LÉ
16[1 me paraît important de rappeler ici
celui dont la source est la plus ancienne.
On remarquera qu'il y est question déjà la méthode que suit Ma-touan-lin pour de l'industrie des vers-à-soie, et il sera
la composition de ses notices, méthode intéressant de le comparer avec deux
signalée dans l'avertissement placé en tête de ce volume. L'auteur chinois suit l’ordre des temps et dispose chronologiquement, sans en changer les termes, les documents qu'il a recueillis. Ce premier tableau des
mœurs du Japon est donc évidemment
autres documents analogues contenus dans cette même notice : l’un de l’an 601
de notre ère, l’autre de la fin du xe siècle.
La deuxième année kien-ou-tchong-youen (57 de notre ère), le royaume de Ouo-nou!7 envoya un ambassadeur apportant ses hommages, ses félicitations et des présents. Cet ambassadeur se donna lui-même le titre de ta-fou. Son maître résidait aux limites méridionales du Japon. L'empereur Kouang-ou lui fit don d’un
sceau officiel avec son enveloppe de soie.
Sous le règne de l’empereur Ngan-ti, la première année yongtsou (107 de notre ère), les envoyés du roi de Quo, nommé Chowiching'#, offrirent des esclaves au nombre de cent soixante, en solli-
‘ citant une audience de l'Empereur.
È EN È Nom que les Chinois
donnèrent au Japon, sous la dynastie des
Han.
BI) H Un fait qui surprend tout
d'abord, quand on jette un coup d'œil sur la chronologie japonaise fournie originairement par Koempfer et Charlevoix, adoptée par Deguigues et Klaproth, et reproduite avec quelques corrections légères par M. de Rosny, c'est de voir qu'après avoir fixé au règne de Sin-bou ou Zinmou (en chinois: Chin-vou), l'an 660 avant notre ère, le commencement de la période historique, de l’histoire véritable selon l'expression de Klaproth,onnousprésente, durant une période de plus de mille ans
(de 660 av. J.-Ch. à 399 de notre ère),
une série de souverains presque tous centenaires, atteignant parfois l’âge de 140 à 150 ans. Une pareille chronologie inspire immédiatement plus que des doutes, ct l'idée vient à l'esprit que la mémoire d'un bon nombre des vieux souverains du Japon s'étant perdue, on a dû, pour combler les lacunes laissées par eux dans l'histoire, prolonger et souder l'un à l’autre les règnes dont le souvenir s'était conservé. Klaproth avait évidemment ce soupçon quand il écrivait : « De 660 av. J.-Ch. jusqu’à l'an 400 après cette époque, l'histoire du Japon ne compte que dix-sept empereurs, nombre trop peu considérable pour un si grand espace de
temps. » Mais ce qui n'était pour Klaproth
Vers l’époque où Hiao-ling-ti hérita du trône de son père (168),
de grands troubles éclatèrent au Japon. La guerre civile fit couler
des flots de sang, et durant un certain nombre d'années, ce pays
demeura dans l'anarchie. Il y avait une princesse dont le nom
était Pi-mi-hou*. Devenue adulte, elle ne voulut pas se ma-
qu'une hypothèse très-vraisemblable va nous apparaître ici comme une réalité.
Un document important, qu'on trouvera plus loin, nous permettra de remonter jusqu’à l'origine de la monarchie japonaise. En attendant, Ma-touan-lin relate exactement toutes les ambassades envoyées par le Japon à la Chine: il nomme les princes dont elles apportaient l’hommage ou le tribut, sans négliger de consigner les dates. Il nous suffira donc de vérifier s’il y a concordance, entre l’existence du souverain qu'il mentionne, et le règne que la chronologie adoptée par les Japonistes fait figurer à la même époque.
Le résultat prévu se manifeste dès le début, à l'occasion de cette ambassade de l'an 107. La chronologie des japonistes indique précisément à cette date le règne d'un prince âgé de 117 ans, K'eï-ko, en chinois King-hang (qu'elle fait vivre
d'ailleurs jusqu'à 140 ans), sans mention- ATSUME GUSA.
gukogu ou Dsinguukwogun.
ner aucunement le roi Choui-ching, dont Ma-touan-lin nous révèle l'existence et nous conserve le nom.
o vi Fip la méme que les Japo nais appellent Sin-ko ouo-gou, ou l'impératrice Sin-ko. Kœmpfer la nomme Sin- Suivant M. de Rosny, qui nomme cette princesse Zin-gu kwo-gu, il ne faut point voir dans les mots chinois Pi-mi-hou un nom propre de Mikado, mais seulement un nom commun désignant « une princesse. »
Dans les ouvrages historiques de sa bibliothèque japonaise, où il a fait des recherches à ma demande, la fille d'un souverain japonais est souvent désignée sous le titre de Himé-miko, dont Pimi-hou n'est, d’après lui, qu'une corruption aisément explicable par les lois de permutations phonétiques, dans les langues chinoise et japonaise. Enfin, dans
la grande encyclopédie Wa-kou-san-
rier?9; elle s'était vouée au culte des démons et des esprits, et savait étonner la multitude par des sortiléges. C’est pourquoi tous la reconnurent pour Reine. Elle avait des servantes au nombre de mille. Elle ne se laissait guère apercevoir ; il y avait seulement un homme qui lui portait sa nourriture et qui transmettait ses paroles (ses commandements). Elle habitait un palais fortifié avec des tours à plusieurs étages et une enceinte de palissades, toujours gardé par des soldats. Ses lois étaient sévères.
Du royaume de cette reine, dans la direction de l’Orient, en traversant la mer et à plus de 1,000 /i, on arrive au royaume de Kiu-nou?', dont les habitants, bien qu'ils soient tous de la même race que ceux de Quo, ne sont cependant pas soumis à l'autorité de
la Reine.
sai-djù-yé, le seul signe À, employé pour désigner la fille d'un mikado, est accompagné de la lecture japonaise interlinéaire Himé-miko, ce qui ne laisse pas de doute sur l'exactitude de son identification.
#Ce témoignage est en désaccord avec la chronologie des japonistes, qui fait monter Pi-mi-hou sur le trône comme veuve de Tsiou-aï (en chinois, Tchongngaï), son prédécesseur. Les grandes annales de la dynastie des Oueï, que
M. de Rosny possède, et dont le plus
souvent, Ma-touan-lin ne consulte que
l'Abrégé, renferment un passage dont il n'est point fait ici mention, et qu'il est important cependant de signaler, tant pour établir la concordance entre les chronologies chinoise et japonaise, que pour vérifier quelques assertions qu'on trouvera plus loin. Il y est dit : « Pi-mihou, bien que devenue adulte, n'avait point de mari, mais elle avait un frère cadet qui l'assista dans le gouvernement du royaume et qui se proclama lui-même Roi. À partir de ce moment, peu de
personnes parvinrent à la voir. »
Du royaume de cette reine, vers le midi, à plus de 4,000
li, est le royaume de 7chou-jou??, dont les habitants sont de la
hauteur de trois ou quatre pieds (chinois)*?. Au sud-est de Tchou-
jou, en navigant une année, on arrive au royaume des Lo’i, ou
des Hommes nus, et au royaume des He-tchi? ou des Dents noires,
pays avec lesquels des relations périodiques étaient entretenues.
On n'allait pas plus loin?6.
Au-delà de la mer de Kouei-ki?", sont les Tong-ti-jin®8, [Ils
forment plus de deux mille royaumes.]
1k fi
23C'est-à-dire de 8o à 120 centimètres.
Mb
#Cette digression, qui nous a conduit fort loin du Japon, est évidemment tirée de la même relation à laquelle sont empruntés les passages précédents, et le document tout entier doit être contemporain de la reine Pi-mi-hou, puisqu'on y emploie la formule : « Du royaume de cette reine, dans la direction de l’orient... Du royaume de cette reine, en allant vers le midi..., etc., » pour désigner le Japon, comme point de départ.
Nous aurons l'occasion de revenir sur les royaumes de Tchou-jou, des Hommes
nus et des Dents noires; mais ce quiil
convient de remarquer, dès à présent, c'est la mention, au second siècle de notre ère, de voyages périodiques exigeant une année de navigation, exécutés au-delà d'un pays situé déjà à 4,000 li du Japon.
© Nous avons vu plus haut que le Kouei-ki, ancienne province chinoise, comprenait le Tche-kiang, le sud du Kiang-sou et le nord du Fo-kien actuels.
La mer de Kouei-ki pouvait donc s’étendre de l'embouchure du Hoang-ho ou du Yang-tsi-kiang, jusqu'au canal de Formose. C'était la mer appelée aujourd’hui Tong-haï, ou mer d'Orient.
5 HI ÉTÉ A Ma-touan-lin ne dit rien de plus de ces Tong-ti-jin, formant une infinité de royaumes situés au-delà
de la mer Aouei-ki: mais, si l'on considère ? ?
On rencontre aussi Y-tcheou et Tan-tcheou*. La tradition rapporte qu'autrefois Tsin-chi-hoang-ti envoya un religieux, du nom de Sin-fou, avec quelques milliers d'enfants, garcons et filles, afin qu'il s'avancàt dans la mer à la recherche du Pong-laï®, séjour des immortels. Ne pouvant découvrir ce lieu merveilleux, et redoutant le châtiment (que lui eût infligé Tsin-chi-hoang-ti), Sinfou n’osa pas revenir; il s'arrêta dans les îles qu’on vient de nommer. De générations en générations, elles se peuplèrent de plusieurs dizaines de mille familles, et, de temps en temps, on a vu des gens de ce pays venir jusqu'à Kouei-ki pour commercer.
Il s'est trouvé aussi des habitants de Koueï-ki et de Tong-ye qui, voyageant sur mer et emportés par les vents, sont arrivés à
Tan-tcheou ; mais la distance est si grande qu’on ne peut aller ni
en revenir (à volonté).
qu’au-delà de cette mer de Kouei-ki ou mer orientale, règne l'Océan pacifique, on pourra supposer que le terme de Tong-tijin (ou hommes-poissons de l'Orient) servait à désigner les nombreux insulaires sur lesquels les Chinois manquaient de données précises, sans ignorcr leur existence au milieu de la grande mer.
TÉ M et | M Y-tcheou et Tan-tcheou sont des noms qui appartiennent également à deux villes chinoises; mais, ici, le mot fcheou est évidemment pris dans son acception d'fle (insula). Il
s'agit donc des îles Y et Tan, peuplées
jadis par des colons de race chinoise. Matouan-lin ne s'explique pas sur la direction dans laquelle il faudrait chercher ces deux îles, et l'on verra plus loin que les Chinois demeuraient dans l'incertitude à cet égard.
#Suivant la mythologie chinoise, le + ++ i AR Pong-laï était une montagne située dans une île de la mer d’Orient. La mention de l’expédition envoyée par Tsinchi-hoang-ti, à la recherche de cette île merveilleuse, se trouve consignée dans le Sse-ki, de l’historien Sse-ma-tsien.
Le Tong-kien-kang-mou dit que ces
[On lit dans l'ouvrage intitulé Nan-sse®! (Annales du Midi) :
Dans les contrées situées au sud-ouest du Japon, il y a des
insulaires ayant le corps noir et les yeux blancs, qui vont nus et qui
sont difformes. Les voyageurs qui ont de l’embonpoint courent le
risque d'être tués par eux à coups de flèches, et ensuite dévorés*?.
jeunes garçons et ces jeunes filles devaient être offerts aux génies de Ponglai, afin d'en obtenir pour l'Empereur l'herbe d’immortalité; mais nous trouvons, d'autre part, dans {a Chine du père du Halde, une mention qui me paraît mériter qu'on la rapproche de celle-ci. Résumant les faits principaux du règne de Tsin-chi-hoang-ti, le célèbre missionnai:e écrit : « Un capitaine qui commandait une petite flotte, qu'il avait conduite vers quelyues îles du Japon, étant venu rendre compte de son expédition à l'Empereur, lui persuada que rien ne serait plus avantageux à son État que d'y avoir un établissement pour le commerce, et, afin de l’engager plus efficacement à y envoyer une colonie, il lui fit entendre que dans une de ces iles l'on trouvait un remède contre toute sorte de maladies et même contre la mort. L'Empereur,
qui aimait à vivre, se laissa persuader.
Il lui confia des vaisseaux, des soldats, et trois cents jeunes garçons avec autant de filles nubiles. Ce capitaine fit voile vers les terres du Japon; il aborda à une île où il bàtit une ville et s'en déclara souverain. Le pays se peupla en peu de temps, et les habitants se sont toujours fait un honneur de tirer leur origine de la nation chinoise. »
Du Halde ne cite point ses sources, mais on sait que tout ce qu'il relate était emprunté par lui à des écrivains chinois.
a FA 5 ouvrage composé à la fin du vre siècle. |
32On lit dans la relation que Gemelli- Carreri a donnée lui-méme de son voyage aux îles Philippines à la fin du xvi siècle (Giro del mundo) : « Les noirs qui vivent dans les rochers et les bois dont l’île de Manille est remplie, sont des barbares qui ne connaissent aucune loi.
Leurs armes sont l'arc et les flèches.
Ils ont une haine mortelle pour les étran-
Le royaume de Quen-chin® est à 7,000 li au nord-est du Japon. Les habitants ont le corps tatoué et zébré, comme des animaux. Sur le front, ils gravent trois marques ou lignes. Ceux qui ont des marques bien tracées sont les nobles; ceux qui n'en ont que de petites sont de la basse condition. Leur coutume est de se divertir. Les productions de ce pays sont abondantes et à bon marché ; le voyageur n’a pas besoin .de porter avec lui des vivres (le pays lui en fournissant en abondance). Les hommes de Ouenchin ont des maisons, mais n'ont pas de villes entourées de murailles. La demeure du Roi est ornée d’or, d'argent et de pierres précieuses. Autour de (cette demeure), on a creusé un fossé large d'une coudée, lequel est rempli de vif-argent. Quand il pleut, la pluie coule sur le vif-argent. Pour le commerce et les transactions, ils font usage d'objets précieux (au lieu de monnaies). Celui qui a commis un simple délit est flagellé; celui qui est accusé d’un crime entraînant la mort est jeté aux bêtes féroces pour être dévoré. Si l'accusation est calomnieuse, les bêtes s’éloignent, dit-on, de l’accusé (au lieu de le dévorer); alors, après une nuit (d’épreuve), on le remet en liberté. |
Le royaume de 7a-han* est à l’orient de Ouen-chin, à plus
gers. Lorsqu'ils en tuent quelqu'un, ils célèbrent leur joie en buvant dans son crâne. Il paraît, suivant l'opinion commune, que ces noirs ont été les premiers habitants des îles. Dans toutes les îles où cette race de nègres subsiste encore, les Espagnols ne possèdent que les côtes.
Depuis Maribeles jusqu’au cap de Bolinea,
dans l’île même de Manille, on n'ose descendre au rivage pendant cinquante lieues, dans la crainte des noirs. »
5 À É} Littéralement : Des corps tatoués. La notice sur ce pays viendra plus
loin.
34 XK TE La notice sur Ta-han sui-
vra celle des pays de Quen-chin.
de 5,000 li. Les habitants n’ont point d'armes; ils ne font pas la guerre. Les mœurs sont les mêmes que celles du royaume de Ouen-chin, mais le langage est différent.
On trouve, au Japon, un animal qui ressemble au bœuf et qu’on appelle Chan-chou%. On y voit aussi un grand serpent qui dévore cet animal, et dont la peau est si dure qu'on ne peut pas l'entamer avec un couteau. Sur ce serpent, il y a un endroit qui tantôt s'ouvre et tantôt se ferme. Par instants, c'est comme un point brillant. Quand on atteint (cet endroit) avec une flèche, l'animal meurt aussitôt. |
On lit dans la Chronique des Quei : « Pour se rendre au Japon, en partant du gouvernement de Taï-fang, il faut naviguer en suivant les côtes. On passe et on laisse derrière sor le pays des Han, d’abord au midi et ensuite à l’orient, et l’on arrive ainsi aux côtes septentrionales, où est le royaume de Kiu-ye-han. Après avoir fait 7,000 li, on parvient au royaume de Towi-hai®, dont les grands mandarins s'appellent pr-keou #8, et ceux d’un ordre inférieur pi-noumou-li®, Les îles isolées qui le composent peuvent représenter, en carré, un territoire de 400 li. Le sol est couvert de montagnes et de
ss [ [] (E le bufle (?) vante qui rendrait moins obscure la der-
«Ei di: nière phrase de cet itinéraire : « En quit-
Si Ji BR litt. : Royaume qui ‘ant le pays de Xiu-ye-han, on gagne fait face à la mer. C'est l'ile de Tsou- la (pleine) mer et, après une traversée de sima, selon M. de Rosny. Il pense avoir 1000 li, on arrive à Tsou-sima. » trouvé le document original où Ma- » BB 39.
touan-lin a puisé ces indications géogra- 0 HI EN FF BE.
phiques, et me fournit la variante sui-
62 PEUPLES ORIÉNTAUX.
précipices. Il y a des forêts profondes et des routes impraticables#?, Les habitants forment plus de mille feux#!. Leurs champs ne sont pas fertiles; ils vivent surtout des produits de la mer. Ils naviguent au midi et au nord pour acheter du riz.
« Ensuite, en se dirigeant vers le midi, on traverse une mer de plus de 1,000 li, appelée Han-haî*?, et l’on arrive à un grand royaume dont les mandarins de premier ordre se nomment également pi-keou, et ceux du second ordre pi-nou-mou-li. Son étendue, en carré, est d'environ 300 li. Il abonde en bambous, en arbres et en forêts. Il renferme à peu près trois mille familles. Les terres labourables sont insuffisantes pour nourrir cette population par le moyen de l'agriculture; aussi les habitants cherchent-ils également à se procurer du riz dans le nord et dans le midi.
« On traverse encore une mer de plus'de 1,000 Zi, et l’on arrive au royaume de Mo-/ou*, qui renferme plus de quatre mille feux. Les habitations du rivage sont au pied d’une ligne de montagnes. Une végétation vigoureuse forme un épais rideau de verdure, qui arrête le regard du voyageur. Les habitants aiment à pêcher des poissons et des mollusques. Quelle que soit la profondeur de l’eau, ils plongent afin de les saisir.
2% Litt. : Des chemins d'oiseaux et de l'expression employée dans le texte chi-
cerfs. nois.
“ F Ce caractère, ainsi que nous l'avons vu, est à peu près synonyme de KR kia, familles. Je le traduis toutefois par le mot /eux, chaque fois qu'il se ren-
contre, ce qui permet de distinguer
x », u)@ | ff litt. : Mare arenosum. Suivant M. de Rosny, ce nom est également celui d'une île située sur les côtes méri-
dionales de la Corée.
kB
« En s'avancant par terre à 500 li vers le sud-est, on parvient au royaume de Yn-tou', dont les mandarins (du premier ordre) s'appellent eu/-tchi*5, et ceux des ordres secondaires y-mokou*$ et ping-kiu-kou“. Il renferme plus de mille feux. Depuis bien des générations (ce pays) a des rois. Tous ont reconnu la souveraineté du royaume de la Reine. C'est là que s’arrétent toujours, dans leurs voyages, les délégués du gouvernement appelés kiun-sse*8,
« Dans la direction du sud-est, à une distance de 100 li, est le royaume de Nou'°. Les mandarins (du premier rang) y sont appelés sse-ma-kou®, et ceux du second rang, pi-nou-mou-li. Ce royaume renferme plus de vingt mille feux.
« En allant vers l’orient, à 100 li, on trouve le royaume de Pou-mi°!, dont les mandarins se nomment to-mou®* et pi-nou-mouli. Il renferme plus de mille familles.
« Du côté du midi, en navigant vingt jours, on parvient au royaume de Teou-ma*, qui renferme cinquante mille feux, et dont les mandarins se nomment (pour le premier rang) mi-mi* et pour le second rang, mi-minou-lis.
“FT AP On prononce également % DL # AI.
yun tou. n DS VA.