‹ Atsume gusaChapitre 65 sur 111 · RAR · texte numérisé non relu

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Les Mou-ki sont divisés en sent hordes ou tribus principales. La première est appelée So-m0o'?. Elle réside aux frontières du Kao-li; elle peut mettre sur pied plusieurs milliers de soldats, trèsbraves et très-bien commandés, qui font souvent des incursions en Corée. La seconde est appelée Pe-to * ; elle habite au nord des Somo; elle a sept mille combattants. La troisième est appelée Ngantche-ko!\; elle est au nord-est des Pe-to. La quatrième est appelée Fo-nie!5; elle est à l’est des Pe-to. La cinquième est appelée Chi!5; elle est à l’orient des Fo-nie, La sixième porte le nom de He-choui- (pou) ", c'est-à-dire horde ou tribu du Fleuve noir. Elle habite au nord-ouest des Ngan-tche-ko. La septième, enfin, se nomme la horde ou tribu du Pe-chan'# et réside au sud-est des So-mo. Ces dernières hordes ou tribus ne comptent pas plus de trois mille com: battants chacune, mais celle du Fleuve noir est belliqueuse et vaillante entre toutes. Depuis les Fo-nie, en allant vers lorient jusqu’à la mer, ces barbares arment leurs flèches avec des pierres aiguës, suivant l'usage des anciens Su-chin dont ils sont les descendants.

Les Mou-ki font leur habitation dans les montagnes et sur le bord des rivières. Ils nomment leurs chefs fa-m0-fo-man-to!". Au

br -L lf 12 Du nom du fleuve ainsi nommé. 17 Lp1 k arl, 13 1H QU FE 44 -| ih. litt.: Mont-Blanc, Sans uR LU ET. On pourrait dire doute le Tchang-pe-chan, qui potte le aussi Ngan-kiu-ko, à cause de la double nom d'Amba-chan-yen-alin, sut la carte prononciation du caractère Hi. de d'Anville.

» ++: AE ] sin 77° oX gi 5h Has "I.

rp 16 +: -

midi de leurs territoires est la montagne 7ai-chan?, également appelée en chinois T'aï-hoang*!, à laquelle ils rendent un véritable culte. Les voyageurs qui la traversent ne doivent y laisser aucune souillure??. On y voit des ours, des loups et autres bêtes féroces, qui ne font aucun mal aux hommes, et que les hommes n’osent pas tucr.

Le climat étant pluvieux et le sol humide, les habitants creusent des cavernes pour se loger. Ils les entourent d’un petit rempart de terre battue, et reservent dans la partie supérieure un trou par lequel on descend au moyen d’une échelle. Ils n’ont point de bœufs n1 de moutons, mais ils élèvent un grand nombre de porcs et des chevaux qu'ils n'attèlent jamais. Eux-mémes traînent à bras leurs petites voitures et labourent leurs champs deux à deux”. Le pays abonde en froment et en millet de plusieurs sortes. En fait de légumes, il produit la mauve“. L'eau qu on y boit a souvent un goût saumâtre. Le sel se montre en efflorescence sur l'écorce des arbres; on rencontre aussi des lacs salés. Les Mou-ki mâchent du riz pour fabriquer une boisson fermentée qui les ennivre. Pour la cérémonie du mariage, la femme revêt une robe longue; le mari porte des habits en peau de cochon ct plante dans ses cheveux une queue de tigre ou de léopard. L'usage veut que les nouveaux époux se lavent le visage et les mains avec de l'urine, ce qui a fait considérer

» Tx LH: 23 Dans certaines parties de la Chine, 21 Le E. où les animaux de trait sont rares, on

22 Litt.: Nefas est in montis transitu voit aussi des paysans s’atteler deux par

minsere; viatores qui naturd coguntur, deux pour traîner la charrue. ++ | ) urinam in quodam vase auferunt. 21 He.

ces barbares comme les plus malpropres de tous les barbares orientaux. Le soir des noces étant venu, le mari se rend chez les parents de sa femme, et prend possession de l’épouste en posant les mains sur ses seins. Quand le mari est averti d'une infidélité de sa femme, il tue sa femme immédiatement ; mais s'il en éprouve ensuite du regret, il traite de même celui qui a donné l'avis. Il résulte de là que l'adultère demeure le plus souvent caché. Les Mou-ki sont tous d'excellents archers; la chasse est leur principale occupation. Les arcs dont ils se servent sont en corne et longs de trois tchi?6; la longueur de leurs flèches n'est que d’un tchi et deux tsun*1. Entre la septième et la huitième lune, ils préparent les poisons dont ils prennent soin d’enduire la pointe de leurs flèches. Tout animal atteint par une de ces flèches empoisonnées meurt aussitôt.

25 En traduisant un fragment de cette notice sur les Mou-ki ou Mo-ho, dans le

texte de ses Tableaux de l'Asie. Kla-

proth a donné du passage PI Hei ré ES 21 - VE X & À X FL la singulière version que voici : « La première nuit des noces, le mari allait dans la maison de son épouse et suçait son sein. » 54 signifie le soir et non pas la nuit; quant au caractère PA dont le sens propre est saisir, to take inthehand, même en le combinant avec le caractère FL ) il me parait impossible de lui faire dire

ec que l'on vient de voir. ll faudrait donc

interpréter le texte chinois d'une manière tout à fait exceptionnelle pour en tirer une idée bizarre, tandis que la version presque littérale indique une action qui n'a rien d'étrange dans le cérémonial du mariage, chez un peuple à demi-sauvage.

Ajoutons que Kiaproth entend la phrase précédente comme mentionnant un usage constant, tandis que l'ensemble du contexte montre évidemment qu’il ne s'agit ici que d'une coutume particulière aux rites du mariage chez les Mou-ki.

36 Un peu moins d'un mètre.

27 A peu près trente-six centimètres.

La seule vapeur des poisons employés peut causer la mort de ceux qui les font cuire. Les fils qui perdent leur père ou leur mère au printemps ou en automne ne manquent point de les enterrer, et construisent une maisonnette sur la sépulture pour la préserver de la pluie; mais, en hiver ou en automne, ils agissent bien différemment. Ils exposent le cadavre pour allécher les martres, dont ils prennent ainsi une très-grande quantité.

Sous le règne de Hiao-ouen, de la dynastie des Oueï, au milieu des années yen-hing (471-475), les Mou-ki envoyèrent Y-/i-tchi?s faire une visite d'hommage à la cour de Chine, et ce même envoyé revint au commencement des années faï-ho (477), offrant en tribut cinq cents chevaux. Y-li-tchi raconta comment il avait effectué son voyage. Il avait tout d'abord navigué en suivant le cours du fleuve Nan-ho*; puis il était remonté vers l'occident jusqu'au fleuve Talien-ho*, où ses barques avaient été remises à flot. Ce nouveau trajet par eau l’avait rapproché du midi; il avait pris la voie de terre, avait traversé la rivière Lo-kou®!, et par les frontières occidentales du pays des Ki-tan était arrivé à Ho-long*?. Rappelant que ses compatriotes avaient jadis conquis et saccagé dix cités du Kaokiu-li, cet envoyé des Mou-ki fit connaître qu'ils venaient de s’assurer le concours du Pe-tsi, par un traité secret, et qu’ils projettaient de descendre en grand nombre, sur leurs barques, pour envahir

le Kao-kiu-li tout entier. Il ajoutait toutefois que l’on ne voulait rien

28 CC 7 %. 3 jé HK Rivière qui coule au nord

x Bf | HT. du Leao-tong et que Klaproth désigne 30 X > 9. Une autre édition sous le nom de Lokhan ou Lo-ho.

27% écrit | fs | Ta-mi ho. ‘4 Voir ci-des:us, note 6.

entreprendre sans avoir obtenu l’assentiment de l'Empereur, ct qu'on l’avait chargé spécialement de savoir si l'Empereur mettrait opposition à ce dessein. L'Empereur répondit que les trois nations devaient vivre en bon accord, comme toutes celles qui reconnaissaient la suzeraineté de l’Empire, et qu'il ne tolérerait aucune agression de part ni d'autre. Alors Y-li-tchi s’en retourna par la même route qu'il avait parcourue pour venir à la Cour. Il retrouva ses barques au lieu même où il les avait laissées, et put rentrer dans son pays paisiblement.

La neuvième année faï-ho (485), on vit à la Cour un nouvel envoyé des Mou-ki nommé Heou-ni-tchi®, lequel revint encore l’année suivante et chaque fois apporta le tribut. Cet envoyé fut accompagné successivement, dans ces deux voyages, par les représentants de plusieurs nations voisines de la sienne, dont les noms étaient Za-mo-lou*, Feou-tchong*, Mo-to-hoei®, Kou-leou*, Sou-ho*%, Kiu-fo-fo®, Pi-li*°, Pa-ta-10%!, Tou-yu-ling**, Kou-fotchin'3, Lou-leou*', Yu-tchin-heou‘.

La treizième année fai-ho (489), les Mou-ki firent la visite

d'hommage, offrant comme tribut des flèches en bois de ou et

d’autres produits de leur pays. La dix-septième année (493), leur principal envoyé nommé Po-feî!? vint à la Cour, entouré de députations si nombreuses qu’elles comprenaient plus de cinq cents personnes. La quatrième année king-ming (503), le tribut des Mouki fut présenté par un envoyé qui se nommait Heou-li-kouei**. Les ambassades de ce peuple se continuèrent ainsi jusqu'aux années tching-kouang (520-524), époque où les troubles intérieurs de la Chine eurent pour effet de les rendre moins fréquentes ; mais depuis la deuxième lune de la seconde année yen-hing (472)*°, jusqu'au règne des Tsi, les visites d'hommage et l'envoi du tribut /à la cour des Quei) ne furent jamais complétement interrompues®.

À la cour des Soui, au commencement des années kaï-hoang (581-600), on vit reparaître les délégués des Mou-ki et de leurs voisins, apportant le tribut et témoignant de leur fidélité à l'Empire. L'empereur Ouen-ti leur tint ce discours : « Moi, votre empereur,

je sais que les hommes des régions que vous habitez sont tous des

46 Le texte dit la septième année, mais croyant autorisé par le peu d'importance

l'ordre chronologique que Ma-touan-lin suit invariablement ne permet guères de supposer ‘qu'il revienne à la septième année faï-ho aussitôt après avoir mentionné la treizième. J'imagine donc qu'il doit exister une incorrection dans le texte, consistant dans l’omission du chiffre +- (dix) avant le chiffre un (sept), de telle sorte que l'annéc indiquée soit la

dix-seplième, ainsi que je l'ai écrit. me

du fait à rectifier la petite irrégularité que je signale.

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