‹ Attila: tragédie en cinq actesChapitre 27 sur 59 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

GENEVIÈVE , sevde.

Jérusalem naissante, amour de ma jeunesse,

Quand te retrouverai-je , ô ma chère Lutèce ;

Quand voguerai-je ericor , sur ton fleuve enchanteur,

Du mont Valérien à l'île du Pasteur ?

» Pourrai-je de nouveau parcourir tes montagnes ,

» De mes troupeaux errans animer tes campagnes ,

» Et faire retentir tes bois silencieux

» Des chants qu'au roi-prophète enseignèrent les cieux?

J'étais libre autrefois, et je suis prisonnière ;

Le pauvre, avec ses maux , m'attend dans sa chaumière.

Depuis dix jours , hélas ! de misère affaibli ,

Il souffre en m'accusant d'un homicide oubli :

11 s'écrie , il m'appelle, il meurt ; je suis absente !

Que cet affreux penser rend ma chaîne pesante!

Dieu 5 qui de traits de flamme arme ma faible voix , Pour jeter des lueurs dans l'avenir des rois ; Qui livre à mes regards les secrets les plus sombres , Du doute sur mon sort laisse flotter les ombres ; Je n'en bénis pas moins d'avance ses décrets. Si je meurs loin de toi, Lutèce , mes regrets Jusqu'à tes bords absens iront se faire entendre. Avec mes derniers vœux , daigne accueillir ma cendre, Et que ta piété m'impose un doux fardeau , En élevant la croix sur mon humble tombeau.

riN DU SECOND ACTE.

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