‹ Atsume gusaChapitre 94 sur 111 · E) FR AI · texte numérisé non relu

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Quand les Niu-tchin livraient bataille, les combattants armés de lances marchaient en avant; des soldats armés de sabres et de faulx à lame droite venaient ensuite, et les archers occupaient le troisième rang. Les arcs ne duraient que sept ans. La pointe des flèches était très-longue et faite de manière à ne pouvoir sortir d’une blessure. Les archers attendaient pour tirer qu'ils fûssent à la distance de cinquante pas. Les soldats étaient divisés par escouades et compagnies de cinq hommes, dix hommes, cent hommes. Les chefs de cinq hommes frappaient sur un bois creux, semblable à celui dont se servent les veilleurs de nuit (à la Chine); les chefs de dix hommes portaient un drapeau; les chefs de cent hommes avaient un tambour. Au-dessus d’eux était le chef de mille hom- | mes, entouré de porte-drapeaux, de tambours et d'instruments de métal. Si le chef d’une escouade de cinq hommes périssait dans le combat, les quatre soldats qu'il commandait étaient décapités. Si le chef de dix hommes était tué, les deux chefs d’escouade placés sous ses ordres étaient décapités; si le chef de cent hommes était tué, tous les chefs de dix hommes placés sous ses ordres étaient décapités. Le chef de mille hommes agitait lui-même un étendard, que les siens ne perdaient jamais de vue et qui guidait tous leurs mouvements.

La nourriture des armées en campagne se composait de bouillie de millet et de viande rôtie, sans que les plus hauts officiers eussent d’autres mets que les soldats. Quand il s'agissait de prendre une décision grave, tous les chefs se rassemblaient en plein air, formaient un grand cercle et délibéraient, en tracant leur vote sur la poussière. Les premiers qui donnaient leur avis étaient les officiers des grades les moins élevés. La délibération terminée, per-

sonne ne devait exprimer une opinion sur ce qu'on avait décidé. Le général en chef offrait à tous un grand festin et, tandis qu'on buvait, il se faisait apporter la liste des plus expérimentés et des plus braves. Il recucillait les noms acclamés par la multitude et conférait des commandements. Au retour d'une expédition heureuse, la même fête était renouvelée. Le général en chef consultait l'assemblée pour savoir ceux qui avaient le micux mérité. Avant de distribuer des récompenses, consistant en or ct en pièces de soie, il montrait à la multitude ce qu'il se proposait de donner, et si la voix publique jugeait l'attribution insuffisante, il l’augmentait sans hésiter.

Le chef à qui la garde d'une ville du second ordre était contiée exercait son autorité sur tous les officiers qui devaient concourir à sa défense, fussent-ils du même rang que lui. Les fonctionnaires qui avaient à recevoir des ordres siégeaient assis autour d'une grande salle. On leur servait du vin, et ceux que leur âge rendait vénérables entraient dans cette salle sans quitter leur bâton. En temps de paix et en dehors des affaires publiques, chacun reprenait sa liberté et revenait à ses occupations habituelles. Les concussionnaires n'étaient point punis.

Yang-ko sut dissimuler habilement, afin de conserver son indépendance et de préparer la grandeur de son peuple. Plusieurs fois les conseillers de Hong-ki, le souverain des Leao qui régnait alors, avertirent leur maître des dangers que la politique des Yang-ko lui susciterait ; mais le chef des Niu-tchin endormit la méfiance en comprimant lui-même quelques rebellions des peuples voisins soulevés contre les Ki-tan, et en prenant soin de se rendre les ministres de. Hong-ki favorables, au moyen de très-riches présents. Yang-ko

; il eut pour successeur Ngo-ko-ta®%, qui selon les uns était son fils, et selon d'autres le second fils de He-li-po, son frère aîné, lequel

aurait eu également trois autres frères nommés Qu-la-tong*!, Quki-mai* et Sa-ye®. |

mourut la première année kien-tchong-tsing-koue (1101)

À cette époque, les Niu-tchin envoyaiént encore en tribut aux Ki-tan des pierres précieuses venant du nord, des peaux de martre zibeline non préparées et l'oiseau appelé hai-tong-tsing*, qui est une espèce d’épervier. Cet oiseau, petit mais très-fort, est capable d'attaquer même les oies sauvages; celui qui a les ongles

blancs est le plus estimé. On le trouvait seulement à l’orient des

so [51] = 7]. Deguignes nomme

ce personage Okota; Mailla écrit Akouta et Klaproth Agoutha, ce qui montre combien la transcription de ces noms étrangers est chose delicate (voir ci-dessus, note 68). Mailla adopte l'opinion qui fait de Ngo-ko-ta (Akouta) le fils de He-li-po et, dans son Histoire générale de la Chine, indique le règne d’un prince appelé Onyassou entre celui de Fang-ko qu'il nomme Ynkou et celui de Ngo-kota. Onyassou aurait été le frère ainé de Ngo-ko-ta ct aurait gouverné les Niu-

tchin de l'an 1103, qui serait la date de la

mort de Yang-ko (Ynkou), à l'an 1113.

époque à laquelle Ngo-ko-ta lui aurait succédé. Ce qui paraît ressortir assez clairement de l'ensemble des faits exposés plus loin, c'est que Ngo-ko-ta n'hérita point tout d’abord de la suprématie que Fang-ko avait acquise sur tous les chefs de horde des Niu-tchin, suprématie qu'il ne tarda pas d’ailleurs à ressaisir.

Bi WI) EU Une autre édition écrit I Jil] Li Ou-tse-tong.

cinq royaumes situés au nord-est du pays des Niu-tchin#. Le souverain des Ki-tan, qui en faisait le plus grand cas, envovait tous les ans, pendant l'hiver, quelques centaines de cavaliers revétus de cuirasses, chargés de lui tendre des piéges et de le prendre vivant. Les cavaliers traversaient le territoire des Niu-tchin, commettaient toute sorte de violences et de désordre sur leur passage, ct irritaient la population. Quand le prince des Ki-tan nommé Yenhi monta sur le trône, ces tributs forcés devinrent de plus en plus vexatoires. Des oiseleurs dc profession, formant une véritable armée, franchissaient la montagne Tchang-pe% et prenaient des éperviers par .nilliers au moyen de filets sans nombre; d'année en année l'abus de ces expéditions al'ait croissant. Impuissant à s’y opposer et inquiet des rassemblements de soldats campés à ses frontières, le chef des Niu-tchin laissait parfois sa capitale Tong-king® à la garde de Hoang-long-yn** pour rendre visite aux gouverneurs chinois des pruvinces voisines, qu'il sollicitait vivement de lui venir en aide et qu'il cherchait à gagner par des présents. Il était dès lors facile de prévoir que toutes les hordes de sa nation ne tarderaient pas à se soulever.

La deuxième des années tien-king* (1112), le souverain des

>. sk .

85 Voir ci-dessus les notes 60, 61, 62, 88 # HE F ° 63 et 64. . 89 Les années tien-king sont des années 86 Ou Tchang-pe-chan. Voir ci-dessus. des règnes de l'empire des Lego ou Ai-tan. note 4. Cette date correspond à celle de la sc- 87 >’; Gi. C'est-à-dire capitale orien- conde année teliing-ho, des Song.

tale.

Ki-tan, Yen-hi, se rendit sur les bords du fleuve Kuen-tong-kiang”, pour y prendre le plaisir de la pêche. Les chefs des Niu-tchin barbares®!, qui habitaient à une distance de moins de cent Zi vinrent lui faire la cour, suivant une ancienne coutume, et ce prince les invita souvent à boire, se divertissant à les voir chanter et danser. Seul entre tous, Ngo-ko-ta se tenait à l'écart, dans une attitude fière et contrainte. Deux ou trois fois l’ordre de se joindre à ses compagnons lui fut signifié de la part du maître ; il se contenta de répondre dédaigneusement qu'il ne savait pas danser. Yen-hi eut la pensée de lui ôter la vie. Son ministre Siao-fong-youen® l’en dissuada.

A la huitième lune de la quatrième année fien-king (1113), Ngo-ko-ta tint conseil avec Nien-han® et Hou-che®, deux princes de sa famille. Il résolut de conquérir son indépendance ; il confia des commandements aux chefs Yn-chu-ko®, Y-lie-lieou®, So-toumout' et autres, se déclara en révolte ouverte et battit les généraux des Ki-tan, Kao-sien-cheou et Siao-sse-sien.

La cinquième de ces mêmes années (1114), Yen-hi voulut prendre lui-méme le commandement de ses troupes; mais Ngo-

ko-ta lui fit subir une défaite désastreuse, s'empara de la ville de

#9 V. ci-dessus, note 3. 94 Hi} tè 9! V. ci-dessus, note 30. 35 ER À EI].

99 Le Tong-kien-kang-mou écrit Siao- 96 F5 AU HE.

fong-sien. 97 7 fà ET.

soli 2e Mailla nomme ce chef

Ny-amoho.

Ning-kiang® et bientôt dispersa de nouvelles armées que les Ki-tan essayaient encore de lui opposer.

La force des Niu-tchin consistait surtout en cavalerie. Pour toute distinction, ils se servaient de petites tablettes de bois, sur lesquelles ils gravaient quelques signes et qu'ils attachaient à l’homme et au cheval. Leurs compagnies n'étaient que de cinquante hommes chacune, dont cinq placés en avant étaient revêtus de lourdes cuirasses et armés de lances et de longs crochets; les les trente autres étaient des archers qui portaient des cuirasses plus légères. Lorsqu'ils rencontraient l'ennemi, deux cavaliers de chaque compagnie s’avançaient pour le reconnaître ; leur tactique ordinaire était de chercher à l’envelopper des quatre côtés, quand cette manœuvre était possible. Ils s'en approchaient au petit trot jusqu’à la distance de cent pas, puis courant à toute bride sur lui, avec des chevaux rapides, ils s'efforçaient de le mettre en désordre, les archers tirant à bout portant. Si l'ennemi fuyait, ils le poursuivaient avec calme sans rompre leurs lignes. S'ils étaient repoussés, ils se reformaient aussitôt pour revenir à la charge. Chacun savait toujours ce qu’il avait à faire selon les circonstances, et la discipline présidait à tous les mouvements.

Quand la nouvelle s'était répandue que le puissant souverain du Leao marchait en personne contre les Niu-tchin et annonçait le projet de les exterminer, ceux-ci n'avaient pas été sans éprouver des sentiments de crainte, qui auraient pu décourager tout autre que Ngo-ko-ta. Mais Ngo-ko-ta avait rassemblé les hordes, s'était coupé le visage avec son sabre et, tournant vers le ciel des yeux

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