CHIN-HAN JR HE
Sd tradition, conservée par les anciens de cette nation, disait que
NA | les ancêtres des Chin-han avaient été des émigrés chinois = 8
fuyant les proscriptions de Tsin!; qu'ils s'étaient réfugiés chez les
Han, et qu’alors les Ma-han séparant une partie de leur territoire, du côté de la frontière orientale, leur en avaient fait l'abandon. Les Chin-han avaient des villes défendues par une enceinte de palissades. Leur langage ressemblait à celui des Chinois de l'époque des Tsin; c'est pourquoi quelques-uns les ont appelés Tsin-han?. Leur roi était héréditaire, et toujours de la race des Mahan. Ils ne pouvaient choisir un roi de leur propre race, ce qui montre clairement qu'ils étaient considérés comme des étrangers en
exil. Ils nommaient un royaume pang, un arc hou, un voleur keou ;
Ze
! ° | lin, que je traduis littéralement, me paraît 1% Hg. «C'est pourquoi quelques- bien plutôt expliquer un jeu de mots
uns les ont appelés Tsin-han (au lieu de que relater une étymologie réelle. (Voir
Chin-han.) » Cette phrase de Ma-touan- la note 74. page 27.)
pour dire hking-tsieou (faire un festin), ils disaient king-chang ; entre eux ils s’appelaient fou (camarade, compagnon) 3.
Chaque petite ville avait son chef. Les plus importants se nommaient fchin-chi'; ceux d'un ordre secondaire hien-tsè*. Venaient ensuite les fan-ouei*, les cha-hi’ et les y-tsie*. Tous ces titres correspondaient à des fonctions, qui ressemblaient à celles de nos mandarins. |
Le pays qu'ils occupaient est fertile et beau, propre à la culture des cinq céréales. Ils connaissaient la sériciculture et fabriquaient une étoffe de soie particulière appelée kien-pou®. Ils se servaient de bœufs et de chevaux‘. Ils se mariaient avec les formalités prescrites par les rites; ils savaient garder les bienséances entre les hommes et les femmes !!. Dans les cérémonies de leurs funérailles, ils tenaient à la main des plumes d’un grand oiseau, indiquant par là qu'ils souhaitaient que l’âme du mort prît son vol et s’élevât.
On exploitait chez eux des mines de fer. Les Han, le pays de Oueï et même le Japon en tiraient tout le fer dont ils avaient besoin. Dans leurs marchés ou pour leur commerce, les Chin-han se ser-
$Tous les mots indiqués ici sont des FI R.
mots chinois, qui avaient vieilli déjà au sa, (È. temps où cette notice fut écrite, mais qui ° Sorte d'étoffe fabriquée avec des fils
confirmaient ce qui est dit plus haut du tortillés, suivant M. de Rosny.
langage parlé par les Chin-han, et de l'ori- 10 Il a été dit que les Ma-han ne se ser-
gine qu'on leur attribue. vaient ni de boeufs ni de chevaux.
4Voj . ‘o Voir la note 17, page 26. 41 Autre différence avec les usages des
Pa dii) ° Ma-han.