‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 96 sur 175 · HE · texte numérisé non relu

HE

1 Ei N} Défilés dans les montagnes situées au nord-est de Nan-ning (Kouang-si).

126 Ci-dessus, note 82.

7 Fe M L'édition du Ouen-hientong-kao de 1524 porte le caractère ji Lien, au licu du caractère Fe Lien, faute qui a été corrigée dans les éditions

postérieures et qu'il est important de

de représenter les armées du Aiao-tchi comme ayant pénétré jusqu'à l'extrémité nord-ouest du Kouang-tong, où est situé

le ji Di Lien-tcheou, tandis que la

ville et le territoire de Ré Lientcheou sont au bord de la mer, dans le golfe du Tong-king; latitude 21°, longitude 107° (Kouang-tong).

128 Ci-dessus, page 213, note 166.

ordonna la formation d'une grande armée dont il confia le commandement aux généraux Tchao-sie et Kouo-koueï. La neuvième année hi-ning (1076), à la douzième lune, ces généraux défirent les barbares, une première fois au lieu appelé Kiue-li-ngai l?° et ensuite dans un combat qui se livra sur le fleuve Fou-leang et qui coûta la vie au prince héritier du Kiao-tchi, appelé Hongtchin!%. Kien-te s’effraya des succès obtenus par les troupes impériales ; il fit sa soumission et envoya des officiers au camp chinois pour traiter de la paix. Le fleuve Fou-leang coule non loin des frontières du Kiao-tchi; Kouo-koueï, qui commandait en chef, n'osait pas se risquer à le traverser avec une armée tellement éprouvée par les maladies que de quatre-vingt mille soldats, un peu plus de trente mille seulement lui restaient. Cependant, il sut obtenir de Kien-te, comme condition du traité qui fut conclu, la cession à l’Empire des fcheou de Kouang-youen'*, Men, Sselang et Sou-meou!%, ainsi que du kien de Kouang-lang "%. L'Empereur changea le nom du fcheou de Kouang-youen en celui de Chun!" et désigna, pour y commander, un mandarin chinois appelé Tao-pi. A l'égard des autres pays annexés, il en laissa l'administration à des gouverneurs indigènes. Malgré l'issue favorable de cette campagne, Koueï et Tchao-sie furent disgraciés comme coupables d’avoir commis de nombreuses fautes.

Après quelques années, Kien-te sollicita la permission de reñouveler la visite d'hommage et demanda aussi qu’on lui rendit les provinces dont il avait été dépossédé. L'Empereur lui répondit : « Vous qui étiez investi comme prince fondataire du gouvernement du Kiao-tchi, vous qui aviez recu de moi les titres de haute dignité . devenus héréditaires dans votre famille, contrairement à la justice et à vos devoirs, vous avez commis d’horribles cruautés en ravageant mes frontières, vous avez oublié les exemples de soumission et de fidélité que vous avaient transmis vos ancêtres, vous m'avez forcé, pour vous châtier, à lever une grande armée et vous avez été la cause de la mort d’un grand nombre de mes sujets. J'aurais dû punir vos crimes en vous dépouillant des honneurs que je vous ai conférés. Aujourd'hui, cependant, vous accomplissez la visite d'hommage, vous envoyez le tribut, vous m'adressez une lettre respectueuse exprimant des regrets qui paraissent sincères et des sentiments qui semblent meilleurs. L'Empereur, protecteur des dix mille royaumes, doit traiter avec une égale indulgence ceux qui sont lointains ou ceux qui sont proches ; c'est pourquoi je veux bien vous pardonner. J'ordonne, toutefois, que vous prendrez soin de faire rapatrier à Kïe-yen-tseou!#8, afin qu'ils soient rendus à leurs foyers, tous les habitants des tcheou de Yong, de Kin et de Lien enlevés et conduits en exil depuis si longtemps déjà. »

Cette lettre de l'Empereur à Kien-te fut suivie de la restitution au Kiao-tchi des provinces qui en avaient été momentanément

“à % VR

démembrées et Kien-te, de son côté, promit de renvoyer les fonctionnaires et les gens du peuple, au nombre de mille environ, qui avaient été pris durant la guerre dans les fcheou chinois envahis; mais de longs délais s’écoulèrent avant qu'il ne tînt sa promesse, et enfin les prisonniers qu'il rendit ne furent qu'au nombre de deux cent vingt et un. Sur le front de tous les jeunes garçons âgés de quinze à vingt ans il avait fait tatouer les trois caractères tien tse ping!*, et sur le front de ceux qui avaient plus de vingt ans les trois caractères feou nan tchao!!°. Aux femmes, il avait fait tatouer sur la main gauche les deux caractères kouan kelt: Ces prisonniers qu'on rapatriait furent enfermés dans les chambres intérieures de quelques bateaux pontés, qui n’avançaient par jour que d'une vingtaine de /? et qui, le reste du temps, mettaient en panne. Des lampes éclairaient ces réduits, dont on avait soigneusement bouché et luté les moindres ouvertures, de telle sorte que la lumière du dehors n'y pùt pénétrer. On marquait de fausses veilles au son du tambour !'° et le voyage, dans ces condi-

100 XK + IL Soldats du Fils du

Ciel, On a vu plus haut (note 59) que le roi de Aiao-tchi faisait tatouer une inscription analogue sur le front de ses propres sujets.

Mo He FA ti} Soumis à la dynastie du midi.

N É 3 Étrangère appartenant à l'État. |

142 C'est-à-dire, sans doute, que les coups de tambour pour annoncer les heures de la nuit étaient frappés quelquefois méme durant le jour, de manière à faire croire aux gens enfermés dans l'entrepont que vingt-quatre heures déjà s'étaient écoulées, alors qu'il n’en était

rien.

tions, dura plusieurs mois. Ces manceuvres avaient pour but de donner aux malheureux reclus une idée excessive de [a distance par mer entre le Kiao-tchi et leur pays.

Aux limites méridionales du Chun-tcheou, on avait dû cantonner des troupes nombreuses pour la défense des frontières. Ces troupes étaient décimées par les maladies qu'engendraient un climat meurtrier. Tao-pi lui-même avait succombé; il était mort à son poste. La Cour jugea qu’on pouvait sans regret faire l'abandon d’une pareille conquête. Il est à remarquer, du reste, que ce pays de Kouang-youen!*3 avait relevé jadis du Yong-tcheou, et qu'on avait cru opportun déjà de le céder au Kiao-tchi.

La cinquième année youen-fong (1082), des envoyés de Kien-te, qui vinrent faire la visite d'hommage, offrirent deux éléphants dressés, des cornes de rhinocéros et cent pièces d'ivoire.

L'année suivante (1083), sous le prétexte de poursuivre un fugitif appelé Nong-tchi-hoei!4, les hommes de Kiao-tchi violèrent les frontières du Koueï-hoa-tcheou"5. Aussitôt Kien-te chargea Li-ouen-ching'*, l’un de ses ministres, de se rendre dans le Kouang-si afin de reconnaître les limites entre ce territoire chinois de Kouei-hoa et son propre territoire de Chun-ngan. Pour s’entendre avec lui, on délégua l'inspecteur général Tching-tcho, à l'égard duquel Li-ouen-ching se montra plein de bon vouloir et de

143 Le pays de Kouang-youen n'est te dr

autre que le Chun-tcheou, comme on l’a

vu plus haut. hi ]

condescendance, prenant toujours la seconde place et ne s’opiniàtrant jamais mal à propos. L'Empereur récompensa les dispositions conciliantes de ce mandataire du roi Kien-te en lui faisant donner des habits de cérémonie, des ceintures et, de plus, cinq cents pièces de soie. On résolut d'ailleurs de céder encore au Kiaotchi plusieurs régions situées au-delà des limites précédemment fixées, à savoir six hîen du pays de Pao-/0!'8 et les deux antres de S10!49 et de Sang.

L'Empereur Tche-tsong, à son avénement au trône (1086), ayant donné à Kien-te des marques de sa haute bienveillance en l’honorant de nouveaux titres, celui-ci crut l’occasion favorable pour demander à plusieurs reprises qu'on lui fit l'abandon des antres de Ou-ng0 et de Qu-yang !, mais il essuya un double refus. La seconde des années youen-yeou (1087), il envoya des ambassadeurs pour la visite d'hommage et fut créé rot de Nan-ping ‘*.

Sous le règne de l'empereur Hoei-tsong (1101-1126), Kien-te fut encore gratifié de nouveaux titres!*, Au commencement des années fa-kouan (1107-1110), une ambassade envoyée par lui solli-

cita l'autorisation d'acheter des livres. Le ministère compétent à

148 2H {K Sk: breux changements de noms, nous conti-

(51 nuons à désigner sous celui de Xïao-tchi

130 ; x le pa)s auquel cette notice est consacrée,

ni DI Ch TT) WE Hifi] afin d'éviter toute confusion. 153 Titre qui avait été déjà concédé à 153 Les titres de BA FF TR la) Li-houan (voir ci-dessus, note 67, et le =. Fi] kaï fou y tong san sse ct de

texte correspondant). Malgré ces nom- F8 ig kx Bili kien hiao taï sse.

qui la demande fut soumise objecta que ce genre d’acquisition était prohibé par les règlements. L'Empereur toutefois voulut bien accorder que la prohibition demeurerait limitée aux ouvrages traitant des sorts, des sciences occultes, de l’astronomie, de l'art militaire, ou relatifs à l’organisation défensive des frontières.

Vers la fin des années tching-ho (1111-1117),l' Empereur prenant en considération le rétablissement ininterrompu, depuis la période ki-ning (1068-1077), des relations pacifiques entre la Chine et le Kiao-tchi, leva la défense de commercer avec les sujets du roi Kien-te, jusqu'alors en vigueur.

La première année kien-yen (1127), Kien-te écrivit à la Cour pour demander que les déserteurs de son armée fussent expulsés du territoire chinois, quand ils tenteraient de s’y rendre. Le haut commissaire impérial du Kouang-si reçut l’ordre de prendre des mesures conformes à cette juste réclamation.

La quatrième de ces mêmes années (1130), Kien-te envoya des ambassadeurs chargés de faire la visite d'hommage et d'offrir les présents d'usage, mais en raison des grands troubles qui agitaient l'Empire il leur fut interdit de se rendre à la Cour. L'Empereur ne voulut recevoir qu'un petit nombre de présents, consistant en objets précieux et, pour le reste des produits variés qui représentaient le tribut du Kiao-tchi, il fut décrété que les ambassadeurs les remettraient à un commissaire impérial, ayant mission d'en prendre livraison à la frontière, d’en reconnaître la valeur et de régler proportionnellement les largesses de la munificence impériale. A l'égard des lettres du roi pour l'Empereur, elles furent expédiées par un courrier, et la réponse fut rendue de même. Les

ambassades qui vinrent ensuite durent se conformer à ces nou-

veaux ordres de la Cour!5i.

La seconde année chao-hing (1132), Kien-te mourut, laissant pour héritier son fils Yang-houan!®.

La huitième de ces mêmes années (1138), Yang-houan mourut

à son tour et fut remplacé par son fils Tien-tsou55.

Aux funérailles de ces rois défunts, des délégués chinois assistèrent comme d’habitude. L’investiture des titres et dignités héré-

ditaires fut également conférée aux princes successeurs, suivant

l'usage établi.

La neuvième année chao-hing (1139), l’un des grands man-

451 Pour l'intelligence de ce passage, il faut jeter un coup d'œil sur les événements de l'histoire chinoise contemporaine des faits rapportés ici et relatifs au Kiao-tchi. Attaqué par les Tartares de la dynastie des Ain, toujours vaincu et toujours poursuivi, l’empereur Æao-tsong errait de ville en ville,allant de Nan-king à Hang-tcheou, de Hang-tcheou à Youeïtcheou, de Youeï-tcheou à Ming-tcheou (Ning-po), et ne pouvant établir en aucun lieu sa capitale sans qu’elle ne fut aussitôt menacée ou prise. On comprend donc aisément qu'il fit retenir des ambassadeurs étrangers à ses frontières, et qu'il

ne voulut pas les rendre témoins de ses

désastres — Quant aux instructions données au commissaire impérial d'estimer les objets offerts en tribut pour en rémunérer la valeur, elles n'avaient rien d’exceptionnel. A part l’idée de soumission attachée à l'hommage du tribut, cet hommage n'était jamais, en réalité, qu’un échange de présents. Le prince qui envoyait des produits de son pays recevait en retour des soieries chinoises, des habits somptueux, du jade et d’autres objets précieux qui, le plus souvent, représentalent à ses yeux beaucoup plus qu'il n'a-

vait donné.

133 bi ki .

darins en fonctions dans le Kouan-si fit savoir que Kien-te avait eu un fils d'une concubine ; qu'il s'était réfugié dans le Ta-li, avait changé son nom de famille en celui de Tchao!, comme aussi son nom personnel en celui de Z'chi-tchi 8, et pris le titre de roi de Nan-ping; que ce Tchao-tchi-tchi, encouragé par les Nantchao!%, était rentré dans le Kiao-tchi pour disputer le trône à Tien-tsou et avait conçu l'espoir d'obtenir l'appui de l'Empereur, mais que l'investiture officielle accordée à Tien-tsou avait éloigné ses partisans et ruiné ses projets,

Tien-tsou offrit très-régulièrement le tribut. La vingt-cinquième année chao-hing (1156), et plus tard à l’avénement de l’empereur Hiao-tsong (1163), des titres honorifiques lui furent conférés '®. La seconde année /ong-hing (1164), il envoya une ambassade sous la conduite d’un dignitaire de sa cour appelé Yn-tse-sse ft, D’après les règlements précédemment cités, inaugurés dans les années kien-yen (1127-1130), tous les envoyés du Kiao-tchi s’arrétaient aux frontières, où leurs dépéches étaient recues par des commissaires impériaux qui les faisaient parvenir à la Cour. A l'occasion

ni] Ce nom était celui de la dynastie des Song, et cette usurpation paraît surprenante de la part d'un prince qui voulait se concilier l'appui de l’Empire, (voir ci-dessus, p. 262, note 154).

7h < De telle sorte qu'il se faisait appeler Tchao-tchi-tchi.

HH C'est-à-dire du royaume de

Nan-tchao, qui s'appelait alors Ta-li, et où l'on a vu plus haut que Tchao-tchi-tchi s'était d'abord réfugié.

160 Les titres de If bi kong tchin F@ F£ 9 AT kien hao tai sse, et

chi-y.

“FFE

d'une nouvelle ambassade qu'il envoya quelques années plus tard'®, Tien-tsou supplia l'Empereur de permettre que ses représentants comparûssent à l’audience impériale et l'Empereur, connaissant les sentiments de fidélité de Tien-tsou, ne voulut pas lui refuser cette faveur. L'ambassade arriva donc et fut logée dans l'hôtel des visiteurs étrangers. Le ministère des rites, considérant que depuis très-longtemps aucun représentant de ce royaume lointain n'avait paru à la Cour, rappela les anciennes ordonnances qui prescrivaient de recueillir périodiquement des informations sur les royaumes barbares, de la bouche même de leurs envoyés, et demanda que ceux-ci fussent interrogés touchant les mœurs, les usages et les productions de leur pays. On prit soin également de dessiner leurs costumes et de peindre leurs portraits.

La première année chun-hi (1174), à la première fune, une nouvelle ambassade obtint, comme la précédente, la faveur d’étre recue en audience impériale.

La seconde de ces années chun-hi (1175), l'Empereur voulant traiter avec une particulière bienveillance le roi Tien-tsou, qui” depuis quarante ans qu’il était sur le trône avait toujours entretenu les meilleures relations avec la Chine, ordonna qu'on fit un rapport sur toutes les traditions relatives au pays qu'il gouver-

‘62 Le texte dit littéralement : la neu- de la neuvième des années kien-tao, plavième année, c'est-à-dire Ja neuvième des cées entre les années long-hing et les années précédemment citées qui sont les années chun-hi, mentionnées immédiateannées long-hing; mais la période /ong- ment après, ce qui donnerait la date de hing n'ayant duré que deux ans, il ya là 1173. Dans le doute, j'ai cru devoir tra-

une erreur évidente. Peut-être s'agit-il de duire en termes moins précis.

nait, afin d'employer désormais dans les lettres officielles, à l'égard de Tien-tsou et de son royaume, les noms, titres et qualifications les plus honorables dont il existerait quelque précédent. Par suite de la présentation et de la prise en considération de ce rapport, Tien-tsou, déjà créé roi de Nan-ping, reçut une nouvelle investiture revêtue du sceau impérial, en qualité de roi du royaume de Ngannan, grand vassal méritant de l’Empire %, Tien-tsou qui, dans ses rapports avec la Cour, s'était servi originairement du nom de cercle de Ngan-nan'* pour désigner son pays, avait orgueilleusement changé ce nom de cercle en celui de royaume dès que le titre personnel de roi lui avait été concédé 1%. Cette usurpation se trouva confirmée par l’empereur Hiao-tsong et le royaume de Ngan-nan définitivement constitué. Le roi Tien-tsou recut un sceau de deux tsun 156 carrés portant les six caractères Ngan nan koue ouang tchi yn'® et tous les insignes du nouveau rang qui lui était assigné

parmi les princes feudataires 8,

SLEWE FAT

(Ce dernier titre est traduit libre-

versions dans ma traduction de ce pas-

sage, afin de présenter plus clairement

ment.)

DERE

165 C'est-à-dire dès qu'il avait été créé roi de Ngan-ping.

160 Le tsun représente à peu près trois centimètres.

"7 ca FA El + < EJ «sceau du roi du royaume de Ngan-nan).

{68 J'ai cru devoir faire quelques inter-

l'ensemble des faits reldtés, Le rapport demandé par l'Empereur ‘eut pour objet de mettre en parallèle tous les noms suctessivement donnés au ZAiav-tchi, entre lesquels celui de Ngan-nan fut trouvé le plus ancien et le plus noble, et définitivement adopté. Le titre de roi de royaume était, dans la hiérarchie féodale, plus élevé

que le seul titre de roi.

Cette méme année, le haut mandarin chargé de conduire et d'accompagner les ambassadeurs du Ngan-nan fit remarquer que le voyage par terre de ces étrangers et leur passage dans les villes de l'Empire était une très-lourde charge pour l’État!®?. « Par les voies fluviales, » disait-il, « ils pourraient arriver d’abord jusqu'à Yong-tcheou 1", faire le court trajet par terre de Yong-tcheou à Pe-lieou\ et de Pe-lieou à Yo-lin!?, qui n'est en tout que de cent-vingt li, et aller encore par eau de Yo-lin à Lien-tcheou 1". Les moyens de transport ne manqueraient pas; on profiterait des nombreux bateaux et chars à bœufs employés pour le commerce du sel qui doivent s'en retourner à vide et qu'on louerait ainsi à très-bas prix. A Lien-tcheou on prendrait la mer; de ce port au Kiao-tchi la traversée n’est que d’un jour!’#. Toutefois, la distance

469 Dès qu'ils avaient franchi la frontière, les ambassadeurs étrangers étaient nourris et logés par les soins des fonctionnaires chinois des provinces qu'ils traversaient; on leur fournissait également les moyens de transport. Ces dépenses étaient autant d'occasions pour charger le peuple de contributions et dilapider les fonds de l'État.

sro PSS M Dans le Æouang-si actuel (latit. 22°, longit. 107°).

mi 4 ÿ Î A l'ouest de Yong-tcheou.

72 D FK Dans le Xouang-si actuel

(latit. 22°, longit. 107°).

17e Fe M Port de mer, chef-lieu de

la circonscription territoriale du même nom, dans le golfe de Tong-king(latit. 21°, longit. 107°). Le texte dit FE y KAouang-tcheou, mais c'est une faute d'impression évidente, rectifiée d’ailleurs à la ligne suivante par la répétition, cette fois correcte, du cacactère qu'il faut lire.

174 Pour se rendre compte dé l'itinéraire qu'on vient de tracer, il faut noter que la Cour était alors à Lin-ngan, actuellement Hang-tcheou, dans le Tchekiang. |

à parcourir par ces voies fluviales étant de plus de deux mille li, il serait bon de faire étudier avec soin l'itinéraire sur tous les points du parcours. » L'Empereur approuva l'examen de ce projet, et l’ordre de recueillir des informations détaillées fut adressé aux mandarins en fonctions sur la route à suivre; mais Y#-fse-sse!" et les autres envoyés du Kiao-tchi redoutèrent les dangers d’une route inconnue; ils demandèrent que rien ne fut changé à l’ancien itinéraire officiellement adopté. Ils rentrèrent donc dans leur pays par la route habituelle de Kin-tcheou 1".

La troisième année chun-hi (1176), l'Empereur venait d'envoyer à Tien-tsou le calendrier chinois, quand la mort de ce prince lui fut notifiée. Tien-tsou laissa pour héritier un fils nommé Long-han!", qui fut aussitôt reconnu pour roi du royaume de Ngan-nan et qui reçut, dès l’année suivante, l'investiture de toutes les dignités précédemment accordées à son père. Autrefois, lorsqu’un nouveau souverain du Kiao-tchi montait sur le trône, on lui conférait d'abord le titre de kiun-ouang du Kiao-tchi. Longtemps après, la Cour lui accordait le titre de roi de Nan-ping et enfin le titre de roi de Nan-youe lui était donné comme titre posthume ‘8, A l’avénement de Long-han, le ministre Tcheou-pi-ta, qui tenait le pinceau pour rédiger le décret d’investiture, avait proposé de renoncer au Système de promotions successives et de s’assurer la reconnaissance des successeurs de Tien-tsou en leur concédant

175 Le même ambassadeur envoyé pré- occidental, qui n'a pas changé de nom.

Fa ° x Le cédemment dans les années long-hing, 177 TE) me

(voir ci-dessus, note 161). 178 Tous ces titres ont été mentionnés

176 UN M Ville du XKouang-tong et expliqués plus haut.

immédiatement le plus haut titre auquel ils pussent aspirer. L'Empereur avait approuvé cet avis.

La cinquième année chun-hi (1178), des ambassadeurs de Long-han apportèrent une lettre qui témoignait de sa gratitude et qui était accompagnée de divers présents.

La neuvième de ces années (1182), le commissaire impérial du Kouang-si ayant annoncé à la Cour la prochaine arrivée aux frontières de plusieurs éléphants et d’un grand nombre d'objets que le roi Long-han se disposait à offrir en tribut, l'Empereur donna l’ordre ‘de refuser les éléphants, animaux inutiles dont le voyage était une source de dépenses excessives imposées aux populations des provinces que les ambassadeurs traversaient, et quant aux autres présents de n’en accepter que le dixième. L'avis d'un nouvel envoi des produits du Ngan-nan, adressé avec des lettres de félicitation pour l’empereur Kouang-tsong à l'occasion de son avénement, fut notifié par le même commissaire, dans la première année chao-hi (1190), et la Cour écrivit encore de n'en laisser passer aux frontières qu'une faible partie, comme il avait été fait précédemment ; mais, cette fois, le commissaire impérial représenta que lorsque l'empereur (Hiao-tsong) était monté sur le trône, à la fin des années chao-hing (1162), tous les présents offerts en tribut dans une circonstance aussi solennelle avaient été gracieusement recus, et que si l'on n'agissait pas de même à l’avénement de l’empereur Kouang-tsong, on inspirerait au Ngan-nan des soupçons et des ressentiments. La question fut soumise au ministère des rites, qui décida de tout accepter !"*.

#79 Le texte dit littéralement qu'on décida de tout accepter comme il avait été

Ces précédents furent respectés par l’empereur Ningtsong, succédant à l’empereur Kouang-tsong. Il fit de grandes largesses au roi Long-han, en pièces de soie et objets précieux.

La cinquième année kia-ting (1210), Long-han mourut. Des délégués chinois allèrent assister à ses funérailles et son fils héritier, nommé Hao-tchen'*, recut l’investiture immédiate comme roi du royaume de Ngan-nan, suivant la tradition établie depuis là mort du roi Tien-tsou.

De Li-kong-yun à (Li)-hao-tchen, on compte huit princes dont plusieurs portèrent des noms d’une signification trop ambitieuse!8!; mais un petit pays perdu sur les bords d'une mer lointaine ne pouvant donner de l’ombrage, la Cour ne prit nul souci de répri-

mer cet abus.

Fan-chi-hou s’exprime ainsi, dans sa description des pays

fait dans les années long-hing, pléonasme qui eût embrouillé la version française au lieu de l'éclaircir. L'empercur Hiao-tsong était monté sur le tròne à la fin des années chao-hing (1162), et l'ambassade du Kiao-tchi envoyée pour le complimenter avait été reçue au commencement de la première année long-hing (1163).

to Fi un Deguignes mentionne ce prince sous le nom de Hao-tsie, ce qui fait supposer qu'il a dû lire dans quelque

E ouvrage chinois {x {sie, au lieu de f1}

tchen, mais ce dernier caractère se rencontre également dans mes deux éditions du Ouen-hien-tong-kao.

181 Litt. : e L'un s'appelle H ji, soleil (Ji-tsun), un autre KZ kien, ciel (Kien-te), un autre DE yang, le ciel, le soleil, le grand principe du mouvement (Yang-houan), un autre XK tien, le ciel (Tien-tsou), un autre HE long, dragon (Long-han), tous noms qui comportaient

unc idée de perfide ambition. »

méridionaux tributaires de l’Empire !8? : « Aujourd'hui le royaume de Ngan-nan s'étend (du côté du nord) jusqu'aux régions de Kieowtchin'8 et de Ji-nan!*, érigées en kiun par les Han, et jusqu'aux | tcheou des Tang appelés Houan-tcheou!8 et Ngaï-tcheou'#. A l’orient, il est borné par la mer. Il confine, au midi, avec le Tchentching, autrement appelé Lin-y'#. La route maritime de l’est fait communiquer le Ngan-nan avec toutes les tribus barbares établies à l’ouest du Kin-tcheou'88 et du Lien-tcheou!*?, Ses frontières du nord touchent au sud-est du Yong-tcheou!®, non loin de la ville palissadée de Taï-ping'%!, du 7so-kiang'*®. En partant de Taiping et en se dirigeant tout droit vers le midi, on passe par Kouanglang '# et par Hoa-pou!*; ensuite on traverse les fleuves Fouleang!* et Pe-teng'®, et l'on arrive à la capitale du Ngan-nan en quatre jours. Si, partant de Tai-ping, on se dirige vers le sud-est, on pénètre dans le Leang-tcheou!", après avoir passé la rivière

‘83 Il a été parlé plusieurs fois de Fan- {88 Ci-dessus, note 176. chi-hou (ci-dessus, page 35, note 223, et ‘89 Ci-dessus, note 173. page 45, note 263). Ma-touan-lin lui fait 190 Ci-dessus, page 213, note 166.

ici un large emprunt, dans lequel on re- ti K - SE Dans le Aouang-si

vient sur les événements précédemment méridional (latit. 22°, longit. 104°).

. je 1932 7 à . , relatés, mais avec de nouvelles indica- Æ TL C'est-à-dire de la région

tions et surtout avec de curieux détails. arrosée par le fleuve de ce nom. Wi. "BE AE 184 H Ta] soi ti JE ta KE M 195 196 Es M . ” ta HK & Pays dont la notice 197

viendra plus loin.

(dI

Sq LE}

\ M (Territoire du Aïao-tchi\.

Tan-te-lo!*, et [e voyage est de six jours. La route par la ville palissadée de Quen-joun!*, du Yeou-kiang®®%, est beaucoup plus longue. Enfin, de Kin-tcheou?% et par mer le voyage pour atteindre les rivages du Ngan-nan n est que d'un jour.

« Tributaire de l'Empire depuis une époque reculée, ce pays a été classé parmi ceux qu’on appelle Hoa-ouai**®. Une dynastie du nom de Ting et deux dynasties du nom de Zi l'ont successivement gouverné?

« Dans les années hi-ning (1088-1077), on vit éclater la rebellion de Kien-te. A peine ce prince avait-il recu l'investiture que ses ministres et ses courtisans lui suggérèrent les plus perfides conseils. Il envahit et mit à feu et à sang les trois fcheou de Yong, de Kin et de Lien®", La Cour chargea Kouo-koueï de marcher contre les rebelles et de les chatier. Ces barbares avaient des éléphants armés en guerre, qui leur étaient d’un grand secours dans leur manière de combattre, mais les soldats chinois coupèrent la trompe des éléphants avec des faux à lance droite; l’animal épouvanté fuyait, écrasait tout sur son passage et jetait le désordre parmi ceux qu'il devait soutenir. Les rebelles furent vaincus et vivement poursuivis dans le pays de Kouang-lang*®. Le gouverneur de ce pays, propre gendre du roi de Kiao-tchi, s'étant caché

FE E KE “TREAREK 199 jd JE E 204 Ces événements ayant été relatés 200 À YI C'est-à-dire de la région plushautdansles récits de Ma-touan-lin,il

arrosée par le fleuve de ce nom. ne me paraît pas nécessaire de revenir sur

201 Ci-dessus, note 170. l'identification des tcheou mentionnés ici.

202 Voir ci-dessus, page 94. note 16. FL +0 Li

dans de grandes herbes pour échapper à la fureur des soldats chinois, vit certains d’entre eux abattre des rebelles, les ouvrir et leur manger le cœur’%. Il les prit pour des diables, alla trouver son maître et lui dit : Tâchons seulement de sauver notre vie, et que jamais nos descendants ne s’attaquent à de pareils ennemis!

« Les forces impériales s'avancèrent jusqu'au fleuve Fou-leang, à quarante /i de la résidence royale. Elles remportèrent une nouvelle victoire; le fils aîné du roi de Kiao-tchi fut tué; le général en chef de ses troupes fut fait prisonnier. Kien-te tremblant se hâta d'écrire une lettre suppliante pour demander la paix à tout prix. L'Empereur accorda cette paix d'autant plus volontiers que l'armée chinoise était cruellement éprouvée par les maladies; il rendit même au roi vaincu les cinq {cheou qu'on lui avait pris. Malgré le succès qui avait marqué la fin de la campagne, Kouokouei fut disgracié et abaissé d’un grade. Cette guerre avait obligé à mettre sur pied huit cent soixante dix mille hommes, dont le plus grand nombre avait péri; elle avait coùté des sommes incroyables et les avantages qu'on en retirait étaient presque nuls.

« Depuis les années fouan-kong (988-989) jusqu'à la fin de la période kia-yeou (1055-1063), les régions du Z5so-kiang et du Yeou-kiang 1 n'ont cessé d’être envahies et dévastées par les barbares. Peu à peu le Kiao-tchi s'est agrandi aux dépens de la Chine

206 Ces actes effroyables de barbarie, qui ble ou d'acquérir une force surhumaine. ne sont malheuresement pas sans exem- 307 Voir ci-dessus, les notes 191 et 200. ple dans l’histoire chinoise, étaient pro- Ces régions représentaient, en partie, voqués par des idées superstitieuses, l'extrémité sud-ouest du A0uang-si

telles que celles de se rendre invulnéra- actuel.

sur des territoires assez étendus, tels que ceux de Sou-meou,

Kouang-youen, Kia-tong*° et autres, ne comprenant pas moins de soixante-deux villes ou bourgades. Aussi ce royaume est-il encore

aujourd'hui le plus puissant de tous ceux qui relèvent de l'Em-

pire.

« A Kien-te succéda son fils Yang-houan et à Yang-houan

«un fils posthume de Kien-te, que le Tchen-tching aida à monter sur le trône. Quelques-uns disent qu'un grand du royaume, nommé Li-meou?®, parent de Kien-te par les femmes, et qui avait été

élevé comme un fils dans la famille Li?!°, tua le posthume, prit sa

place, usurpa l’orthographe de son nom de famille et régna sous le nom personnel de Tien-tsou. Ce qui est certain c’est qu’à la neu-

vième année chao-hing (1139), ses propres sujets appelaient encore du nom de Li-ouang*!! ce prince régnant du Kiao-tchi. La vingtsixième des mêmes années (1157), il envoya des ambassadeurs à la Cour qui lui donna l'investiture sous le nom de Lî?!? (et le sur-

28 ‘Tous ces noms de pays ont cté vus déjà.

RI ff

uo > TT. =. 3

—j- K C'est-à-dire, comme on le verra plus loin, la famille royale.

211 Le roi DI Li.

Nu Ex Cette version de Fan-chi-hou, que Ma-touan-lin reproduit sans commentaire, est loin d'être d'accord avec celle que lui-même a précédemment donnée :

1° D'après Ma-touan-lin, Tien-tsou était

fils de Yang-houan (ci-dessus, page 341), tandis que Fan-chi-hou indique ce même Tien-tsou comme étant un fils posthume de Aien-te, ou peut-être un usurpateur qui se serait substitué à son maître en le faisant périr. — 2° Le nom de famille de la dynastie fondée par Li-(houan) était I Li (ci-dessus, page 312), et Matouan-lin nous a dit que Li-(kong-yun), qui renversa la dynastie de Li-houan et

ke dont le nom de famille était 4 Li,

nom de Tien-tsou). C’est un prince sage et intelligent, actuellement

âgé de trente-neuf ans. Il avait un frère aîné, gouverneur de

Leang-tcheou, qui conspira pour s'emparer du trône, mais qui se voyant découvert passa dans le Sive-ho-tcheou?!3, se rasa la tête

et se fit bonze.

« Quand il adresse des dépéches aux autorités chinoises du

Kouang-si, Tien-tsou enferme ses écrits entre deux planchettes de

bois vernis, de couleur noire, attachées ensemble avec des cordons

de soie. La suscription est gravée sur la planchette supérieure.

Ces dépêches sont appelées mo-kia-ouen-chou?!*. Il n’y prend

usurpa l'orthographe BI, pour faire croire qu'il était lui-même du sang royal (ci-dessus, page 224). Or, Fan-chi-hou affirme ici que (Li-Jtien-tsou, considéré (à tort ou à raison) par la Cour de Chine comme fils héritier de Æien-te, lequel Kien-te était un descendant de Li-kongyun, reçut l'investiture sous le nom de >

= Li. 1l fallait donc que la seconde dynastie de Li, fondée par Li-kong-yun, eût conservé son véritable nom de Ex sans l'échanger par usurpation contre celui de Da, et cela contrairement à l’assertion de Ma-touan-lin ci-dessus rapportée.— 3° Comme présomption à l'appui de ces bruits qu'il rapporte et suivant lesquels Tien-rsou n'eut été qu’un intrus dans la

famille régnante, Fan-chi-hou dit qu'à la neuvième année chao-hing (1139), ses sujets lui donnaient encore le nom de > Li, mais alors cet usurpateur eut donc appartenu à la famille Li de la dynastie précédente? — Quoiqu'il en soit, si nous rapprochons ce passage de Fan-chi-hou des récits un peu confus de Ma-touan-lin (ci-dessus, page 342) relatifs au compétiteur que 7ien-isou rencontra dans un fils

de Kien-te qui avait pris le titre de roi de

- Nan-ping, on jugera qu'il y a là un point

mystérieux et obscur dans l'histoire du Kiao-tchi.

214 37 ji M

MAR MX È Liu: Dépéches officielles enserrées dans du bois.

pas d'autre titre que celui de Protecteur général du Ngan-nan?!. Les fonctionnaires qui le servent sont désignés par des titres analogues à ceux des mandarins chinois. Les réponses que les gouverneurs des provinces-frontières lui adressent sont également placées entre deux planchettes. Le préfet de Koueï-lin a conservé des spécimens de ce mode de correspondance qui remontent aux années hi-ming (1068-1077) et youen-yeou (1086-1093), ce qui montre que l'usage des mo-kia-ouen-chou est ancien déjà dans le Kiao-tchi. Le sceau du roi Tien-tsou portait autrefois les quatre caractères Nan youe koue yn*'*. Dernièrement il l’a changé pour en adopter un sur lequel on lit : {chong chou men hia tchi yn°". La Cour désirant avant tout conserver des relations pacifiques avec les pays lointains, les gouverneurs des provinces-frontières ont craint de soulever à ce sujet des difficultés fâcheuses. On l’a donc laissé faire, et il continue d'en user ainsi ?!8.

« Les mandarins de ce pays sont, par honneur, appelés parents du Roi?'!° et compagnons du Roi céleste?. Les princes du sang

"de dB SE 411.15

royaume de Nan-youe.

“vp FAT Z HI En

remis officiellement au nom de l'Empe- Sceau du reur, alors qu'il recevait l'investiture, le seul fait de changer de sceau de sa propre

volonté et d’avoir une secrétairerie d'État

traduction libre : Sceau de la secrétairerie d'État.

218 Le dernier sceau du roi de Æ'ïao-tchi ne semble pas comporter par sa teneur une usurpation bien grave, mais comme

Je sceau dont il devait se servir lui était

particulière pouvait constituer aux yeux

des Chinois un grand abus.

219 + F hÆ DI 220 X + HT Plus exactement :

Celestis regis consortes.

royal sont tous appelés héritiers du trône”?! ou successeurs collatéraux**. On distingue les fonctionnaires en deux classes: fonctionnaires de l'intérieur**# et fonctionnaires de l'extérieur ??". Ceux qu'on nomme de l'intérieur, et qui sont chargés de gouverner le peuple, portent les titres de fou-koue-tlaï-oueï*?, tsilang-sse-kong, yeou-lang-sse-kong, tso-lang-siang, yeou-langsiang, tso-kien-y-ta-fou, yeou-kien-y-ta-fou, noui-chi-youen, ouaï-lang *?*#%, Ceux qu'on nomme de l'extérieur, et qui sont investis des commandements militaires, portent les titres de kiumi-sse, kin-ou-taîi-ouei, tou-ling-ping, ling-ping-sse, pan et tong-pan???.

« Les charges s’obtiennent ou par examen, ou par hérédité, ou moyénnant une certaine somme d'argent; ceux qui les ont obtenues par examen sont les plus considérés. Les artisans et les esclaves en sont exclus, ainsi que leurs fils et petits-fils. Le premier grade qüi s’achète est celui de /i-tchi*?8. On peut acquérir encore,

= AK paia] Littéralement: Héritiers À, DJ {4 BI, 41 | EP. Ces titres,

successeurs. et ceux qui se trouvent mentionnés 233 - ul: .

ci-après, me paraissent véritablement in- 233 uo . . .

DJ Hi; traduisibles. Les sinologues qui voudront 224 a x re.

24 ì Hit en rechercher par à peu près l'équivalent

225 tit RI XK Ei Ceux-là, dit le pourront consulter l'article (=: Æouan texte entre parenthèses, peuvent être du dictionnaire de Morrison (partie I). assimilés à nos premiers ministres. 247 HR DE, {E , > A XK Ei,

ME RES # RU] aL Li TI, 2°, Æ RP, # RIA, À 19 PI BR BR AK, RARA ER

de la même manière et par avancement, les charges de tching-sinlang? et de fchi-tcheou?°. Les fonctionnaires ne recoivent aucun traitement de l’État; mais les populations qu'ils gouvernent ou qu'ils administrent doivent leur fournir des services, des grains et du poisson. L'armée est divisée en corps assez nombreux, distingués par des noms particuliers et toujours subdivisés en aile droite et en aile gauche. Chaque bataillon compte deux cents hommes. Tout soldat porte tatoués sur le front les trois caractères lien tse ping*!, placés transversalement. Un fonctionnaire appelé ichong-ki-sse** veille à l'armement et aux subsistances militaires. Les officiers et les soldats sont passés en revue et font l'exercice une fois par mois. Ils vivent d’ailleurs chez eux en temps de paix, se livrant aux travaux de l’agriculture ou de leurs différents métiers. Le septième jour de la première lune, chaque soldat recoit 300 sapèques et deux pièces d’étoffe, l’une de soie mince et l’autre de coton. Il reçoit en outre, toute l’année, des grains pour sa nourriture et, au premier jour de l’an, un plat de riz cuit avec du hachis de poisson bien accommodé **:.

« Le Kiao-tchi produit beaucoup de riz de l'espèce appelée tchen-mi*%; on y fait grand cas d’une autre espèce appelée ta-ho°*.

329 FX À KP cette partie de l'Orient, et que W. Wil- 230 FF M liams définit ainsi : A condiment of fish, 231 Voir ci-dessus, p. 337, note 139. prepared by finely hashing it with rice and 232 FL 8 4 Hi salt, and setting it aside till fermented.

so fi HE Il sagit ici d'un mets tà na] XK

. 245 k À encore très-connu ct très-estimé dans ih

A la première et à la quatrième lune, le grand chef? tue un bœuf pour donner un repas à ses ministres. Le cinquième jour de la septième lune est un jour de fête et de réjouissance. Chacun se félicite; on se fait des cadeaux. Les mandarins offrent au grand chef des animaux domestiques et, le lendemain, le grand chef les invite à manger avec lui. Ce grand chef habite un pavillon à quatre étages. Au premier étage *?, il demeure lui-même; les autres étages sont occupés par ses principaux officiers, par sa maison militaire et par un poste de vieux soldats. Près du pavillon principal sont d'autres édifices décorés d'inscriptions orgueilleuses. L'un est appelé Choui-tsing-kong*%8; un autre, T'ien-youen-tien**. Un troisième, de forme élevée, porte encore l'inscription Ngan nan tou hou fou*°. Toutes ces constructions sont peintes avec du vernis rouge; sur les colonnes qui les soutiennent on a représenté des dragons, des cigognes et des divinités féminines.

« Sans distinction de rang, tous les habitants de ce pays nouent leurs cheveux au sommet de la téte et marchent nu-pieds. Le grand chef lui-méme suit cet usage dans ses habitudes ordinaires.

SI A0 AE M (Protec-

torat général du Ngan-nan). En raison

236 4 | Fan-chi-hou se sert de cette expression dédaigneuse pour désigner le

roi du Ngan-nan ou AKiao-tchi. du caractère idéographique de la langue

2357 Par premier étage il faut entendre le rez-de-chaussée, que les Chinois comptent au nombre des étages d'une

maison.

x ris ni 7K Hu i Palais de cristal.

. = ru "FK. 76 K

chinoise, dont les signes ne sont à proprement parler que des racines invariables, cette expression est employée tour à tour pour désigner le Protectorat général du Ngan-nan, ou l'ensemble des régions qu'il

gouverne, etc.

Il attache seulement le nœud de ses cheveux avec une aiguille d’or, tandis que ses sujets ne doivent porter que des aiguilles d’argènt ou de fer. Son costume se compose d’une robe longue de couleur jaune, sur laquelle il revêt une seconde robe courte et sans manches, de couleur pourpre. Les hommes de la classe élevée sont tous vêtus d'une robe noire et d’une tunique également noire; fendue à quatre pans. Ils tiennent à la main un éventail fait de plumes de cigogne, se coiffent d’un grand chapeau en spirale et chaussent quelquefois pour sortir une sorte de sandales de cuir. Les plumes de cigogne ont, dit-on, la vertu d'écarter les serpents. Le chapeau en spirale, dont la forme ressemble à celle de certains coquillages, est très-finement confectionné avec de minces fila: ments tirés de l'écorce du bambou. Les chaussures se composenit d’une simple semelle de cuir avec deux petites attaches, entre lesquelles le pouce du pied se trouve engagé. Les femmes soit très-sages et très-réservées, ce en quoi elles diffèrent beaucoup des hommes. Elles affectionnent surtout la couleur verte pour leur vêtement supérieur, qui est à larges manches et à col droit. Toutes adoptent la couleur noire pour la robe de dessous. Le grand chef sort dans une voiture traînée par ses serviteurs. Les mandarins font usage d'un palanquin des plus simples; il consiste uniquement en une bande d'étoffe attachée à de longs bambous. Deux porteurs chargent ces bambous sur l'épaule. Ce genre de palanquin se nomme fi-ya*i!.

« Les grandes fêtes de l'année ne sont marquées par aucun sacrifice aux ancêtres. Les malades ne prennent jamais de médi-

IC if

caments. La nuit amène l'obscurité, sans qu'aucune lampe ne soit allumée. Le troisième jour de la troisième lune ?“?, les jeunes garcons et les jeunes filles se réunissent et se rangent en cercle. Ils font une houle de soie de cinq couleurs, que les garçons lancent en l'air. Ce jeu, accompagné de chants, est appelé fei-to 4. La jeune fille qui reçoit la boule de soie devient aussitôt la fiancée du prétendant par qui le gage a été lancé.

« Aux portes du palais est une tour, et dans cette tour une grande cloche. Celui qui réclame justice sonne la cloche, qui met tout le monde en éveil, et souvent amène avec lui sa partie adverse, afin que le jugemeut soit immédiatement rendu. Les voleurs perdent les doigts des pieds et des mains. Les déserteurs sont mutilés des pieds et des mains. Les rebelles sont enterrés tout vivants jusqu'aux épaules, les cheveux attachés à une traverse de bambou posée sur deux pieux plantés dans le sal, de manière à tendre fartement le cou ; alors on les décapite, et leur tête est exposée sur un poteau. Lorsqu'on peut s'emparer du corps d'un homme qui est mort en pays étranger, on flagelle le cadavre en le couvrant d’imprécations, comme étant réputé celui d'un traître.

a Ce royaume renferme des mines d'or, d'argent, de cuivre et de cinabre. On y pêche des huîtres à perle; on y trouve des rhinocéros, des éléphants, des plumes bleues*#, des émeraudes, toutes sortes de parfums, du sel, du vernis et l'espèce de coton

22 Le texte dit littéralement : «Au jour na Hé Edi (appelé) È [ah Chang-sse, qui est 34 Plumes de martin-pécheur, qui serle troisième de la froisième lune, ou le vent à faire des parures pour les femmes

105° après le solstice d'hiver. et à orner divers bijoux.

appelée ki-pei?. On y récolte plusieurs sortes d'oranges, des noix de bétel et le fou-lieou-teng*#. Le territoire de Sin ?#7, arrosé par une petite rivière, fournit surtout une grande quantité de bois de senteur. Le Sin-tcheou**$ appartenait jadis au Tchin-la?", mais le Kiao-tchi s’en est emparé. Les habitants du Kiao-tchi ne savent fabriquer n1 papier ni pinceaux ; ils tirent ces produits de la Chine. Ils sont, d’ailleurs, peu instruits et appellent chez eux des lettrés de nos provinces maritimes du Sud, pour utiliser leur savoir. En général, les réserves adroites et les finesses perfides, si souvent introduites dans la rédaction des traités et des correspondances officielles, sont l’œuvre de ces transfuges. Une tradition rapporte que Li-kong-yun, qui régna jadis au Kiao-tchi?*, était lui-même originaire du Min”. On dit aussi que les véritables indigènes sont peu nombreux dans ce pays lointain, où la plus grande partie de la population est formée de Chinois arrachés à leur patrie. D'infâmes trafiquants, habitant les régions méridionales de l'Empire, n'ont cessé d'attirer, sous le prétexte de les employer comme serviteurs ou comme artisans, une infinité de Chinois des deux sexes qu'ils conduisent à leur insu au-delà des frontières, et qu'ils vendent alors, moyennant deux onces d'or par tête, à des marchands étrangers, appartenant aux antres barbares. Ces marchands, char-

7 Æ EH Fe XI M C'est-à-dire le tcheou de 4 + 26 HE DI HAS Je n'ai pu identifier Sin.

Im. € ce nom botanique. Il est, je crois, celui 7 IEL HE Le Cambodge, dont la

d'une plante grimpante qui sert à faire notice viendra plus loin.

des ouvrages délicats de vannerie. 2% Voir ci-dessus, page 324. a XI nà Ai Le Fo-kien actuel.

gent aussitòt de liens les malheureux qui leur sont livrés et les reverident dans le Kiao-tchi, au prix moyen de trois onces d'or. On peut évaluer à quelques centaines de mille le nombre des Chinois qui furent ainsi expatriés en de certaines années. Ceux qui savent quelque métier et surtout ceux qui sont lettrés deviennent pour les marchands une source de gros bénéfices. Ces gens prennent soin de garrotter étroitement leurs victimes et de les transporter couchées sur le dos, le visage tourné vers le ciel, de manière à ce qu'elles ne puissent même pas reconnaître le chemin qu'on leur a fait suivre. Ce ne sont plus que des esclaves qui doivent accepter pour maître celui qui les achète à leur arrivée, et cela sans espoir de retour. On leur tatoue des caractères sur le front, qui signalent ostensiblement leur appartenance. Les femmes en recoivent aussi sur la poitrine et jusque sur les flancs. Tous sont traités trèsdurement et mis à mort s'ils tentent de s'enfuir.

« Ajoutons qu’indépendamment de cette classe de gens réduits en esclavage, le Kiao-tchi renferme un très-grand nombre de lettrés, de bonzes bouddhistes, de religieux fao-sse, de commerçants et de réfugiés de toute sorte qui sont venus de la Chine. Il n’est pas jusqu’à la monnaie employée dans ce pays pour les transactions qui ne soit d'importation chinoise, les indigènes ne sachant pas fondre les métaux et faisant provision de nos sapèques.

« On remarquera que ces trois choses coupables, le trafic monstrueux d'hommes libres vendus comme esclaves, l'emploi de lettrés chinois par un gouvernement étranger et l'exportation des monnaies chinoises, sont prévues et sévèrement réprouvées par des ordonnances impériales en vigueur; mais les gouverneurs des provinces-frontières étant des hommes indignes du mandat

qui leur est confié, toute surveillance est négligée, les abus se multiplient, le désordre va croissant de jour en jour. Mal payés, les fonctionnaires des différents grades n'ont d’autre souci que de s'enrichir aux dépens des populations sans défense. Personne, en un mot, ne fait son devoir. C’est un spectacle qui rend la tête douloureuse et qui serre le cœur. ?*?

« Après leurs terribles défaites dans les années Ai-ning (1068-1077), les Kiao-tchi respectèrent les frontières de l'Empire, et le midi eut un siècle de profonde tranquillité. La douzième année chao-hing (1143) fut marquée par l'apparition dans le Sselang-tcheou*?3 de l’imposteur 7'an-yeou-leang*4 qui, se disant muni d’un rescrit impérial, trompait les barbares des antres et donna beaucoup d'inquiétude à Tien-tsou. La Cour désavoua tout d’abord ce prétendu rescrit, en invitant Tien-tsou à se saisir de la personne de Tan-yeou-leang; ensuite le gouverneur du Yongtcheou °°, nommé Tchao-youen, sut par de feintes promesses attirer ce fourbe à Hong-chan®*, où il arriva suivi de plus de vingt chefs gagnés à sa cause, chacun d'eux portant sur lui son sceau de cuivre et la carte géographique de son territoire. Tan-

253 Les verbes chinois sont le plus souvent employés sans marque de temps.

C'est ce qui arrive ici et ce qui empêche d'apprécier si tout ce que rapporte Fanchi-hou, dans ce passage. se produisait encore de son vivant. J'ai cru toutefois devoir me servir du présent de l'indicatif,

comme je le fais dans les cas douteux.

253 C'est-à-dire dans le tcheou de Sselang, appartenant au Âïao-tchi et touchant aux frontières de l'Empire (voir

ci-dessus, note 134).

HAE ZX Hi na di JK (du Aouang-si).

na + Li Dans le Kowang-si méri-

dional, à l'est de Nan-ning.

KIAO-TCHI. 363 yeou-leang fut pris et aussitòt décapité. Les chefs indigènes furent envoyés à Tien-tsou, qui leur fit également trancher la téte. Ainsi le calme se rétablit au Kiao-tchi et il ne fut plus question de cette affaire *‘’.

« La huitième des années kien-tao (1172), au printemps, le Ngan-nan témoigna le désir d'envoyer une ambassade pour féliciter l'Empereur sur son avénement ?*8, L'Empereur ne voulut pas permettre que cette ambassade arrivât jusqu’à la Cour; il donna l'ordre de la retenir à la frontière et de n'accepter qu'un dixième des présents qu'elle apporterait en tribut. A l'automne de la même année, le haut commissaire impérial du Kouang-si, à qui ces instructions avaient été transmises, reçut de nouveaux ordres qui

lui prescrivaient cette fois de se procurer à prix d'argent dix élé-

257 L'auteur parle en termes assez ci-dessus la note 162); il est toutefois

obscurs de cet épisode encore récent à surprenant que le ZAiao-tchi ait attendu

l'époque où il écrivit. Il suppose évidem- l'année 1172 ou 1173 pour complimenter

ment que le lecteur connaît le fond de sur son avénement l'empereur Hiao-tsong

l'histoire de Tan-y-eou-leang et il se contente de préciser quelques détails. Peutêtre ce Tan-yeou-leang se prétendait-il investi par l'Empereur du gouvernement des pays tributaires situés aux frontières méridionales de l'Empire et précédemment cédés au Xïao-tchi.

238 Cette ambassade est vraisemblablement celle dont il a été question

plus haut, avec une date incertaine (voir

qui était monté sur le trône en 1163, alors surtout que le texte de Afa-touanlin mentionne une ambassade précédente des Aiao-tchi, envoyée dans la seconde année /ong-hing (1164). Il est vrai que cette ambassade de 1164 ayant dû sarréter aux frontières, suivant les règlements cxpliqués dans la note 154, n'avait pu apporter ses félicitations jusqu'à la

Cour.

phants privés du Kiao-tchi pour le grand sacrifice au Ciel. ll écrivit au Kiao-tchi dans les formes officielles, afin de satisfaire à cette demande, mais le Kiao-tchi répondit par un refus, déclarant que ses éléphants ne se vendaient pas.

« L'année suivante (1173), au printemps, comme je prenais possession des fonctions qui venaient de m'être confiées?’?, les envoyés du Kiao-tchi reparurent aux frontières, renouvelant les mêmes offres et répétant qu'ils n'oseraient jamais vendre des éléphants à l'Empereur. L'époque du sacrifice au Ciel approchait. La Cour insistait de la manière la plus pressante pour obtenir les animaux qu'elle avait demandés, sans cependant révoquer ses ordres antérieurs de n’accepter qu'un dixième du tribut offert et, d'autre part, les barbares persistaient à ne vouloir entrer dans aucun accommodement. J'exposai cette situation à l'Empereur; j'écrivis au conseil des ministres qu'il fallait renoncer aux éléphants et se contenter, pour le sacrifice, des victimes ordinaires, si l'on n’acceptait pas en totalité les présents qui étaient offerts. Tout à coup, arrivèrent des tablettes à caractères d’or ?%. L’Empereur permettait aux envoyés du Kiao-tchi de franchir la frontière; des mandarins allaient à leur rencontre et devaient les conduire à la Cour. On était à la fin de l'automne lorsque ces envoyés traversèrent Koueï-lin*$l, Ils menaient avec eux quinze

239 Fan-chi-hou avait été nommé king- deurs du Æïao-tchi, lio-sse (haut commissaire impérial) du 361 Xoueï-lin était et est encore la ville Kouang-si. capitale du Æouang-si {où Fan-chi-hou 260 C'est-à-dire des dépêches officielles résidait:.

adressées par l'Empereur aux ambassa-

éléphants, tellement surchargés d’ornements et de pancartes qu’à peine on apercevait quelque chose de l’animal. Dix éléphants formaient le présent d’avénement au trône; les cinq autres représentaient le tribut de la visite d’hommage habituelle. Chaque éléphant portait un palanquin tout couvert d'or et garni de coussins brodés. Un frontal d’or ornait sa tête, des fourreaux d’or protégeaient ses défenses ; une clochette pendait à son cou; des sonnettes de cuivre doré s’agitaient autour de ses pieds. Toutes les pièces et tous les accessoires du harnachement étaient garnis d'or et d'argent et de la plus grande richesse ?®. Il y avait aussi une échelle de laque rouge pour monter dans le palanquin et, parmi les présents d'une autre sorte, des gongs faits d’un alliage d’or et d'argent **, des essences parfumées, etc.

« Le personnel de l'ambassade se composait d’un premier ambassadeur, nommé Yn-tse-sse?%, d’un second et d’un troisième, nommés Li-pan-tching*® et Youen-ouen-hien*$, et d'un grand nombre d’attachés de différents grades”. Tous avaient modifié

262? Le texte énumère, par leurs noms bassadeurs) des envoyés portant les titres techniques, quelques pièces de harnache- de FH E tchi-youen, + TX (= ment dont je n'ai pu trouver l'explication. chou-tchouang-kouan, fil fi tou-ya,

#3 $i} ta BYE] x | tong-yn, ZII 2 tchi-ke,

%1 Déjà mentionné (voir ci-dessus, 4 $i kien-kang, FL Ei kong-mou, note 101). ÂT =] hang -cheou, FP I ÿ'a-ya,

tà F F | na #4 Hi kiao-lien, cui ZA siang-

200 DI K Bi kong, E 1] tchang- hang, FE JF

#7 Le texte dit littéralement : « Il y fang-cheou, etc. » Il m'a paru que cette

avait (en outre de ces trois premiers am- énumération de titres intraduisibles serait

plus ou moins leur costume et leurs habitudes, en entrant sur le sol chinois. Ils portaient une sorte de bonnet militaire et des bottes de cuir. Pour paraître à l'audience impériale, ils s'étaient munis de tablettes et avaient préparé des souliers rouges, des ceintures d'or avec agraffe en corne de rhinocéros et aussi des pantalons garnis d'une broderie d'or. Ils parfumaient leurs cheveux et les lissaient avec des cosmétiques, qui les rendaient brillants comme s'ils eussent été vernis. Leurs bonnets de cérémonie étaient en soie noire légère, finement pliée à petits plis. Ils se servaient de palanquins découverts, mais très-richement décorés. Ils avaient renoncé chez nous à l'emploi du #i-ya°?f8, comme à l'usage de marcher nu-pieds et de nouer les cheveux en forme de marteau sur le sommet de la tête.

« La vingt-sixième année chao-hing (1157), une ambassade du Kiao-tchi étant arrivée dans le Kouang-si, le mandarin du titre de tsan-tchi-tching-sse*%, nommé Chi-kong-ta, qui occupait le premier rang à Koueï-lin?®, rendit aux ambassadeurs leur visite par un billet écrit de sà main ct leur offrit un repas dans leur propre hôtel, où il prit soin d'envoyer ses cuisiniers. Il se conformait ainsi à la tradition établie; mais moi je crus devoir changer tout cela.

Les ambassadeurs s'en étonnèrent et j'appris qu'ils cherchaient

micux placée dans une note que dans le chinoise, mais dans ce paragraphe la spc-

corps de la traduction. cification des titres offre, comme on le 268 Voir ci-dessus la note 244. ct le verra, un intérêt particulier. Le tsan-tchi-

texte correspondant. tching-sse était un mandarin d’un ordre 269 J'évite le plus souvent de mention- très-élevé.

ner les titres de fonctions sous leur forme 270 Ci-dessus, note 20.

indirectement à savoir pourquoi les précédents de Ching-kong-ta n'étaient pas suivis. Alors je leur fis porter ces paroles : — La charge de king-lio-sse*"! est du même ordre que celle de Ngannan-tou-hou-fou*?; un king-lio-sse est donc l’égal du roi de Nanping *"%. Vous n'êtes, vous, que de petits mandarins au service du (Ngan-nan)-tou-hou-fou?*; votre devoir est de vous rendre chez moi en grande cérémonie *" ; je ne saurais vous voir autrement. — Ils se soumirent sans difficulté et je reçus aussitôt leur visite avec le cérémonial que j'avais exigé. Au moment de se retirer, ils voulurent de nouveau me saluer en rang ; mais je leur fis dire, par un officier que ce n'était pas nécessaire. J'ai rendu compte à l’Em-

771 On a dit plus haut que la charge de king-lio-sse était celle dont l'écrivain qui parle ici était investi. J'ai traduit plusieurs fois déjà le titre de king-lio-sse par celui de haut commissaire impérial. Ces hauts commissaires impériaux, placés dans les provinces situées aux frontières de l’Empire, étendaient leur autorité sur tous les fonctionnaires civils et militaires de Ia province, qui respectaient en eux des mandataires directs de l'Empereur.

713 Voir ci-dessus, note 239.

273 On a vu que les titres de Ngannan-tou-hou-fou et de Roi de Nan-ping étaient de ceux que la Cour avait con-

férés au souverain du A'iao-fchi. Aux yeux

de Fan-chi-hou, le plus beau titre du roi de Nan-ping, en d'autres termes du roi de Kiao-tchi, est son titre chinois de Ngan-nan-tou-hou-fou qui, selon lui, n'est pas supérieur à celui de kinglio-sse.

274 Le texte ajoute : « et qui, par conséquent, n’étes pas d'un rang supérieur au fsao-tchouen-kouan de KÆoueï-lin, »

c'est-à-dire à un mandarin placé sous mes ordres.— J'ai placé cette phrase incidente en note, comme les titres énumérés cidessus, note 270, et par le même motif.

775 Litt. : « En faisant la cérémonie appelée ting-tsan, » laquelle consiste en une

série de trois prosternations

pereur de tous ces faits et je les ai mentionnés soigneusement sur

le livre-journal de ma charge, pour servir de règle à mes succes-

seurs??9.

« Il est à remarquer que le Ngan-nan d’aujourd’hui n'est pas

exactement l’ancien Kiao-tch1?7. »

36 Dans la résidence affectée à tout fonctionnaire chinois d’un ordre élevé, il existait un livrre-journal sur lequel chaque titulaire successif devait inscrire les faits importants qui s'accomplissaient durant sa gestion.

277 L'étendue et les limites de l'ancien

Kiao-tchi, successivement désigné par les

Chinois sous tant de noms différents ainsi qu'on l’a vu dans cette notice, ont en effet beaucoup varié, bien que sa capitale soit toujours demeurée la même et soit encore celle du Ton-king, que les Chinois continuent d'appeler Ngan-nan. — On peut consulter à cet égard les Tableaux

de l'Asie de Klaproth.

ia PN

Ces barbares sont de la race des Ki-tong®. Les territoires

qu'ils occupent sont dux confins du Y-tcheou3. Au temps de ld

dynastie des Song, la septième des années kaï-pao (974), leur chef

souveraint, nommé Mo-hong-yenÿ, adressa une supplique à l’Em-

t C'est-à-dire : Barbares Man du Nan-tan-tcheou (ou tcheou de Nan-tan), pays qui n'a pas changé de nom et qui est situé dans le Kouang-si septentrional; aux confins de l'un des derniers centrés encore occupés de nos jours par les Miao-tse indépendants. Il est assez difficile d'apprécier l’ordre suivi par Ma-touan-lin pour le classement de ses notices. On voit . qu'après être descendu très loin vers le

midi, en dehors de la Chine actuélle, nous

revenons maintenant à l’histoire des races

ATSUME GUSA. 2. $o

indigènes de la vieille Chine, jadis indépendantes et aujourd'hui fondues dans lè peuple chinois.

2 ;& Ì (E) C'est-à-dire : (habitanis des) antres de Xi. Suivant Ed: Biot, le pays de Xi-tong est le territoire actuel dé Tchin-youen-fou (Kouei-tchéou).

3 Territoire actuél dé King-yoüèn (Kouang-si).

pereur pour demander à faire partie des tributaires placés sous la protection de l’Empire. Deux ans plus tard, il vint accomplir la visite d'hommage et offrir le tribut; il sollicita la remise d’un diplôme et d'un sceau, qui lui furent accordés. La cinquième année {aï-ping-hing-koue (980), Mo-hong-yen offrit en tribut cent taels d'argent et félicita l'Empereur sur la prise de Tai-youen®.

La quatrième année yong-hi (987), le mandarin chinois Yutching-kien, qui avait le gouvernement du hien de Ho-tchi, ayant pris des bœufs qui appartenaient à un parent de Mo-hong-yen, nommé Mo-hoai-lang?, ce barbare souleva les hommes de sa tribu, franchit la frontière et commit de grandes déprédations. L'Empereur fit mettre à mort Yu-tching-kien et dégrada le gouverneur du Y-tcheou, qui se nommait Heou-ting, pour n'avoir pas surveillé les fonctionnaires placés sous ses ordres. Des troupes furent envoyées sur le territoire envahi, mais déjà les barbares s'étaient retirés, sans attendre leur approche. L'Empereur voulut que cette insurrection fut traitée avec indulgence et les Man du Nan-tan-tcheou ne causèrent jamais de nouveaux troubles.

La première année chun-hda (990), Mo-hong-yen mourut, laissant pour héritier son frère cadet nommé Mo-hong-hao*, lequel accomplit aussitôt la visite d'hommage, reçut l'investiture en qua-

6 Tai-youen, aujourd'hui capitale du et la prise de Taï-youen fut considérée Chan-si, fut de l’an 95: à l'an 979 celle comme un événement très-glorieux pour d’un petit royaume fondé par les Tartares les armes chinoises.

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Hiong-nou, dont l'empereur Taï-tsong GL TÉ 3 A 1 . s tt è JE fi

fit la conquête. Le roi de Han était sou- EF 134 =

tenu par l'empereur des Leao ou Ai-tan,

lité de fse-chi? et fut gratifié de plusieurs pièces de soie de diverses couleurs. Chaque année, pendant les dix ans qu'il avait été chef souverain des Man du Nan-tan-tcheou, Mo-hong-yen avait régulièrement offert en tribut cent taels d’argent. Mo-hong-hao ne suivit pas cet exemple. Il se montrait avare et rapace, Il attaqua et dépouilla son frère Mo-hong-ouan!°, qui se réfugia d’abord à Y-tcheou avec sa femme et ses enfants et qui de là se rendit à la Cour, afin d’y exposer ses griefs et aussi de solliciter une intervention armée dans le Nan-tan-tcheou. L'Empereur ne jugea pas à propos d'intervenir militairement pour régler les affaires intérieures des barbares, mais en considération de ce que Mo-hongouan avait été officiellement investi du titre de vice-gouverneur du Nan-tan-tcheou, il lui conféra en échange celui de commandant des milices du Chao-tcheou et lui fit donner mille arpents de terre. Un décret parut qui blâmait Mo-hong-hao et qui l’invitait à être circonspect.

La seconde année king-te (1005), Mo-hong-hao mourut. Son fils aîné /Mo/-hoai-king!!, qui lui succéda, fut presqu’aussitét dépossédé par un second fils nommé (Mo/-hoai-tchan!*. La Cour reconnut le nouveau chef que les barbares s'étaient donnés, mais

? Nous avons vu déjà que le“titre de trompé les savants européens sur l'époque tse-chi équivalait à peu près à celui de à laquelle la Chine fut définitivement et préfet ou gouverneur, et que les princes réellement unifiée.

| | 40 ++ vit T tributaires "placés sous le protectorat di- EI. Ì < IX u ++ viÉ Lili rect de l'Empire étaient considérés comme EL | Li . . 12 ++ > ff À des fonctionnaires chinois administrant EE J :

des provinces chinoises, fiction qui a

372 x PEUPLES MÉRIDIONAUX.

Mo-hoaï-king s'étant réfugié avec sa famille dans le Y-tcheou, l'Empereur ordonna que des terres lui fussent concédées pour sa subsistance, à prendre sur les champs qui appartenaient à l’État.

La neuvième des années ta-fchong-siang-fou (1008), quand l'Empire fit la guerre aux Fou-choui-man*, il fut enjoint à Mohoaï-tchan de veiller à ce que les barbares de la race de Ki-tong gardâssent une stricte neutralité. Il s'acquitta fidèlement de son devoir et, l'année suivante (1009), après que la paix fut rétablie par la soumission des Fou-choui-man, un titre honorifique lui fut accordé.

La troisième année king-yeou (1036), (Mo)-hoaï-tchan se sentant vieux témoigna le désir de transmettre le pouvoir à son fils (Mo)-chi-tsien!*. La première année tchi-ho ( 1054), l'Empereur conféra des dignités à ce (Mo)-chi-tsien et, l'année suivante (1055), il honora encore le père et le fils de plusieurs titres honorifiques, en leur envoyant des vétements de cérémonie, des ceintures et cent pièces de soie. Il leur accorda, de plus, une pension de cent mille sapèques et distribua des titres de mandarinats à quelques dizaines de leurs parents.

(Mo)-chi-tsien mourut vers la fin des années kia-yeou (1056- 1063) et fut remplacé par son fils (Mo)-kong-tchangs; mais un oncle de (Mo)-kong-tchang, nommé (Mo/-chi-jin**, fils de (Mo)hoaï-tchan, après avoir émigré d’abord sur le territoire chinois,

++ 43 La notice sur les Fou-choui-man hi GI. AA UE | 44 3 suit immédiatement celle-ci. "6 5. {tt ZI

“RE im

rentra dans son pays, au commencement des années fchi-ping (1064), tua (Mo)-kong-tchang et prit sa place. Ensuite il sollicita l'investiture, promettant de payer annuellement le tribut de cent taels d'argent. Fidèle à son principe de non-intervention la Cour reconnut (Mo)-chi-jin pour {se-chi du Nan-tan-tcheou, dès qu'elle jugea son autorité sur les siens bien établie et, la deuxième année hi-ning (1069), elle lui conféra un titre honorifique égal à ceux de ses prédécesseurs.

La troisième année youen-fong (1080), (Mo)-chi-jin venant faire la visite d'hommage se servit d'un sceau sur lequel on lisait : Si nan tchou tao ou ching kiun te tching kouan kia fou koue tchu!". L'Empereur lui interdit l'usage d’un pareil sceau. Il ordonna qu'il fût détruit et qu’on lui en remit un autre portant cette seule inscription : Nan-tan-tcheou yn!*. La sixième des mêmes années (1083), (Mo)-chi-jin fut élevé en dignité, en même temps que ses fils et neveux, au nombre de neuf personnes, recurent des titres de mandarinats. Il mourut peu après, laissant pour successeur son fils /Mo/-kong-ning°.

La première année ta-kouan (1107), le haut commissaire impérial du Kouang-si, nommé Ouang-tsou-tao, écrivait à la Cour : « Mo-kong-ning est prisonnier ; il convient maintenant de rebâtir les villes détruites, de percevoir les impôts dans le {cheou de Ouen-

"Wu FA #5] Le: n cercles du sud-ouest.

FE É HE & À $ © Fa FE M EN c'est-à-dire :

C'est-à-dire à peu près: chef vertueux et sceau du Nan-tan-tcheou.

++ bien gouvernant des armées de tous les 19 EL A (E

lan®° et de réunir huit tcheou du pays de Nan-tan pour former un

nouveau gouvernement de Kouan-tcheou?!. » La Cour reconnut

comme successeur de (Mo)-kong-ning son frère cadet nommé

(Mo)-kong-ching??; elle lui donna l'investiture avec le titre héré-

ditaire de fse-chî?3.

20 X fi Ò E) M Ce fcheou chinois fut en

effet constitué sur les territoires de huit tcheou enlevés à la partie orientale du pays de Nan-tan. Nous avons eu plusieurs fois déjà l’occasion de faire remarquer que le mot tcheow sert tour à tour à indiquer des circonscriptions territoriales de l’étendue la plus variable. C'est ainsi que le Nan-tan-tcheou, ou tcheou de Nan-tan, comprenait un assez grand nombre de districts également appelés icheou, et c'est ainsi que le nouveau tcheou ou gouvernement de Xouan-tcheou fut formé de huit fcheou ou districts du Nan-tan.

RL

23 En ce passage, et dans quelques au-

tres de la méme notice, Ma-touan-lin semble échelonner de simples notes détachées, qu'il se serait proposé de relier

plus tard entre elles pour former un récit

suivi. Plus de vingt ans séparent les faits consignés dans le paragraphe qui précède de ceux qui sont mentionnés dans celuici. On apprend que Mo-kong-ning est prisonnier sans trouver le moindre éclaircissement sur les causes et les circonstances de cet incident historique, qui demeurerait une énigme pour nous si le Tong-kien-kang-mou ne fournissait l'explication que voici : « Ouang-tsou-tao voulant s'emparer du pays de Nan-tan, calomnia le chef des indigènes de ce pays en rapportant faussement à la Cour qu'il empéchait les berbares de Ouen-lan de payer le tribut. Aussitôt il réunit des troupes qui attaquèrent Mo-kong-ning et le firent prisonnier: ensuite il s'empara d'une partie du Nan-tan-tcheou pour former le gouvernement de Aouan-tcheou.

Le frère cadet de Mo-kong-ning, nommé Mo-kong-ching, excita les siens à la ven-

seance, les souleva, se mit à leur tête et

La quatrième année siouen-ho (1122), (Mo)-kong-ching demanda qu'il lui fût permis d’abdiquer en faveur de son neveu {Moj-yen-fong** et d'aller lui-même, avec son fils, demeurer à la Cour. L'Empereur donna son assentiment. La notification en fut immédiatement portée par un courrier dans le Nan-tan-tcheou.

La troisième année chao-hing (1133), le haut commissaire impérial du Kouang-si, nommé Lieou-leang-chi, écrivait à la Cour: « Mo-kong-ching, du Nan-tan-tcheou, est à la téte des rebelles; il a envahi le Kouan-tcheou; il incendie nos réserves de grains. Ces nouvelles me sont transmises officiellement. Les barbares ont franchi les frontières déterminées dans les années /a-kouan (1107- 1110) et stoyen-ho (1119-1125) sans éprouver de sérieuse résistance, par suite de la négligence avec laquelle ces frontières étaient gardées. Si le gouverneur du Kouan-tcheou s'était entendu, comme il devait le faire et comme il ne l’a pas fait, avec les mandarins militaires placés sous ses ordres, ils lui auraient certainement signalé le danger de laisser les postes d'observation dégarnis.» L'Empereur répondit : « La faute remonte à de perfides serviteurs qui, trompant ma confiance, ont suscité de graves difficultés dans le désir de se créer des mérites imaginaires. Ils sont la cause des maux qui pèsent sur mon peuple et des lourdes charges imposées au trésor, car ce

sont eux qui ont poussé les barbares à la révolte*?. » Lieou-leang-

dévasta les territdires chinois voisins des de calmer les barbares et, après quatre ans frontières, brûlant les villes et massacrant d'efforts, il parvint à rétablir la paix. » . , a ++ tous les mandariris. La Cour conféra de EI grands pouvoirs à Quarg-tsou-tao pour ar- 25 [a remarque que J'ai faite ci-dessus,

rêter cette terrible rebellion, Alors il tìcha note 23, trouve également ici son appli-

chi écrivit encore : « Depuis que Mo-kong-ching tient la campagne, paraissant et disparaissant, portant ses forces tantôt sur un point tantôt sur un autre, on a cessé d’entretenir des relations officielles avec lui. Peut-être en flattant son orgueil on l’amènerait à soumission. Je propose donc de lui conférer des titres honorifiques, de le reconnaître pour chef gouverneur des hommes de sa race et de lui envoyer aussi, comme autrefois, un sceau de fse-chi du Nan-tan-tcheou. » L'Empereur approuva cette proposition, mais Mo-kong-ching ne voulut pas sortir de ses retraites pour recevoir les diplômes des titres qui lui étaient octroyés.

La vingt-quatrième année chao-hing (1155), le haut commissaire impérial du Kouang-si, nommé Yen:youen-tchong, écrivit à la Cour : « Mo-kong-ching offre des chevaux en tribut et fait sa soumission avec tous les chefs indigènes qui lui obéissent. Il conviendrait que Mo-kong-ching gardàt honorifiquement les titres dont il a été investi par décret impérial, mais que son fils (Mo)-yentchin*$ devint immédiatement son successeur. » Quand on lui lut cette dépêche, l'Empereur dit à ses ministres : « La tranquillité est

cation. Onze ans se sont écoulés entre la quatriemè arinée siouen-ho (1122), époque à laqueile Mo-kong-ching cède le commandement à son neveu Mo-yenfong, et la troisième année chao-hing (1133), où nous retrouvons Mo-kongching à la tête des siens et en guerre cotitre les Chinois, sans savoir comment

ces événements ont été amenés. Il est

présumable que de nouvelles perfidies avaient été commises par les agents impétiaux, et peut-être les paroles de l'Empereur, qui condamne évidemment la conduite de Ouang-tsou-tao et de ses complices, désignent-elles aussi d’autres mandatins qüi auraient marché sur leurs

traces.

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