‹ Atsume gusaChapitre 47 sur 111 · DB Æ · texte numérisé non relu

DB Æ

368 > RA] Fi, Je n'ai trouvé nulle

part le nom de ces îles, mais je lis dans le traité de géographie intitulé To-ssefang-yu que dans les îles de la mer qui baigne les côtes du Chan-tong, il pousse une herbe merveilleuse appelée >.

tchi, qui sert de nourriture aux immortels.

Or, l'expression tchi-kang signifiant litté-

ralement « les sommets {de montagnes) de l'herbe {chi (autrement où croit l'herbe tchi), » J'imagine que cette expression a pu désigner les îles indiquées sur la carte de d'Amville, par 38°, lat. sur 138° 50' longit. et situées précisément sur les côtes du Chan-tong, en face de la ville de Tengtcheou.

369 DE Ì + H, c'est-à-dire, port de Ong-tching ou embouchure du (fleuve) Ong-tsing.

if M

mf A.

372 H JN. Le nom de cette ville

quarante Zi et l'on arriva à la capitale*". (Ouang)-tch1 vint au devant des ambassadeurs chinois et fit les cérémonies d'usage, en sa qualité de grand vassal. Il retint Tchin-tsing plus de soixante-dix jours, en le traitant avec magnificence, lui offrit des présents considérables et lui remit une lettre à l'adresse de l'Empereur, dans laquelle il exprimait sa gratitude.

L'Empereur avait accordé des titres et des grades littéraires aux sujets coréens mentionnés plus haut, lesquels étaient venus à la Chine pour se perfectionner dans leurs études ; (Ouang)-tchi écrivit encore des lettres de remerciements à cet égard et, par la même occasion, demanda qu'on voulut bien lui donner des exemplaires imprimés des neuf king, ou livres canoniques, afin de répandre dans ses états la doctrine de Confucius. Il fut accédé à sa demande.

figure sur une carte chinoise de la Corée, que je possède, à l'endroit où la carte de l'Aperçu des trois royaumes indique Petchouan.

373 La capitale était alors à Aai-tching et, suivant Klaproth, cette ville était au sud-ouest de la capitale actuelle. Haïtcheou est aujourd'hui le chef-lieu de la province de Hoang-haï. L'itinéraire suivi par cette ambassade semblerait donc assez clairement indiqué, mais nous aurons à signaler, un peu plus loin, des doutes que l'examen d’une carte chinoise pourrait inspirer sur l'emplacement de la ville qui

était alors la capitale du Æao-li.

374 Par ces neuf king, il faut entendre ici le y-king, explication des koua de Fou-hi, le Chi-king ou Livre des vers, le Chou-king, le plus ancien livre d'histoire, le Li-ki, livre des rites, le Tchun-tsieou, ouvrage de Confucius, le Tcheou-li, rites des Tcheou, le ZHiao-king, traité de la piété filiale, le Lun-yu, entretiens de Confucius et de ses disciples, et enfin le recueil des ouvrages de Meng-tse, appelé

communément Mencius. On rencontre

‘ fréquemment, dansles livres chinois, ces

locutions : les cinq king, les neuf king, les

treize king, etc., qui pourraient sembler

contradictoires; cela tient à ce que les

La cinquième de ces mêmes années (992), à la sixième lune, Quang)-tchi envoya un ambassadeur appelé Youen-yo *", pour solliciter de promps secours contre une invasion des Ki-tan. Les frontières du nord de la Chine venaient tout récemment d’être pacifiées. La cour jugea que c'était chose très-ordinaire de voir les barbares se déchirer entre eux, et qu'il ne convenait point de s'engager légèrement dans une guerre qui pourrait créer desembarras sérieux à l'Empire. En congédiant l'ambassadeur on lui remit donc de très-beaux présents pour son maitre, avec une lettre de l'Empereur qui engageait simplement le roi du Kao-li à ne pas perdre courage. Dès lors, (Ouang)-tchi tomba sous la domination des Ki-tan et interrompit ses visites d'hommage à la cour de Chine“'6.

(Quang)-tchi étant mort, son frère cadet (Quang)-song*?? lui succéda. Ce nouveau roi ayant envoyé vers l'Empereur un ambassadeur appelé Siu-youen??8, qui disparût sans qu'on sût ce qu'il était devenu, le ministre du Kao-li 7chao-tchi-lin*"? fit partir, dans la

troisième année Azen-ping (1000), un officier nommé 7chu-fin-

lettrés chinois, de différentes époques, ont rangé dans la classe des cinq premiers king ou livres sacrés, un certain nombre d'autres ouvrages, tantôt diminué, tantôt augmenté.

mC HP.

376 La guerre entreprise contre les xitan par l'empereur Tai-t:ong, en 986, et pour laquelle il avait obtenu la coopéra-

tion de Ouang-tchi, avait cu des résultats

désastreux. On comprend que la cour de Chine se soit sentie peu disposée à la renouveler ; mais sa manière d'envisager la situation faite à cet ancien allié n'en est pas moins caractéristique, au point de vue

du caractère de la politique chinoise.

tchao**, avec mission de se rendre à Teng-tcheou?8! et d'y prendre des informations sur cet événement. Instruit de la présence de Tchu-jin-tchao à Teng-tcheou, l'empereur (Tchin-tsong) voulut qu'il vint à la cour, et l’envoyé coréen en profita pour témoigner que tous ses compatriotes désiraient vivement de voir le puissant souverain de la Chine réprimer les envahissements des Ki-tan. Alors l'Empereur écrivit au roi (Quang)-song une lettre sur papier orné de fleurs d'or et chargea Tchu-jin-tchao de la lui porter.

La sixième de ces mêmes années (1003), on vit arriver un envoyé du Kao-li appelé Li-siuen*#. Le roi (Quang)-song remerciait l'Empereur pour la lettre impériale qu'il avait reçue et s’exprimait ainsi : « Depuis que la Chine a cédé aux Ki-tan le pays de Yen jusqu'à la ville de X:°8, les Ki-tan ont une route ouverte pour arriver rapidement à Hiouen-tou. Aussi viennent-ils souvent dévaster le territoire de cette ville, dont ils ont essayé plusieurs fois de s'emparer. Je supplie l'Empereur de garnir de troupes les frontières et d'arrêter ces envahissements. » L'Empereur donna l'ordre d'écrire au roi Song une lettre rédigée de manière à le calmer.

(Ouang)-song mourut et son frère cadet nommé (Ouang)-sun‘#: lui succéda. Autrefois les Ki-tan avaient abandonné aux Coréens des territoires voisins du fleuve Ya-/o, sur lesquels ceux-ci avaient

380 k A SI. 383 C'est le pays qui forme maintenant 381 Voir ci-dessus la note 97. Le port de la partie nord-est du Pe-tche-li. La ville Teng-tcheou est cité désormais assez sou- de Xi, aujourd'hui Ai-tcheou, est ellevent, comme un port de communication même au nord-est de Pé-king ilatit. 40,

entre la Chine et le Kao-li. longit. 115.

p>5R dia =] 12 —f- FL: 384 O

bâti, dans la suite, six villes assez considérables, Hing-tcheou®8, T'ie-tcheou**, Tao-tcheou®?, Long-tcheou*®, Kouei-tcheou®8 et

Ko-tcheou®%®. Irrité de ce que le roi de Kao-li ne voulut pas venir

lui rendre hommage en personne, l’empereur des Ki-tan redemanda

les territoires cédés, sans en excepter les six villes, ce à quoi (Ouang;-sun ne consentit pas*!. Alors les Ki-tan prirent ces villes de force, pillant et incendiant les maisons, massacrant ou enle-

ass I JN cu | 1 Hing-hoa, suivant une autre édition de Ma-touan-lin.

so | mid | >» HE | ih |

390 HI} | . L'Aperçu général des trois

(ville du fer).

(ville du dragon).

(ville de la tortue".

royaumes, traduit et publié par Klaproth, dit que ces villes étaient situées sur la rive

septentrionale du Ya-lo-kiang.

39 Ce passage du Ouen hien tong kao |

est écrit dans un style tellement concis que j'ai cru pouvoir ajouter quelques mots à la version littérale, d'après les indications du Tong-tien-kang-mou où le même fait est autrement rapporté. La La phrase de Ma-touan-lin que J'ai remplacée par celle-ci « Irrité de ce que le

roi de Kao-li ne voulut pas venir lui ren-

dre hommage en personne » dit simplement : VI E — E, « jugeant

qu'on distinguait entre lui-même et un

autre, » c'est-à-dire qu'on en usait avec

lui moins respectueusement qu'avec l’empereur de la Chine, à la cour duquel les grands vassaux se rendaient en personne.

Nous avons dit que les Âï-tan avaient formé, au commencement du xe siècle, un grand empire, sous le nom de Leao ou Kara-kitaî. Leur Souverain, A-pao-ki, après avoir fixé d’abord sa résidence à Leao-yang (dans le Leao-tong), l'avait transférée à Yen, aujourd'hui Pe-king, et avait pris le titre d'empereur, en 907, sous le nom de Taï-tsou. Ce prince régna jusqu’à l'an 1026; c'est donc lui qui entre-

prit cette guerre contre le Kao-li.

vant les habitants. Le roi jugea prudent de se retirer successivement dans les places de Ching** et de Lo?*, et quand les Kitan cessèrent de le poursuivre il sollicita la paix. Les vainqueurs enorgueillis refusèrent de rien promettre. Ils mirent garnison dans les villes qu’ils avaient conquises.

La troisième année fa-tchong-tsiang-fou (1010), les Ki-tan reparaissaient en très-grand nombre dans le Kao-li et menaçaient de l’anéantir ; mais (Quang)-tsun, cette fois, sut employer les ruses de guerre les plus habiles et, sc liguant avec les Niu-tchin?%, il battit si complétement les Ki-tan que peu d’entre eux purent regagner leur pays. Ensuite, il fit construire, sur la rive orientale du fleuve Ya-lo, une ville fortifiée qu'il eut soin de relier par un pont à la ville de Lai-youen-tcring®*, et dans cette dernière ville, il placa secrètement des forces militaires capables d’opposer une vive résistance en cas d’agression.

La septième de ces mêmes années (1014), le roi du Kao-li envoya des ambassadeurs à la cour de Chine, chargés d'offrir en tribut à l'Empereur deux chevaux de grand prix avec leurs selles ornées de dragons et d'oiseaux fong*®% en tissu d'or, et deux couvertures de selles où les dragons:et les oiseaux fong étaient brodés ;

= HE 39 Fp. 395 > w IR. Cette ville a porté 393 KE . aussi le nom de Laî-youen-hien; elle était

394 Voir ci-dessus. note 351. Les Niu- située près de la ville la plus importante tchin devaient plus tard détruire l’empire appelée Pao-tcheou qui, selon l'Aperçu des Leao et fonder la dynastie des Ain, des trois royaumes, se trouvait à 100 li au qui régna sur la Chine septentrionale, de au nord-ouest de Ping-jang.

l'an 1123 à l'an 1234. 396 L'oiseau fong était un oiseau fabu-

de plus, vingt chevaux de diverses couleurs. Quand ces ambassadeurs retournèrent dans leur pays, l'Empereur leur fit remettre pour le roi (Ouang)-sun sept lettres ou diplômes revêtus du sceau impérial, des costumes de cérémonie, des ceintures, des soieries variées et aussi des chevaux chinois,

L'année suivante (1015), l'Empereur donna l'ordre au préfet de' Teng-tcheou de faire préparer, dans ce port de mer, un palais spécialement destiné à recevoir les Coréens ; cette même année, on vit arriver un nouvel envoyé du roi (Ouang)-sun, lequel s'appelait Ko-youen*®, et apportait le tribut. Ko-youen a fourni, sur son royaume, les renseignements que voici :

‘« La ville capitale n’était pas entourée de murailles. Elle s'ap- « pelait Kai-tching®* et commandait à six 4ien'® ou arrondisse- « ments. Sa population n’était pas au-dessous de trois à cinq mille « (feux ou familles). Il y avait en outre plus de cent chefs-lieux de « tcheou ou départements, formant autant de postes militaires. Les

« provinces ou circonscriptions étaient au nombre de dix, chacune

leux, réputé de bon augure, dont quel- grands vassaux de l'Empire. Les costumes

ques traducteurs ont cru pouvoir rendre et les ceintures étaient les insignes de ces

le nom par celui de phénix. dignités, ainsi que l’auteur que nous tra- 397 Les sept lettres ou diplômes men- duisons l'a précédemment expliqué.

tionnés ici comprenaient sans doute, en

outre de la réponse faite par l'Empereur au message du roi Ouang-sun, des lettres patentes conférant ces titres honorifiques

qui constituaient les princes étrangers

Ì da 399 Hi HE. Voir ci-dessus, note 373.

#0 Voir pour la valeur de cette expres-

sion chinoise la note 8, p. 4.

« ayant son fchouen-yun-sse *1. Les hien renfermaient, en moyenne,

« de trois à quatre cents feux ou familles”. Du midi au nord, le

« territoire du royaume avait 1500 /i détendue; de l'est à l’ouest,

« il en avait 2000.

« Les soldats vivaient mélés à la population des villes. Ceux

« qui servaient l'armée (comme ouvriers ou valets) n'avaient

so ue Li Ti]. J'ai hésité à traduire cette expression, parce que deux sens trèsditlérents sc présentent. Le texte porte :

. VIT: = « pate ip Fil ft <. avec la va-

riante de ‘5° au lieu de tt dans une édition plus récente du Ouen hien tong kao, ce qui pourrait signifier également :

«un fchouen-yun-sse gouverne ces provinces, » ou bien « un tchouen yun sse en prend soin. » S'il s'agit d'un gouverneur ou préfet, le sens est identique et le nom de tchouen-yun-sse, (étymologiquement :

celui qui dirige le mouvement) était le nom qu'on donnait en Corée à ce préfet ou gouverneur. Mais, à la Chine, sous les dynasties des Tang et des Song, il cxistait des fonctionnaires appelés poki it Pi tchouen-yun-sse, chargés de veiller particulièrement à la subsistance du peuple, en faisant transporter continueîle-

ment des amas de grains d'une province

dans une autre, de manière à maintenir

les prix dans une égalité constante. ti] 1 +

sse et pu sse sont des caractères à peu

près synonymes. L'institution des tchouen-

J'un-sse chinois avait-elle pénétré au

Kao-li? En un mot faut-il traduire :

« chaque province avait son gouverneur appelé tchouen-yun-sse, » ou bien : « chaque province avait un mandarin chargé de veiller aux subsistances publiques »?

Je laisse un point d'interrogation.

40? Ce chiffre serait très-minime s'il s'appliquait à la population de l'arrondissement tout entier, mais le mot hien se prend tantôt dans le sens d'une circonscription « a district under one magistraite, » et tantôt dans le sens du cheflicu de cette circonscription « the principal town of the district » (Morrison). Il est probable que cette dernière acception

est celle qui convient ici.

« point le visage marqué de noir*. Le marché se tenait à midi; «on n'y faisait pas usage de monnaie, mais seulement d’étoffes «et de riz, par voie d'échange. Tous les ustensiles de ménage « étaient en cuivre. On connaissait deux genres de musique : « celle du palais et celle du pays". Les examens pour le grade de « licencié avaient lieu tous les trois ans; les grades littéraires étaient « d’ailleurs les mêmes qu'à la Chine. Sur cent personnes qui se « présentaient à un examen, on n'en recevait pas plus de dix à vingt.

« Tous les ans, le premier jour de la première lune et le cin- « quième jour de la cinquième lune, on offrait des sacrifices dans le « temple du grand ancêtre“. Au septième jour de la première « lune, dans chaque famille, on fabriquait une image de Ouang-

« mou que l’on portait sur soi. A la deuxième lune, imitant la

406 + tt. Dans l'index placé à la

#3 L'usage d'imprimer une marque

noire sur le visage, au moyen du tatouage, se pratiquait en Chine, mais seulement à l'égard de certains crimincls.

4 On verra plus loin que la musique du palais était la musique chinoise, tandis que l’autre musique était la musique nationale.

405 àIl ji. Ce grand ancétre était Tchu-mong, le premier des rois du Kao-

li. Voir ci-dessus, page 145, ligne 13 et

précédentes; voir aussi p. 172, ligne 12

et suivantes. Le changement de dynastie n'avait pas détruit le culte rendu au pre-

mier des X@o.

suite de sa traduction du roman chinois Les deux jeunes filles lettrées, M. Stanislas Julien indique que Ouang-mou (litt. la mère du roi) est la même que Si-ouangmou (la mère du roi d'occident) et, dans l'ouvrage intitulé Seou-chin-ki, un article assez long est consacré à cette divinité mythologique. Toutes réserves étant faites sur la difficulté de trouver le mot propre, quand il s'agit de traduire un texte de cette nature, voici, à peu près, en substance, ce que l'auteur du Seou-chin-ki nous fait connaître :

« Si-ouang-mou est la même que Ain-

« coutume des bonzes, on allumait des flambeaux de toute sorte,

«ainsi que cela se pratique à la Chine quand on y célèbre la fête

« appelée Chang-youen-tsieT. Au jour appelé Chang-tse-71%8, on

« colorait certains gâteaux avec de l’armoise verte, et l’on portait

«mou (la mère d'or) et ce roi dont elle «est la mère est le vénérabilissime du «mon agir. Elle existait spirituellement « dans lc fao ou la raison suprême, c'est- « à-dire dans la tranquillité et l’inaction, « avant que le monde ne fut créé. Elle « prit elle-méme un corps, en nouant la « forme au moyen du mystère primordial « de la dualité. Dès lors, il y cut deux « souffles, au Jicu du souffle unique ct « subtil du tao. Ouang-mou et Tong- «ouang-kong (le prince souverain de « l'Orient) dirigent ensemble les deux « souffles, ct leur double action conserve « le monde. — Quang-mou a dit :

« Tant qu'il perçoit la coulcur et le son, « l'immortel n'atteint pas la pureté su- « blime,

« Tant que le cœur a des passions, 1l « ne peut obtenir la tranquillité,

« Tant que le cœur n'est pas tranquille, « l'esprit n'est pas dégagé de la matière,

« Et tant qu'il en est ainsi, la doctrine

« du fao ne s'accomplit pas. »

On voit que Quang-mou ou Si-ouangmou paraît appartenir au culte des disciples de Lao-tse, mais grâce à la fusion, pour ne pas dire à la confusion, qui s’est établie de tout temps à la Chine entre les différents cultes, on craindrait de porter

un jugement trop absolu à cet égard.

Voir, au sujet de Si-ouang-mou, Pauthicr,

| Chine ancienne, p. 94.

407 C'est la fête du premier de l'an, connue sous le nom de fête des lanternes.

Grosier en parle longuement dans sa Description de la Chine, tome V, p. 386 et suiv.

408 Le jour appelé par les Chinois changtse-ji est le troisième jour de la troisième lune. On y pratique diverses cérémonies pour écarter l'influence des mauvais esprits, et l’une d'elles consiste à suspendre des paquets d’armoise et autres

plantes aromatiques à la porte de chaque

maison.

« des bonnets nommés bonnets de Pan-sieou®%. Le cinquième jour « de la cinquième lune, on se livrait à des jeux de balançoire ‘!°. Les « hommes et les femmes s’habillaient de blanc. Parmi les produits « spéciaux du Kao-li, on devait citer des nattes tissées avec une « sorte de joncs appelés barbe de dragon"!!, le papier pe-tchoui *!? « et les pinceaux en poil de queue de loup. »

Ko-youen avait une contenance modeste et s'exprimait avec ‘une grande politesse. Quand on l'invitait à quelque repas, il écrivait lui-même des lettres de remerciements remarquables par l'élégance de leur style. Il fut traité à la cour avec distinction. Lorsqu’il prit congé, la neuvième année ta-tchong-tsiang-fou (1016), l'Empereur lui fit remettre, pour le roi son maître, sept lettres revê-

5, EPA un PE 37 < IU. J'avoue n'avoir

point trouvé jusqu'ici d'explication satisfaisante au sujet de cette expression.

410 Ce tour, appelé par les Chinois touan-

eo

ou, est consacré chez eux à des fêtes nautiques, dont l'origine’ remonte à la mort de Kiu-youer, l'auteur du poëme appelé Li-sao. Ministre et parent du roi de Tsou qui s'était engagé dans une politique désastreuse, Kiu-youen avait essayé vainement de retenir son prince par de sages conseils, qui ne furent pasentendus. Alors, ayant écrit son poëme, il alla se précipiter dans une rivière du Hou-kouang ct

s'y noya, malgré les efforts tentés pour le

sauver par de nombreux bateliers. Sa mort fut un deuil public, et telle est la vitalité des traditions dans le pays où cet événement s'accomplissait au second siècle avant notre ère, que de nos jours encore on célèbre son anniversaire, en parcourant les rivières sur des bateaux pavoisés comme pour chercher le poète. Les Coréens semblent donc avoir emprunté aux Chinois l'usage de placer une solen-

nité à cette date précise, mais sans lui

conserver son caractère d'origine.

ant FE, 3 Long-siu.

ve À fa #K

tues du sceau impérial ‘!*, des costumes de cérémonies, des ceintures d’or, de riches soieries, des chevaux avec leurs selles, les livres canoniques, des ouvrages d'histoire, le calendrier chinois, le livre intitulé Ching-hoei-fang'', et d’autres livres du même genre. Ko-youen sollicita, en outre, l'autorisation de copier la liste officielle des lettrés chinois qui avaient obtenu, dans les examens, des titres littéraires, ainsi que plusieurs pièces de vers composées par l'Empereur. Cette autorisation lui fut accordée.

La première de ces années (1019), à la neuvième lune, le préfet de Teng-tcheou fit connaître qu'une ambassade coréenne était arrivée à l'embouchure de la rivière T'sin-ouang‘, mais que le vaisseau qui l’amenait ayant beaucoup souffert pendant la traversée, les présents destinés à l'Empereur avaient été gravement avariés par l’eau de mer. L'Empereur fit partir aussitôt un officier de son palais, chargé de veiller à ce que les envoyés du roi de Kao-li fussent pourvus de tout ce qui leur manquerait. Ces envoyés furent reçus à la cour, dans la onzième lune; le tribut qu'ils offrirent consistait en tapis épais de couleurs variées, couvertures!!, cuirasses, épées, chevaux avec leurs selles, instruments de musique et deux mille pièces d’étoffes. Ils témoignèrent le désir d’emporter une collection de livres bouddhiques. L'Empereur ne voulut pas accepter de ces étrangers les étoffes dont ils pouvaient avoir besoin

418 Voir ci-dessus la note 397. dhiques, publiée par M. Stanislas Julien. 414 Bu ER À. Ce titre paraît indi- 415 E L 7 (la rivière du roi de quer un livre bouddhique; mais il n'est Tsin). mentionné ni dans Wylie, ni dans la M6 En latin stratum, en cspagnol manta.

Table des titres chinois d'ouvrages boud-

après les pertes qu'ils avaient subies. Il leur accorda les livres qu'ils désiraient, et joignit à ce don quantité de belles soieries et de beaux habits.

Les préfets de Ming-tcheou! et de Teng-tcheou ayant annoncé plusieurs fois que des vaisseaux coréens avaient été jetés par la tempête sur les côtes de l’Empire, l'Empereur avait ordonné de bien traiter les équipages de ces vaisseaux, de leur fournir des vivres et autres choses nécessaires et de les aider à retourner dans leur pays. Il avait même décrété plusieurs règlements à cet égard. La cinquième des années zien-hi (1021), le roi (Ouang)-sun lui fit cxprimer ses remerciements par un ambassadeur envoyé tout exprès. Cet ambassadeur déclara que le Kao-li entretenait de bons rapports avec les Ki-tan ; il témoigna le désir d’acquérir des livres exposant les principes du yn et du yang '!, des traités de géogra-

47 Voir ci-dessus, p. 123, note 432.

48Le yang est à la fois le principe màle et le principe du mouvement; le yn est le principe femelle et le principe du repos. Ce sont des principes matérieis, à qui le premier principe unique donne, par la vertu de son souffle, la fécondité qui les rend aptes à produire tout ce qui est dans la nature. Le principe primordial contient en soi les deux principes yn et yang, et les deux principes yn et yang ont produit le ciel et la terre, après un nombre prodigieux de combinaisons suc-

cessives. Cette théorie forme la base de la

philosophie des lettrés chinois, et comme toutes les choses matérielles de la nature sont réputées soumises à l'influence du principe yn ou du principe yang il n'est guères d'événement ou même de simple accident de la vie qu'on ne suppose résulter d’un accord ou d'un désaccord entre les deux principes. L'étude de ces puissances mystérieuses devient une science véritable, dont il existe de nombreux trai-

tés. (On peut consulter, à ce sujet, les Mémoires concernant les Chinois, t. II,

p. 12, 29, 152 ct tome VII, p. 153, 160.)

phie et aussi le Ching-hoeï-fang*". L'Empereur ordonna que tous ces ouvrages lui fussent remis.

Deux sujets coréens Kin-hing-tching*®°° et Kang-isien“’, pensionnés par le roi de Kao-li pour étudier au collége impérial de Koue-tse-kien, avaient obtenu le grade de docteur. L'Empereur les retint à son service et leurs confia de hautes fonctions. Tous deux étaient réputés gens de grand mérite. Lorsqu'ils moururent, l'Empereur reporta sa bienveillance sur leurs enfants, quifurent pourvus d’offices à leur tour.

La huitième année fien-ching (1030), une ambassade du roi (Ouang)-sun vint encore offrir le tribut ; elle s'en retourna l'année suivante. Ensuite les relations furent interrompues pendant quarante-trois ans ??.

Le petit-fils de (Ouang)-sun nommé (Quang)-hoeî' monta

#9 Voir ci-dessus, note 414.

È ÀT /X.

424 & SK.

422 L'indication de cette ambassade de la

mort de Ouang-sun, et par conséquent l’époque de l'avènement au trône du

prince qu'il lui donne pour successeur. —

A l'égard de cette interruption de qua-

huitième année tien-ching (1030) ne figure pas dans le Tong-tien-kang-mou, et Deguignes, qui la mentionne dans ses Tables chronologiques de la Corée (histoire des Huns, tome l), l'attribue à Ouang-kin, fils et successeur de Ouang-sun, suivant lui. J'ignore à quelle source Deguignes a puisé ses informations, mais il est à re-

marquer qu'il laisse en blanc la date de la

rante-trois années dans les relations directes entre le Xao-li et la Chine, elle fut motivée par ce fait que l'Empereur ayant refusé d'envoyer des secours au roi de Kao-li contre les Ki-tan, le prince coréen avait pris le parti de se soumettre, comme

vassal, à ses puissants voisins.

ef

sur le trône à son tour. C'était un roi lettré. La deuxième année hi-ning (1060), l'un de ses ministres fit parvenir au fonctionnaire Tchouen-yun-sse du Fo-kien appelé Lo-ki une dépêche officielle dans laquelle il était dit : « Les négociants (chinois) Hoang-tchin et Hong-ouan nous ont assuré que Votre Excellence avait recu des instructions privées, en vue d'attirer et d'accueillir favorablement les étrangers qui désirent entretenir des relations amicales avec votre empire. Dès le temps où nos rois résidaient à Yang-ko “*, nous avions déjà des sentiments d'amitié pour votre céleste cour. Depuis notre grand aîeul*, nous entretinmes par mer des relations ininterrompues. En raison de la situation de Pingjang et de T'soui-eul*, le voisinage du Leao-tong amena des conflits qui nous rendirent, tour à tour, amis sincères ou ennemis acharnés. En dernier lieu, nous avons eu à souffrir des invasions multi-

#4Pour bien entendre ce passage, il faut se reporter au premier livre du Chou-

king (chap. I, $ 4), où il est dit que Yao

envoya l'astronome Hi-tchong résider au.

lieu appelé Yang-ko (la vallée lumineuse) afin d'y observer le lever du soleil. En même temps qu'il évoque les plus anciens souvenirs de l'antiquité chinoise, le rédacteur de la dépêche coréenne revendique cette même antiquité pour sa propre nation, en donnant clairement à entendre que l’astronome de l’empereur Yao

aurait reçu l'hospitalité du roi de Corée.

La plupart des traducteurs du Chou-king ont supposé que Yang-ko devait avoir été une localité du Chan-tong. James Legge, au contraire, a mis cette note : « À place in the extreme east of Yaou's empire, probably in Corea. » On voit que les lettrés coréens étaient du même avis.

435 i} i Tsou-ni (l'ancétre) est le nom que les Coréens donnaient à Tchumong (Voir ci-dessus, p. 144, ligne 6).

436 = Bi. Voir le Tso-tchouen,

vue année tchao.

pliées. Notre liberté fut violentée; il nous devint impossible de continuer à rendre hommage à votre noble Cour et cet état de choses a duré déjà de longues années, malgré le désir que ‘nous avions de le changer. Aujourd’hui, deux sujets de votre empire nous apportent de magniques présents et nous assurent de votre bienveillance. Votre puissant empire n’a pas de ressentiment; il étend, sans distinction, sa généreuse protection jusque sur les nations les plus barbares. Nous voudrions renouer avec empressement les relations du passé, mais nous ne savons si ce voeu peut étre exaucé. Cette lettre officielle vous sera remise par les deux négociants de votre pays qui reprennent le chemin de l’Occident, et si vous nous donnez une réponse favorable, nous nous hàterons de faire la visite d'hommage et d’offrir notre tribut à votre cour. » Le dignitaire coréen qui écrivait cette lettre ajoutait que le roi (Ouang)hoeï ayant rêvé qu'il était venu en Chine, avait composé lui-même une pièce de vers sur ce sujet.

La troisième année hi-ning (1070), Lo-ki transmit ce document à l'Empereur et, sur l'avis du conseil privé qui jugea que l'amitié des Coréens n'était point à dédaigner pour servir au besoin contre les Ki-tan, l'Empereur chargea Lo-ki de faire savoir officiellement au ministre du roi de Kao-li que les représentants de son souverain seraient les bienvenus à la cour. Aussitôt que cette réponse lui fut connue, (Ouang)-hoeï envoya comme ambassadeur le ministre King-ti, accompagné d’une suite de cent dix-huit personnes et, conformément aux ordres de l'Empereur, ces envoyés furent reçus avec les mêmes honneurs que ceux du royaume de Hia'%.

4% Le royaume de Hia, également appelé royaume des Si-hia ou Hia occiden-

Les ambassades du Leäo avaient coutume de passer toujours par Teng-tcheou!?8. La septième année hi-ning (1074), le roi (Ouang)-hoeï exprima le désir de faire suivre une route différente à ses propres envoyés, en leur assignant désormais le port de Ming-tcheou* pour lieu de débarquement, afin d'éviter tout contact avec les Ki-tan 4°, L'Empereur consentit à ce changement d'itinéraire, mais ne voulant pas que, dans les villes du nouveau parcours, les populations fussent écrasées de contributions d’autant plus lourdes qu'elles n'étaient point réglementées, il fit promulguer un décret qui mettait les dépenses de ces voyages à la charge du trésor public. Craignant aussi que les préposés de la douane ne profitassent de ce que les visiteurs étrangers n’entendaient pas la langue chinoise pour les tromper et percevoir des droits imaginaires, l'Empereur défendit formellement qu'aucune somme d'argent ne fut acceptée de leur part.

taux, comprenait alors les territoires qui forment aujourd'hui le Chan-si, une partie du Ho-nan et du Kan-sou et le pays des Ortous. Ses princes, d'origine tibetaine, ne possédaient originairement que le pays de Ming-hia, à titre de gouverneurs chinois héréditaires. Ils commencèrent à s'étendre ct à se rendre indépendants sous la dynastie des Tang, etsous le règne de l’empereur Jin-tsong, des Song, au commencement du xie siècle, Tchao-

te-ming, l'un d'eux, protégé par les A7-

tan, prit définitivement le titre de roi.

Le royaume de Hia fut détruit par Gengiz-khan, l'an 1227.

428 Ce port du Chan-tong, qui n'a point changé de nom, était un des plus fréquentés, ainsi qu’on l’a vu par les mentions qui en ont été faites précédemment.

429 Voir page 123, note 432.

430 Nous avons vu que l'empire de Leuo était l'empire des Aï-tan, fondé au com-

mencement du xe siècle.

(Ouang)-hoeï ayant proposé de céder à l’Empire deux villes importantes, l'Empereur répondit qu'il suffisait de les ouvrir au commerce, et particulièrement à celui des soieries désignées sous les noms de kien‘*! et de pe *?, Le roi de Kao-li écrivit encore pour demander qu’on lui envoyàt des hommes versés dans les sciences de la médecine et de la pharmacie, des peintres et des sculpteurs. L'Empereur chargea Lo-ki de faire appel aux Chinois qui exercalent ces professions, et qui seraient disposés à se rendre en Corée de bonne volonté.

A partir de la neuvième année hi-ning (1076), les honneurs accordés aux ambassadeurs du Kao-li furent notablement augmentés. Dans une de leurs visites, ils présentèrent à l'Empereur des musiciens qui jouaient de plus de dix sortes d'instruments. « Notre musique est un peu barbare, écrivait en les envoyant le roi coréen, mais je m'attache surtout à perfectionner chez moi les études littéraires et je tiens à ce que mes fonctionnaires soient tous instruits. » L'Empereur estimait ce zèle éclairé du roi (Ouang)-hoeï; aussi, chaque fois qu'il lui adressait une lettre, désignait-il le meilleur de ses secrétaires pour la rédiger. Il choisissait avec le méme soin tous les mandarins qui allaient remplir des missions en Corée, et chargeait tout d’abord le fchong-chu' de leur faire subir un examen.

La première année youen-fong (1078), l'Empereur envoya pour la première fois au roi de Kao-li deux dignitaires avec le titre

43! Suivant Morrison : « A kind of silk 432 Soie unie, sorte de taffetas. which is variegated and exceedingly close, 433 Chef du secrétariat de l'Empire.

so as to keep out rain. »

d'ambassadeurs. Ils se nommaient Ngan-tao et Tching-mou. Ils s'embarquèrent à Ming-tcheou, passèrent devant Ting-haï#% et prirent la pleine mer dans la direction de l’orient **. Les populations se pressèrent joyeusement au devant d'eux, à leur arrivée. Vétu d’un habit long avec une ceinture ornée de jade, et tenant en main la tablette dont l’usage est prescrit par les rites**, (Ouang)-hoeï vint recevoir et saluer les lettres impériales. Il logea les ambassadeurs dans un palais disposé tout exprès pour eux et sur le portail duquel il avait fait peindre cette inscription : Chun tien kouan, indiquant ainsi qu'il était soumis à l'Empereur comme au ciel. Ce prince étant tombé malade demanda des médecins chinois et des médicaments que l'Empereur voulut bien lui envoyer, la seconde année youen-fong (1079). Le roi coréen en témoigna sa reconnaissance, et désirant offrir à l'Empereur quelque présent extraordinaire, il fit choix à cet effet d’une voiture fabriquée au Japon. En plaçant cette voiture parmi les objets qui composaient le tribut, les ambassadeurs du Kao-li exposèrent, au nom de leur maître, qu'il n'eut pas osé offrir un tel présent s'il n’eùt été de fabrication étran-

gère, par respect pour la tradition qui ne comprenait ni les voitures

431 Port de l’île de Tcheou-chan, autre- par respect une tablette qui leur cachait

ment Chusan. le visage de l'Empereur. Le roi de Kao-li

45 Ou plutôt du nord-est. Cette disposition à prendre le nord-est pour l'est ou le sud-ouest pour l'ouest se rencontre assez fréquemment dans les livres chinois.

456 Dans les audiences impériales, les

ministres et les grands vassaux tenaient

reçoit les lettres de l'Empereur avec le même cérémonial que s'il écoutait ses propres paroles.

497 ] JE XK BR. C'est-à-dire la mai-

son de la soumission au Ciel.

ni les habits au nombre des produits nationaux que les grands vassaux devaient offrir à leurs suzerains. Jadis, quand la cour recevait un tribut, l'usage était que l'Empereur ordonnàt d'en esti- | mer la valeur, et de remettre aux ambassadeurs qui l'avaient apporté une certaine quantité de pièces de soie, jusqu'au nombre maximum de dix mille. Cette fois, l'Empereur ordonna de remettre aux Coréens dix mille pièces de soie, sans faire aucune estimation.

La sixième année youen-fong (1083), le roi (Ouang)-hoeï mourut. Îl avait régné trente-huit ans, et gouverné son peuple avec clémence. C'était le souverain le plus accompli des pays orientaux. Les traditions qu'il a laissées sont encore respectées de nos jours. Dans ce royaume, les princesses du sang ne se marient qu'aux princes du même sang, fussent-ils leurs frères. Les grands observent la même règle dans leur famille. Le second fils du roi, nommé Yun%8 avait proposé d'abolir une coutume si contraire aux mœurs de l’Empire, alors qu'on voulait resserer les relations d'amitié avec la cour chinoise, mais on ne l’avait pas écouté. Dès que la mort du roi (Ouang)-hoeï lui fut officiellement notifiée, l'Empereur délégua un mandarin de haut rang pour assister à ses funérailles; 1l prescrivit en même temps au préfet de Ming-tcheou de faire célébrer des sacrifices en son honneur, durant un mois entier.

Le fils aîné du roi défunt, Chun-ouang-hiun**, monta sur le trône de son père; mais il mourut cent jours après. Son frère cadet Siouen-ouang-yun“ lui succéda. Ce (Siouen-ouang)-yun était un

438 i. été parlé plus haut. Deguignes nomme 139 JIA + M). ce prince Ouang-lien, ayant pris sans

ela Ÿ % 40 FI L i. Le même dont il a doute par mégarde le caractère Hi

prince vertueux et sage, protecteur des lettres, plein de droiture et persévérant dans le bien. Quand des marchands lui apportaient des livres, il se parait de ses plus beaux habits et brûlait des parfums avant de les recevoir. La huitième année youen-fong (1085), il envoya son frère Seng-tong*'! visiter la Cour, offrant des images pieuses et des livres de prière, et sollicitant des instructions sur la doctrine de Bouddha. Il envoya aussi des ambassadeurs pour assister aux obsèques de l’empereur Chin-tsong, et pour complimenter l'empereur Tchi-tsong sur son avènement #?. Comme il exprimait, à cette occasion, le désir d'acquérir les ouvrages intitulés Hing-faouen-chou 5, Tai-ping-yu-lan** et Ouen-youen-yng-hoa*, l’Em-

pour celui que présente notre texte et

qui se trouve dans deux éditions confor-

mes de Ma-touan-lin, ou bien ayant Y hi

trouvé ce caractère ji dans l’auteur

qu'il a consulté.

A 18 fi. Le plus souvent le carac-

tère 18 seng n'est qu'un titre qualificatif, placé devant le nom propre d'un prêtre bouddhiste. Peut-être n’a-t-il ici que cette même valeur. Toutefois, la dénomination Seng-tong, n'ayant que deux syllabes, me laisse un doute que je n'ai pas voulu trancher.

442 L'an 1086.

va HU JE 3 È Trai dele.

gislation pénale.

44 K 7 af: he Immense ency-

clopédie, commencée l'an 977 par ordre de l'empereur Taï-tsong, sous la direction de Li-fang, et terminée l’an 083. Elle ne

comprend pas moins de mille volumes

divisés en cinquante-deux sections, et

donnant l'indication de mille six cent quatre-vingt-dix ouvrages qui ont été consultés pour sa rédaction. L'édition originale est devenue d'une extrême rareté, mais il en existe deux réimpressions, l'une de 1572 et l'autre de 1812.

445 Compilation d’une étendue pareille à celle de l'encyclopédie Taï-ping-yu-lan, également publiée sous les auspices de

Taï-tsong, l'an 987. Elle renferme des

pereur ordonna qu'on lui remît seulement le dernier de ces ouvrages, tout en le rénumérant largement des présents qu'il avait offerts, au moyen de très-belles soieries, de chevaux de prix et d’une certaine quantité d’or.

(Ouang)-yun étant mort après quatre ans de règne, eut pour successeur son fils Hoai-o0uang-ya0** qui ne tarda pas lui-même à mourir, et fut remplacé sur le trône par son oncle Hi prince de Kilin#1, Les ambassades coréennes cessèrent alors, pendant plusieurs années, de se montrer à la courts.

La quatrième année youen-yeou (189), le fils du roi régnant nommé Y-tien*® envoya un bonze appelé Cheou-kiaï" à la ville de Hang-tcheou “!, afin de sacrifier dans un temple de cette ville et d'y réclamer, au nom de la reine-mère, deux tours d'or auxquelles la longévité de deux concubines royales était attachée. Le préfet de Hang-tcheou crut devoir en référer à l'Empereur, qui défendit de laisser enlever ces objets de piété.

Le roi de Kao-li changea son nom de Hi en celui de Yong!®, pour éviter de porter le nom d’un souverain défunt du Leao. Il était extrêmement avare et savait extorquer beaucoup d’argent aux

spécimens de tous les styles et de tous les genres de compositions littéraires, depuis l'époque de la dynastie des Léang, c’estä-dire depuis le commencement du vi siècle.

446 FE + AI Une édition de Ma-

touan-lin écrit à tort À, au lieu de + .

so LE A Kb.

448 Parce que les rois de Kao-li étaient

retombés sous la domination de Xi-tan.

I) 451 Capitale de la province du Tche-

kiang.

RESI

négociants. Quand un personnage riche avait commis quelque violation des lois, il le faisait charger de chaînes jusqu’à ce qu'il eût payé une forte rançon. Même pour les simples délits, il exigeait un certain poids d'argent. .

La cinquième année Youen-Yeou (1090), ce prince envoya des ambassadeurs à qui l'Empereur donna, pour leur souverain, divers objets précieux d’une valeur de cinq mille faëls. La septième de ces mêmes annécs (1092), de nouveaux ambassadeurs du Kao-li se présentèrent à la cour, offrant un exemplaire de l'ouvrage intitulé Hoang-ti-tching-king* et demandant qu'il leur fut permis d'acheter un très-grand nombre de livres. Sou-chi, l’un des hauts fonctionnaires du ministère des rites, s'opposa vivement à ce que cette autorisation fut accordée. « Les visites du Kao-li » dit-il « ne sont- d'aucune utilité pour l’Empire, et présentent au contraire cinq sortes de graves inconvénients. Voici maintenant que ce royaume étranger veut se procurer tous nos livres, et prétend acheter aussi une énorme quantité de feuilles d’or4, J'estime qu'on doit répondre à cette double demande par un double refus. » L'Empereur autorisa l'exportation des feuilles d’or et limita les achats de livres au seul ouvrage 7se-fou-youen-kouei*®,

Au milieu des années youen-fou (1098-1101), les représentants

433 A Ti 5971 fa Litt. : le Livre 455 M hi za su Encore une

de l'acuponcture de Hoang-ti. Cet ou- encyclopédie en mille volumes. Celle-là

vrage ne figure pas dans les catalogues de renferme tout ce qui a trait à l'économie

Wylie. | politique depuis la haute antiquité. Elle

451 Feuilles d'or battu à l'usage des do- parut pour la première fois en 1013,et a

reurs. été réimprimée en 1642.

du Kao-li, chargés d'apporter le tribut, firent voir qu'ils étaient des lettrés de premier ordre. D’autres envoyés du même pays vinrent assister aux funérailles de Tchi-tsong et saluer l'empereur Hoeï-tsong qui lui succédait. Le nouvel empereur décida qu’une mission chinoise irait assurer le roi coréen de sa bienveillance ; elle eut pour chefs Lieou-koueï et Ou-chi, qui partirent la seconde année fsong-ning (1103), avec le titre d'ambassadeurs.

Yong étant mort eut pour successeur son fils Yw 5. Le Kao-li continua d'envoyer périodiquement le tribut. Cinq lettrés coréens, dont l'un s'appelait King-chowui, entrèrent au collége impérial, afin de se perfectionner dans leurs études; ils eurent pour maîtres les savants les plus renommés.

Au milieu des années tching-ho (1111-1117), l'Empereur recut les représentants du Kao-li avec des distinctions inusitées, leur donnant la préséance sur ceux de Hia** et leur faisant prendre rang avec ceux de Leao. Il conféra un titre élevé au premier ambassadeur, l’invita à dîner au palais de Joui-mo-tien*$ et le traita suivant les rites du cérémonial le plus honorifique.

Le roi Yu mourut à la quatrième année siouen-ho (1122). Les lois de succession, observées jusqu'alors dans le royaume de Kao-li, voulaient que le frère puîné prit la place de son frère aîné. Cette fois tous les frères cadets du roi défunt se disputèrent le trône. Le ministre coréen Li-tse-chin fit proclamer le fils deYu nommé Kiaî 15? et vint annoncer son avènement à la cour, en priant l'Empereur

at I LA 456 Tk. Deguignes appelle ce prince 158 PF SiR] HZ. Le palais des bons (Ouang)-gou. conseils.

457 Voir plus haut, note 427. 459 } Di.

d'envoyer des médecins au nouveau souverain. Deux médecins se

rendirent en Corée par ordre impérial ; ils y séjournèrent deux ans,

et quand ils prirent congé du Roi pour revenir à la Chine, le Roi

leur tint ce discours : « J’ai appris que les ministres de votre empire

se proposent de déclarer prochainement la guerre au Leao. Le

Leao est un frère qui peut défendre vos frontières, tandis que les

Niu-tche sont des loups et des tigres, avec lesquels on ne saurait nouer aucun lien d'amitié. Aussitôt que vous serez de retour, je

vous prie d’éveiller la sollicitude de l'Empereur à cet égard #0. »

460 Les Niu-tche venaient de fonder l'empire des Xin et devaient bientôt démembrer l’empire des Song, après avoir anéanti celui du Leao. Ces avertissements du roi de Kao-li étaient donc une véritable prophétie, et c'est pour montrer la sagesse de ce prince étranger que Matouan-lin prend soin de les relater. Nous avons eu déjà l'occasion de parler incidemment des Niu-tche (note 351) auxquels Ma-touan-lin consacrera plus loin une notice très-étendue. Le rôle qu'ils ont Joué dans les événements de la Corée, rapportés ci-après, donne ici de l'intérêt a la note suivante, insérée par le P. du Halde dans son grand ouvrage sur la Chine. On y voit aussi la difficulté que présente l'identification des dénomina-

tions chinoises, si souvent modifiées.

« Les Niu-tche, dit le P. du Halde, s'appelaient anciennement Sou-chin, c'est-àdire du temps de Ou-ouang, et auparavant sous les Han, ils prirent le nom de Yieou (y-leou). Sous les Oueï, celui de Ukii. Sous les Soui, ils furent nommés Mo-ko. Sous les Tang postérieurs, ils commencèrent à avoir le nom de Niu-tchin. Les Song changèrent la désinence de tchin en celle tche, parce que tchin était le nom d'un empereur tartare de la dynastie des Leao.

Au reste, ce n’est pas à dire que ces différents noms aient été communs à tous les peuples qui habitaient ce vaste espace de terres qui est compris entre les fleuves Hoen-tong-kiang et He-long-kiang, la Corée et la mer orientale, comme il est aujourd'hui parmi les Chinois : c'étaient

apparemment des noms que se donnaient

L'empereur King-tsong ayant hérité de l'Empire (1126), une ambassade coréenne envoyée pour le complimenter débarqua dans le port de Ming-tcheou. Quand l'avis en fut transmis à la cour, le fonctionnaire yu-chif! appelé Hou-chun-chi engagea l'Empereur à ne pas lui permettre d'aller plus loin. « Depuis cinquante ans, dit:l, le Kao-li ne cesse de nous causer des embarras et de nous imposer de lourdes charges. Ses envoyés, qui reparaissent chaque année, troublent les populations des provinces qu'ils traversent. Jadis le royaume de Kao-li relevait de celui des Ki-tan; il est certainement aujourd'hui sous la dépendance des Kin, et qui sait s’il n’est point chargé par eux d'observer ce qui se passe dans notre intérieur ? » Cette observation frappa l'Empereur. Il donna l'ordre de retenir les Coréens à Ming-tcheou, sans refuser pourtant les présents qu'ils apportaient ct, l'année suivante, ces étrangers s'en retournèrent dans leur pays.

Depuis le règne du roi Hoeï, tout en continuant de rendre hommage à la cour de Chine, le souverain du Kao-li recevait aussi l'investiture que lui donnait le roi des Ki-tan; il avait même adopté

les peuples dominants dans cette contrée. tie des Tang. Les Leao les subjuguèrent

C'est ainsi qu'ils sc peuvent aujourd'hui appeler Mantcheous, quoique. dans le sens propre, ce nom ne convienne qu'à une nation peu nombreuse de ce pays là.

C'est ainsi parcillement que les Mo-ko, qui y établirent un puissant état, lui donnèrent le nom de lo-haï, et furent créés

rois par Joui-tsong, empereur de la dynas-

aussitôt. Enfin, les noms de pays, de villes et de monarchies changent, à la Chine et dans la Tartarie orientale au gré des princes. Ainsi on ne doit pas être surpris si les habitants du même pays se trouvent avoir des noms si différents. »

461 fil pi J'u-chi ou yu-sse, historiographe impérial.

son calendrier i®. Il offrait le tribut à ce prince jusqu'à six fois par an, et lui adressait continuellement des demandes de toute sorte. On entendait souvent dire, à la Chine : Le Kao-li est notre vassal ; pourquoi donc ses envoyés sont-ils comblés de si grands honneurs à notre cour ? Les représentants du Leao qui se rendent à la cour de Corée s'installent orgueilleusement dans le palais, où les premiers ministres leur tiennent compagnie, et la plus légère irrévérence à leur égard est aussitôt punie avec une extrême sévérité. Nos représentants, au contraire, ne semblent inspirer d'autre intérêt que celui des dons que l’on espère tirer de leur munifiscence en venant les visiter. On eut connaissance de l’une des lettres adressées par le roi du Kao-li au prince des Ki-tan. Cette lettre se terminait ainsi : « Nous ne rendons hommage à la Chine que tous les trois aris, tandis que six fois dans l’année nous offrons le tribut à votre grand royaume. » C'était une façon de s’excuser des visites qu ils nous faisaient, ce que les Ki-tan comprirent en leur permettant de les continuer.

Le Kao-li est borné au nord-ouest ‘8 par le pays des Ki-tan ; la frontière est marquée par le cours du fleuve Ya-lo-kiang. A l’est, il est baigné par une mer dont l’eau est si transparente que le regard y pénètre jusqu’à cent pieds de profondeur. Au sud-ouest, ses rivages font face à ceux de l’Empire où se trouve situé le port de Mingtcheou. De ce côté, les eaux de la mer sont claires et bleues {5,

462 L'adoption du calendrier d'un em- 463 Le texte dit au sud-ouest, erreur pire était une reconnaissance de sa suze- manifeste qui doit résulter d'une faute raineté. Cet usage remontait à la plus d'impression. haute antiquité, ainsi qu'on le voit aux %1L’indication de ces limites précise

premiers chapitres du Chou-king. l'époque à laquelle appartient la des-

Le Roi réside dans la ville de Kai-tching-fou'®, de la princi-

pauté de Cho-moi, province de Kai-tcheou*®, Le palais, entouré

d'une enceinte fortifiée, est adossé à une haute montagne que les

Coréens nomment Chin-kaof8. Les maisons de la ville sont pres-

que toutes recouvertes en paille ; à peine en est-il douze recouver-

tes en tuiles et construites à deux étages.

Sur le territoire du royaume conquis de Sin-lo, ils ont établi la

province de Tong-tcheou, en donnant à la ville de Lo-lang-fou

cription ethnographique qui vient après.

Déjà nous avons vu plusieurs descriptions analogues du Kao-li, à différentes phases de son histoire. Ma-touan-lin continue de classer chronologiquement les docu-

ments qu'il a recueillis de tout côtés.

us FA EX Ar.

467 BH Hi Nous rencontrons ici les

premiers éléments d'une énigme géographique sur laquelle nous aurons à revenir plus loin, à propos de l'itinéraire suivi par les Chinois qui se rendaient à la capitale du Kao-li. Les cartes de Klaproth nous montrent Aai-tcheou, capitale de la Corée à cette époque, au sud-est de l’ancienne capitale appelée Ping-jang ou Ouang-hien, tandis que la géographie chinoise To-sse-fang-yu indique bien une

ville de Æaï à cet emplacement, mais en

place une autre avec la même orthographe BA, aux frontières septentrionales du Kao-li, où elle indique également le territoire de Cho-mo, près des sources d'un fleuve coulant entre le Ya-lo-kiang et le Taï-tong-tang (ou Pai-chout) et parallèlement à ces deux cours d'eau, lequel fleuve pourrait bien être le Li-tchingkiang, mentionné ci-après.

468 fr n. Litt. : élévation céleste.

Dans l'Aperçu général des trois royaumes, cette montagne est appelée Hienkou ou Song-yo. M. de Rosny la nomme Chin-song-chan (la montagne des pins), dans son Essai sur l'histoire et la géographie de-la Corée; mais l’exacte détermination de son emplacement demeure soumise aux doutes indiquées dans la

note précédente.

wi M.

le nom de 7ong-king (ou capitale de l’Est) 4, et sur le territoire de l’ancien royaume de Pe-isi, ils ont établi la principauté de Kinmal, province de Kin-tcheou*", en donnant à sa ville principale le nom de Nan-king*"* (capitale du Sud). Enfin, la partie méridionale du territoire de Ping-jang est devenue la province de 7'chintcheou*", dont la ville principale a reçu le nom de Si-king 15 (capitale de l'Ouest), et cette dernière ville étant la plus considérable

gouverne les autres. Le royaume renferme en tout trois capitales, quatre fou“, huit mou-kiun #7, cent dix-huit Aien*"8, trois cent quatre-vingt-dix fcheou-tao*?, trois mille sept cents kiun 490.

470 Cette assertion est-tellement étrange que sans mon respect pour le texte que je traduis, j’hésiterais à la mentionner. La ville de Lo-lang, autrement Ouang-kien, Ping-jang, etc. (voir note 25, p. 11), n'a jamais fait partie du Sin-lo, qui ne s'est jamais étendu jusqu’au fleuve Pai-choui.

Nous voyons d'ailleurs, un peu plus loin, que cette ville même de Lo-lang (ou Ping-jang) reçut le nom de Si-king (capitale occidentale). Il doit donc y avoir ici une grosse erreur de copiste, dont la rectification pourrait nous être fournie par la carte de Corée placée dans l'ouvrage chinois To-sse-fang-yu. La ville de Tongking y figure au sud-est de la presqu'ile,

sur l’ancien territoire du Sin-lo, avec

indication que cette ville s'appelait pré-

cédemment Fa EH FF Tong-liang

fou, et la ressemblance entre les carac- % tères À | lang et R liang n'échap-

pera pas.

477 FX HP. Suivant Klaproth : gran-

des préfectures.

GF 418 Fia arrondissements.

co 8.

48 FP. Voir la note 8, page 4. Il pa-

raît difficile de traduire ici ce caractère

Les petites villes ne renferment guères que cent familles. La population du royaume entier ne s'élève pas à plus de deux millions et cent mille bouches, y compris les militaires et les religieux.

Le climat est froid ; le sol est montagneux, les pins et les cyprès y croissent avec vigueur. Les habitants cultivent une espèce de riz appelé Xeng*8!, du millet, du chanvre et du blé, mais non point de sorgho. Ils se servent du riz keng pour faire une boisson fermentée. Ils élèvent peu de vers-à-soie; aussi les soieries sont-elles chez eux d’un grand prix, et la population ne porte-t-elle généralement que des vêtements de chanvre. Une pièce de soie kien se paie jusqu'à dix taëls'#.

Le Roi sort dans une voiture tirée par des bœufs. Il monte à cheval, vêtu d’un habit de couleur pourpre foncé, lorsqu'il faut traverser dans les montagnes quelques passages dangereux. Ses gardes se tiennent près de sa personne, prêts à lui porter secours.

Les édits ou décrets royaux sont appelés kiao'f et siouen**. Les hauts mandarins, comme les gens du peuple, appellent le Roi ching-chang** quand ils parlent de lui, et yen kong!89, s'ils lui

par le mot principauté, dont il a pourtant l'égard de la traduction que j'ai cru pou-

le sens un peu plus haut, Tout ce para- voir en donner.

graphe demeure obscur, malgré la sim- 8! FL plicité apparente des phrases qui le com- 482 Le taël représente une once d'argent. posent, et cela en raison des variantes de 483 44 Instructions. . . , . oa .

sa ponctuation, comme aussi de l’ambi- 184 El. Proclamations.

guité des termes fcheou, fou, kiun, etc. Je 485 Bu È. Le supérieur sacré.

Lis] fais donc humblement toutes réserves à 486 Di: À. Majestueux seigneur.

adressent la parole. Pour désigner la Reine, ils disent kong tchu'*". A tous les mandarins on donne l’appellation honorifique kiai-hiunkong-tchin**8. Plusieurs d’entre eux ont des attributions analogues à celles des nôtres. Immédiatement après la charge de yu-chi-taî!8, vient celle de grand écuyer. Les fonctionnaires accusés d’avoir violé la loi sont cités à comparaître devant le Roi lui-même. Les quatre familles Lieou'®, Tsouii%, Kini® et Li'9 forment une noblesse héréditaire. Les lettrés qui en font partie s'appuient sur leur naissance pour obtenir de l’avancement. Un noble qui n'a pas d'emploi envoie ses fils à la cour, et le Roi prend soin de les placer parmi ses gardes ou ses assistants.

Tous les ans, le premier jour de la douzième lune, le Roi donne audience dans le pavillon 7se-men-siao-tien** et assiste au compte que les fonctionnaires des différents ordres viennent rendre de leur gestion à son ministre d'Etat.

Les Coréens ont, comme nous, des colléges de hautes études‘%, Six mille élèves y reçoivent des lecons. Les étudiants qui

487 A +. 494 Hi.

sb RI I Ea. wu .

489 Le yu-chi-tai ou yu-sse-taï remplit 493 x.

a la fois les fonctions d'historiographe et 494 Le PH JP HET. Petit palais des

de censeur. Accompagnant le souverain portes violettes.

dans ses voyages, il prend note de tous 495 Litt. : ont leurs colléges Aue-tse-

ses actes, et doit faire des représentations kien et Sse-men-hio. On a parlé déjà du

s’il ne les juge pas conformes à l'équité. Koue-tse-kien. Le Sse-men-hio était éga- 490 Fin. | lement un collége de hautes études.

prennent des grades se divisent en trois classes, ceux de la capitale, appelés ouang-kong*®, ceux des provinces appelés hiang-kong 49 et ceux des royaumes étrangers appelés pin-kong!*. Ils passent d'abord, au lieu de leur résidence, un examen qui a lieu tous les deux ans; ensuite 1ls subissent une seconde épreuve dans les colléges de l'Etat, où le nombre des candidats reçus n'excède pas généralement trente à quarante. Enfin, il est un examen supérieur, que le Roi préside en personne; il porte sur les trois genres de composition chi%, fou" et lun’! et se nomme lien-tsien-tchong-chi°"?. Des concours purement littéraires sont, en outre, institués pour les lettrés qui ont acquis déjà le titre de licencié. Les lettrés toréens aiment beaucoup la musique; mais ils approfondissent peu nos livres canoniques.

La capitale du Kao-li renferme quelques centaines de Chinois, la plupart de la province du Fo-kien et venue en Corée sur des bateaux marchands. Leurs connaissances et leur capacité leur ont fait offrir de gros traitements, qui les ont fixés tout d’abord. Plus tard, certains d’entre eux ont été retenus de vive force. Chaque fois qu'une ambassade chinoise arrive, elle recoit les placets de quelques-uns de ses nationaux se plaignant de semblables violences

et elle prend soin de les rapatrier.

496 + El . 50! Dissertation en prose.

497 SAI} E. 502 HE BI HI Dn. Examen réi- 198 = E. téré devant les rideaux, c'est-à-dire de-

499 V'érsification, poésie. vant l’estrade tendue de rideaux de soie,

#0 Sorte de pome descriptif. où le Roi est assis.

Tous les mandarins du Kao-li sont payés en grains, c’est-àdire en riz. On leur accorde aussi des concessions de terres qui font retour à l’Etat, après leur mort. Les terres labourables ne sont, d’ailleurs, la propriété particulière de personne. Chaque famille, suivant le nombre de ses bouches, est mise en possession d'un champ plus ou moins grand. A seize ans, tout jeune homme est soldat. Six corps de troupes et trois cantonnements sont entretenus continuellement dans chaque circonscription territoriale appelée kouan-fou®. Tous les trois ans les garnisons en sont changées, et les postes placés aux frontières du nord-ouest sont relevés tous les six mois. S'il faut combattre, les soldats coréens le font avec la plus grande bravoure; ensuite, ils reviennent cultiver leurs champs. Le Roi lui-méme a des terrains dont le revenu doit suffire à ses dépenses privées. La Reine-mère, la Reine et le prince héritier reçoivent en apanage des domaines appelés fang-mo-tien 4.

wr fr.

su }}} ] À E. Lite. : champs du la-

vage de tête. L'étymologie de cette expression singulière, que je crois avoir rendue assez exactement par celle de champs reçus en apanage, ressort d'un rapprochement entre deux explications fournies, l’une par l'encyclopédie Youenhio-kou-sse, l'autre par le dictionnaire Peï-ouen-yun-fou. Dans le premier de ces deux ouvrages, il est dit que, du troisième

au neuvième jour de la naissance d'un

enfant, l'usage est de lui laver la tête (mo) avec une décoction d'herbes aromatiques (tang), ce qui est l’occasion d'une fête de famille et, dans le Peï-ouan-yun-fou,on lit qu'autrefois tous les princes feudataires et l'Empereur lui-même possédaient en propre, dès leur enfance, une ville dont les impôts devaient subvenir plus tard à leurs dépenses privées, laquelle ville était surnommée ville de Tang-mo (Tang-mo y), évidemment

parce que l'attribution

en était faite aux jeunes princes, le

Les hauts fonctionnaires, aussi bien que les gens du peuple, s'occupent personnellement d'écouler leurs produits et d'en tirer le meilleur parti possible. Le marché se tient à midi. Le riz et les étoffes remplacent la monnaic dans les transactions.

Le sol de la Corée fournit du cuivre, mais les Coréens ont ignoré longtemps la manière de traiter ce métal pour fabriquer la menue monnaie. Ils gardent dans leur trésor, comme un objet de curiosité, celle qui leur est venue de la Chine en de certaines occasions. Ce fut seulement dans les années tsong-ming (1102- 1106) qu'ils commencèrent à fondre des sapèques. Ils en ont maintenant de trois espèces : hai-fong-tong-pao, haï-tong-tchong-pao et san-han-tong-pao*®. L'usage, toutefois, en est encore peu répandu. Leurs armes ne sont pas bonnes ; leurs arbalètes manquent de force et leurs sabres sont trop légers. Le bouddhisme est chez eux en grande faveur ; parmi leurs princes de sang, il s'en trouve presque toujours un qui revêt l’habit de bonze. Ils croient fermement aux

démons, ainsi qu'aux principes du yn et du yang*®. Ils ne pren-

jour où la cérémonie du Tang-mo s'accomplissait pour eux. Que les membres de la famille royale coréenne recussent ou non, dès le moment de leur naissance, l'assignation de ces champs appelés Tangmo-tien, on comprend donc aisément l’analogie des deux locutions.

» +." ) » = a = ND, E + acer Mg o —. Ù i E, — KE AE PI, dior

naie courante de l'orient de la mer: mon-

naie lourde de l'orient de la mer, et monnaie courante des troit Han. Les légendes tong-pao et tchong-pao, monnaie courante et monnaie lourde (c'est-à-dire, pièce forte qui en vaut plusieurs autres) sont imitées des monnaies chinoises, sur lesquelles elles figurent depuis les premiers

siècles de notre ère.

56 Voir plus haut, note 418.

nent point de médicaments dans leurs maladies, mais ils poussent de longs gémissements. Ils ne visitent pas leurs parents malades. Ils enterrent leurs morts sans cercueil, et les cadavres des pauvres sont même abandonnés säns sépulture dans les lieux incultes. Chaque année, à la première lune ®9, ils offrent des sacrifices au Ciel. A l’orient de leur royaume, il existe un antre appelé Souichin°*, dans lequel on offre aussi des sacrifices le quinzième jour de la dixième lune, jour désigné sous le nom de pa-kouan-tchai®%. Cette dernière féte se célèbre avec beaucoup de pompe. Le Roi se place sur une estrade, accompägné de ses femmes. On fait de la musique et de grands festins. Les marchands disposent des tentures où les pièces de soie /o5!° se rejoignent par centaines; c’est pour eux une occasion de montrer leurs richesses. Tous les trois ans, un sacrifice solennel a lieu simultanément sur tous les points du

— #7 Le texte dit E FT A kien-

lin avait dit que les Coréens les offraient

ise youe, c'est-à-dire à la lune kien-tse qui est la première lune. Les Chinois appellent H EE youe-kien (mansions lunaires) les douze points où la lune entre en conjonction avec le soleil, dans chacun des douze mois de l’année, et désignent ces douze points par les signes ou caractères du cycle duodenaire, dont le pre- — mier est JT. En parlant de sacrifices au Ciel, dans un tableau de mœurs d’une au-

tre époque (ci-dessus, p. 150) Ma-touan-

à la dixième lune.

308 PF TH. Génie souterrain. Il a été fait mention de cet antre appelé Souichin, ci-dessus p. 150, où il est écrit FH au lieu de dI, erreur assez fréquente, d'ailleurs, dans les textes chinois.

509 À Ba Fe Litt.: le jeûne de Pa-kouan, ou des huit clôtures.

TILÌ . .

510 KH. A kind of silk, woven like

ganze, used for dresses (W. Williams).

royaume. Une contribution spéciale, à laquelle prennent part le Roi et ses ministres, fournit aux dépenses des cérémonies. Le temple des ancêtres est situé en dehors des portes de la capitale. Les hauts dignitaires s’y rendent avec des chars, des habits de cérémonie, le bonnet mien ‘ii et la tablette koueï°!?, à l’heure où le grand sacrifice s'accomplit. La ville royale a renfermé soixante-dix temples bouddhistes avant de posséder un seul temple consacré au culte de la religion de Lao-tse. Le premier qu'on y éleva fut celui du monastère de Fou-youen-youen®!3, construit dans les années

ta-kouan (1107-1110), peu après l'arrivée d'une mission de bonzes tao-sse venus de la Chine. Bientôt, il est vrai, ces bonzes eurent formé d'assez nombreux prosélytes pour que leur secte comptàt jusqu'à dix ordres religieux.

Les Coréens entendent généralement fort peu de chose à la médecine. A peine quelques-uns d'entr'eux ont-ils commencé à étudier cette science, depuis l’époque où le roi Yu ‘!! appela chez lui des médecins chinois. Ces étrangers n'ont point d’os saillant à la . partie postérieure du cràne?! ; leur tête est de forme ronde. Au lieu

Di Va, Suivant Morrison : « A kind of crown worn by the Emperor and inferior Princes in ancient times. The top part appears like a flat board laid on the head with pearls or gems strung on silk, and suspended in regular rows, before behind. The difference of rank was marked by the number of gems. »

512 £, sorte de sceptre, en jade ou

ou autre pierre fine, que les princes et les grands dignitaires tenaient à la main, comme une marque de leur autorité.

343 ik ] Gi Pr. Le couvent de la source du bonheur.

514 Ci-dessus, note 456.

ss A =] WE HE Fr. Laitt. :

« La tête de ces hommes n'a pas l'os (ap-

pelé) tchin-ko.» Cet os devait être sail-

de bonnet, ils portent une sorte de turban formé de bandes d’étoffe enroulées, qui rappellent la coiffure des Chinois sous la dynastie des Tang. Les femmes mariées nouent leurs cheveux du milieu au sommet de la tête et les rejettent sur l'épaule droite, le reste des cheveux tombant naturellement. La touffe de cheveux qu'elles nouent est attachée avec de la soie rouge, et traversée par une grande aiguille. Leurs jupes sont garnies de hautes bordures, d’autant plus estimées qu’elles sont plus chargées d’ornements. Il est permis aux jeunes gens des deux sexes de se rechercher eux-mêmes en mariage. Durant l'été, ils se baignent ensemble dans les rivières. Les femmes n'ont point d'autre manière de saluer que leshommes; il en est de même des bonzes et les bonzesses.

La musique du Kao-li est très-inférieure à la nôtre. Elle manque des instruments qui tirent leur son du métal et de la pierre. Depuis l'introduction de l'harmonie chinoise dans leur pays, les Coréens distinguent deux sortes de musiques, qu'ils nomment la musique de gauche ou bien encore tang-yo'5, c'est-à-dire musique chinoise, et la musique de droite, ou bien encore kiang-y0!7, qui est leur ancienne musique nationale.

Ils quittent leurs chaussures avant d'entrer dans la salle d’honneur, quand ils sont invités à un diner d’apparat. Ils marchent sur

lant, suivant notre contexte, puisque deux oreilles. Ce détail anthropologique l'auteur ajoute # ki {ll «tousont m'a paru mériter un éclaircissement.

la tête d’une forme ronde applatie.» Dans 516 Fr 484 a Musique (de la dynasun ouvrage de médecine chinoise que je tie) des Tang. »

possède, une planche nous montre l'os 317 Sep 44 « Musique du pays. »

tchin-ko à l'occiput, exactement entre les

les genoux pour s'approcher d’un supérieur; ils fléchissent également le genou pour inviter un hôte, et l'hôte invité accepte en prononçant simplement le mot owue??!8. Ils rendent toujours un salut ; le père, salué par son fils, ne laisse pas de rendre lui-même une demi-salutation. Leur naturel est doux et humain. Ils éprouvent une grande répugnance à donner la mort et ne tuent point les animaux à la manière des bouchers. S'ils veulent manger un mouton ou un porc, ils l'’enveloppent d'herbes aromatiques et le font rôtir ainsi!®, Ils n'ont point de supplices cruels; les rebelles et les fils coupables d’avoir maudit leur père ou leur mère subissent la décapitation simple ; tous les autres criminels sont punis seulement par la bastonnade sur les côtes. Ceux qui ont été condamnés à mort dans les provinces sont envoyés à la ville royale, où chaque année à la huitième lune, il est fait une révision de toutes les condamna-

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