‹ Attila: tragédie en cinq actesChapitre 45 sur 59 · PORTANT DES TORCHES · texte numérisé non relu

PORTANT DES TORCHES

Oui , c*est un déshonneur qu^un succès trop facilç,

Nous ne combattrons plus : point de plainte inutile.

Des Romains et du sort les Francs abandonnés ,

S'égorgent froidement à nos yeux étonnés ;

Ils semblent ignorer si nous avons un glaive :

Ce que nous commençons , leur désespoir Tachève ;

Et plus grands que jamais , en se perçant le cœur :

Nous mourrons, disent-ils, libres et sans vainqueur!

Cependant, Genseric les poursuit de sa rage,

II menace Paris du destin de Carthage;

Et comme sa fureur frappe au gré de leurs vœux ,

Ces ombres deviendront éternelles peur eux !

(A un signe d'Attila, tous les rois se retirent au fond de la scène.)

De rhonneur que ne puis-)e agrandir la carrière , Du monde qui finit reculer la barrière , Voir des peuples nouveaux naître devant mes pas , Trouver de nouveaux cieux et de nouveaux combats , Et toujours m*élevant de conquête en conquête , De mon choc , dans la nue , allumer la tempête !

Qui m* arrête? Les Francs me cèdent rUnîveri { Byzance est dans Teffroi , Rome implore mes fers i Tout est vaincu. •< déjà !... Gloire y idole trop vaine ^

Tu m'échappes! Pourquoi la fortune incertaine ^

Entre la terre et moi n'a-t-«Ue point flotté ?

Mais de quels mouvemens suis-je encore agité ?

Rival du temps , je dois , devançant son ravage y

Des siècles à venir seul accomplir Fouvrage.

D*où vient que , rappelant d'importunes clamexirs ^

Mon souvenir répète : Encore jxja. an tu meurs !

Ai-je fui ? les héros ne sont-ils que des hommes ?

Est- il des dieux plus grands , plus fiers que nousle somjnes?

Je ne sais. Ah ! du moins , qu'ils ne se flattent pas

Que quelques nations échappent au trépas i

Point de pitié ! Ces rois dont la foule m'assiège ,

Bientôt dans le néant.. y . Mais que fait donc Elphège?

Elle pleure. Ardaric , du combat disparu ,

Ici pour m'obéir est sans doute accouru.

Sa fureur avait soif du sang ae Mérovée ;

Dans son flanc , à longs traits , die s'est abreuvée.-

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