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| fade royaume des 7'eou-mo-leou est situé à mille Zi au nord du pays des Ou-ki. C'est l’ancien Fou-yu (du nord). Il est à
l'orient de Chi leou et s'étend (vers l’orient) jusqu’à la mer‘. En
1 Les mots placés ici entre parenthèses ne figurent pas dans le texte du Ouenhien-tong-kao, mais se trouvent dans une ancienne histoire des peuples du Nord à laquelle Ma-touan-lin a évidemment emprunté ce passage, en l’abrégeant encore malgré son extrême concision ; il m'a paru qu'il ne serait pas inutile pour nous de les restituer (voir le Peï-ouen-yur-fou, 26 hia, 132). Klaproth consacre six lignes à ce peuple dans ses Tableaux de l'Asie;
il nomme Teou-mou-liu ou Thou-mo-liu,
localise la région qu'il habitait au versant:
oriental des monts Si-ko-ta, dans le pays
des Mantchoux de nos jours, et reproduisant la phrase initiale de cette notice (d’après le texte de Ma-touan-lin), voit dans les mots Æ HW Chi leou le nom d'un autre peuple, voisin des Teou-moleou. Cette version me paraît très-douteuse, parce qu'il n’est fait ailleurs aucune mention d'un peuple désigné par ces deux
caractères Æ LA qui sont précisé-
ment les noms de deux constellations du
carré, son étendue surpasse 2000 /i. Les habitants de ce royaume vivent moins simplement que beaucoup d’autres barbares. Ils ont des maisons et des greniers. Les territoires qu'ils occupent renferment des montagnes, des collines, de grands lacs et aussi de vastes plaines où croissent les cinq céréales, mais qui ne produisent pas les cinq sortes de fruits. Les hommes sont grands et robustes, courageux, probes et réservés. Ils ne se livrent pas au brigandage. Leur roi désigne ses mandarins par les noms des six animaux domestiques?. Les villes et les villages ont des chefs appelés a0-choui*. Les vases dont ces étrangers font usage pour leurs repas sont de la forme de ceux qu'on nomme à la Chine fsou-teou*. Ils portent des vêtements en toile de chanvre; leur costume est pareil à celui des Coréens, à l'exception du bonnet qui est plus haut. Sur ce bonnet les chefs placent, comme marques distinctives, des ornements d’or et d'argent. Les supplices en vigueur sont très-sévères. Les meurtriers subissent la peine capitale et toute leur famille est réduite en servitude. Le naturel de ce peuple est à la fois luxurieux et féroce. Les femmes vicieuses ou jalouses sont mises à mort, et leurs cadavres sont abandonnés sans sépulture dans les montagnes du midi*.
zodiaque chinois. Je laisserai donc, momentanément du moins, un point d'interrogation sur ce détail dont l’importance est médiocre. Quant aux DI E Qu-ki ou Vou-ki, ce sont les mémes que les Moho, Mo-ho ou Mou-ki, dont il a été parlé plus haut, page 165, note 111.
2 Cette coutume bizarre a été mention-
née déjà, page 42, dans la description des mœurs et usages du Fou- yu.
3 a Il hao-choui ou hao-tsoui, litt. chefs forts.
4 Ci-dessus, p. 42, note 9.
$ Voir ci-dessus la note 14, p. 43. Tous ces details sur les mœurs du Teou-mo-leou
ne sont, en quelque sorte, qu'une répéti-
THEOU-MO-LEOU.
Quelques auteurs disent que ce royaume fut le berceau des
Ouci-me*.
tion abrégée de ce qui a été rapporté plus haut à l’égard des mœurs du Fou-j-u; mais la manière dont ce dernier passage est amené, sans être précédé d'aucune mention relative aux adultères, semble bien indiquer que le caraètère Ut , synonyme de yi signifiant parfois envieux, envie et plus particulièrement uxoris gelotypia, doit être pris ici dans ce dernier sens, la jalousie qui trouble un ménage polygame étant considérée par ces barbares comme
DI
un crime à réprimer avec une extréme rigueur. J'ai donc cru pouvoir modifier légèrement la traduction que j'avais don-
née, à l’article Fou-yu, des deux carac-
tères HH fi. Le tome I du diction-
naire de Morrison par ordre de clefs ren-
ferme, au mot i) 1 un paragraphe inté-
ressant à citer pour l'éclaircissement du
texte si concis de Ma-touan-lin : « The « tvrants of the female sex in China are « induced by their system of polygamy « to write and talk much against the vice
« of envy in wives, who see concubines
« prefered to themselves, by their husb-
u ands. Grave moral writers adopt the « same strain; thus a wife who sees st + mi E MRI TR re . H I} her husband's affec-
« tions set upon a slave girl, or a concu-
« bine, without envy or illtreating the « parties, has merit to be rated at two « hundred, in the scale of virtues and « vices. (7seuen-jin-keu-kwo.) »
Chez les Chinois de nos jours, la jalousie de la femme est une des six causes de divorce.
6 Ci-dessus, page 16.
ta)
ous les rois du Pe-tsi descendaient en droite ligne de ce
Tcheou-taï qui visita la Chine sous les Han; ils descen-
daient par conséquent des rois de Fou-yu. Les Ma-han formaient
originairement cinquante-quatre royaumes?, parmi lesquels était
celui de Pe-tsi, ainsi nommé à cause du grand nombre de familles
qui le peuplaient*. Sa puissance alla croissant peu à peu; il s’ag-
‘ Abréviation du nom de Oueï-tcheoutai (voir ci-dessus, p. 44). Ma-touan-lin écrit ici IH à. mais le caractère {IL n'est qu'une variante de a qui s'écrit aussi Effe
2La nomenclature de ces royaumes a
été donnée ci-dessus, page 26. On a dit
aussi que par le mot royaume (koue), les Chinois entendaient toute espèce d'états indépendants, grands ou petits.
:DARBARA ] Pu Y pe kia tsi yng hao Pe-tsi. Cette étymologie prouve une fois de plus l'in-
fluence de la langue chinoise dans l'ex-
grandit aux dépens de ses voisins et finit par absorber tous les autres petits royaumes. Quand les Tcin firent la conquête du Kiu-lii et s'emparèrent du Leao-tong, le Pe-tsi, de son côté, s'empara d'une partie du Leao-si®. C’est à partir de cette époque qu'il commença à s'étendre dans le pays des Ma-han, jusqu'à l’occuper tout entier. De l’orient à l'occident, la largeur du Pe-tsi était de 400 li; du midi au nord, sa longueur était de 900 /i. Il avait pour frontière du nord les territoires du Kao-li ; la mer le bornait à l’occident et le royaume de Sin-lo était à son midi.
Dans la mer qui baigne les côtes occidento-méridionales de ce royaume, sont trois îles où croit l’arbre dont la sève fournit le vernis jaune. C’est un arbre qui ressemble au siao-tsong?, avec de plus grandes dimensions. A la sixième lune, on prend soin d'en extraire
trême orient. Pe-kia (les cent familles) est une expression d'origine purement chinoise, par laquelle on désigne l'ensemble de la population. Tsi signifie grand nombre, multitude. Pe kia tsi comporte donc l’idée d’une population nombreuse; on a dit Pe-tsi, par élision.
4 Voir ci-dessus, page 161; voir aussi les notes 46 et 47, pages 152 et 153, pour
le nom de Xïu-li.
nl
Ei PF. Tsin-ping du Leao-si (Leao occiden-
tal), qui est le pays situé entre AP ip Lieou-tching et 4 F Pe-ping, des
SLe texte dit littéralement : Du
Tang. Il est à remarquer, du reste, que cette invasion du Leao-si par les Pe-tsi ne fut qu’une expédition et non pas une conquête durable, ainsi qu’on le voit dans le texte suivant.
6 Cette dernière indication manque d'exactitude. Le Sin-lo était à l’orient et non pas au midi du Pe-isî, qui s'étendait dans cette direction jusqu'à la mer. On rencontre ici deux lignes du texte de Matouan-lin qui paraissent avoir subi des
altérations.
1 iL Fr. Arbre dont je n'ai pu trou-
ver l'identification.
ce vernis, qui donne aux objets sur lesquels on l’applique la couleur et l’éclat de l’or le plus brillant. | |
Sous la dynastie des Tcin et sous les petites dynasties qui lui succédèrent, les souverains du Pe-tsi reçurent l'investiture de la cour de Chine; ils donnèrent eux-mêmes à leur état le simple nom de principauté. Dans les années y-hi (405-409), l'Empereur (Ngan-ti) avait accordé un titre honorifique au prince du Pe-tsi appelé Fou-yutien®. Cet usage se continua sous les Song (du Nord) et sous les Tsi'°. Le Pe-tsi envoyait régulièrement des ambassadeurs pour faire la visite d'hommage et apporter le tribut.
Les habitants du Pe-tsi entendent le bien-être de la vie. Ils établissent généralement leurs maisons sur le versant des montagnes, à cause de l'humidité du sol dans les lieux bas. Leur capitale se nomme Pa-tching'!. Leur souverain prend le titre de Yu-/o-hia!? et ses sujets l’appellent Kien-ki-tcht!, ce qui signifie le Roi, dans le langage du pays. Le titre de la Reine est Yu-lo'#. La hiérarchie des fonctionnaires de l’ordre civil comprend seize classes de mandarins : 1° les f#s0-s0!, les fa-s0!°, les ngen-so!, les te-so!8, les naî-s0!°
8 La substance sur laquelle on étend ce 12
vernis doit étre claire et polie, pour obte- Ù