VIII AVERTISSEMENT
employé pour un : isolé ne se prononcera pas autrement que cette dernière lettre. Voilà qui paraît indispensable à établir, mais ces explications faciles étant données, est-il bien nécessaire de s'appliquer à-figurer toutes les nuances des intonations indigènes, au moyen de consonnes multipliées ou d’une série d’accents bizarres qu’à peine un lecteur entre cent voudra discerner? Convient-il d'écrire thian ou khiuan, quand il faut prononcer fien et kien; phang quand il faut prononce pang; thsoung pour tsong; thoung ou même foun pour tong; wen, wan, wang pour ouen, ouan, ouang, alors qu'on pourrait hésiter, dans ce dernier cas, entre la prononciation
anglaise ou la prononciation allemande du x ? etc., etc.
Les missionnaires de Pé-king, que leur profonde connaissance du chinois rendait si bon juges de la question, furent loin de procéder ainsi. Simplifiant au contraire leur orthographe, ils s’attachèrent constamment à ne donner que des formes aussi faciles à prononcer qu’à retenir. Au moment d'imprimer cette œuvre capitale de Matouan-lin, je me suis donc vu placé entre la crainte de paraître arriéré si je négligeais ces prétendus perfectionnements d’orthographe, successivement imaginés, et ma tendance instinctive à conserver les formes plus simples sous lesquelles on a appris déjà à connaître beaucoup de noms chinois, dans les précieux mémoires des fameux jésuites du xvin* siècle. C’est ce dernier parti que j'ai adopté. Ceux qui désireront étudier l'origine des noms étrangers mentionnés par Ma-touan-lin jusque dans l’étymologie phonéti-
que de leurs syllabes auront, ainsi que je l'ai dit plus haut, toute