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22E royaume de Fou-yu est à mille /? au nord de Hiouen-tou. Il
est borné au midi, par le royaume de Kao-kiu-li'; à l’orient,
par les Ÿ-leou*, et à l'occident, par les Sten-pi; au nord, il a le fleuve Jo-Chouiï*. La superficie de ce royaume est de 2000 /i, en
carré. Il fit originairement partie du territoire de Quei.
' Une longue notice est consacrée plus loin à ce royaume. qui fut fondé sur l’ancien territoire des Oueï, ct qui occupa ensuite toute la Corée.
2[es Y-leou ou Y-liu, anciens Sutchin ou Su-chin, faisaient partie des barbares que les Chinois comprenaient sous le nom générique de EI BH Tong-hou.
Li sera parlé d'eux dans ce volume.
3 uu RK: Deux fleuves. coulent au
nord de l'ancien pays de Fou-yu, tel que Klaproth le représente dans ses Tableaux historiques de l'Asie : l’un est le Sounggari-oula supérieur, ou Ghirin, ou Kuentong-kiang; l'autre est le Toumen-oula.
Entre le pays de Fou-yu et le cours de l'Amour, les Tableaux de l'Asie figurent un vaste territoire tour à tour occupé par les Su-tchin ou Y-leou, et par les Mou-ki.
Mo-ho ou Mo-ko, du premier siècle. au
Dans le principe, le roi du royaume de So-li', des barbares du
nord, ayant fait un voyage, sa servante (c’est-à-dire l’une de ses
femmes) devint grosse pendant son absence, et, à son retour, il
voulut la tuer. La servante dit : J'ai aperçu dans le ciel une vapeur
huitième siècle de notre ère. Ces mêmes
tableaux indiquent le fleuve Amour comme ayant porté successivement le nom de He-choui (fleuve noire), au me siècle de notre ère, puis celui de Jo-chou: (les eaux faibles), du 1ve au ve siècle, pour reprendre ensuite sa première dénomination de Hechoui et devenir enfin, vers le xure siècle, le He-long-choui ou fleuve du Dragon-Noir.
Jo-choui désignerait donc ici le fleuve Amour, et il semblerait résulter de ce passage, rapproché des documents fournis par Klaproth: ou bien que les Chinois auraient considéré le Fou-yu, à une certaine époque, comme beaucoup plus étendu que ne le représentent les Tableaux de l'Asie, ou bien que le Jo-choui et le He-choui seraient deux fleuves différents.
Un fait curieux, c'est que le chapitre Yu-kong du Chou-king parle précisément de deux fleuves voisins portant les noms
de He-choui et de Jo-choui, mais apparte-
nant à la Chine occidentale. ainsi que l'a
exposé Ed. Biot dans un mémoire publié par le Journal asiatique, en 1842.
A quelle époque remonte l'indication des frontières du Fou-yu, qui nous a suggéré ces observations ? Il serait difficile de le préciser. Le Fou-yu n'existait plus depuis longtemps, au siècle où vécut Matouan-lin; mais les documents recueillis par l'auteur du Ouen-hien-tong-kao sont, pour la plupart, contemporains des faits qu'ils relatent. D'autre part, les verbes chinois étant presque toujours employés sans aucune marque de temps, il serait souvent très-délicat d'opter avec intention entre le présent et le passé. C'est pourquoi Jai prévenu que si je préfère généralement me servir du présent, comme de la forme la plus simple, je n’entends pas toujours indiquer par là que, du vivant de Matouan-lin, les choses étaient encore telles que le texte chinois les décrit.
a de HE. Une note ajoute que quel-
ques-uns écrivent E | To-li.
de la grosseur d’un œuf; elle est descendue en moi, et c'est ainsi que j'ai conçu. Le roi la fit enfermer; ensuite elle mit au jour un garcon. Le roi ordonna qu'il fût porté dans une étable à porcs; mais les porcs le réchauffèrent de leur souffle, et ainsi il évita la mort. Il fut encore exposé dans une écurie, mais, les chevaux firent comme avaient fait les porcs. Alors, le roi, persuadé que cet enfant était un être surnaturel, le laissa à sa mère afin qu'elle le nourrit, et il fut appelé Tong-ming* (clarté de l'Orient). Tong-ming, en grandissant, devint un archer très-habile. Le roi le redouta et voulut le faire mourir. Alors Tong-ming s'enfuit vers le midi et parvint aux bords du fleuve Yen-houf. Avec son arc, il frappa l'eau ; aussitôt les poissons et les tortues se réunirent en masse à la surface, et Tongming, marchant sur leur dos comme sur un pont, put traverser le fleuve; il arriva ainsi dans le pays de Fou-yu, où il régna.
Entre les divers pays des barbares orientaux, celui de Fou-yu est remarquable par l'étendue et la fertilité de ses vastes plaines, où croissent les cinq céréales. Il produit aussi des chevaux estimés, du jaspe rouge, des fourrures de martre et d’une espèce de renard’,
GK F8 1: kx. Une note chinoise
dit ici: « Aujourd’hui dans le royaume de
Kao-(kiu)-li, il y a le fleuve # HI
yu, le fleuve traversé par lui. aurait été nécessairement le Toumen, ou le Sounggari supérieur, que ces dénomminations
de Yen-hou et de Kaî-sse auraient servi à
Kaï-sse, qui pourrait être ce fleuve-là. »
Sans attacher plus d'importance qu'il ne convient à la fable qui motive la mention de ces noms de fleuves, nous remarquerons que si Tong-ming marchait du nord
au sud pour entrer dans le pays de Fau-
désigner. Nous verrons, du reste, à l’article Kao-kiu-li une répétition presque identique de la légende de Tong-ming, avec une variante d'itinéraire, où il sera ques-
tion d'un tout autre fleuve.
FA
et des perles grosses comme des fruits de jujubier. Les habitants entourent leurs villes de palissades, formées avec des pièces de bois rond. Ils ont des maisons, des palais, des greniers et des prisons. Les hommes sont grands, robustes, braves et honnêtes. Ils n’exercent pas de brigandage. Ils ont pour armes l’arc et les flèches, des sabres et des lances. Ils désignent leurs mandarins de différents ordres par les noms des six animaux domestiques. Il y a des makia, des nieou-kia, des kieou-kia*, etc. Ces mandarins gouvernent les villes et les villages.
Dans leurs repas (les habitants de Fou-yu) emploient des vases de la forme appelée fsou-teou°. Dans leurs réunions et dans leurs festins, ils se saluent en élevant le vase à boire. Ils pratiquent aussi les usages de politesse appelés si-tsio, ÿ, jang, ching et kiang'. A la douzième lune, ils sacrifient au ciel en grande pompe, buvant du vin!!, chantant et dansant continuellement pendant plusieurs jours.
8Litt. « classe des chevaux, des bœufs,des chiens. » Les trois autres animaux domestiques sont le mouton, la poule et le porc.
»>H servaient dans les sacrifices.
€ Bi Si tsio laver la coupe",
c'est boire ensemble une dernière coupe à
W Vases dont les Chinois se
la fin du repas: } H >, c'est prendre la % main d'une personne qu'on salue, et la porter à sa poitrine: Su jang veut dire céder un siège avec certaines cérémonies: F bÉ ching kiang, savancer et
reculer. en se donnant réciproquement des
marques de déférence. Toutes ces formes de politesse, évidemment d'origine chinoise, se trouvent consignées dans le Liki (iv. 75. Encore aujourd'hui, dans un grand diner chinois, le maître de la maison élève sa tasse le premier pour inviter les convives à boire, et il renouvelle la même cérémonie à la fin du repas, quand on verse la dernière tasse de vin appelée JW H F4 sou keou peï.
!! On sait que par le mot vin. fsieou. il faut entendre toute espèce de boissons fer-
mentcees.
Ils appellent cette fête Yng-kou'?. C'est une époque où l’on remet des peines et où l’on grâcie des prisonniers. Si l’on doit faire la guerre, on sacrifie également au ciel, en tuant un bœuf et, par l'examen des pieds de la victime, on présage si cette guerre sera heureuse ou malheureuse.
[On lit dans l'Histoire des Quei : Si les pieds du bœuf sont fendus!, c'est un mauvais présage; dans le cas contraire, c'est un présage heureux.] |
Les habitants de ce pays qui voyagent, marchent indifféremment de jour et de nuit. Ils se plaisent à chanter sans cesse. La coutume du Fou-yu est d'appliquer des supplices très-sévères et très-rigoureux. Celui qui a commis un crime capital entraine toute sa famille en
servitude. Celui qui a volé un est condamné à rendre douze. L'homme et la femme convaincus d’adultère, sont mis à mort; non seulement les femmes vicieuses sont mises à mort, mais encore leurs cadavres sont jetés sans sépulture dans les montagnes ''. Les
ail Gi (aller au-devant en frap-
pant le tambour). Cette expression est chinoise et présente beaucoup d'analogie avec le nom que les Chinois donnent à la féte de l'agriculture, qui s'appelle Yng-tsieou (aller au-devant du printemps). Quant à la fête Yng-kou, célébrée à la douzième lune, elle parait être la fête du renouvellement de l'année. Douze lunes étant écou- Iées, on allait sans doute au-devant du
nouvel-an.
15 S'agit-il des femmes déjà condamnées à mort pour adultère, auxquelles on inflige ce redoublement de pénalité quand elles sont reconnues vicieuses Chi hf (litt. : mauvaises et envieusesì, ou bien suffit-1l qu'on leur trouve ce dernier détaut pour les traiter avec autant de rigueur :
Je veux incliner pour la première hvpothèse, mais j'avouc que le texte chinois
me laisse des doutes à cet égard.
frères, les femmes et les belles-sœurs des suppliciés sont privés de cercueil, au jour de leur mort. Les homicides qu'on enterre vivants se comptent par centaines.
Le Roi est enseveli dans un coffre de jade. Au temps des Han, ce coffre de jade était préparé et déposé dans la ville de Hiouen-tou. Quand le Roi mourait, on allait à cette ville en grande cérémonie, pour chercher le coffre de jade ct procéder à la sépulture du souverain.
Sous le règne de Kouang-ou, des Han, durant les années kien-ou ‘25 à 56 de notre ère), tous les royaumes des barbares orientaux venaient rendre la visite d'hommage ct offrir des présents. La vingtcinquième de ces années (50 après J.-Ch.), le roi de Fou-yu envoya un ambassadeur avec des présents. L'empereur Kouang-ou le récompensa par de grandes largesses, et des relations annuelles se continuèrent ainsi jusqu'à la cinquième année yong-tsou de l’empereur Ngan-ti (112 de notre ère), époque à laquelle ce roi de Fou-yu commença à envahir le territoire de Lo-lang, conduisant sept à huit mille cavaliers et fantassins, et massacrant les habitants et les fonctionnaires. Ensuite, il fit de nouveau sa soumission. La première année yong-ning (120), il envoya à la cour le prince héritier appelé Vuei-tcheou-tai ! qui offrit des présents à l'Empereur. L'Empereur lui donna un sceau officiel, avec une attache de soie brodée d'or !f.