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territoire qu'ils occupaient touchait aux frontières du Kao-li. Quand
de la nation des Mo-ho. Leur nom de famille était Ta?. Le
le royaume de Kao-li fut conquis par les armées chinoises, ils se retranchèrent dans la région du Tong-meou-chan*, du pays des Yleou, qui est située à deux mille li du Ynug-tcheou®, dans la direction de l’est. Ils construisirent des villes entourées de murailles: ils rallièrent les populations insoumises du Kao-li, et ils arrivèrent
On prononce également Pou-haï. 4 Hi nu i. c'est-à-dire, du mont 2 V. ci-dessus, page 335. Tong-meou.
Ad . . cu . . - À . rs np op +.
3 À La tribu toute entière n'avait ÿ LE M ville située à l’extrémité
donc qu un seul nom. nord-est est du Pe-tchi-li.
Le royaume fondé par Tso-yong eut un territoire de cinq
mille /:, en carré, renfermant plus de cent mille hou ou familles®!
et pouvant fournir d'excellents soldats, au nombre de plusieurs P P
fois dix mille. La littérature y fut en honneur. Les provinces jadis
occupées par le Fou-yu, le Ouo-tsiu, les Pien-han®?, l'ancien Tchao-
phrases obscures, à l'aide d'éclaircissements fournis par le Tong-kien-kang-mou et par quelques autres livres chinois,
2! Klaproth dit en parlant des Po-hai, dans son Tableau ethnographique de l'Asie intérieure et moyenne : « Originai- « rement ils comptaient dix mille hou, ou « un million de familles. » J'ai relevé (page 22, note 7) cette première erreur de Klaproth d'avoir attribué le sens de cent familles au caractère F hou, qui signifie simplement une porte d'habitation, c'est-à-dire un /eu ou famille dans la plus grande extension du mot. Ici, Klaproth s'est effrayé lui-même du chiffre auquel il arriverait pour l'évaluation de cette population naissante, grâce à la valeur accordée par lui au caractère F hou. Un million de familles, c'était déjà beaucoup. Il a donc tout simplement supprimé
le caractère dans le texte chinois
++ qui porte F | FR, c'est-à-dire cent
mille hou (ce qui eut donné dix millions de familles), et il a traduit un million de ++ familles, comme si le caractère Æi eut été employé tout seul. Pour ne plus revenir sur ce sujet, notons dès à présent qu'on lit un peu plus loin, dans cette notice sur les Po-haï, que l'effectif des forces militaires du roi Tso-yong ne dépassait pas cent mille soldats. La moyenne d'un combattant par famille est tout à fait rationnelle, tandis qu'en adoptant le le sens donné par Klaproth au caractère F , on arriverait à ce résultat que cent familles réunies n'auraient pu fournir qu'un seul combattant.
22 Les Pien-han sont les mêmes que les Pien-chin. Quelque surprenante que soit cette mention, le respect du texte chinois ne me permet pas de la modifier. Je suppose qu'il faut l'entendre dans ce sens que le royaume de Sin-lo, qui représen-
tait les Chin-han, ayant été le seul à se
sien et les états indépendants du nord se trouvèrent absorbées par lui.
A l’époque où l’empereur Tchong-tsong eut repris possession du trône (705-710), un dignitaire chinois nommé Tchang-hing-ki fut envoyé près de Tso-yong pour entretenir de bonnes relations avec lui. Bientôt après, le prince héritier fils de Tso-yong vint rendre visite à la Cour.
Sous le règne de l’empereur Joui-tsong, au commencement de l'année sien-tien (712), des ambassadeurs impériaux furent chargés de porter à Tso-yong un décret qui lui conférait une haute dignité? et qui le reconnaissait comme roi du kiun de Po-haï, en même temps que le pays gouverné par lui recevait le nom de gouvernement général ou vice-royauté de Ho-han-tcheou®. Dès lors, Tso-yong abandonna sun titre de prince des Mo-ho pour donner
lui-même à son royaume le nom de Po-haï*.
maintenir, tous les autres peuples de la Corée, en même temps que les nations habitant au nord de ce pays, avaient été absorbés par le Po-haï.
2 Le titre de dignité accordé au roi Tso-yong était celui de Æ FEE ; M À 7 TJ È , à peu près: généralissime, commandant les gardes à cheval de la gauche, titre mentionné déjà comme ayant été donné à plusieurs princes étrangers.
24 jap | + Du autrement : Province
de Ho-han. — La signification du mot
kiun a été examinée, p. 4, note 8. L'ensemble de ces titres et de ces dénominations était un compromis (dont on rencontre beaucoup d'exemples) entre la nécessité où se trouvait le gouvernement
chinois de ménager le roi Tso-yong, et
Ja politique générale de ce gouvernement
consistant à regarder comme des provinces de l'Empire non-seulement les pays qui reconnaissaient plus ou moins sa suzeraineté, mais encore ceux qui avaient reconquis malgré lui leur indépendance.
23 L’etymologie du nom de Po-hai ‘dont
La septième année kaï-youen de l'empereur Hiouen-tsong
(719), Tso-yong mourut et ses sujets lui décernèrent le titre pos-
thume de Kao-ouang*f. Son fils Qu-y??, qui le remplaca sur le
trône, agrandit encore l’héritage qu'il avait recu; tous les barbares
du nord-est lui obéirent. Il donna, de sa propre autorité, le nom de
jin-ngan?®8 aux années de son règne, et l'Empereur le confirma dans
la possession de ses vastes états.
Quelques années plus tard**, il arriva que le chef des Mo-ho
de la tribu des He-choui ayant envoyé des ambassadeurs pour faire
les caractères renferment idéographiquement l'idée d'un pays voisin de la mer) a donné lieu à des explications très-différentes. Klaproth rapporte, d'après un auteur chinois « que Po-hai fut originairement je titre honorifique des Mo-ho, »
tandis que Ma-touan-lin attribue cette dénomination à l'initiative de la cour de Chine, sans nous dire, il est vrai, ce qui avait pu la lui inspirer. Si nous considérons que Po-haï est précisément le nom par lequel les Chinois désignent la mer qui forme le golfe du Pe-tchi-li, nous serons tout d'abord disposés à douter que ce nom soit d'origine barbare, et si nous remarquons, en outre, qu'il exista, sous les Han, une principauté de Po-haï (Po-hai-
kiun), laquelle était située sur le littoral
de la mer Po-haï (entre les embouchures du Peï-ho et du Ta-tsing-ho), nous demeurerons persuadés que c'est Ma-touanlin qui est dans le vrai. Les Chinois ont donné très-souvent à de nouveaux royaumes ou à de nouvelles divisions territoriales des noms de pays tirés des souverains de leur histoire ancienne, et il me paraît très-probable que le Po-haï-kiun du roi des Mo-ho fut tout simplement une réminiscence chinoise du Po-haikiun de l'époque des Han.
la 26 ra) +. Le grand roi.
28 4 ca Vertueux et paisible.
29 Le Tong-kien-kang-mou, qui mentionne succinctement les faits détaillés ci-
après, en fixe la date à l'an 726.
une visite d'hommage, l'Empereur honora ce chef d'un titre chinois?°, décrétant que le territoire occupé par sa tribu porterait désormais le nom de He-choui-tcheou®'. Instruit de cette ambassade et du décret rendu par l'Empereur, Ou-y dit aux ministres qui l'assistaient : « Les He-choui commencent à traverser mon royaume pour communiquer avec la Chine. Autrefois, quand ils invitaient les Tou-kiue à leur envoyer des T'ou-tun** ; ils avaient soin de m'en prévenir à l'avance, et maintenant ils attirent chez eux des fonctionnaires de l'Empire, sans prendre mon avis. Cette alliance intime qu'ils veulent contracter avec la Chine indique certainement l’intention de se tourner contre moi. » Aussitôt, il donna l'ordre à Men-y *, son frère cadet, et à Jin-ya *, son oncle, de se mettre à la tête de toutes ses troupes et d’envahir les terres des He-choui. Men-y, qui avait résidé à la Cour de Chine en qualité d’otage, et qui appréciait les dangers de cette détermination, dit à Qu-y : « Si nous faisons la guerre aux He-choui pour les punir de s'être incorporés à l'Empire, nous nous mettrons par cela même en hostilité avec les Chinois. Or, la Chine est un grand pays dont les forces sont infiniment supérieures aux nôtres, et c'est notre perte que nous chercherons en agissant ainsi. Jadis, le Kao-li était un état puissant; il pouvait mettre sur pied trois cent mille hommes; il entreprit de lutter contre les armées chinoises et il fut anéanti. Nous qui possédons à peine un tiers du nombre des combattants dont le Kao-li
# Le titre de E pi fa Ré (chef Tou-kiue (Histoire des Huns. II, 460). militaire gouvernant). 33 PH HA, C'est-à-dire province de He-choui. tà; 17 HE.
sf: UD titre de dignité chez les
disposait, comment serions-nous plus heureux qu'il ne l'a été? » Ou-y persistant dans sa volonté, Men-y feignit de s y soumettre ; mais avant de franchir les frontières du pays des He-choui, il écrivit encore à son frère pour renouveler énergiquement ses repré sentations. Alors, Ou-y entra dans une violente colère ; il confia le commandement de l'expédition à l’un de ses cousins nommé Yhia%, ‘et il rappela Men-y avec la résolution de le faire mourir. Men-y, soupconnant le sort qui l’attendait, se réfugia près de l’Empereur, qui lui conféra un grade militaire élevé %.
Bientôt parut à la Cour un messager du roi de Po-haï, chargé de dénoncer Men-y comme un traître et de prier l'Empereur de le faire mettre à mort. L'Empereur envoya secrètement Men-y dans le pays de Ngan-si"; ensuite il répondit au roi Ou-y que Men-y étant venu se placer sous sa protection, la justice s'opposait à ce qu'il lui ôtat la vie, mais qu'il l’avait exilé dans un pays dont le climat était meurtrier. Malgré le soin que prit l'Empereur de retenir le messager du Po-haï et de faire expédier cette réponse par le bureau des affaires étrangères, Ou-y fut informé de la vérité’. En
36 [itt,: « Et l'Empereur lui donna le titre honorifique de Æ He Fr 15 gi tso-ki-oueï-tsiang-kiun, » c'est-à-dire à peu près : général des gardes à cheval de la gauche.
3 Province au nord de la Chine.
%8 Cc passage demeurerait obscur, par
la concision du texte, si lc Tong-kien-
kang-mou ne contenait une mention précise qui nous permet de l’éclaircir. Le Tong-kien-kang-mou dit que l'Empereur avait feint d'abord d'exiler Men-y dans le Ling-nan. On appelait anciennement Ling-nan toutes les régions de la Chine méridionale, situées au-delà des monts Nan-ling. Tel était donc le lieu d'exil
dont i Empereur déclarait que le séjour
PO-HAI. 355 conséquence, il écrivit à l'Empereur une seconde lettre, dans laquelle il disait audacieusement : « Un grand prince tel que vous doit avoir de la droiture, et il est indigne de lui de chercher à tromper personne. Quant à Men-y, ma volonté inébranlable est qu’il périsse. » L'Empereur fut très-irrité de ce qu’on eût si mal gardé son secret au bureau des affaires étrangères. Li-tao-soui, à qui la responsabilité en incombait, s’efforca de rejeter la faute sur Men-y, et les choses n’allèrent pas plus loin.
Sept ans après l’accomplissement de ces événements, Ou-y envoya une flotte chargée de pirates, sous le commandement de l'un de ses généraux nommé T'chang-ouen-hieou**, pour investir et saccager la ville de Teng-tcheou!°. L'Empereur chargea Men-y de réunir à la hâte les troupes qui formaient les garnisons du Yeou-
tcheou*! et de marcher au secours de cette place. Ensuite, il décida
équivalait à un arrêt de mort. On voit qu'il y avait dans cette déclaration même plus de diplomatie que de vérité.
si X Tk.
40 Ville située sur la côte septentrionale du Chan-tong, à l'entrée du golfe de Petchi-li.
41 Partie nord du Pe-tchi-li, dans laquelle étaient toujours concentrées des troupes nombreuses pour la garde des frontières. On voit que Men-y n'avait pas encore quitté le Ngan-si, pays voisin
de Yeou-tcheou. et qu'il était entré défi-
nitivement au service militaire de l'Empire. Une mention très-succinte du Tongkien-kang-mou, qui relate en une même phrase l'ordre donné à Men-y de prendre le commandement des troupes du Feoutcheou et le mauvais succès de l’expédion dirigée par le Sin-lo contre les provinces méridionales du Po-haï, donne à penser que ce fut Men-y qui dirigea cette expédition. Le secours du T'ong-kien-kangmou, qui se montre très-sobre de détails, mais qui précise souvent la date des évé-
nements avant trait directement à l'his-
qu un grand officier de sa maison, nommé Kin-sse-lan, irait immédiatement prévenir le roi de Sin-lo du prochain départ d'une expédition chinoise, laquelle passerait sur son territoire et pénétrerait dans le Po-haï par ses frontières du sud. Ce plan de campagne fut mis à exécution, mais un hiver exceptionnel et des neiges abondantes firent périr de froid et de misère la moitié du corps expéditionnaire. Il dut revenir sans avoir obtenu aucun résultat.
Ou-y cependant nourissait toujours la pensée de se venger de son frère. Ayant su que Men-y avait été envoyé à Tong-tou*?, il soudoya des assassins qui vinrent habiter cette ville, afin d’épier une occasion de le tuer s'il s'aventurait dans les chemins sans être bien entouré. Ils l’assaillirent en effet, mais Men-y parvint à se défendre et les assassins, arrêtés par les autorités du Ho-nan, furent tous décapités.
Lorsque Ou-y mourut, les grands de son royaume lui décer-
nèrent le titre posthume de Ou-ovang!*. Son fils Ain-meou!*, qui
toire de l'Empire, m'a permis de rectifier, en tête de ce paragraphe, une faute d'impression commune à mes deux éditions du Ouen-hien-tong-kao. L'ambassade des He-choui était venue à la Cour en 726, et l'investissement de Teng-tcheou par les pirates du Po-haï eut lieu l'an 733, c'esta-dire sept ans après, et non pas dix ans, comme le dit le texte imprimé de Matouan-lin. Cette crreur du copiste s’expli-
que du reste très-facilement. Le manus-
crit devait porter le caractère t (sept) et le copiste aura gravé + (dix).
#2 Aujourd'hui Ho-nan-fou.
5 JR L, le roi guerrier; titre qu'avait porté le fondateur de la dynastie des Tcheou. Ce nom posthume, ainsi que tous ceux que l'on verra plus loin, et de même que les noms d'années adoptés par les rois de Po-haï, sont purement chi-
nois.
14 ER De.
lui succéda, décida que le nom de fa-hing** serait celui des années de son propre règne. Un décret de l'Empereur confirma le nouveau roi dans la possession des états de son père, et Xin-meou célébra ce témoignage de la bienveillance impériale en accordant une amnistie à tous ses sujets.
Vers la fin d:s années fien-pao (742-755), Kin-meou alla résider dans sa capitale du nord (Chang-king'*), à trois cents li de l’ancien territoire de son peuple, et à l'orient du fleuve Ho-han'". Ce prince envoya ving-neuf fois des ambassadeurs à l’empereur Hiouen-tsong (qui mourut en 756).
La première année pao-yng (762), l'empereur ‘Sou-tsong) rendit un décret qui érigeait le Po-haï en royaume, et le roi Kin-
meou envoya l'un de ses grands dignitaires pour remercier l'Em-