CHAPITRE IV
QUE FAIRE? PRATIQUE DE l'xVTTITUDE PASSIVE
Nous ne sommes ni des diplomates, ni des jurisconsultes, ni des hommes politiques ; nous sommes des religieux et des prêtres. Ce n'est donc pas à nous d'exposer la conduite à tenir au point de A'ue juridique; il ne nous appartient pas d'indiquer les moyens d'obtenir des Chambres ou du pouvoir le retrait ou l'adoucissement des mesures que nous refusons d'accepter. Former des Comités d'hommes d'action, grouper ce que Ton pourrait appeler un parti catholique n'est pas de notre ressort. Nous laissons à ceux dont la vie se passe au milieu des luttes publiques à essayer d'organiser et de mettre en mouvement une force humaine assez puissante pour défendre les intérêts de l'Église. Des évêques pourraient peutêtre le tenter en réunissant autour d'eux quelques bonnes volontés; des hommes habitués à jouer un rôle dans les affaires du pays seraient également autorisés à l'entreprendre.
Nous souhaitons qu'il s'établisse en France quelque chose que l'on puisse comparer au centre allemand, au parti catho- Jique en Belgique, aux ligues de l'Irlande. Mais nous reconnaissons que telle n'est pas notre mission. Nous n'avons rien de ce qu'il faut pour émettre même une idée dans cet ordre de clioses.
Pour nous, nous devons rester, et nous tenons à rester dans la sphère d'activité qui est la nôtre, à nous, prêtres et
religieux. Chacun combattra à sa manière. Laissons à qui de
droit les luttes politiques; nos devoirs, nos moyens sont tout
autres. Ce n'est ni une ligue, ni me frande que nous avons
à commencer : nous demeurerons sur le terrain où nous placent nos fonctions et notre vocation.
Une de ces dernières années, le Souverain Pontife voyait autour de lui un groupe nombreux de jeunes gens venus pour lui rendre l'hommage de leur respect et demander des conseils. Le Pape leur traça en trois mots la ligne de conduite qu'ils avaient à suivre. « Vous devez, leur dit-il, prier, agir et souffrir. »
Il me semble que nous, religieux, nous ne pouvons mieux faire on ce moment que de recevoir avec joie ce triple conseil tombé d'une bouche si vénérée et si auguste. Nous aussi, nous avons à prier, à agir, à souffrir. Il y a dans ces trois devoirs inalière à des développements que l'on comprendrait plus volontiers sur les lèvres d'un prêtre parlant en chaire, qu'au bout de la plume de l'auteur d'une brochure. Aussi je ne ferai qu'ouvrir quelques horizons que chacun pourra étendre à son