SEDE SEZ
De Ming-tcheou, on reçut encore la nouvelle qu'un personnage nommé Sun-tchong*'', arrivant de la ville japonaise de Taï-tsaï#?, se présentait, porteur de lettres de créance, et disait avoir pour mission de rappeler Tchong-hoei. Il apportait en tribut deux cents pièces de satin de couleurs variées, et cinq mille onces de vifargent. Le gouverneur de Ming-tcheou ayant des doutes sur le caractère officiel de cet envoyé, qui était un riche marchand navigateur, et soupçonnant qu'il offrait peut-être ces présents de son chef, sans être le représentant d’aucun royaume, l’invita à faire parvenir directement ses lettres à la cour. L'Empereur accepta les présents, mais ordonna cependant qu’on fit passer par les mains de Tchong-hoeï les gratifications et les cadeaux qu'il accordait en retour. Tèhong-hoeï reprit le chemin de l’orient, et Sun-tchong : partit avec lui.
La cinquième année kien-tao (1165), des envoyés japonais vinrent par Ming-tcheou, porteurs de présents qu'ils offrirent en tribut.
La troisième année chun-hi, des Song (1176), des Japonais voyageant sur mer furent battus par la tempête et portés jusqu'à Ming-tcheou, où ils arrivèrent dans le plus grand dénuement. L'Empereur ordonna de les secourir. Il y eut aussi une centaine de naufragés japonais qui parcoururent, en mendiant, les rues de Linngan*5, Un ordre impérial prescrivit également de les faire reconduire à Ming-tcheou, de les nourrir et de leur fournir les secours
AI
43 FE Lr aujourd'hui Hang-tcheoufou, capitale du Tche-kiang.
WF ER
dont ils auraient besoin jusqu'à ce que l'on pùt trouver un vaisseau pour les ramener chez eux.
La deuxième de ces mêmes années (1183), soixante-treize Japonais furent encore jetés par les vents à Hoa-ting“**, petit port du territoire de Sieou-tcheou .
La première année chao-hi, des Song (1190), d'autres Japonais furent portés à Taï-tcheou par des vents violents. L’Empereur ordonna d’exempter des droits de douane toutes leurs marchandises, de leur acheter un bateau, et de leur distribuer les choses nécessaires.
La sixième année king-youen (1200), on vit encore des Japonais à Ping-kiang.
La deuxième année kia-taï (1202), 1l en vint dans l’arrondissement de 7ing-hai*". L'Empereur prescrivit encore de leur donner des secours d'argent et de riz, jusqu'à ce qu’une occasion favorable se présentât pour les rapatrier.
Différents documents font connaître que des Japonais voyageant pour leur propre compte commencèrent à pénétrer en Chine sous les Han postérieurs (935-948).
Les historiographes de l’Empire ont écrit :
« Pour aller au royaume de Quo (le Japon), en partant de Tai-fang, on passe par le royaume de Tchao-sien et, se dirigeant
444 HE i. 446 ai IL, aujourd'hui Sou-tcheou- 7 M , aujourd'hui Song-kiang- fou (Kiang-sou).
fou, dans le Kiang-sou. 47 ZE | fi territoire de Ning-po (Tche-kiang).
tour à tour vers le midi et vers l’orient, on traverse trois mers, on visite sept royaumes et après avoir parcouru une distance totale de 12,000 li, on arrive à la capitale. »
Les historiographes disent encore :
« Pour se rendre (à la capitale du Japon), en partant de Lolang ou de Taï-fang, la distance est également de 12,000 /i. Le Japon est situé à l’orient de Koueï-ki et n’est pas fort éloigné de Tan-eul. La route est donc extrêmement longue par le Leao-tong, mais elle est assez courte par la voie directe, en partant des côtes de Min ou de Tche8.»
« Au temps des premières relations entre le Japon et la Chine, les ambassadeurs japonais passaient toujours par le Leao-tong pour . venir et pour s’en retourner. Sous la dynastie des Tang et sous les dynasties suivantes, y compris celle des Song, ils firent souvent la
448 C'est-à-dire en partant des côtes du Fo-kien ou du Tche-kiang. Fu Min est l'ancien nom de la province de Fo-kien, et les notes 2, p. 49,8 et 10, p. 51, ont donné déjà des explications sur Lo-lang, Taï-fang, Koueï-ki et Tan-eul. Ces fragments, tirés des historiographes, ne font que résumer des indications qui ont été
fournies précédemment d’une manière
plus étendue. Remarquons ici que si l'on
examine sur la carte les deux distances,
dont l'une parut si longue et l’autre si ATSUME GUSA. 12. 73
courte au voyageur Tao-jen, on n'apercevra pas, entre elles, cette disproportion qui l'avait frappé. Cela nous montre que les orientaux de l'époque de Ma-touan-lin basaient uniquement leurs calculs de cette sorte sur la route qu'ils avaient l'habitude de parcourir, et cela peut nous expliquer l'apparente exagération de certaines distances évaluées en li, sans qu'il soit besoin de supposer la mesure du li infiniment
plus courte qu'elle ne l'était en réalité.
traversée directe en navigant vers le midi. Les marchands des deux pays cessèrent de prendre la route du nord, quand le Leadtong n'appartint plus à l'empire chinois.
« Au milieu des années yong-hi (981-988;, le bonze japonais Tao-jen vint à la Chine offrir divers objets en tribut. De retour dans son pays, il écrivit une lettre officielle pour exprimer sa reconnaissance de l’accueil qu'il avait recu. En parlant de son départ du Japon, il dit : Les yeux tournés vers l'occident, j'ai navigué sur des flots d'une étendue sans bornes. Poussé par un vent favorable, j'ai vu fuir derrière moi des milliers d'îles et d’ilôts. Que cette distance est longue à parcourir! Parlant ensuite de son retour, il dit encore : Vers la fin de l'été, nous quittions le port de Taitcheou, et vers la fin de l’automne nous apercevions déjà le sol de notre patrie. Combien ce voyage est court! Il ajoute enfin : Ce ne fut, toutefois, qu’au printemps de l’année suivante que nous pûmes revoir notre ville natale. Les religieux et les laïques se pressaient en foule au devant de nous, avec de grandes démonstrations de joie. De nobles seigneurs s'avancaient aussi pour nous recevoir. » | |
Ainsi, bien que le royaume du Japon ne soit pas très-éloigné des rivages du Tche-kiang, il faut cependant une demi-année pour arriver jusqu'à sa capitale,
RES