‹ Attila: tragédie en cinq actesChapitre 19 sur 59 · ACTE H, SCÈNE III. a · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE III. a

ATTILA {à part. )

En eflFet ? et î'hésite à punir? par quel charme

N'ai-je point de rigueurs que sa voix ne désarme.

(Haut.)

De ce bruit mensonger révèle-moi Fauteur, Ma justice a besoin de frapper l'imposteur ; Qu'A tombe , je t'absous.

GENEVIEVE

Ton bras ne peut l'atteindre.

Nomme , où crains Attila.

GENEVlàvC.

Je ne saurais le crwndre.

Quand tout tremble , quand tout m'admire. • .

GENEVIÈVE

Je te plains.

Si le sang des guerriers , le cri des orphelins , Si les pleurs maternels , les ruines fumantes , $ Au seul bruit de tes pas les nations errantes , Et l'univers sous toi retournant au chaos , Sont aux yeux fascinés d'héroïques travaux ; Moi , je n'y vois , hélas ! que d'horribles misères , Les vaincus , quels qu'ils soient, nesont-ils pas tes frères?

Je suis seul , sans parens. Dès qu'il m'ose braver , Tout peuple doit périr : les Francs vont le pitouver.

GENEVIÈVE

Du sang des malhei^reux quelle soif te dévore ?

Lorsqu'on ne me craint pas, je veux que l'on m'abhorro.

z6. ATïiLA.

GENEViiVE.

A tes souhaits Eapïi cœur nie défiend d obéir ^ Mais je te haïrais , si }e pouvais haïr.

Crois-tu donc qu*ÂttiIa fait deç menaces vaines? Résiste encor, tu meurs ; fléchis , je romps tes chaînes. Qui t'a parlé? réponds.

GENEVIEVE

• Quel est le roi des rois ,

Qui précéda les jours et les temps? quelle voix Dit au néant : Finis ! dit au monde : Commence l Au soleil : Sois ! d'un souifie harmonieux, immense^ Qui féconda le» champA ^ peupla d êtres divers Et la terre déserte , et TabiH^ des mers ; Qui j dans la fange mémo appelapt la pensée , Vit cette fange inerte , immobile ^ glacée, S'éveiller, se sentir, jeter les yeux sur soi , Et marcher à ces mot&^ Sois homme, et lève toil En tous temps, en tous, lieux., cjui frappe nos oreilles, Nos regards , tous^^nos sens , do constantes merveilles? Quel frcîn retient captif ce soleil radieux

Qui nous dévorerait s'il échappait des cîeux? Qui fait rouler les flots et lë torrent des âges , Mugir les aquiTons et gronder les orages ?

Pour rappeler sa force à Torgueil des pervers y Quelle main tout-à-l'heure a pesé l'univers ; Renversé sous nos veux tant de cités célèbres ,. IXasIveâi imitléiidiiS' parsemé les ténèbres , Et trouvé plus léger le globe des vivans Que b> pailfe <|Uiji> i^^ Hir les» aitcâ dtoB vents ? Eh bien , c'est celte main , prodigue de miracles ,- Qui même dans les fers me traça ses oracles ;

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