-ouang, desTcheou, donna le ficfde pi ” * + 7% Ou, dans le pays de Kiang-nan, à son jeune frère Taï-pe, dont la postérité prit ce nom de Ou pour nom de famille.

11 Rappelons que les passages placés entre deux crochets [ |, danscette traduction, sont ceux qui figurent en petits caractères

dans le texte chinois du Quen-hien-tong-

kao, ct qui forment comme une sorte de

de l'ouvrage. Celui-ci, écrit en style de réthorique, est un des rares fragments dont dont j'ai cru devoir donner une version plutôt substantielle que littérale, pour éviter les longues et inutiles explications que que certains tours de phrases auraient ré-

clamices.

à FE 11

[Montagnes au milieu desquelles se trouvent les cinq vallées,

Ou-ki!, dont il sera fait mention plus loin.

Il habitait un antre sauvage ; il eut de sa femme six garcons et six filles qui se marièrent entre eux!*. Leurs descendants préparè-

4 Ma-touan-lin a pris soin lui-même de mettre le lecteur en garde contre l'élément fabuleux qui se trouvera mélé au vrai, dans l’ensemble des relations qu'il a recueillies; il nous montre la critique à côté de la vraie tradition. L'histoire de Pan-hou a certainement le caractère de la légende, mais comme la légende offre parfois des indications précieuses, il me semble à propos d'analyser le passage qu'on vient de lire, en se plaçant à un autre point de vue que l'encyclopédiste Fan-ye, dont les ‘plus gros arguments se réduisent peut-être à constater des anachronismes de mots. Je mentionnerai d'abord que les deux caractères que j'ai traduit par serviteur (un serviteur de Ti-kou, nommé Pan-hou), parceque tel est leur sens dans un grand nombre de cas, si-

gnifient littéralement chien domestique dr | =] 39, icho-keou. Une encyclopedic

chinoise prend l’expression au pied de la

lettre et va jusqu'à dire que ce chien avait le poil de cinq couleurs; mais c'est ainsi qu'une légende se transforme en fable puérile et grossière. Si nous remarquons, au contraire, que le caractère 4 de l'expression EA 4] est synonyme du caractère KR kiuen (chien), qui entre dans le nom des Xiuen-jong et dans la composition d'un très-grand nombre d'autres noms de nations barbares auxquelles les Chinois les assignèrent par mépris, la légende de Pan-hou pourra prendre une autre face et signifier simplement qu'un barbare, peut-être un kiuen-jong, séduit par la récompense promise, aurait apporté la tête de son chef à l'Empereur et, peu soucieux de retourner ensuite parmi les siens, aurait été s'établir avec sa femme, de race chinoise, dans les contrées réputées désertes des Nan-chan, où ses descencendants auraient prospéré. Ma-touan-lin réduit les libéralités de l'empereur Ti-kou

au don de l’une de ses filles, ce qui n'a

PAN-HOU-TCHUNG. 5

rent et tissèrent l'écorce de certains arbres, teignant les étoffes qu'ils fabriquaient avec des sucs végétaux. Ils aimaient à porter des vêtements de cinq couleurs, disposées et mélangées de diverses manières 5. La coupe de ces vêtements figurait toujours une sorte de queue. Le langage des Pan-hou-tchong était très-difficile à entendre. Quand ils se furent multipliés on les appela Man-y !. Ils eurent des grands chefs de bourgade, auxquels les Chinois reconnurent le titre de Kiu-choui!? et qui se donnaient eux-mêmes celui de Tsing-fou-siang'8. En leur parlant, on les appelait Yang-tou.

Ces barbares habitaient toujours de profondes vallées, défendues par des montagnes inaccessibles telles qu'en renferment les

régions de Tchang-cha%, Kien-tchong®! et Ou-kr?.

rien d'extraordinaire dans les mœurs orientales, Il ne parle ni d'or pur ni de cité populeuse, comme l’historiographe l'an-ye. De plus, (au livredes occidentaux), il dit que barbares Jong n'avaient point de rois. mais seulement de grands chefs militaires, qui étaient de véritables isiangkiun, abstraction faite de l'époque à laquelle ce titre peut remonter.

45 On reconnaît facilement ici l'origine de la fable du chien de cinq couleurs, dont il a été parlé plus haut.

à Ka CA c'est-à-dire barbares dont le langage ressemble au gazouillement de certains oiseaux (voir le dictionnaire de Morrison, Partie II, 7496). Il est à re-

marquer que ce nom de Mar est devenu

chez les Chinois un terme générique pour désigner les barbares de leurs frontières méridionales, comme celui de Jong pour désigner leurs voisins de l'occident-nord.

di È A on prononce également Kiu-tsoui. C'est le même titre que les Chinois reconnaissaient à certains chefs coréens voir Première partie, ORIENTAUX, pages 17 et 324).

6] 7 cu if X AE] Une ditficulté résultant de l'absence de ponctuation rend ce détail obscur.

20 È ÿ vu partie N.-E. du Hou-nan actuel.

[Le Ou-ki, ou territoire des Cinq rallées, comprend les vallées de Chin, Yeou, Ou, Où et Youen*.]|

Quand Tchao, roi de Tsin?!, chargea Pe-ki de faire la guerre

au royaume de Tsou??, ce général s'empara d'une partie des régions

occupées par les Man-y. Le pays conquis fut érigé en principauté

de Kïien-tchong*, où les Han établirent plus tard le gouvernement

= fé 8 IR A TE N ;R IL R Ces cinq vallées appelées collectivement Ou-ki, sont situées dans les arrondissements actuels de Louki, Youen-ki et Chin-ki, du département de Chin-tcheou-fou du Hou-nan. Le géographe Li-tao-youen et la géographie moderne To-sse-fang-yu signalent quel-

ques changements dans les noms men-

tionnés ci-dessus. Les vallées de AP ÿ D Ou-ki et 19,6 EX Youen-ki portant aujourd'hui les noms de LÉ | Hiong- ki et ti | Men-ki, vulgairement 1} | Lang-ki.

% Tchao-(Siang-ouang) fondateur de la dynastie impériale de K Tsin fut roi de Tsin de l’an 307 à l'an 255 avant Jésus- Christ, époque à laquelle il prit le titre d'empereur. Ses gucrres avec le royaume de Tsou durèrent aussi longtemps que

son règne. La campagne de Pe-hki remonte

aux premières années du une siècle de notre ère.

: On prononce également Tchou.

Ce royaume occupait notamment une grande partie des provinces actuelles du Hou-pe, du Hou-nan et du Kiang-si; mais on voit par les indications de Matouan-lin que des peuples indépendants s'y trouvaient internés, comme les Miaotse le sont encore aujourd'hui au midi du Kouei-cheou et dans quelques autres régions de la Chine.

7 A FF D vastC circonseripqui renfermait une large portion de l'ancienne province du Hou-kouang. du Sseichouen oriental et du Kouei-tcheou supérieur, comprenant les territoires actuels de Tchang-te-fou, Sse-nan-fou, Ssetcheou-fou. Ouei-tsing-ouci. Tchangtcheou. Li-tcheou. Chi-tcheou-vuci. etc.

siècle avant

On voit qu'au troisième

PAN-OU-TUHONG. 7

de Ou-ling”. [Aujourd'hui 28 villes et territoires de Ou-ling®*, Fong-

notre ère, la race de Pan-hou occupait toute la partie centrale des quatre provinces réunies du Hou-pe, du Hounan, du Sse-tchouen, et du Kouei-tcheou, s'appuyant particulièrement à la chaîne de montagnes qui forme la limite naturelles de ces provinces, depuis les rives occidentales du lac Tong-ting, à l'Est, jusqu'aux vallées profondes encore possédées de nos jours par les indomptables Miao-tse, aux frontières méridionales du Kouei-tcheou. — Pour chacun des noms géographiques qu'on désirera identifier, ou reconnaître sur la carte de Chine d'une manière précise, on pourra consulter le dictionnaire de Ed. Biot.

#7 Suivant les indications fournies par Ed. Biot, le Ou-ling, des Han, comprenait les départements actuels de Tchang-te, Fong-tcheoy, Chin-tcheou ct Youen-tcheou.

28 Il est à remarquer, une fois pour toutes, que l'expression aujourd'hui, empiovee dans le texte de cette traduction.

nous reporte au temps où vivait Ma-touan-

lin, ou tout au moins à l'époque où parut

la plus ancienne édition du Quen-hien-

tong-kao que nous possédions, laquelle est de la troisième année A1a-tsing (1525 de notre ère. Les éditions postérieures ont respecté ces indications géographiques, bien que les noms de lieux et de circonscriptions territoriales aient subi de nombreux changements depuis le siècle de Ma-tovan-lin et même depuis l’année 1525. L'identification exacte de ces noms et de l'étendue des régions auxquelles ils s'appliquaient offre parfois de grandes difficultés, pouvant fournir matière à controverse ; c'est sans doute ce qui a déterminé les éditeurs chinois de nos jours à reproduire fidèlement ies notes en petits

coractères du vicux texte, prudence dont

je n'ai pas cru devoir mc départir. Je me

suis contenté de donner, dans mes propres notes, les identifications en noms modernes qui m'ont paru sûrement établies, en me servant pour les indiquer des mots:

actuels, actuellement, afin de ne pas faire confusion avec le terme aujourd'hui, du contexte. dont je viens d'expliquer la juste

valeur.

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