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transport des canons de fusil; il l'a payée 1 2 ou 13 franosf elle lui fut livrée en donnant 20 sous d'arrhes. C'est Morey qui lui en avait remis je prix. II la fit porter chez Bury par un commissionnaire, qui reçut 15 sous pour sa commission. II a également déclaré que, lorsqu'elle avait été remise à Nolland, elle contenait trois volumes de la Police dévoilée^ par MM. Delaveau et -Froment, et un volume intitulé de la Femme, par Vrrey, le tout bien relié; et enfin un petit carnet, couvert en carton, qui contenait une ou deux adresses, celle d'Anr nette Bocquin et d'une marchande chez laquelle Fies^' chi espérait la placer; diverses notes de dépenses, peutêtre celle des tuinons de fusil et du bois qui avaient servi à la confection de la machine; à coup sûr, celle du foyer de l'appartement; et peut-être encore la note de l'argent payé au tailleur Faumier par le docteur Perrbve»
Nous reviendrons plus tard sur ces indications qui avaient besoin d'être vérifiées et éclaircies. Nous avons eu l'honneur de vous rendre compte de l'enquête laborieuse et difficile qui a fait enfin découvrir le marchand qui avait vendu la malle à Fieschi, et, sous ce rapport, sa déclaration a élé reconnue parfaitement exacte.
Quant au carnet, nous vous avons appris plus haut comment Morcy s'en était emparé en le retirant de la malle de Fieschi. Vous vous rappelez la propositron faite parla fille Lassave d'en déchirer les feuillets écrits, et cette réponse de Morey :Il n'y a pas moyen; il a écrit partout, jusque sur le dos, je l'emporte : je vt'en débarrasserai. Le 24 août, ce carnet fut retrouvé dans les lieux d'aisances de la maison habitée par Morey, rue Saint -Victor, n° 2.3. Les procédés de la chimie moderne ont permis de ic désinfecter et de Je laver
sans en faire disparaître ce que Fieschi y avait écrit, soit à la plume, soit au crayon; c'est une des pièces du procès. Ce carnet fut représente à Fieschi, qui ' Va reconnu :' il contenait des renseignements sur les voitures dites Omnibus, quelques adresses sans noms propres, quelques noms propres sans adresses, la note de divers objets mobiliers, des chiffres paraissant indiquer des sommes reçues et dépensées, enfin mie phrase écrite à demi-mots, qui semblait vouloir dire: Le mois (le juillet effrayera la France. On y a trouve, comme' la fille Lassave l'avait annoncé, un article couru en ces termes: Bua, 13 fr. 23 cent.
Fieschi n'a pu expliquer. les divers articles inscrits sur son carnet qu'après de longues méditations.
Les indications des sommes dépensées se rapportaient assez bien au payement des divers demi-termes de son loyer, au prix des pièces de bois qu'il avait achetées pour la confection de Sa machine, au prix de maind'œuvre pour fa façon de ces pièces de bois, enfin au prix de la malle dans laquelle les canons de fusil avaient été transportés. La difficulté consistait à rendre compte des recettes. On y voyait plusieurs fois répétée une somme de 218 fr. 50 cent. : on a retrouvé la signification certaine de ces chiffres dans une des dernières confrontations de Fieschi et de Pépin, ainsi que nous aurons occasion de l'expliquer plus tard.
Mais, entre plusieurs petites sommes qui pouvaient exprimer différents secours reçus de Pépin par Fieschi, à diverses époques, se trouvaient dans le carnet d'abord une somme de 4,750, 40 et puis une autre somme de 21850 18. 50. Ficsclii ne pouvait en trouver ,la signification qu'en les décomposant en plusieurs nombres ; car il a toujours soutenu , et il soutient encore qu'il n'a jamais reçu que 500 fr. ou 525 fr. environ.
ÏI a fait observer, en dernier lieu, qu'il a porte plu- »ieiirs fois les mêmes articles en recette, comme les mêmes articles en dépense, ce qui a occasionné dans son carnet de fréquents doubles emplois. II paraît que cette repétition des mêmes choses était pour lui une habitude; car on trouve l'état de son indigent mobilier recopié deux fois sur ce petit registre.
Les adresses inscrites sur ce carnet ont été reconnues tout à fait insignifiantes; on a entendu diverses personnes qu'elles semblaient indiquer, et on s'est convaincu quo ces personnes n'avaient eu aucune relation avec Fiesthi.
Quant à la phrase mutilée, Fieschi* dit avec franchise qu'il ne se rappelait pas de l'avoir écrite, mai* que, puisqu'il avait fait la chose, c'est-à-dire puisqu'il avait commis le crime, il avait bien pu écrire une phrase qui semblait le prophétiser. m
Un fac similede ce carnet, accompagné des explications qu'en a données Fieschi lui-môme, sera joint au présent rapport.
Après l'avoir interrogé sur un grand nombre d'individus signalés pour avoir été connus de lui, à l'égard desquels il a fait des réponses catégoriques, et qui démontrent évidemment que ces individus sont complètement étrangers à l'attentat, M. le Président a été naturellement conduit a lui faire remarquer qu'ayant connu beaucoup d'ennemis du Gouvernement, on devait croire qu'il avait instruit de ses projets quelques-uns d'entre eux; il a répondu : Mon Dieu, non. Je me serais bien donné de garde de leur rien dire; c'étaient des gens qui voulaient avoir l'air de tout faire et qui n'étaient bons qu'à faire des crédits dans les cabarets: c'étaient des hommes corrompus , à corrompre, les filles, les femmes, les onze mille vierges ; ce sont des ennemis' de tout gouvernement, disposés à aller dans toutes les
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émeiftes , mais incapables de Conduite et de secret.
Fieschi1, comme vous le voyez, Messieurs , en disait assez pour que les indices qui existaient contre Boireau f Morey et Pépin conservassent toute leur gravité, et que ses dénégations, quelque absolues qu'elles fussent, ne détruisissent point l'impression profonde que devaient l'aire les sérieuses apparences de culpabilité ou de complicité qui étaient à leur charge.
Dans le plus prochain interrogatoire qu'il lui fit su* bir, M. lé Président crut devoir présenter à Fieschi le résumé de ces indices, afin de le mettre à portée de les discuter avec precision.^Ii fallait nécessairement que F feseki les détruisit par ses explication» ou qu'il les confirmât par ses avetiXé— Vous allez voir avec quelle adresse et quelle constance il cherchait encore à les éluder : «fia / - « rt'uu , lui dit M. le Président, vivait avec voué dans une «grande intimité, puisque vous alliez coucher chez lui, «et que, de votre aveu, il est venu plusieurs fois vous eber- « cher dans votre domicile (ou près de votre domicile). « Cela est, en outre , prouvé par le don que vous lui avez «fait d'un pistolet. Boireau savait que l'attentat devait «être commis; il avait annoncé, la veille, le lieu où ii « le serait, et par quel moyen. De plus, au moment où «l'attentat a été commis, ii se tenait dans le voisinage; ii « convient même que vous lui avez dit qu'il fallait nue « les patriotes se tinssent prêts : que pouvez-vous J ire «pour nier sa participation à l'attentat?» . Fieschi s'est contenté de répondre qu'il avait fait connaissance avec Boireau au mois de décembre 1834; qu'à cette époque, quand Boireau ne savait où aller dîner, il venait manger i la table de Fiesclvi, c'est-àdire à celle où dînaient les pensionnaires de Laurence
1 Interrogatoire de Fieschi, si août.