LES ERRANTS
Ils regardent vers l'horizon, fatigués des routes humaines, prêtant l'oreille aux voix soudaines du silence et du vent profonds.
Ils vont, sans trêve... Leur patrie est là-bas, mais toujours ailleurs, au gré d'un songe intérieur, qui, sans répit, se modifie.
Auront-ils jamais le loisir, la demeure, la certitude ?
Leur espoir change ; l'habitude est impuissante à les saisir.
A peine au but qui les réclame, ils vont, s'éloignant sans retour, vers d'autres soins, d'autres amours, d'autres soupirs et d'autres larmes.
Auront-ils jamais le repos, la certitude coutumière, eux qu'exalte ou que désespère, chaque soir un projet nouveau ?
Toutes les forces de la vie, tour à tour et toutes ensemble, se disputent leur cœur qui tremble et qui, sans fin, se modifie.