SCÈNE VIII
JULES
Belle raison !.. le soleil est bien dégénéré <Jepuisquelquc temps. D'ailleurs, ma tante a trouvé qu'il faisait froid...
DAVID
Le thermomètre est à quatorze dégrés.
JULES
Bon! Q croit encore au thermomètre!., mon thermomètre à moi, c'est ma tante... quand elle prend son ombrelle , je mets mon pantalon de nankin et mon chapeau de paille , quand elle met son srball en poil de lapin , je prends ma redingote , si elle met sa pelisse , je lâche le carrick ; avec moi, ma tante fait toi^jours la pluie et le beau temps.
ÉLISE
Mais, mou cousin, à l’âge de ma tante, on doit se vêtir chaudement, mais vous...
JULES
L’âge ! l'âge ; apprenez ma cousine que ma tante n’a pas d’âge , et qu’elle est plus jeune que moi ; sans que ça paraisse.
pichf.xet, A parL
Des flagorneries... en veux-tu... eu vjlà...
JULES
Voyons, chère tante , débarrassez-vous de tout cela.
(Il disparaît un Instant pour emporter les v Siemens
de la tante qu'il a ôtés de lui-même , pendant le
commencement de la scène; il eoi|>orlc aussi Zozo.)
M“* CHEVALIER, à Élise.
Tues bien gentille, mon Élise, d’être venue me dire bonjour ; depuis quelque temps tu deviens bien rare.
ÉLISE
Vous savez que maman me laisse si peu sortir!
Il faut pourtant bien que tu renouvelles connaissance avec ton cousin David.
élise , * part
Oh! c’est fait. (UauL) Eh bien! ma tante, puisque vous le désirez absolument , je tâcherai d’avoir la permission de passer toute la journée de demain auprès de vous... je vais porter de vos nouvelles à maman.
DAVID
En ce cas , ma cousine , vous accepterez mou bras.
JULES, rentrant.
Du tout., permettez, mon cousin, c’est moi qui ai l’habitude de reconduire ma cousine.
DAVID
C’est différent ; moi je vais tenir compagnie à ma tante.
jules, à part.
Diable! diable! un iustanL.. je veux bien reconduire Élise ; mais je ne voudrais pas le laisser sculavec ma tante... il est capable de la séduire...
M"* CHEVALIER
Comment! tu ne t'empresses pas. Kh bien !..
qu’as-lu donc ? Jules! que marmottes-tu là ?..
JULES
Je ne marmotte rien , ma tante ; je réfléchis... (A part.) Mon amour... c’est bien... mais la succession!.. (Haut.) Je pense à une chose . si nous reconduisions Élise tous les deux !
-» M“* CUEVALIER.
C’est cela. Monsieur, pour me laisser toute seule... et , qui est-ce qui fera ma partie !.. DAVID.
Moi , ma tante.
JULES
Du tout... toi, reconduis Élise, moi, je vais chercher la table à jeu. (A pari.) Sou inibécille de piquet... je ne connais rien de plus atrocement béte.
M m CUEVALIER , à Élise et & David.
Allez, mes enfans, allez; toi, mon Élise, reviens me voir le plus tôt possible.
ÉLISE
Oh ! je n'y manquerai pas, ma tante.
ji i.Es, a paru Suis-je assez vexé !
Ai* ; Ri«ii n’égMic inarotr/r
Le sort aujourd’hui m'accable !
Quel embarras est le mien ;
Je me donnerais au diable .
Oui, vraiment, pour mollis que rien.
S'il reconduit ma maîtresse.
Malheur A ma passion !
Seul ici, si je les laisse;.
Gare A la succession !
Vrai, c’est A n’y pas survivre.
DIVIO, àpjrl.
Le pauvre homme est aux abois!
Aussi, pourquoi veut-il suivre Plusieurs lièvres à la fois.
ENSEMBLE
Le sort, etc,