‹ Atsume gusaChapitre 96 sur 111 · NT) UA · texte numérisé non relu

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villes de Kien!" et de Hien-tcheou!®, poursuivit rapidement ses

conquêtes et, dès le commencement de l'automne, se trouva maître

des deux provinces de Leao-tong et de 7chang-tchun!®. Alors,

d’après les conseils de Yang-po'%, il prit immédiatement le titre

d'empereur 7, donnant aux années de son règne le nom de fien-

fou "8 et à sa dynastie celui de Ain, pour rappeler que son pays

it À ER A.

del os À. L'ancienne province du

Chang-king, du Po-haî, dont il a été parlé dans la notice sur ce pays.

406 F3 }D. Conseiller de Ngo-ko-ta, originaire du Po-haï. Ce personnage sera cité de nouveau un peu plus loin.

107 Le texte ajoute : « Sous le nom per-

Ei sonnel de 32° Min »; mais ce nom ne lui fut pas conservé, parce que ses descendants l’appelèrent Tai-isou (le grand ancétre), ainsi que les Song avaient appelé le fondateur de leur dynastie, Une autre remarqueà noter, c'est que toutesles chronologies, d'accord avec le Tong-kienkang-mou, font correspondre la première année du règne de Ngo-ko-ta, sous le titre d'Empereur des Ain, avec la cin-

quième année tching-ho de l'empire des

Song, c'est-à-dire avec l'an 1115 de notre ère, tandis que suivant Ma-touan-lin et ainsi qu'il est relaté plus haut, Ngo-kota ne se serait proclamé lui-même empereur qu à la fin de l'année 1117, peut être même au commencement de l’année 1118, ainsi que Deguignes le mentionne dans son Histoire des Huns. Peut-être Ngoko-ta a-t-il été salué du titre d'empereur deux ou trois ans avant la consécration de son avènement par des cérémonies officielies, et a-t-il fait remonter ensuite la date de son règne à l’époque où il se considérait comme ayant pris réellement possession du trône impérial.

108 K dr. Assistance du ciel.

109 &. Le nom de Kinest un mot chinois; le mot qui y correspondait dans la langue des Niu-ichin était Altoun. |

C'est pourquoi les Arabes ont donné aux

produisait de l’or. Tous ses ancêtres jusqu à Kan-fo recurent aussi le titre posthume d’empereur!!.

La septième année tching-ho (1117), la cour de Chine ayant appris que les Niu-tchin avaient étendu leur domination jusqu'au fleuve Leao, avait envoyé secrètement de grands mandarins dans leur pays, sous le prétexte d'acheter des chevaux, mais en réalité pour rechercher leur alliance. Ngo-ko-ta avait accueilli très-favorablement ces ouvertures ; il avait adressé à l'Empereur une lettre amicale accompagnée de riches présents, sans rompre cependant toute négociation avec les Ki-tan auxquels il demandait, comme condition de la paix, que Yen-hi, leur souverain, lui reconnût le titre de Grand empereur saint et éclairé du Grand Empire des Kin!!!, lui offrit le char, le diadème et les autres insignes de cette haute dignité, le traitàt exactement avec les mêmes honneurs que l’empereur des Song, l’appelât son frère aîné et lui abandonnàt les deux provinces conquises de Leao-tong et de Tchang-tchun. Yen-hi, après avoir pris l'avis de ses ministres, avait espéré satisfaire le nouvel empereur des Kin, en lui donnant le titre d’empereur de Tong-hai'!*, et usant de cette dénomination, il lui avait envoyé des

princes de cette dynastie le titre de Altoun-khan.

#0 Cet usage de donner des titres pos:

thumes aux ancêtres était un usage chi-

nois qui remontait à la haute antiquité.

"uk &H XÆ XX Si ff

113 Ma plus ancienne édition du Quen-

hien-tong-kao écrit Hi FE LA i,

et la plus récente : | | El | . Cette

dernière version emploie donc, pour le titre de Hoang-ti, 1es caractères mêmes qui forment l'appellation officielle de l'empereur de la Chine, tandis que la

. E première, en substituant au caractère =

hoang (Auguste) le caractère Gr hoang

ambassadeurs porteurs d’un diadème, de vêtements impériaux et de divers insignes enrichis de pierreries. Le conseiller Yang-po ne trouva point ces concessions suffisantes ; 1l jugea que les présents de Yen-hi n'étaient pas rigoureusement conformes à ceux que les rites prescrivent de faire au Fils du Ciel!!?, à l’égal duquel il entendait être traité, et dès lors toutes négociations furent rompues entre les Kin et les Leao.

La deuxième année siouen-ho (1120), le ministre Tongkouan!!' concut le projet de mettre à profit l'alliance des Kin pour rentrer en possession du pays de Yen, que les Leao avaient enlevé à la Chine. L'Empereur approuva ses plans. Tchao-leang-sse et plusieurs autres personnages de distinction furent chargés, en conséquence, de se rendre auprès du nouvel empereur des Niu-tchin et de lui offrir la coopération des armées chinoises dans sa lutte contre les Ki-tan, à la seule condition que le pays de Yen‘! ferait retour à l'Empire, après que les Leao seraient exterminés. Ngoko-ta ayant accédé à cette proposition, il fut décidé qu'on lui enverrait tous les ans le même nombre de pièces de soie qu'on avait coutume d'offrir à la cour des Leao!!5.

(jaune, indiquerait un de ces jeux de mots imaginés souvent par les Chinois dans une pensée d'orgueil facile à saisir.

18 C'est-à-dire d'un empereur de la Chine.

1 Tong-kouan était le ministre dirigeant de l'empereur Hoeï-tsong.

Le pays de Yen comprenait une

grande partie du Pe-tchi-li actucl et renfermait la ville du méme nom, dont les Leao ou Ki-tan avaient fait une de leurs capitales.

#6 Au temps de la grande puissance des Leao, la cour de Chine leur envoyait chaque année des présents de soieries,

qui ressemblaient beaucoup à un tribut.

La quatrième année siouen-ho (1122), les Kin étaient maîtres de tout l'ancien territoire du nord de la Chine jusqu'à Kou-pekeou!!; Yen-hi se réfugiait dans la montagne Kio-kia!!8; tout le pays de Yun-tchong!!® se soumettait aux vainqueurs, et ceux-ci poursuivaient leurs conquêtes vers l’ouest, sans que rien pùt les arrêter. ‘

Une ambassade de Ngo-ko-ta arriva, sur ces entrefaites, à la cour de Chine, pour se plaindre de la lenteur du gouvernement chinois à fournir la coopération active qu'il avait promise. On recut cette ambassade avec des honneurs inusités; on la traita magnifiquement, et Tchao-leang-sse fut aussitôt chargé de se rendre lui-même, au nom de l'Empereur, auprès du souverain des Kin, afin de calmer son irritation et aussi afin de chercher à obtenir de lui la cession de trois anciens départements chinois qu'il venait de conquérir, lesquels départements ne se trouvaient point compris dans les stipulations précédemment arrêtées. Loin de consentir à ces nouvelles demandes, Ngo-ko-ta répondit que l’Empereur ne lui ayant pas prêté l’assistance vigoureuse sur laquelle il avait compté, il ne voulait plus abandonner que les six territoires des six villes de Ki-tcheou, Kin-tcheou, Tan-tcheou, Chin-tcheou, Tcho-tcheou et Y-tcheou. Tchao-leang-sse déconcerté revint précipitamment à la Cour.

Le pays de Yen, tout entier, demeurait encore au pouvoir des

Gra 447 ns I H. Défilés dans les 3 HA. L'ancien pays de Yun-

montagnes qui bordent la grande mu- tchong occupait le nord-ouest du Pe-

raille, au nord-est de Pe-king. tchi-li et le nord-est du Chan-si actuels.

e 7 IL.

Ki-tan. Yen-hi fugitif avait été remplacé sur le trône par son fils Ye-liu-chun, et ce prince étant mort la princesse Siao sa veuve, nommée régente, se défendait courageusement. Avertie de l’approche de Ngo-ko-ta qui s’avancait avec trois corps d'armée, afin d'investir le pays de Yen de tout côté, la princesse Siao essaya, mais sans succès, de désarmer l’empereur des Kin en le reconnaissant pour son suzerain. Ngo-ko-ta poursuivit sa marche triomphale, assiégea la forteresse de Kiu-yong-kouan!®° qui servait de barrière au territoire de Yen, et par sa seule présence mit en fuite les troupes de la garnison. Ma-kouo ‘1 accompagnait l’armée victorieuse; il assistait à la débandade des Ki-tan. Ngo-ko-ta l'apercut et lui adressa la parole en ces termes : « Sur vingt provinces du Leao, j'ai su en conquérir dix-neuf. Il ne restait plus aux Ki-tan que ce petit pays de Yen, dont j'ai fait l'abandon à ton maître, et il faut encore que je vienne l’enlever moi-même, afin que, n'ayant pas pu le prendre, ton maître s'incline du moins pour le ramasser. On m'avait annoncé qu'une armée chinoise avait franchi les frontières du Yen et je m'en étais réjoui sincèrement, dans la pensée que mes soldats allaient enfin se reposer de leurs fatigues. Ensuite j'ai appris que Lieou-yen-king!*% avait brûlé ses tentes et s'était enfui préci-

vo PE Di BA.

1H Ma-kouo était un haut mandarin

cours actif au prince des Niu-tchin, une

première armée chinoise commandée par

qui avait fait partie de l'ambassade envoyée au prince des X'in pour rechercher son alliance, et qui était resté près de lui.

123 A la suite du traité par lequel l'em-

pereur Hoei-tsong avait promis son con-

Tong-kouan, dont il a été parlé plus haut, avait essayé de s'emparer du pays de Yen et avait été repoussée. Lieou-y-enking, à la tête d'une seconde armée plus

nombreuse, avait été envoyé à son tour

pitamment pendant la nuit. Comment peut-on voir de semblables choses, et quel genre de mort y a-t-il chez vous pour le général qui perd ainsi son armée’? » Ma-kouo répondit : « Quand le général périt, sa mort entraîne souvent la perte de son armée ; mais quand l'armée est perdue par la faute du général, le général doit mourir. Certes, si telle a été la conduite de Lieou-yen-king, quels que soient Ses services passés, il a mérité la mort. » Ngo-ko-ta dit encore : « Sans une discipline inflexible, on ne saurait diriger les hommes. Regarde mes soldats, et vois s’il en est un qui tourne le dos à l’ennemi. » Le lendemain de ce jour, les Niu-tchin arrivaient sous les murs de Yen-tching!?3 avec leur célérité ordinaire. Déjà la princesse Siao s'était éloignée. Son ministre Tso-ki-kong et les principaux personnages de sa cour ouvrirent les portes de la ville et firent leur soumission. Ngo-ko-ta chargea Ma-kouo de porter ces nouvelles à l'Empereur.

Tong-kouan n'ayant pu s'emparer du pays de Yen, craignit les effets du mécontentement de Ngo-go-ta ; il députa de nouveau vers lui Tchao-leang-sse, afin de presser l’exécution des traités. Le prince des Kin consentait encore à céder les territoires qu'il avait promis, mais il entendait se réserver le bénéfice de leurs douanes et de leur tribut. « Les douanes et le tribut d’un pays vont à celui qui est maître de la terre, » s'écria Tchao-leang-sse. « Donner une

contre les AXi-tan, pour réparer cet échec; 1% La ville de Yen, appelée aussi Yenmais surpris pendant la nuit par une atta- king, était une des capitales de l'empire que brusque, ses troupes se débandèrent des Leao.

et à peine en ramena-t-il queiques dé-

bris.

terre et en garder le revenu, ce serait ne rien donner. » Le ministre des Kin répliqua : « C’est nous qui avons pris le pays de Yen, dont vous deviez faire la conquête. Si vous élevez des difficultés sur nos conditions, nous garderons tout. » Ces négociations exigèrent deux voyages de Tchao-leang-sse entre la cour des Kin et celle de son maître. Enfin, il fut convenu qu’en outre des étoffes de soie que l'Empereur s'était engagé à fournir annuellement aux Kin, substitués aux Leao, il serait encore payé par le trésor chinois un million de ligatures!*, pour tenir licu des revenus du pays de Yen auxquels la cour des Kin renonçait. La cinquième année siouen-ho (1123), à la quatrième lune, des délégués de l'Empereur vinrent prendre possession de la ville de Yen-tching, ou plutôt de ses murailles. Avant de la quitter, les Niu-tchin l'avaient pillée, enlevant les enfants et les jeunes filles et emmenant avec eux les principaux habitants.

Ngo-ko-ta chargea ses lieutenants d'occuper le pays de Yuntchong et leur ordonna de marcher vers l'occident, à la poursuite de Yen-hi. Bientôt après il mourut ct les grands de la nation des Niutchin reconnurent son frère Qu-k:-mai!? pour son successeur. Le nouvel empereur des Kin prit le nom personnel de Ching!?8, donna le nom de fien-hoeî!?" aux années de son règne et le titre posthume

124 Ia monnaie courante de la Chine moins d'une once d'argent. Un million

est en cuivre et chaque pièce de monnaie de ligatures représeute è peu près sept

est percée au milieu d'un trou carré, millions de francs. 3 4 tu - dans lequel on passe un fil pour attacher 125 HA. CL, El. . . E ensemble mille de ces deniers, ce qui 126 «

compose une ligature, valant un peu 137 K

de fa-ching-ou-youen hoang-ti!?* à son prédécesseur, qu'il fit inscrire dans le temple des ancêtres sous la qualification de Tai-tsou!??,

La sixième année siouen-ho (1125), à la première lune, cet événement fut notifié à la cour de Chine. Les Kin étaient alors trèsirrités de l'appui que le gouverneur de Ping-tcheou, Tchang-kio, avait trouvé près de l'empereur !*° des Song, et aussi de ce que Tantchin'?!, qu'ils accusaient de les avoir trompés au sujet d'une promesse de grains, conservât la faveur de son souverain. Ils reprirent les trois villes de Yo-tcheou, Feï-hou et Ling-kieou et menacèrent de déchirer les traités de paix, en reprochant aux Chinois d’avoir été les premiers à les violer. La Cour s'empressa de disgracier Tantchin, et de confier le soin de régler ce différend à Tong-kouan, qui fit partir immédiatement Ma-kouo et Sin-hing pour le Yun-tchong, où le général en chef des Kin, Nien-han, avait établi son camp. Nien-

han étant absent quand les négociateurs arrivèrent et son lieute-

123 k Hu nav Le E ti. Très- 13! Lors du traité entre l'Empire chinois litt. : Grand saint guerrier premier au- et les Kin, au sujet de la cession du pays guste empereur. de Yen, ceux-ci avaient demandé 200,000

1 Ax I}. Litt. : Le grand ancêtre. mesures de grains, que le délégué Tchao- Tous ces titres sont purement chinois, et /eang-sse leur avait promises. Ces grains imités des usages de la Chine. n'ayant pas été livrés, les Xin les avaient

130 Tchang-kio avait été gouverneur de réclamés à Tan-tchin, gouverneur de la Ping-tcheou pour les Leao. Il avait feint province qui devait les fournir, et Tande se soumettre aux Kîn afin de conser- fchin avait éludé la promesse faite, en réver cette place importante, qu'il avait clamantà son tour la preuve par écrit de

ensuite livrée aux Chinois. l'engagement pris.

nant Ouo-chil* ayant voulu exiger de Ma-kouo des salutations auxquelles celui-ci ne crut pas devoir se soumettre, les deux envoyés de Tong-kouan revinrent sans avoir pu remplir leur mission. Interrogé par Tong-kouan sur les impressions qu'il avait rapportées de son voyage, Ma-kouo dit au ministre-conseiller : « Ces barbares orientaux étudient avec soin la tactique et l'armement des troupes chinoises; ils renforcent les garnisons des villes qu'ils nous ont prises: ils parlent souvent de l'affaire de Tchang-kio, cherchent à corrompre nos mandarins et travaillent à gagner le peuple. Leur cœur renferme évidemment de mäuvais desseins. Il faut nous préparer à défendre nos frontières, qui ne tarderont pas à être menacées 153, » |

Cette même année, Yen-hi étant sorti de la montagne (Kio)kia-chan, et ayant essayé de reprendre l'offensive en s'emparant de quelques villes de l’ouest, fut surpris et fait prisonnier par le général des Kin, Ouo-chi. Bientôt après il mourut, et avec lui périt le dernier souverain de l'empire des Leao ou Ki-tan. Ta-chi fut le seul à ne pas désespérer de l'avenir. Suivi d’un fils de Yen-hi et d'une troupe de cavaliers, il s'éloigna dans les régions de l'ouest et gagna le nord du Cha-mo*\.

132 JL Æ. Le P. de Mailla l'appelle

Leou-che.

nom de Nousi-taigir-ili, était un prince

de la famille impériale des Leao, qui

193 Le Tong-kien-kang-mou remarque que cet avis était très-sage, mais que la cour de Chine ne sut pas en profiter.

134 Ta-chi, autrement Ye-liu-ta-chi ou

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