ŒIL
Originairement, et jusqu’au commencement de la dynastie des Han, le Kiao-tchi fit partie du Nan-youe!. L'empereur Oui, après qu'il eut soumis le Nan-youe, divisa ce pays en neuf kiun? : Tan-
FA EX Le nom de Youe (éloignés) fut donné, dès l'antiquité, aux barbares des régions méridionales de la Chine et le royaume de Youe figure parmi les grands états féodaux au temps du Tchun-tsieou. Quand l'empire des Tsin fut démembré, un gouverneur chinois de ces régions méridionales que Tsin-chi-hoang-ti avait conquises se proclama lui-même roi de Nan-youe (Youe méridional) et régna sur les provinces qui forment à peu près
aujourd’hui le Æouang-tong et le Kouei-
tcheou. ll fut assez puissant pour prendre
le titre d'empereur, Il se nommait Tchaoto. Ses descendants se succédèrent pendant quatre générations, de l’an 208 à l'an 111 avant J.-C., époque à laquelle l'empereur Ou-ti, des Han, détrôna le dernier d’entre eux, Kien-te, et réunit le Nan-youe à l'Empire, comme il est dit dans le texte qui suit.
2 Voir le premier volume de cet ouvrage (ORIENTAUX), page 4, note 8. Ici, le mot kiun peut se rendre par le mot gouvernement. Les noms de ces kiun étaient
ceux d'autant de villes, leurs chefs-lieux.
eul3, Tchu-yaï*, Nan-haï°, Tsang-o0u®, Yo-lin", Ho-pou*, Kiaotchi°,
ces neuf kiun résiderait dans le kiun de Kiao-tchi. C'est ainsi que
Ji-nan!° et Kieou-tchin!'. Il décida que le gouverneur de
le nom de Kiao-tchi prévalut. Ce nom de Kiao-tchi, les Han orientaux le changèrent en Kiao-icheou!?, dénomination qui fut conservée par les Tcin, les Song et les premiers Tsi. Ensuite, le icheou de Kiao redevint le kiun de Kiao-tchi, jusqu'au renversement des Tcin par les Soui qui rétablirent encore le fcheou de Kiao, ou Kiao-tcheou; mais bientôt l’empereur Yang-ti, de cette dernière dynastie, ayant remis en vigueur l’ancienne institution des kiun, le tcheou de Kiao fut appelé, comme auparavant, kiun de Kiao-tchi. Enfin, les Tang introduisirent des modifications nouvelles. D'abord; au milieu des années ou-te (618-626), ils instituèrent un gouvernement général! de Kiao-tcheou; puis, dans les années tchi-te (756-757), ils firent de ce gouvernement général, sous le nom de
3 APE | (1 H Actuellement T'an-tcheou latitude
(ile de Haï-nan).
i HE Æ Actucllement Yai-tcheou
®. Dans le Tong-king actuel:
21°, longitude 103°, Aujourd'hui Aetcho
ou Aechoe, également appelé Ha-noi.
(ile pri Haï-nan).
Wi YF Canton.
Lf À l'extrémité orientale du een actuel; latit.
TE FX Dans le Aouang-si; lati-
23°, longit. 108°.
tude 22°, longitude 107°.
"Ti Actueliement Lien-tcheou
(Kouang tong).
" H a] Au sud du kiun pré-
cedent.
" IL IEL Actuellement Xe-hoa,
dans la Cochinchine : latitude 17°, longitudc 105°,
protectorat général de Ngan-nan'*, un grand commandement militaire qui devait assurer la tranquillité du Midi.
Au temps des Leang postérieurs, dans les années tching-ning (915-920), un chef nommé XKio-tching-mei'% était devenu tout puissant dans ce pays et s’était rendu indépendant. Il fit des traités avec l'empereur Mo-ti et recut la hache fsie-youe!?. Son orgueil et son audace s'étant bientôt accrus au point de méconnaître la souveraineté de l'Empire et de menacer les frontières par des actes d'hostilité, on envoya contre lui le général Li-ho-chun qui le fit prisonnier et rétablit le système des gouverneurs indigènes, représentants de l'autorité impériale. Yang-ting-y !8 et Chao-hong!° gouvernèrent ainsi successivement le Kiao-tchi, munis d’une investiture qui leur conférait d’ailleurs de grands pouvoirs. Chao-hong étant mort eut pour successeur un chef militaire nommé Ou-tchangki®, auquel succéda sans difficulté son frère Ou-tchang-ouen°!;
" TA HP ab N cond
dire : Prolectorat général pacifiant le midi (Ngan-nan). — On voit ici l'étymologie de l'Annan ou Annam.
15 Le Kiao-tchi ou Kiao-tcheou, dont l'étendue a beaucoup varié dans la suite, fut donc, à son origine, formé de diverses provinces qui appartiennent aujourd'hui à la Chine, au Tong-king et même à la Cochinchine, et c'est à tort que plusieurs
auteurs l'indiquent comme avant été sim-
plement l'ancien Torg-king.