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(6 Il sera fait mention fréquemment,dans cet ouvrage, de sccaux officiels envoyés par l'Empereur à des souverains étrangers.
Ces sceaux étaient en jade ou en metaux
plus ou moins precicux, et les pièces de
soie qui leur servaient à la fois d'attache et d’enveloppe variaient également, selon le rang et l'importance du prince à qui le sceau était concédé. De la part de l’'Empereur, le fait de cette concession entraînait
une promesse de haute protection contre
Sous le règne de l'empereur Chun-ti,la première année yong-ho (136), le roi de Fou-yu vint lui-même rendre visite à l'Empereur, à la capitale. L'Empereur le reçut avec de grands honneurs.
La quatrième année yen-hi, du règne de l’empereur Hiouen-ti (162), le roi de Fou-yu envoya des ambassadeurs pour offrir ses hommages, ses félicitations et ses présents.
La première année yong-kang (167), le roi de Fou-yu appelé Fou-taï !7 envahit Hiouen-tou à la tête de plus de 20,000 soldats; mais le gouverneur de Hiouen-tou, nommé Kong-seng-yo, le battit ct coupa plus de mille têtes aux envahisseurs. La troisième année hi-ping de l’empereur Ling-ti (175), ce roi envoya à l'Empereur une lettre de soumission et d’excuses avec des présents en tribut.
Le Fou-yu releva d’abord du gouvernement de Hiouen-tou; puis, sous le règne de l'empereur Hien-ti (190-220), le roi de Fouyu demanda à relever du Leao-tong. La dynastie des Han avait assujetti fortement les barbares orientaux ; lorsque le roi de Fou-yu, nommé Oueï-tcheou-taï !8, se trouva relever du Leao-tong, par suite
toute agression injuste, et de la part du AT 8 È.
prince qui recevait le sceau, le fait de son 48Le même qui a été désigné plus haut acceptation comportait aux yeux des Chi- comme prince héritier (note 15). Le second nois une reconnaissance de la suzcraineté caractère de son nom offre une variante de l'Empire. On verra quecette convention dans notre texte de Ma-touan-lin, mais ce mutuelle n'était pas toujours rigoureuse- n'est qu'une abréviation en usage. ainsi ment observée, et que bon nombre de que l'indique le dict. de Morrison, au mot princes étrangers, qui n’osaient refuser le Chow.
don impérial étaient loin, cependant, de se
considérer comme liés étroitement par
les liens de l’obéissance.
40 PEUPLES ORIENTALX.
du changement que la cour de Chine avait accordé, les Sien-pi et les Kao-kiu-li !”, prenant en considération la situation du Fou-yu, placé entre leurs deux territoires, firent alliance avec ce roi et lui offrirent des filles de leur race en mariage. Ouci tcheou-tai étant mort, Kien-ouei-kiu®° lui succéda. Ce dernier n'avait point de fils né de la reine sa femme, mais seulement un fils né d’une concubine et nommé Ma-yu*!. Lorsqu'il mourut, tous les grands et les hauts fonctionnaires du royaume s’accordèrent pour mettre Ma-yu sur le trône.
Kien-ouci-kiu fut en grande vénération parmi les siens. Il méprisait les richesses, se montrait généreux, aimait la justice et s'était concilié l'affection du peuple. Chaque année il envoyait une ambassade à la cour de Chine avec des présents.
Sous la dynastie des Oueï, dans les années tching-ki (239-244), Mou-kieou-kien, après avoir châtié le roi de Kao-kiu-li, enjoignit au gouverneur de Hiouen-tou, nommé Ouang-sin, de traverser le Fou-yu afin de le poursuivre“. Le roi Kien-ouei-kiu fit un accueil amical au général qui commandait les troupes chinoises. Il en- » fiji du Jr.
C'est-à-dire : Le roi ou le peuple du
pays de Aao-kiu-li. Le même mot sert, cn chinois, pour ces acccptions diverses. lei, le texte porte simplement ÆAiu-li; mais Kao-li et Aiu-li sont des abréviations de Ao kiu-li; cette dernière forme abregée cut mème sa raison officielle, ainsi qu'on le verra plus loin à l'article Kao-
kiu li.
33 Ma-touan-lin s'étend avec plus de détails, à l'art, Aao-kiu-li. sur cet épisode qui est rapporté différemment dans le Tong-kien-kang-mou ou Annales, générales de l'Empire. C'est un point sur le-
quel nous aurons à revenir.
voya un personnage d'un rang élevé pour le recevoir, et fournit des vivres à son armée. Deux fonctionnaires, le père et le fils, tous deux de la classe des nieou?3, n'ayant pas exécuté ses ordres avec droiture, il les fit méttre à mort, confisca leurs biens au profit du trésor public, et allégea d'autant la charge des impôts supportés par ses sujets.
C'était une antique coutume, dans le pays de Fou-yu, que si les récoltes venaient à manquer, par suite des inondations ou de la sécheresse, on en rejetait la faute sur le Roi, et quelques-uns même allaient jusqu'à dire qu'il fallait le tuer. Ma-yu étant mort, son fils Y-liu ?!, âgé de six ans, fut proclamé roi”,
Sous la dynastie des Tcin, la sixième année faï-kang (287), Yliu fut assailli et battu par Mou-yong-hoeï (chef d'une horde de Sien-pi). Y-liu tua lui-même ses fils et ses frères, et s'enfuit dans le pays de Quo-tsiu®?, emportant avec lui le trésor de Fou-yu, qui renfermait des pierres fines et des objets de grande valeur. La tradition faisait remonter aux plus anciennes générations l’origine de ces richesses, conservées de siècle en siècle comme un précieux dépôt.
[On lit dans l’Abrégé de l'histoire des Quei : Ce royaume était
via 8 Voir plus haut la note 8. «PE AT K c'est-à-dire Hoei (chef) 24 1% É . | des Mou-yong. Les Mou-yong étaient des
% La manière brusque dont cette phrase tartares Sien-pi, établis au nord du Leao-
est placée à la suite dela précédente donne ‘008.
lieu de se demander si Ma-yu a été massa- Une notice spéciale est consacrée plus
cré, par suite du mauvais succès des loin à ce pays.
récoltes, ou s'il est mort naturellement.
riche; depuis l'antiquité jusqu’à cette époque, il n'avait jamais été conquis.]
L'empereur Ou-ti avait conféré à Ho-kan les hautes fonctions de Juge et protecteur des Orientaux. L'année suivante?8, le prince Y-lo*°, qui était l'héritier du royaume de Fou-yu, envoya des délégués à Ho-kan, en sollicitant son appui pour rentrer dans ses États®, Ho-kan chargea le mandarin militaire Kou-tchin d'organiser une expédition et de replacer Y-lo sur son trône. Mou-yong-hoeï essaya de disputer le passage aux troupes chinoises, mais Kou-tchin le battit, dispersa ses forces et remit Y-lo en possession de son royaume.
Dans la suite, il arriva que Mou-yong-hoci enlevait fréquemment des habitants du Fou-yu, et les vendait en Chine comme esclaves. L'Empereur fit racheter ces captifs sur les fonds du trésor public et défendit qu’à l’avenir le même trafic se renouvelât.
Depuis cette époque, on n’entendit plus parler du Fou-yu8!.
25Il a été parlé déjà de ce Ho-kan,dansla tard par le royaume de Kao-kiu-li, dont la
notice sur les Ma-han. L’Année suivante se notice vient immédiatement après celle du
rapporte ici, non à la nomination de Hokan, en qualité de juge et protecteur des orientaux. mais à la défaite et à la fuite de Y-liu.
sk JE.
%Y-liu était donc mort, ou avait été déposé.
% Le pays de Fou-yu fut absorbé plus
Japon, placée à la suite de celle-ci. On trouvera donc, sous cet autre nom, une seconde phase de son histoire, et l'on fera cette remarque, en passant, que Matouan-lin envisage principalement les pavs qu'il décrit au point de vue de leurs rela-
tions avec l'Empire chinois.
CLP