‹ Atsume gusaChapitre 73 sur 111 · J. 2:75 “EE · texte numérisé non relu

J. 2:75 “EE

208 ZX E Hit. On a vu plus haut que le nom de kX Ta était celui de la famille du chef des So-m0, fondateur de la dynastie des rois de Po-haï. Dans son Aperçu général des trois royaumes, Klaproth relate que « au commencement des années tien-yeou (904-906), la famille Ta fut détruite, et qu’un prétre de Bouddha nommé Koung-y régna sur ses anciens sujets, en donnant à son nouveau royaume le nom de Ta-foung. » Non-seulement Ma-touan-lin ne dit pas un mot de cette tradition d'origine japonaise, mais il la

contredit ahsolument. quand il mentionne

une ambassade envoyée par le roi Tayng-tchouen, en 907. Plus loin, d'ailleurs, il parle encore d'un prince Ta-louan-ho, qui commandait aux Po-haî, en 979.

205 HP 43 Hi] 1k FE. Ce prince est celui qui est connu dans l’histoire sous le nom de Apaoki. Ye-liu était son nom de famille, que quelques-uns ont écrit }-li. Le monosyllabe chinois ngo est employé souvent pour le son o ou même pour le son a, dont les Chinois ne possèdent point la représentation isolée.

Comme je prends soin de donner tou-

jours l'orthographe chinoise des noms

avait soumis déjà toutes les hordes nombreuses des barbares du

nord-est, et comme le Po-hai touchait à ses frontières, il ne son-

geait qu’à le dévorer. Cette même année (926), il investit la ville de

Fou-yu-tching, s'en empara, changea son nom pour lui donner

celui de Tong-tan-fou?% et en confia la garde à son fils To-y0 1.

Bientôt après il mourut, recommandant à son frère cadet de pour-

suivre ses conquêtes, mais celui-ci ne fut pas heureux dans ses

entreprises et se retira?08,

géographiques étrangers qui se rencontrent dans cet ouvrage, J'ai cru devoir prendre pour règle uniforme d'écrire ces noms dans ma version française en me conformant à la prononciation habituelle des caractères chinois qui les composent.

L'admirable travail de M. Stanislas Julien, intitulé Méthode pour déchiffrer et transcrire les noms sanscrits qui se rencontrent dans les livres chinois, a fait voir le danger de toute transcription du méme genre, sans une étude préalable et approfondie de la nature des sons étrangers dont les Chinois ont cherché l'équivalence. On appréciera donc que j'aie reculé devant la témérité d'une entreprise de cette nature, alors que les difficultés se multipliaient en raison des idiomes diffé-

rents auxquels appartiennent les noms

étrangers cités par Ma-touan-lin sous leur forme chinoise.

206 J, c'est-à-dire ville du Tan oriental, cu du pays oriental des 7] .

SC Ki-tan.

Du n.

mA PK.

208 Je n'ai pas cru devoir traduire littéralement ces deux dernières phrases, persuadé qu'elles renferment une erreur de copiste, comme on en rencontre malheureusement, de temps à autre, dans le texte du Ouen-hien-tong-kao. Ce texte dit tout d’abord, ainsi qu'on vient de le voir, que le chef des Ki-tan prit la ville de Fou-yu-iching et en confia la garde à son fils T0-y-0, puis il ajoute immédiatement qu’au moment de mourir « Ye-liungo-pao-ki ordonna à son frère cadet de

rassembler des troupes pour attaquer la

La quatrième des années fien-tching (929), la seconde, la troisième et la quatrième des années tchang-hing (931, 932 et 933), la seconde et la troisième des années tsing-tai (936 et 937), les envoyés du Po-haï continuèrent à faire la visite d'hommage, en offrant comme tribut divers objets de leurs pays.

Sous la dynastie des Heou-tcheou, la première des années hien-te (954), Ou-sse-lo*® et ses compagnons, au nombre de trente, tous du royaume de Po-haï, vinrent se donner à l'Empereur.

Sous la dynastie des Song, la quatrième des années faï-pingrhing-koue (979), après qu'un assez long temps se fut écoulé sans qu'on entendit parler des Po-haï, l'empereur Tai-tsong s'étant avancé jusque sous les murs de Yeou-tcheou*!°, au retour d'une

expédition heureuse, le grand chef de cette nation nommé 7a-

ville de Fou-yu-tching, mais que celui-ci, n'ayant pu réussir à la prendre, s'en retourna, » La contradiction est si évidente qu'on ne saurait en imputer la faute à Ma-touan-lin. Je soupçonne qu'il s'agissait d’une autre ville que le chef des A7tan recommandait de prendre, comme on avait pris déjà Fou-y-u-tching, et que le copiste aura, par erreur, gravé deux fois le nom de Fou-yu-tching. Le Tong-kienkang-mou ne laisse du reste aucun doute sur ce fait que la ville de Fou-yu-tching

avait été prise par Ye-liu-ngo-pao-ki en per-

sonne, ct il ajoute qu'il mourut dans cette ville même, la première année tien-tching (926), à la septième lune, peu de temps après s'en être rendu maitre.

209 Hay Ei RE.

30 Voir ci-dessus, note 202. Cette place était alors au pouvoir des Aï-tan, fondateurs de l'empire de Leao. L'empereur Tai-tsong, encouragé par quelques succès qu'il venait d'obtenir, essava bientôt de s'en emparer, mais il perdit une grande

bataille contre les Ai-tan,

louan-ho°!! se présenta devant lui pour faire acte de fidélité à l’Empire. Il était accompagné de quinze officiers et de trois cents cavaliers, qui lui servaient d’escorte. L'Empereur lui conféra le titre de tou-tchi-hoei-sse du Po-haï°"*. Deux ans plus tard (981), l’Empereur adressait au roi des villes et territoires de Ou-che-tching, Feou-yu-fou, Po-haï et Yen-fou*"* une lettre dont la substance peut se résumer ainsi : « Les féroces et grossiers barbares du nord ont violé mes frontières. Ils menacent sans cesse de porter au loin la dévastation ; leurs cruautés inspirent l'horreur, et vous avez été forcés de vous soumettre à leur puissance. Le jour où cette puissance sera brisée sera le jour de la vengeance et du soulagement, pour tous les royaumes voisins. Réunissez donc vos tribus, venez grossir mes armées, et quand'nous aurons exterminé ensemble l'ennemi commun, je vous récompenserai largement. Je ne garderai pour moi que les anciennes frontières de l’Empire?!*, et je vous abandonnerai les vastes régions du nord. Vous devez compter sur

la fidélité de l'Empereur à tenir ses promesses. »

A I. voir ci-dessus la 20Æÿ À IN 37 IMI note 203. }ff FX HF +.

213 a) tf À TE Hi {RE 214 [itt. : territoire de HA Yeou et de C'est-à-dire à peu près : lieutenant-gé- ET Ki.

néral des armées du Po-haï.

L'Empereur faisait alors de grands préparatits pour châtier les

Leao. Ce fut le motif qui lui dicta cette lettre ?!,

315 Bien que la dynastie des Song fut puissante, l’empereur Taï-tsong fit vainement de grands efforts pour chasser les Ki-tan des provinces septentrionales de la Chine, dont ils s'étaient emparés. Le Tong-kien-kang-mou nous apprend que les Po-haï n'osèrent pas se rendre à son appel, par la crainte que leur inspiraient ces terribles voisins; mais il ne ressort pas moins de la démarche faite par Taitsong pour obtenir leur appui, et de ce titre de roi donné encore à leur chef, en 981, que ces peuples devaient avoir conservé jusqu'à cette époque une réelle puissance et que leur autonomie n'avait pas été détruite, en 926, par les Xï-tan,

ainsi que Deguignes et Klaproth l'ont

supposé. On a vu d'ailleurs, un peu plus haut, que les visites d'hommage régulières des Po-hai avaient été faites à la Cour de Chine, dans les années 929, 935, 936 et 937. Ce qui paraît surprenant, c'est qu'aucun des noms de villes et de territoires reconnus pour appartenir au roi des Po-haï de l'an 981 ne figure dans la nomenclature des villes et territoires qui formaient le domaine de ses prédécesseurs. Les noms de lieux changeaient si souvent que cette singularité pourrait s'expliquer ainsi. Je n'en regrette pas moins que tout élément d'identification m'ait fait défaut, à l'égard de ces

dernières dénominations.

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