Æ AI
"Hi à
9 Quei-tse, sans doute.
TSOUAN-MAN. 285
naissait d’ailleurs comme tou-kowei-tchu des tribus soumises à son autorité. La première des années chun-hi (1174), les Tou-fan ayant violé les frontières de l’Empire, ce Yai-oua marcha contre eux et les repoussa, après en avoir fait un grand carnage. L'Empereur ordonna que ses mérites fussent officiellement publiés.
La seconde de ces mêmes années (1175), Fan-tching-ta® fit connaître que le roi des Leang-lin, nommé 7i-/ong”, ayant des motifs d’animosité contre Yaï-oua et les siens, avait assiégé la ville de Si-yong*, appartenant à la tribu de Kiong et que, n'ayant pu s'en emparer, il s'était retiré après avoir ravagé la contrée. Yaï-oua s'était mis à sa poursuite, mais sans parvenir à l’atteindre. Ti-long avait regagné rapidement le Li-tcheou. Alors Yaï-oua avait fait construire des forteresses de terre, pour empêcher un retour offensif de l'ennemi.
La septième de ces mêmes années (1180), le haut commissaire Li-kia-mong adressait à la Cour un rapport dans lequel il était dit : « Le Li-tcheou est entouré de populations barbares. À ses frontières habitent les tribus des Kiong®, Ho-nan-man'®, Niu-eultching-man 1, Tsing-tcha-keou-tou-fan'", OQu-pou-lo!; un peu plus loin, sont les tribus indigènes du Yun-nan. Tous ces étrangers s'adressent journellement au fai-cheou‘% pour traiter de la vente
% Voir ci-dessus, page 45, note 263. i | H] PA st) Barbares du Ho-nan.
7 Ga “vw ps
° He a n Ti a H AT xR Tou-fan © JP AL ) Il Re Litt.: Barbares de Tsing-tcha-keou.
méridionaux des vallées de la tribu de tei hi LA A
Kiong. 104 Préfet de la province.
de leurs chevaux; comme il sont pour la plupart violents et grossiers, ils lui manquent souvent de respect, ce qui produit le plus fâcheux effet, et peut avoir des conséquences sérieuses. Il serait bon d'ordonner que désormais le tong-pan'° présidât seul au commerce des chevaux, tandis que le fai-cheou s’occuperait uniquement d’administrer les affaires publiques. » L'Empereur rendit un décret conforme au vœu que Li-kia-mong avait exprimé.
La huitième année chun-hi (1181), Yai-oua étant mort, son neveu Me-yai!°, qui lui succéda, reçut l’investiture dans la forme accoutumée. A cette époque, et aussi sur la proposition de Li-kiamong, l'Empereur décida qu’à l'avenir les troupes chinoises chargées d'occuper les forts des frontières du Li-tcheou, et même celles qui pourraient être envoyées à leur secours en cas de troubles, seraient placées sous le commandement des autorités militaires de la province !®.
La neuvième des années kia-ting (1216), sous le règne de l'empereur Ning-tsong, les barbares de Kiong passèrent sous la domination du Yun-nan. Leur kouei-tchu, nommé Pou-kou!%, se voyant menacé par un chef de sa famille appelé Yai-fse!® qui s'appuyait sur les Leang-lin pour le détròner, avait sollicité l'appui
15 Intendant de la province. utile, les mesures réclamées par les cirio BI Hu , NV L 4 Hi constances.(Considérations exposées dans 17 Au lieu de recevoir les ordres d'un le Tong-kien-kang-mou.) o, | 108 AL gouverneur général de grande circons- F . s . 22° 109 cription, à qui son éloignement ne per- K Hi
mettait pas toujours de prendre, cn temps
TSOUAN-MAN. 287
du roi de Yun-nan!!°. Ce prince avait saisi avec empressement l’occasion d’accroître sa puissance ; il avait anéanti les Leang-lin et les Kiong lui étaient demeurés soumis. Ces barbares servent fidèlement ceux qu'ils ont adopté pour maîtres; c'est pourquoi à partir du règne de Ning-tsong, ils fermèrent aux Chinois les routes du Yun-nan et ce n'est que tout récemment que cet état de choses a changé.
En résumé, plus de dix kiun !!!, couvrant des milliers de li et peuplés d’une infinité de hordes barbares, occupent aujourd'hui les régions qui s'étendent, dans la direction de l’ouest, depuis les tcheou de Kien'*? et de Kong", jusqu'aux tcheou de Feou!!!, Lou!!, Kia 16 et Soui!!?, et dans la direction du sud-est, depuis les {cheou de Kiai!!8, Quen!!? et Tche 1, jusqu'aux limites de ceux de
40 Le roi de Yun-nan était le continuateur des rois de Nan-tchao, qui portèrent aussi le titre de rois de Ta-li (Voir ci-dessus l’article Nan-tchao).
#1 J'ai donné l'explication du mot kiun dans le premier volume de cet ouvrage p. 4, note 8). Évidemment Ma-touan-lin l'emploie ici avec le sens de petite nationalité, ou petit état forme par une certaine aglomération de peuplades différentes. Quant aux circonscriptions territoriales chinoises (tcheou), sur lesquelles
ces kiun étaient établis, elles étaient plus
ou moins fictives. suivant que le kiun était plus ou moins indépendant. (Voir ci-dessus, page 19, la note 107 de l’article
Pan-hou-tchong.) "8A "RE “HE "i "E "fa «FE "x 120 ff
Oueï"’1, Meou'*, Li!° et Ya". On y rencontre des races vail-
lantes et féroces ; d’autres, comme celle des innombrables Leao,
sont bestiales et perfides *. Durant la période comprise entre les
années {chi-ping (1064-1067) et les années fsing-kang (1126-1127),
presque tous ces barbares échangèrent leurs produits à nos fron-
tières, offrirent le tribut d'hommage et recurent des titres chinois,
dans la personne de leurs chefs. De temps en temps, ils pénètrent
sur le territoire de l’Empire pour s'y livrer au pillage, mais ce sont
là des rapines sans importance, comme celles des chiens et des
rats 1?6,
121 x 122 TS
HÉ La situation de tous ces tcheou
a été précédemment indiquée. On pourra consulter, d’ailleurs, le dictionnaire de Ed. Biot, pour reconnaître leur position géographique.
125 Une notice spécialement consacrée
aux Leao est donnée plus haut, page 106
et suivantes.
126 [La manière dédaigneuse dont Matouan-lin parle ici des rapines exercées par les barbares aux frontières de l'Empire ne saurait s'appliquer qu'aux petites tribus mentionnées dans cette notice, le même écrivain peignant ailleurs sous de très-sombres couleurs les terribles incursions de barbares plus nombreux et plus
puissants.