PORTANT DES TORCHES
Oui , c*est un déshonneur qu^un succès trop facilç,
Nous ne combattrons plus : point de plainte inutile.
Des Romains et du sort les Francs abandonnés ,
S'égorgent froidement à nos yeux étonnés ;
Ils semblent ignorer si nous avons un glaive :
Ce que nous commençons , leur désespoir Tachève ;
Et plus grands que jamais , en se perçant le cœur :
Nous mourrons, disent-ils, libres et sans vainqueur!
Cependant, Genseric les poursuit de sa rage,
II menace Paris du destin de Carthage;
Et comme sa fureur frappe au gré de leurs vœux ,
Ces ombres deviendront éternelles peur eux !
(A un signe d'Attila, tous les rois se retirent au fond de la scène.)
De rhonneur que ne puis-)e agrandir la carrière , Du monde qui finit reculer la barrière , Voir des peuples nouveaux naître devant mes pas , Trouver de nouveaux cieux et de nouveaux combats , Et toujours m*élevant de conquête en conquête , De mon choc , dans la nue , allumer la tempête !
Qui m* arrête? Les Francs me cèdent rUnîveri { Byzance est dans Teffroi , Rome implore mes fers i Tout est vaincu. •< déjà !... Gloire y idole trop vaine ^
Tu m'échappes! Pourquoi la fortune incertaine ^
Entre la terre et moi n'a-t-«Ue point flotté ?
Mais de quels mouvemens suis-je encore agité ?
Rival du temps , je dois , devançant son ravage y
Des siècles à venir seul accomplir Fouvrage.
D*où vient que , rappelant d'importunes clamexirs ^
Mon souvenir répète : Encore jxja. an tu meurs !
Ai-je fui ? les héros ne sont-ils que des hommes ?
Est- il des dieux plus grands , plus fiers que nousle somjnes?
Je ne sais. Ah ! du moins , qu'ils ne se flattent pas
Que quelques nations échappent au trépas i
Point de pitié ! Ces rois dont la foule m'assiège ,
Bientôt dans le néant.. y . Mais que fait donc Elphège?
Elle pleure. Ardaric , du combat disparu ,
Ici pour m'obéir est sans doute accouru.
Sa fureur avait soif du sang ae Mérovée ;
Dans son flanc , à longs traits , die s'est abreuvée.-