ACTE IV, SCÈNE IV
D'un joug déshonorant pour sauver ma patrie ^^ S'il n'eût fallu t'offrir quie mon trône et ma vie ; Avant que ton courroux éclatât devant moi , J'aurais rempli tes vœux; tu serais» déjà roi. Mais cette liberté qui des Francs est l'idole , Que foudroyaient les dieux tonnans au Capitole , Et qui , pour conserver un coin dans l'Univers , Avec nous , cinq cents ans , défendit nos déserts ; Tu veux la rendre esclave? Elle ne peut pas l'être^ *** Les Francs suivientun chef ^ etbraveraientunmattre. Je sais trop qu'Attila se croit mal affermi , Tant qu'il verra debout son dernier ennemi ; Qu'en osant être libre , on l'insulte, on l'affronte; ' Nous l'osons : Foses-tu ? De la gloire ou la honte Choisis ! Il te faut seul t'avilir sous sa loi , Ou vaincre avec mon peuple , et je marche avec toi»
MARCOMIR
Ton peuple , il est le mien.
HÉROV££.
Qui t'a fait roi?
HARCOMIR.
Ta chahie.
HEROVéS.
Je la porte du moins ; un transfuge la traîne.
HARCOMIR.
• Qu'un vil usurpateur cesse de m'outrager :
» 3ç suis maître en ces lieux ; et je puis me venger !
MÉKOVÉE.
» Je méprise la mort , à quoi sert la menace ?
* Usurpateur , qui? moi 1 fidèle à notre race ,
* L« Franc chez nos aïeux toujours choisit ses rois ;
* Mais sa volonté seule entre eux guida son choix.
* Il ne sait respecter que le front qu'il couronne.
* J'aurais pu t'obéir ; son choix est fait; j'ordonne.
tfAUCOMIR*
> Ordonne donc , perfide ^ à nos bords envahis , 9 D'oublier que sans moi tu perdais ton pays.
kéR0¥££.
9 Ah I c'eu est trop. Entends une voix citoyenne ; » Tout t'accuse en ces lieux , ta présence et la mienne.
Transfuge.YoIoataire, on te voit protéger, .
riotL loin de tou berceau le camp de l'étranger.
Condamné par nos lois , l'orgueil qui te dévore ,
Veut punir ton pays de les chérir encore ;
Prétend combattre, vaincre^ et qui donc ? des Français; ** On a pu les trahir, mdîs le* vaincre ! jamais ! Ils seront triomphans : et le crime d'Arsenne Trompe au moins ton espoir , et ne sert que ta haine. Ta haine en m'entourant de traîtres , de complots ^ Ta haine en me poussant avec eux dans les flots , Ta haine , en trafiquant aujourd'hui de ma tête , Prouve à tout T Univers que Marcomir . . ^
MÀRGOMIR.
Arrête!
Ah I loin que dans ce camp j'eusse appelé tes pas , Que ne jpuis-je te rendre aux dangers des combats :