partie orientale de la Corée moyenne
La troisième année yowen-fong (108 avant J.-Ch. , le royaume de Tchao-sien fut détruit et partagé en quatre provinces, bientét réduites à deux, Lo-lang et Hiouen-tou, sous le règne de l’empereur Tchao-ti (86-73). ainsi qu'il l’a été dit précédemment. Celle de Hiouentou fut ensuite réunie au Kao-kiu-li, et alors, à partir du mont T'an-{aling*, dans la direction de l'Orient, tout le pays de Ouo-tsiu et d'Oucï-me dépendit de la province de Lo-lang. Plus tard, en raison de leur éloignement et de leur grande étendue, les territoires situés à l’orient du Tan-ta-ling furent divisés en sept hien, ou districts, sur lesquels le mandarin gouverneur de Lo-lang continua d'exercer son autorité. La sixième année kien-ou (31 de notre ère), sous le règne de l’empereur Kouang-ou, la cour chinoise renonça définitivement à les gouverner d'une manière directe. Elle éleva les kiuchout*, ou chefs indigènes, à la dignité hien-heou (seigneurs des districts}, et ces chefs vinrent désormais, chaque année, au temps prescrit, rendre la visite d'hommage. Depuis les Han, jusqu’à l'époque présente, le Quei n'a plus possédé de grand prince souverain, mäis seulement des seigneurs de trois classes, portant les titres de heou, de y° et de kiun®.
La tradition, conservée par les anciens de ce pays, dit que les habitants de Quei sont de la même race que ceux du Kao-li®. Leur langage, leurs lois, leurs mœurs offrent d’ailleurs une grande similitude. Leur naturel est réservé; ils montrent de la prudence et ne sont pas enclins au libertinage. Les deux sexes portent des collets
XK 1: Montagne à l'est du ? È.
territoire actuel de Pyong-dn. 8 É .
6 E ÉD. 9 Abréviation du mot Kao-kiu-li.
rabattus, et les hommes attachent sur leurs habits, comme ornement, des fleurs d'argent de grande dimension !°. Ce peuple vénère les montagnes et les fleuves. Chaque montagne et chaque fleuve a l'attribution d’un territoire, sur lequel on lui rend des hommages particuliers.
Les familles du même nom ne contractent point de mariage entre ellest!. Il y a beaucoup de choses que les indigènes s’abstiennent de nommer. Lorsque quelqu'un vient à mourir de maladie, ils abandonnent aussitôt sa demeure et construisent une nouvelle maison. Ils cultivent le chanvre, élèvent des vers-à-soie et savent tisser des étoffes. Ils observent les étoiles et, d’après leur examen, prédisent si l'année sera fertile ou mauvaise. Il font peu de cas des perles et du jade. Ils sacrifient toujours au ciel, à la dixième lune, en passant un jour et une nuit à boire du vin, chanter et ‘danser. Dans les villes et dans les villages, si quelqu'un commet une action coupable, on se rassemble immédiatement pour le reprimander et le punir. La confiscation des esclaves, des chevaux et des bœufs est un des châtiments usités. Le vol et le brigandage sont rares. Les barbares de Quei fabriquent des lances de trente pieds chinois de
10Litt. « Grandes de plusieurs tsun» teur commun. Nous verrons plus loin que
(pouces chinois).
Les Chinois, qui n'ont guère plus de cent noms de famille, et qui s'intitulent eux-mêmes Les cent familles, ont pratiqué de tout temps cet usage, fondé sur l'opinion que toutes les personnes s'appe-
lant de même devaient descendre d’un au-
les princes de Kao-kiu-li observaient, au contraire, une coutume analogue à celle des Pharaons de l'ancienne Égypte. Le fait que cite ici Ma-touan-lin a donc une importance ethnographique qui n’échappera
pas.
longueur, et plusieurs fantassins se réunissent quelquefois pour en manceuvrer une. Les arcs (ditsì de Lo-lang, en bois de tan'?, viennent de ce pays, où l'on rencontre beaucoup de léopards rayés, et de petits chevaux hauts seulement de trois tchi!?, appelés kohia-ma", parce qu'en les montant on peut passer avec eux sous les arbres à fruits.
La mer qui baigne les côtes fournit des peaux de poissons tachetées!, qui figuraient toujours, au temps des Han, parmi les présents offerts à l'Empereur, ainsi qu’aux rois de Quei!’ et
de Tsi!?,
La sixième année tsing-chi (246), les heou et autres chefs de
Pou-naï'# et de Oueï, soumis à l'empire, se rendaient encore à Lo-
12 ic] Sandal.
13 R. Le tchi ou pied chinois. dont la mesure a beaucoup varié, représente environ 30 centimètres.
14 Hi F nu}, Litt. « Chevaux avec lesquels on peut passer sous les arbres à fruits. Cette race de poneys se trouve également au Japon. »
15 PH Li E. Probablement des peaux de raie stephen, ou de roussette (squalus catulus), qui servent à fabriquer le produit connu chez nous sous le nom de galuchat. Les peaux produisantle plus beau galuchat furent longtemps importées de
la Chine et des Indes, sans que l'on sût
le nom du poisson qui les fournissait.
Fi L'un des trois États qui se partagèrent la Chine à l’époque dite des trois royaumes (IIIme siècle de notre ère). La prononciation de ce mot est exactement la même que celle du nom de pays auquel cette notice est consacrée. Les caractères seuls diffèrent. On rencontre souvent de ces équivoques dans les mots chinois rendus en lettres européennes.
18 À mm. District du cercle actuel de Pyceng-dn, autrefois dépendance de la
principauté de Lo-lang.
lang et à Tai-fang, quatre fois par an, pour y faire la visite d'hommage. |
(Aujourd’hui ces deux villes sont retombées au pouvoir des barbares orientaux.)
Leurs sujets payaient à la Chine les impôts civils et les taxes
pour l’armée, exactement comme les Chinois.