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enfin rétablie dans le Nan-tan. Les barbares vont vivre en
paix et mes sujets ne seront plus exposés à leurs incursions dé-
sastreuses. Voilà ce dont je me réjouis, et non pas de ce
qu'on ait agrandi de quelques champs le sol de l’Empire””, »
Mo-yen-tchin fut aussitôt constitué fse-chi du Nan-tan-tcheou et
recut, en même temps, plusieurs titres honorifiques d’un ordre
élevé?s,
Yen-youen-tchong écrivit encore: « Tous les barbares des
trente et une tribus qui occupent 27 écheou*, 135 hien®, 40
27 Allusion à la conquête du Æ'ouantcheou (ci-dessus, note 21), qui montre clairement combien certaines provinces de la Chine actuelle étaient loin de faire, comme on l'a cru, partie intégrante de l'Empire chinois dès les premiers siècles de notre ère.
28 Ces titres, pour la plupart intraduisibles et dont il m'a paru inutile d'embarrasser le texte de ma version, étaient ceux de FAT Pi IC na À À yn tsing kouang lo ta fou, F6 +% K + =] pu TE kien hiao taï tse pin ke sse, 4 fin FA IF AH GA
RA tchi tsie Nan-tan-tcheou tchou kiun sse, PA F} Di LA] a Nantan-tcheou tse chi, ail Pal K 7a
yu sse ra fou, ZI FA F} M 7 # tchi Nan-tan-tcheou kong sse, nav hr AI Ou ki ouei. Aucune ponctuation ne les séparant les uns des autres, je dois faire toute réserve pour le cas où j'aurais commis quelques erreurs en precédant moi-même à cette ponctuation.
Parfois je crois pouvoir omettre la répétition de pareilles qualifications honorifiques, sans grand intérêt pour nous qui n'en pouvons apprécier toutes les nuances.
29 Voir ci-dessus la note 21.
5 Subdivision des fcheou à cette époque et quelquefois circonscription territoriale indépendante trop petite pour for-
mer un fcheou.
tchaï®!, 1 tchin*, 32 touan* et 179 tong*, se soumettent avec empressement aux ordres de l'Empereur, acceptant les traités qui leur sont offerts. Je propose de placer des garnisons dans les principales villes de leurs territoires, ce qui nous donnera la sécurité pour l'avenir. »
La trente et unième des mêmes années (1162), on apprit que Mo-yen-tchin, qui s'était rendu odieux à tous les siens par ses cruautés, avait dû fuir devant leur colère et s'était réfugié sur les terres de l’Empire, où il était mort. Les barbares avaient choisi Mo-yen-lin® pour lui succéder, ce que l'Empereur ratifia en conférant à ce nouveau chef les titres atcoutumés.
Sous le règne de l’empereur Hiao-tsong, au commencement des années /ong-hing (1163-1164), Mo-yen-lin, à son tour, fut chassé par les barbares et contraint de chercher un asile à la Cour. Le haut commissaire impérial du Kouang-si, en même temps qu'il notifia cet événement, demanda l'investiture pour Mo-yen-chin* qui avait déjà succédé de fait au chef expulsé. Cette investiture fut accordée sans difficulté.
La première des années chun-hi (1174), les barbares du Nan-tan-tcheou furent attaqués et vivement pressés par ceux du Yong-lo-tcheou; ils implorèrent l'assistance de l'Empereur. Des
3 ‘e: NOE 33 MI . . sa DE Lieu fortifié par une enceinte Circonscription de milices. . 3 ff; .
de palissades. Antres. Repaires de monta- 32 ; sE Camp retranché, ou large en- gnards.
. . es ss ++ Joi ceinte bien fortifiée pouvant contenir un EL XE Jo + + grand nombre de soldats et servir de re- Gi XL a
fuge à la population, en temps de guerre.
instructions furent transmises au gouverneur du Kouang-si, qui intervint pacifiquement dans la querelle et mit fin aux hostilités.
La quatorzième année chun-hi (1188), Mo-ÿen-yn*, recut l'investiture comme successeur de Mo-yen-chin.
La cinquième année kia-ting (1212), Mo-yen-yn étant mort, son fils Mo-kouang-tchao" fut reconnu pour son héritier par l'empereur Ning-tsong.
On lit dans l'ouvrage de Fan-chi-hou intitulé Koueï-haï-yuheng-tchi 39: «Le Nan-tan-tcheou est situé aux limites occidentales du Y-tcheou. Ce pays produit des plantes médicinales d’une vertu extraordinaire. Il est peuplé d'animaux féroces et de serpents venimeux. Ses habitants sont voleurs ct cruels. Ils ont des arbalètes faites d'un bois très-fort et trempent leurs flèches dans un poison si violent qu'il donne la mort instantanée. Le bourg fortifié de Kao-fong *, du Y-tcheou, est l’ancien Kouan-tcheou. Il n'est séparé de la frontière du Nan-tan que par une portée de trait et occupe une hauteur qui forme un rempart naturel de moitié plus élevé que ceux que l'on construit d'ordinaire. De son côté, la frontière du Nan-tan est marquée par une grande et brusque élévation du sol. Les indigènes viennent chaque jour sur le marché de Kao-fong; ils s’irritent aisément et la moindre altercation est souvent l'occasion de troubles sérieux.
« Le chef des barbares du Nan-tan a le nom de Mot pour
FE “a e XE HE “E
39 Voir ci-dessus, page 35, note 223,
nom de famille. La Cour lui confère le titre de fse-chi*? et lui accorde par mois la même quantité de sel et de grains que reçoit un gouverneur de province. plus cent cinquante mille sapèques, c'est-àdire un traitement proportionné au rang qui lui est reconnu. Ce chef prend chez lui le titre de Mo fa-ouang . Quand il se rend à Y-tcheou, ce qui est arrivé quelquefois dans ce dernier siècle, on lui rend les honneurs attachés aux dignités dont l'Empereur l’a revêtu ‘. Les membres de la famille Mo ne vivent pas toujours entre eux en bonne intelligence. Dernièrement le fse-chi Mo-yen-lin a été dépossédé par son frère Mo-yen-chin. Il s'est réfugié à la Cour, où il est appelé tchu-song *.
[On a coutume de nommer ainsi les réfugiés de race barbare, qui viennent à la Cour se mettre sous la protection de l'Empereur]
« Mo-yen-chin est un homme violent et désordonné qui ne sait garder ni prudence ni mesure. S'étant fait un ennemi du chef de
ag ++ GL A + Le grand roi Mo.
On rencontre ici, dans le texte chinois, une phrase incidente qui ne semble pas à sa place et dont les énonciations laconiques exigeraient des explications qui nous font défaut.. En voici la traduction littérale ; j'ai pensé qu'il serait suffisant de la donner cn note: «On dit qu’à l'extrémité des régions barbares situées à l’ouest
o de EL Di Y-tcheou se trouve le pays
appelé Gil ; E) Hoang-tong (l'antre Jaune) actuellement habité par les petits barbares du Yang-kiun (IR bi Pr JP Ra) lequel pays est celui-là même qui servit de refuge aux brigands de la famille Hoang (70 RR Samille jaune), à l'époque de la dynastie des Tang. »
ù Hi + C'est-à-dire: émigré chez les Song, autrement réfugié à la Cour, la dynastie des Song étant alors la dynastie
régnantc.
la famille Yu‘$, qui commande aux barbares de Yong-lo-tcheou“! voisins de ceux de Nan-tan, il guerroya contre lui durant plusieurs années, fut complétement battu dans les années kien-tao (1165-1173) et réclama l’entervention des autorités chinoises pour amener une réconciliation qui le tirât de danger. Cependant le chef du Yong-lo-tcheou paraissait nourrir de nouveaux projets de guerre ; il avait mis sur pied dix mille soldats et ne cachait pas son désir d'anéantir la famille Mo. Pour Mo-yen-chin, son orgueil et son audace furent extraordinaires. Dans le dessin d’effrayer son ennemi, il ne craignit pas d’usurper des titres qui le représentalent comme un haut délégué de la puissance impériale, surintendant du pays de Ki-tong et même du Y-tcheou. Il s'attribua un sceau portant ces qualifications mensongères et envoya des lettres écrites sur le papier chinois réservé pour les documents officiels. Enfin, alléguant que son pays était proche de celui des barbares Man qui élèvent beaucoup de chevaux, il voulut établir un marché de chevaux à Y-tcheou, qu'il eut approvisionné, disait-il, au grand avantage de l’Empire, et sut se concilier l’appui d'un haut mandarin nommé Tchang-kong, qui adressa à la Cour un rapport favorable à ce projet. Contre toute attente et grâce à de perfides influences, la Cour donna son approbation. Déjà des commissaires impériaux arrivaient avec des instructions conformes, lorsque le gouverneur du Y-tcheou, nommé Yu-lun, écrivit à son tour un mémoire adressé à l'Empereur, exposant combien il serait dangereux d'ouvrir ainsi les frontières et faisant remarquer que si les
barbares avaient eu recours à l'entremise de Tchang-kong, c'était