ACTE IV, SCÈNE V
Quels sévères regards, quel brillant diadème. Quelle gloire ! C'est lui ! c'est Clodion lui-même ! Il s'avance à pas lents , se place à vos côtés ,
( A Marcomir épouvante. )
Il va parler, il parle,*... Où fuyez-vous? restez! Où sommes-nous, mon fils , quelles sont ces bannières f Cette tente, ce camp, et ces hordes guerrières? Ciel pur , terre féconde , oui , je vous reconnais , Oui , vous êtes la France : où sont-ils mes Français? Où sorit-îls les drapeaux que vous deviez défendre? Mon peuple n'est-il plus ; Lutèce est-elle en cendre? Mon fils , du moins, mon fils a-t-ilsu les venger? " Vous ne répondez point : vous servez l'étranger. Un Attila : c'est lui qui vous traîne à sa suite. Quels horribles exploits ! tous les peuples en fuite. Tous les palais détruits, tous les champs ravagés; Aux marches des autels les prêtres égorgés ; Les vieillards, les enfans, qu'en vain protège l'âge, Variant pour ce roi les plaisirs du carnage ; Et les femmes enfin que dédaignent ses coups , Trouvant dans leurs bourreaux d'effroyables époux. S'il triomphe jamais , le soc de la charrue Passera sur Lutèce, à vos yeux disparue.
Seul , debout sur les Francs que perdit sa fi|reur j Je vois le fratricide à lui-même en horreur , Se fuir, errer mourant danp un désert immense 3 A des débris muets redemander la France ; Et de sa propre honte , éternel monument , D'un nom qui ne meurt pas subir le châtiment. Vous frélnissez ^ mon fils , vous détournez la vue : C'est en vain y de ce camp partout l'aspect vous tue. D'un perfide étranger brisez le joug fatal
Pharahiond soulevant le marbre sépulcral , Votre pays ^ Thonneur , la gloire , tout vous crie : Soyez , soyez Français 1
MARCOMIR
Oui , sauvons la patrie !
MÉROVÉE
Mon frère!
MARCOMIR
Dans ses bras ie renais à Fhonneur.
Sois roi ; de l'Univers sois le libérateur.
MÉROViE.
Je suis ton frère , et veux consolant ta disgrâce
MARCOMIR
Qu'Attila meure, ou fuie, et mon malheur s'efface!
MÉROVÉE
» Marchons 9 ami^ marchons!
GENEVIEVE , d gcnoux.
Dieu fort, Dieu des chrétiens, »0 toi, qui d'Israël as brisé les liens, » Protége-nous ; nos mains ne seront plus captives. » Que du fleuve aujourd'hui les ondes fugitives , » A l'aspect de mon roi se retirant soudain, » Renouvellent pour lui le sentier du Jourdain. » Que devant lui portant la foudre vengeresse , 9 Aux yeux de l'étranger vainqueur il reparaisse ; » Et bientôt à tes pieds les Francs et les Gaulois , » En brisant leurs faux dieux , adoreront tes lois.