‹ Attitude passive des congrégations religieuses en présence de la loi d'abonnement [microform]Chapitre 12 sur 14 · PRIER · texte numérisé non relu

PRIER

La grande force des chrétiens, à plus forte raison celle des religieux, c'est la prière. Par nous-mêmes nous ne sommes rien : Ni/ni sumns, nihil posstimus. Nous devons en dire autant de tous les moyens humains, quels qu'ils soient : comités de juristes ou associations d'hommes politiques. On peut s'agiter, parler, faire du bruit, mais arriver à quelque résultat heureux, si Dieu n'y met la main, il ne fautpas y compter. Aussi, n'est-ce point sur les hommes, sur leur sagesse, sur ce qu'ils appellent leur puissance ou leur habileté que nous avons à faire fond. Notre secours vient d'en haut, c'est en Dieu seul que nous plaçons nos espérances.

Sur le point de livrer ce grand combat où il avaità triompher dé la justice de Dieu et de la tyrannie de l'enfer, Jésus-Christ

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prolonge sa prière; c'est après avoir prié qu'il se lève, comme un vaillant et un héros, pour commencer la Passion où il doit trouver à la fois la mort et le triomphe. Quand saint Pierre était eo prison et que la persécution menaçait TÉglise au ber^ eeau, c'est aussi à la prière qu'eurent recours les premiers chrétiens : ils ne s'adressèrent ni au Sénat de Rome, ni au Sanhédrin de Jérusalem. A l'occasion du mois d'octobre, que de fois Léon XI H, en rappelant les victoires déjà obtenues par la prière à Marie, nous a donné pour seules armes, dans les luttes qui se livrent ou qui se préparent, le Rosaire et VAve Maria, C'est toujours le mot de Jeanne d'Arc : Les gens d'armes batailleront, et Dieu donnera la victoire.

Nous prierons, non pas pour obtenir que Dieu nous épargne la soulTrance, pour qu'il nous accorde une vie tranquille, la possession non disputée de nos biens et de nos couvents, la protection des pouvoirs, les applaudissements des hommes, pas même la propriété financière de nos œuvres. Ces choses, lésus-Ghrisl ne les a pas voulues pour lui, il ne nous les a pas promises : ce n'est que par intervalles qu'il les a accordées à rÉglise. Ce que nous devons demander, c'est le retour de la France à des sentiments chrétiens; c'est pour nous le moyen de pratiquer les conseils évangéliques dans la vie religieuse; c'est la possibilité de nous dépenser, comme le désire Jésus- Christ, pour ses intérêts et aussi pour ceux des pauvres et des pécheurs. Quant à la souffrance et à la persécution, nous n'avons pas à les désirer, sans doute, mais nous n'avons pas non plus à en solliciter l'éloignement; car elles sont, dans le plan divin, un des moyens les plus puissants d'atteindre le but que nous nous proposons.

Quelle force nous pouvons avoir, nous, prêtres, à raulel, nous, religieux et religieuses, dans les effusions de la communion, dans la récitation du saint office! Quelle puissance dans les prières multipliées que prescrivent nos règles!

Nous n'avons pas la possibilité d'entrer dans les conseils des hommes, mais le plus humble des Frères, la religieuse la

plus inconnue au fond de son monastère, peut faire entendre sa voix dans les délibérations du ciel, et, comme le disait Jeanne d'Arc, c'est dans les conseils de Dieu que toute chose se résout.

Faisons donc monter jusqu'à Jésus et à sa Mère les supplications de nos 150 000 voix, et soyons certains que Dieu ne sera pas sourd à nos prières.

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