‹ Atsume gusaChapitre 42 sur 111 · NE · texte numérisé non relu

NE

290 Le Taï-chan, l'une des plus hautes montagnes de la Chine, est situé dans la province de Chan-tong. On lit dans le Chou-king que l'empereur Chun avait offert un sacrifice semblable sur le Taï-

chan, au xxue siècle avant notre ère.

cette même année, Kaï-sou-ouen mourut. Le fils ainé de Kaï-sououen, nommé Nan-seng*%, lui succéda par hérédité dans la charge de mo-li-tchi, mais ne pouvant s'entendre avec ses frères cadets Nan-kien®® et Nan-tsan?®, il s'enferma dans la ville de Kouenoui-tching et envoya son fils Hien-tching ?* implorer la protection de l'Empereur. De son côté, le frère cadet de Kaï-sou-ouen, nommé Tsing-tou**, proposait de céder à la Chine une certaine étendue de territoire, si l'Empereur consentait à le reconnaître et à le soutenir. Alors l’Empereur donna l’ordre aux généraux Ki-pi et Ho-li de prendre possession du Leao-tong, tandis que Pang-tong-chen et Kao-kan, d’une part, Sie-jin-koueï et Li-kin-hing, de l’autre, attaqueraient simultanément le Kao-li**6.

A la neuvième lune, Pang-tong-chen rencontra l’ennemi qu'il battit, et vit venir à lui Nan-seng entouré d'un grand nombre de ses partisans. L'Empereur avait confié à Li-chi-tsi le commandement supérieur de tous les corps d'armée qui pénétraient en Corée par le Leao-tong. L'année suivante (667), à la première lune Lichi-tsi concentrait ses forces sous les murs de la ville de Sin-tching et, tenant conseil avec les généraux placés sous ses ordres, leur

24 77 He. chef l'armée chinoise du nord-ouest, [==]

32 77 EE. comme on le verra plus loin. Sie-jin-koueï EH

33 77 FÉ. et Li-kin-hing commandaient un autre

294 Et BR - corps d'armée qui, suivant le Tong-kien- >,

295 | $ . kang-mou, fut transporté directement par

2% Les généraux Ki-pi, Ho-li, Pang- mer dans le Pe-tsi, de manière à envetong-chen et Kao-kan étaient placés sous lopperle Kao-li.

les ordres Li-chi-tsi, qui commandait en

exposait que cette place étant le boulevart des Coréens à l'occident de leurs territoires, il lui paraissait indispensable de s'en emparer avant d’aller plus loin. Il occupa donc les hauteurs qui dominaient la ville de Sin-tching au sud-ouest, et pressa si vigoureusement les assiégés qu'ils se rendirent à discrétion, en lui livrant leurs officiers les mains liées. Li-chi-tsi prit encore seize villes et, pendant ce temps là, ilarriva par mer une flotte chinoise, amenant de nouvelles troupes destinées à marcher directement sur Ping-jang ?*7.

La troisième année kien-fong (C68), à la deuxième lune*%#, Li-chitsi, ayant opéré sa jonction avec Sie-jin-koucï, la ville de Fou-yu?9 fut emportée d'assaut, et trente autres villes capitulèrent. Pantong-chen et Kao-kan occupaient Sin-tching. Nan-kien parvint à les investir et Sie-jin-koueî, qui voulut les dégager, essuya d'abord un échec en livrant bataille près du mont Kin-chan®%, ce qui encouragea les Coréens à prendre vivement l'offensive; mais Sie-jinkoucï ayant tourné leurs positions les attaqua en flanc et remporta sur eux une victoire complète. Il leur coupa cinquante mille têtes, enleva les trois villes de Narn-s0u 3%, Afo-chi°®, T. sang-yen 303 et fit

297 Voir ci-dessus la note 25, page 11. a, de toute facon, correspondance avec

298 On ne voit point figurer de troisième l'an 668 de notre ère. annéc kien-fong dans le tableau chrono- 299 À BR. Le Tong-kien-kang-mou logique des noms d'années chinoises, et écrit FR ER. le Tong-kien-kang-mou place la mention 300 Æ ah litt. le Mont d'Or. succinte de ces événements à la date de sui Rai fi la première année tsong-tchang, qui suit 302 À K. mia »£ wi d'ailleurs immédiatement la seconde des 0374 Fi

années kien-fong, de telle sorte qu'il y

garder tout le pays par ses soldats. Ensuite il vit l’historiographe assistant Kou-yen-tchi 3%, d'accord avec Li-chi-tsi, et après lui avoir rapporté le détail des événements, il s’en revint à la Chine. L'Empereur ayant interrogé ce général, à son retour, sur les propos qui se tenaient dans l'armée : « On y parle de vaincre, » répondit-il, « et personne ne doute du succès. Ce qui jadis empécha les empereurs, vos prédécesseurs, de mener à bonne fin leurs guerres contre la Corée, c’est que les barbares orientaux se montraient alors parfaitement unis. Aujourd’hui que ce Nan-seng et ses frères sont comme des loups qui s’entre dévorent, on peut mettre aisément à profit leurs dissensions. Il existe d’ailleurs, au Kao-li, une ancienne prédiction qui dit que la dynastie des Kao ne demeurera pas neuf cents ans entiers sur le trône, et qu'un grand général de quatre-vingts ans la renversera. Or, cette dynastie des Kao remonte à l'époque des Han, les neuf cents ans touchent à leur terme, et Li-chitsi est octogénaire*®. La famine désole le pays; les habitants s'enlèvent les uns les autres et se vendent comme esclaves. La terre tremble et s'entrouvre; les loups et les rats des champs pénètrent dans les villes. De tels prodiges effraient tous les esprits. Cette expédition sera la dernière. Le royaume de Kao-li touche à sa fin. »

dictions analogues. Il dit : pen # À + K 1# , ce qu'on pourrait aussi

bien entendre dans le sens de : il y aura

304 Les armées chinoises en campagne étaient suivies par un historiographe chargé de recucillir et de consigner tous

les événements de la guerre. quatre-vingt grands généraux... Si l'ap-

305 Le texte chinois offre ici l'une de ces ambiguités calculées qui se rencon-

trent assez habituellement dans les pré-

plication du nombre quatre-vingt n'était

pas faite à l'âge de Li-chi-tsi.

Nan-kien, à la tête de cinquante mille soldats, voulut secourir le Fou-yu. Li-chi-tsi le battit près du fleuve Sa-ho-choui*6, coupa cinq mille têtes, fit trente mille prisonniers, s'empara d’une grande quantité d'armes, de bœufs et de chevaux, et bientôt se rendit maître de la ville de Ta-hing®. Ki-pi et Ho-li se joignirent à lui

pour forcer le passage du Ya-lo-kiang*® ; ils prirent ensemble la

la ville Jou-y *® et, toutes leurs forces étant réunies, ils assiégèrent

enfin Ping-jang.

A la neuvième lune, (le roi) Tsang arbora le drapeau blanc ‘1°,

envoya Nan-tsan suivi de cent chefs en parlementaire, et se rendit à

Li-chi-tsi qui le reçut avec honneur

306 Poi (si 7K. On lit dans l'Aperçu

des trois royaumes, de Klaproth: « Le Saho-choui sort des montagnes septentrionales, coule au sud-est, et se réunit au Ya-lo-kiang.» Une grande partie du Leao-tong et l'ancien royaume de Fou-

yu formaient alors partie intégrante du

royaume de ZX'ao-li, et ces récits nous montrent qu'avant d'assiéger la capitale (Ping-jang), les généraux chinois avaient jugé prudent d'assurer la conquête des provinces du nord.

307 K ff ti, sur la rive droite du fleuve Ya-lo, ainsi qu'il résulte du texte

suivant.

#68 Le Tors-kien-kang mou dit qu'il existait alors, sur les bords du Ya-lokiang, une ligne de retranchements en bois, construits jadis par les empereurs des Quei, dont les possessions s’étendaient jusque là.

mE RIN

310 5) TA io, Le drapeau blanc arboré comme drapeau parlementaire, dans une guerre entre les Chinois et les

Coréens du vu: siècle, est un fait que l’on

peut remarquer en passant.

Nan-kien cependant continuait de soutenir le siége très-bravement. Il fit plusieurs sorties et eut résisté longtemps encore, s’il n'eut été trahi par son principal lieutenant, nommé Feou-tou-sintching*!\, qui entretint des intelligences avec le généralissime chinois. Une porte fut incendiée; les soldats armés de lances entrèrent dans la ville en poussant de grandes clameurs, et voyant tout espoir perdu, Nan-kien essaya de se donner la mort.

L'Empereur voulut que le retour de Li-chi-tsi fut l’occasion d’une imposante cérémonie. A la douzième lune, assis sur son trône dans la grande salle du pavillon Han-youen-tien“!?, il recut le vainqueur du Kao-li, qui lui présenta ses prisonniers les plus marquants. Considérant que le roi Tsang n’avait jamais été l’ennemi personnel de l’Empire, Kao-tsong lui conféra un titre élevé; il fit de mème à l’égard de Nan-tsan et assigna un lieu de résidence à Nankien, sur le territoire du Pe-tsi. Des grades furent concédés à Hientching, Nang-seng et autres. Li-chi-tsi, Ho-li et Sie-jin-koueï furent

34 17. za À SH. Les deux pre-

miers caractères de ce nom s’emploient

dans le texte de Ma-touan-lin, il m'a paru plus rationnel de ne voir qu'un nom propre

quelquefois pour désigner les bonzes dans ces quatre syllabes. C’est d’ailleurs

bouddhistes, et le commentaire chinois du

Tong-kien-kang-mou, les prenant dans cette acception, dit que le bonze Sin-

tching 18 À Enr livra l’une des

portes de la ville aux Chinois. Toutefois,

les mots feou tou sin tching étant précé-

des par le titre À ibi (général en chef),

l'opinion d’un commentaire de Fang-linching-lio.

4 x En sa 70 HT. On trouve dans les

poésies de Li-taï-pe que ce pavillon faisait partie d’un palais situé aux-portes de la ville actuelle de Si-ngan-fou, capitale

de l'Empire sous la dynastie des Tang.

promus à de hautes dignités et ce dernier eut en outre un pension considérable.

Le royaume conquis comprenait cinq gouvernements, renfermant soixante-seize villes et six cents quatre-vingt-dix mille familles. On le divisa en neuf fou ou circonscriptions, quarante-deux tcheou ou départements et cent hier ou districts. On en fit une nouvelle province sous le nom de Ngan-tong®!3. Les chefs coréens qui inspirèrent de la confiance y furent appelés aux fonctions de gouverneurs civils et militaires, concurremment avec des mandarins de race chinoise, et Sie-jin-koueï en alla prendre possession comme gouverneur général.

La deuxième année fsong-tchang (670), trente mille habitants du Kao-li furent transportés dans les régions inhabitées de la Chine centrale, au midi des fleuves Xïang et Hoaï.

La même année, deux chefs coréens Kien-meou*!* et Tsingmeou*!> se mirent à la tête d'une rebellion et proclamèrent roi de Kao-li un neveu maternel de (Kao)-tsang, appelé Ngan-chun3!. L'Empereur chargea du soin de les châtier Kao-kan et Li-kin-hing, gouverneurs des cercles voisins de Tong-tcheou et de Yen-chan, et envoya près de Ngan-chun un haut dignitaire qui parvint à l’intimider. Kien-meou fut mis à mort; Tsing-meou s'enfuit dans le Sin-lo. Kao-kan traversa le Lceao-tong, chassa les rebelles de Ngan-chi et les défit encore à 7siuen-chan*!, en faisant prisonniers deux mille soldats de Sin-lo qui étaient venus pour les secourir. De son côté,

Ma 5A Hi c'est-à-dire l'Orient pa- dui DA A.

cifié. 316 A Ti.

NE FI JL. MT FL Li.

Li-kin-hing ayant rencontré l'ennemi près du fleuve Fa-/ou3!8, le battit et lui coupa dix mille têtes. Trop affaiblis pour tenir la campagne après ce désastre, les rebelles se dispersèrent et cherchèrent un refuge dans le Sin-lo. Quatre années s'écoulèrent cependant avant que la tranquillité ne fut complétement rétablie.

La deuxième année y-fong (677), l'Empereur permit au roi déchu (Kao)-tsang de retourner dans le Leao-tong, avec le titre de prince de Zchao-sien*!*, gouverneur du Leao-tong, et toute liberté pour rassembler ceux de ses anciens sujets qui voudraient se soumettre à lui. Ordre fut donné, en même temps, de rapatrier les Coréens momentanément internés dans les régions centrales de la Chine et de les reconduire à Sin-tching. (Kao)-tsang partit en exprimant sa gratitude, mais à peine eut-il repris sa liberté qu'il noua des relations avec les Mo-ho, en vue de reconquérir son indépendance. Alors l'Empereur révoqua le décret qu'il avait rendu, et envoya (Kao)-tsang en exil à Kiong-tcheou®. Ses sujets qui l'avaient suivi furent transportés dans le Ho-nan, à l'exception des vieillards et des malades qu'on négligea de ramener en Chine.

(Kao)-tsang mourut au commencement des années yong-chun (682). L'Empereur lui conféra un titre posthume et lui fit élever un tombeau. Les princes de sa famille demeurés en Corée avaient

318 DE Ë. D'après Klaproth, est le an Dans la province actuelle du Ssemême que le Piao-lou-ho, et formait la tchouen. limite entre le Kao-li et le Sin-lo.

319 L'ancien nom de la Corée. Voir plus

haut, page I.

205 PEUPLES ORIEXTAUX.

disparus, et leurs part:isans s'étaient enfuis dans le Sin-lo, chez les Mo-ho ou chez les Tou-kiue®"!.

Au milieu des années tchowui-kong®? (587), un petit-fils de (Kao)-tsang, nommé Pao-youen**, fut constitué par l’Empereur prince régnant de Tchao-sien ; plus tard il fut honoré de nouveaux titres et, la première année ching-li (698), un décret lui accorda celui de roi, en lui confiant le gouvernement des populations qui avaient été soumises à ses aïeux. Ce décret ne recut pas son exécution et, l’année suivante (699), un fils de Tsang, nommé Te-ou**, fut mis par l'Empereur en possession du Ngan-tong avec le simple titre de gouverneur. Peu à peu, toutefois, ce pays reprit son indépendance et, vers la fin des années youen-ho (806-820), il envoya des ambassadeurs qui offrirent en tribut des instruments de musique. Au temps où la dynastie des Tang touchait à sa ruine, le prince qui gouvernait l'ancienne province de Ngan-tong profita des troubles qui affaiblissaient la Chine pour s'ériger lui-même en prince souverain. D'autres ambassadeurs apportèrent le tribut sous les Tang postérieurs, la première année fong-kouang (923) et au milieu des années fien-tching (926-929). Le prince qui les envoyait

DE zi 321 Fr PK. Les Turcs, proprement ‘3 #4 IL

dits, établis au nord de la Chine. 324 qu . Il n'est fait mention de

322 Ce nom d'années et plusieurs de ce prince ni par Deguignes, dans ses tables ceux qui suivent ne figurent pas dans les chronologiques, ni par le P. du Halde, tables officielles, parce qu'ils furent don- dans son abrégé de l'Histoire de Corée, nés par l'impératrice Ou-heou, qui usurpa ni même par le Tong-kien-kang-mou. l'autorité souveraine sous le règne de

l'empereur Tsong-tsong, son fils.

prenait le titre de roi. Les historiens n'ont point mentionné les noms particuliers de ces princes, mais on sait que leur nom de famille était Kao®*.

Dans les années fchang-hing (930-933), un personnage du titre de ktuen-tchi-koue-sse**$, appelé Quang-kien®%", monta sur le trône de la famille des Kao et envoya une ambassade offrir le tribut à la cour. L'Empereur lui conféra le titre de gouverneur de Hiouen-tou et le reconnut comme roi de Kao-li, grand vassal de l'Empire. Sous les Tcin postérieurs, au milieu des années tien-fou (736-942), ce roi Ouang-kien vint lui-même rendre hommage. Il mourut la seconde année kai-yun (945) et son fils (Quang)-ou??8 lui succéda. (Ouang)-ou mourut vers la fin des années £ien-yeou (948) et eut pour successeur son fils (Quang)-tchao*?, qui exercait déjà les fonctions de kiuen-tchi-koue-sse. Au commencement des années kouang-chun (951), ce prince envoya des ambassadeurs pour la

mi TA K Æ& ca pi L À il. Les histoires

gue période, appelle donc notre attention

sur un fait nouveau.

de Corde, connues jusqu'à ce jour, laissent une lacune de trois siècles entre la dynastie des Kao, qu'elles supposent complétement détruite à la fin du vue siècle, et l'avènement de la dynastie des Quarg, qui surgit au commencement du x°. La relation de Ma-touan-lin, qui nous montre les descendants de Kao-tsang rétablis

sur le trône du AXao-li durant cette lon-

326 +É RI El x. Ce terme qui

signifie à peu près lieutenant général du royaume pourrait bien être la traduction chinoise ou tout au moins l’équivalence du titre coréen mo-li-tchi, dont il a été fait

mention plus haut. Voir ci-dessus, p. 188.

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