‹ Atsume gusaChapitre 19 sur 111 · A PS · texte numérisé non relu

A PS

E pays de Quo!, le Japon, est au sud-est du pays des Han et du gouvernement de 7ai-fang*. Il est formé par une

réunion d'iles situées au milieu de la grande mer. La distance pour

s y rendre, en partant des territoires de Lo-lang ou de Tai-fang, est

d'environ douze mille li. Le nombre des royaumes qu'il renferme

1% Le royaume de Ouo était le plus considérable de tous ceux qui composent ce qu'on nomme aujourd'hui l'Empire japonais. Ce nom de Ouo est celui sous lequel le Japon fut connu des Chinois, longtemps avant de s'appeler H 7% Ji-pen ‘Japon), ainsi qu'on le verra dans le courant de cette notice. Je croirai toutefois, malgré l’anachronisme, pouvoir

me servir des mots Japon et Japonais

dès les premières lignes d'une traduction en langue française.

ai 7 EP Plusieurs fois déjà, il a été question de Taï-fang, et nous avons vu (page 28) à quelle époque et dans quelles conditions ce gouvernement ou cercle administratif avait été fondé. Il était situé au S.-E. du territoire de Lolang, aujourd’hui Pyeng-dn.

3 J'ai donné précédemment ‘page 8\ une

s'élève à plus de cent. A compter de l’époque où l’empereur Oui,

des Han, fit la conquête du Tchao-sien*, plus de trente de ces

royaumes entretinrent des relations suivies avec l'Empire chinois,

par ambassades ou par messages.

Chaque royaume a son roi héréditaire. Le grand roi de Ouo

réside dans le royaume de Ye-yen-taï [on prononce aujourd’hui

ye-mo-to%], lequel royaume se trouve à 12,000 li des frontières

(du gouvernement) de Lo-lang et à plus de 7,000 li du royaume

évaluation approximative de la mesure du li, d'après l'autorité de plusieurs géographes et sinologues éminents. Dans la présente notice sur le Japon, le nombre des li paraît tellement exagéré, pour plusieurs des distances indiquées, qu'il semble nécessaire d'assigner à cette mesure itinéraire une étendue très-inférieure à celle qui lui est attribuée généralement. — Je placerai à la fin de ce volume un tableau comparatif de toutes les distances évaluées en li par Ma-touanlin, dont il aura été permis de constater l'étendue réelle en mesures européennes.

J'ai l'espoir que la critique y puisera des éléments de vérification suffisants pour apprécier les indications relatives aux pays incertains qu'il s'agira d’identificr.

L'an 108 av. J.-C.

SAP Fi È «Dj FE fl M. de Rosny pense

que ces trois caractères, selon leur valeur phonétique ancienne, devaient se prononcer exactement Ya-ma-to. Des diffé- .

rences analogues cxisteraient aujourd'hui entre les prononciations anciennes et modernes d'un grand nombre d’autres caractères chinois, ainsi qu'on en trouyerait la preuve en étudiant l'écriture japonaise dite man-y6-kâna, laquelle se compose des signes idéographiques de la langue chinoise employés avec une valeur purement phonétique, et cette observation intéresserait par conséquent la plupart des noms géographiques cités dans les ouvrages de Ma-touan-lin. -

On comprendra que je ne mc risque

de Kiu-ye-han?, dans la direction du nord-ouest. Son territoire est à peu près à l’orient de ÆAoueï-ki® et de Tong-ye?. Il est voisin de 7chou-yai et de Tan-eul!°. Aussi les coutumes et les lois (de ces diverses régions) se ressemblent-elles beaucoup.

Le sol est propre à la culture du riz, du chanvre et des mûriers, qui servent à nourrir les vers-à-soie. Les habitants savent filer et tisser ; ils fabriquent les étoffes de soie appelées kien-pou'!. Ils ont des perles blanches et du jade vert. Leurs montagnes fournissent du tan-tou!. Le climat est tempéré. L'hiver comme l'été, on récolte des légumes. On ne voit ni bœufs, ni chevaux, ni pan-

thères, ni moutons, ni poules.

Les armes (des Japonais) sont la lance, le bouclier, l'arc en

pas à modifier moi-même selon la méthode japonaise toutes les prononciations chinoises actuellement en usage, mais il me paraît utile de signaler cette opinion aux personnes qui voudront s'appliquer à chercher l'identification de certains noms, dont les caractères chinois sont donnés dans ce recueil.

1} | HI Lig Petit royaume situé à l'extrémité S.-O. de la Corée, suivant un ouvrage chinois qui m'est communiqué par M. de Rosny.

s& ff Province chinoise, au temps des Tsin et des Tang. Elle comprenait

le Tche-kiang, le sud du Kiang-sou et

le nord du Fo-kien actuels. Ed. Biot a écrit par erreur Hoei-ki.

Zi i $ Ancien nom du Fo-kien méridiona!.

02% E et (É H Aujourd'hui, suivant le dict. géogr. de Ed. Biot, Yaïtcheou et Tan-tcheou, dans l'île de Haïnan. L'île de Haï-nan est si éloignée du Japon qu'on ne lit point ce passage sans étonnement.

Ces étoffes se fabriquaient de même en Corée, ainsi qu'il a été dit précédemment.

ff | Terre rouge, en latin ru-

brica.

bois et des flèches de bambou dont quelquefois la tête est en os. Tous les hommes ont le visage marqué de points noirs et, aussi, le ‘corps tatoué. Selon que le tatouage est à droite ou à gauche, grand ou petit, il indique la noblesse ou la condition plus humble de chacun. Les hommes se vétissent en plaçant en travers des lés d'étoffe, retenus ensemble au moyen de nœuds. Les femmes laissent tomber d’abord leurs cheveux, les replient et les attachent en les nouant. Leur robe est comme une simple couverture ou pièce d'étoffe, avec un trou pour passer la tête. Elles s'enduisent le corps d'une poudre rouge, ainsi qu'à la Chine on se sert de fard.

Les Japonais ont des villes entourées d'une enceinte de palissades et de grandes maisons. Le père, la mère, les frères aînés et les frères cadets habitent séparément, mais les garçons et les filles se voient librement en public. Ils mangent tous avec leurs doigts, et cependant ils font usage de vases semblables à ceux qu'on appelle, en Chine, pien-teou'*. C’est une coutume générale, chez eux, de marcher nu-pieds. Ils ne regardent pas comme impoli de s'asseoir sans aucune tenue, appuyés sur leurs coudes, les jambes étendues ou même en tenant leur genou avec leurs, mains. Ils aiment à boire du vin. Ils atteignent souvent une longue vieillesse; bon nombre d’entre eux dépassent cent ans. Dans leur pays, il y a beaucoup de filles!*. Les grands personnages ont généralement quatre ou cinq femmes. Les autres en possèdent deux

Comme au Tchao-si.n. Les vases que de garçons. Ce fait, signalé à diverses p 5 Nor . e . .

v?. pien-teou étaient faits de bam- époques, se constate encore vrai aujJourbou. d'hui.

C'est-à-dire qu'il nait plus de filles

ou trois. Les femmes ne sont ni débauchées ni jalouses. Les hommes ne sont enclins ni au vol ni au brigandage. Ils ont peu de procès. Si quelqu'un viole la loi, on réduit en servitude sa femme cet ses enfants. Si le crime est très-grave, on anéantit sa race entière. Le cadavre d'un mort est gardé pendant dix jours et plus. Les gens de la maison'se lamentent et s’abstiennent de manger et de boire; puis, les amis arrivent en chantant et en dansant, afin de chasser le chagrin. On brûle des ossements pour faire des sortiléges. On en tire des présages heureux ou malheureux.

Les gens qui voyagent sur mer prennent avec eux un homme à qui il est interdit de se peigner et de se laver, de manger de la viande, ni de s'approcher d'aucune femme. On appelle cet homme tchi-chouaï ®, Si le voyage s'effectue heureusement, on le récompense par de riches présents; mais si le voyage est malheureux, s'il survient des accidents ou des maladies, alors on juge que le tchi-chouaï n'a pas été attentif à ses devoirs, et tous se réunissent

pour le mettre à mort 6.

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