AGIR
C'est un devoir, c'est la sagesse de compter tout d'abord et par-dessus tout sur le secours de Dieu. Mais dans l'œuvre du salut du monde, aussi bien que dans le travail de notre sanctification personnelle, Dieu, par respect pour sa gloire et par égard pour nous, veut que nous soyons à notre tour ses coopérateurs. C'est toujours le gratia Del nieciim de saint Paul, Dieu et moi, moi avec Dieu, Dieu par moi. Aussi nous avons, dans la circonstance présente, à déployer notre activité; il nous faut agir dans la mesure de nos énergies, tout en restant dans l'ordre des choses qui nous concernent.
Avons-nous à essayer d'éclairer ceux qui nous gouvernent, ou de fléchir leurs volontés? Faut-il susciter un pétitionnement en notre faveur? Avons-nous à nous adresser aux Chambres, au président, aux ministres? Je laisse à d'autres à répondre à ces questions. S. Ém. le cardinal Richard, dans un langage noble, ferme et pacifique, a fait appel à la sagesse du président de la République. Peut-être y aurait-il lieu de ne pas s'arrêter à cette seule démarche. Si M. Faure avait une plus réelle autorité dans la direction de nos affaires; si nous pouvions espérer que nos ministres resteraient assez longtemps à leur poste pour exécuter les engagements qu'ils auraient pris envers nous; si la majorité dans les Chambres .pe devait pas, de parti pris, rejeter tout ce qui pourrait venir
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de BOUS, peut-être pourrions-nous agir dans ce sens, néserait-ce qu'en présentant des Mémoires. Mais, encore une^ fois, je m'abstiens d'émettre môme un avis sur ce sujet, je ne veux indiquer aucune démarche. ■
Il est plus de notre ressort de travailler à éclairer Topinion sur la situation qui nous est faite et sur la nature et lé bien fondé de nos réclamations. Il est utile, en particulier, de faire comprendre au peuple que nous ne demandons aucun privilège, et que nous voulons rester dans le droit commun, mais ne pas en être chassés, par des lois d'exception. Il est bon de mettre sous les yeux du public l'odieux et l'iniquité de la loi et ses conséquences désastreuses. Beaucoup ne savent pas, ou ne se rendent pas bien compte de ce qui se passe ou de ce qui se prépare, non plus que de la nature et des motifs de notre opposition.
A nous, à tous les catholiques de saisir l'opinion et de l'éclairer : brochures, journaux, articles de revues, tracts,
affiches, conférences publiques, conversations privées '
sont des moyens à la portée de presque tous, et que chacun doit employer dans la mesure de ses forces.
II ne serait ni vrai, ni courageux d'abriter sa paresse et sa pusillanimité derrière cette excuse banale : « Que puis-je faire? Je suis si peu de chose! mon action est si bornée l >> Il y a dans ces mots beaucoup de fausseté, quand, en môme temps, il ne s'y cache point beaucoup de lâcheté. Qui ne connaît aujourd'hui dans le monde physique l'action prodigieuse des êtres les plus petits? Dans la sphère de l'activité humaine, il en va de môme sorte. C'est par l'action individuelle de quelques paysans et de quelques femmes que s'est établi et propagé le catholicisme. C'est une simple couturière de Lyon qui a fondé l'oeuvre merveilleuse de la Propagation de la Foi, et c'est à une humble femme de Saint-Servan qu'est due la Société des Petites- Sœurs des Pauvres. Que chacun profite des circonstances, des moyens dont il dispose, et ces efforts multipliés obtiendront un résultat capable d'étonner le monde. Une goutte d'eau, ce
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n'est rien; un graiid nombre ''de gouttes déau fertilisent là terre ou la dévastent. 0«e 'Chacun fasse son devoir, il aura assez fait, et Dieu fera le reste.
Quant à la conduite que nous avons à tenir par rapport à l'application de la loi elle-même, nous l'avons définie par le mot attitude passive.
Les Congrégations pourraient et devraient en principe se refuser à payer l'impôt sur le revenu aussi bien que la taxé d'abonnement. L'un et l'autre sont iniques, ce sont des lois d'exception, et toutes les observations que nous avons faites sfe rapportent à l'une comme à l'autre. Néanmoins, puisque beaucoup de Congrégations ont eu le tbrt jusqu'ici de toujours payer le premier de ces impôts, provisoirement du moins, il est assez généralement convenu entre les religieux de continuer à le faire et de concentrer tous ses efforts contre la loi d'abonnement.
Pour celle-ci, la grande majorité des Congrégations s'est déterminée à prendre une même ligne de conduite: l'attitude
passive.
Il ne s'agit pas de s'insurger, il s'agit de ne pas payer.
Sous ce rapport, qu'aurons-nous à faire pratiquement?
Ici, nous sommes assurés de ne pas pouvoir répondre à la curiosité bien légitime de nos lecteurs, et surtout à celle des Congrégations intéressées.Chacun voudrait connaître à l'avance comment il devra agir dans telle ou telle occurrence : mais précisément les circonstances peuvent être tellement variées, les situations des Congrégations présentent des différences si nombreuses et si profondes, les méthodes employées par les agents du fisc prendifont des formes si diverses, qu'il nous serait impossible de les prévoir toutes.
De plus, pour nous engager sur ce terrain juridique, il nous faudrait des connaissances et une expérience qui nous manquent. Aussi, sommes-nous réduits à donner des indications générales.
En toute circonstance, nous sommes d'avis qu'on recoure
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aux moyens légaux que pourrait découvrir la sagacité des \ avocats; il faut, autant que possible, sauvegarder ses biens, ses œuvres, sa Société, soit contre les mesures despotiques du gouvernement, soit contre les exigences iniques du fisc.
En second lieu, nous ne devons faire aucune avance, aucune démarche qui paraisse accepter la légitimité, ni même U légalité de la loi. Pour nous, elle n'existe pas. Ce n'est pas une loi. Nous nous abstenons.
Enfin, si nous sommes contraints par les circonstances à ^
voir le fisc recourir à la violence pour exécuter contre nous les prescriptions de la loi, nous nous cantonnerons dans l'altilude passive, c'est-à-dire que nous ne nous prêterons en rien, sinon comme spectateurs, à cette exécution ; nous laisserons aux agents l'odieux d'une spoliation brutale. Ils prendront nos biens ou les vendront pour en garder le prix; nous ne payerons pas, car il est nécessaire que b public sache que nos biens nous sont arrachés et que ce n'est pas nous qui les livrons. '
A cette échéance d'octobre, le fisc va réclamer l'arriéré, c'est-à-dire les sommes qu'il prélend être dues comme impôt d'accroissement. Les Congrégations n'ont qu'à refuser. En ce moment, le fisc, un peu inquiet, fait proposer des conditions en apparence assez douces; il ne demande cet arriéré qtio par j, dixièmes; il permet de ne le solder que par annuités; il laisse même entrevoir que sous peu il cessera d'en exiger le payement. On annonce que des sursis seront accordés; qu'oti acceptera les estimations et les déclarations sans les contrôler. Avant tout, il importe à FÉlal de faire admettre le principe dé sa loi. Aussi ses instructions d'aujourd'hui affichent la volonté d'agir avec modération, et le désir d'atténuer le plus possible les inconvénients de la perception de l'impôt.
Mais ces douceurs cauteleuses cachent un réel danger. Si les Congrégations tolèrent un commencement d'application de la loi, leur situation se trouvera compromise, et elles n'au- -t rontplus la même force pour se garantir plus lard quand les
sommes seront exigées en toute rigueur par les inspecteurs de Fadminislration.
Laissez-lui prendre un pied chez vous Elle en aura bientôt pris quatre.
11 est donc bon de se prononcer dès le début, et de déclarer que nous ne devons aucune taxe, ni petite, ni grande; puisque la loi d'accroissement est inique, nous n'avons rien à payer; d'ailleurs^ les sommes réclamées montent si haut pour quelques Congrégations, qu'il y aurait impossibilité matérielle de les fournir.
Après le refus, il faudra attendre que le fisc lui-même agisse. Pour se soustraire aux mesures qu'il prendra, on recourra aux moyens légaux, si on peut en découvrir. S'il n'y en a pas, il faudra faire appel à du courage et à du désintéressement, et offrir à Dieu, pour les droits de l'Église et des Congrégations, les sacrifices que la force imposera.
Aucune Congrégation ne doit solliciter l'exemption de la taxe en faveur des biens qu'elle emploie à des œuvres gratuites de charité. Ce serait reconnaître la loi, et on ne peut en accepter un seul article, sans par là même admettre au moins la légalité des autres.
Quand le moment viendra, au mois d'avril 1896, de solder la taxe d'abonnement, on devra ne rien verser de soi-même à ce titre entre les mains du fisc. Si on reçoit des avertissements» il n'y aura pas à y répondre; on n'a pas non plus à s'émouvoir des menaces, si les agentscherchent à intimider. Mais, dans toutes les relations qu'on aura avec eux, il faut rester dans des formes polies et prendre garde de compromettre sa situation par des actes qui exposeraient à être traités de factieux. Nous nous bornerons à répondre : Je ne peux exécuter votre loi, parce que je n'en ai pas la possibilité matérielle, et parce qu'elle blesse ma conscience.
Il faut bien se garder spécialement de rien signer ou de prendre aucun engagement écrit. Il s'agit seulement de ne
rien payer. Si les agents se présentent pour entrer dans un couvent de femmes cloîtrées, soit pour l'expertise, soit pour la saisie, les religieuses n ouvriront pas leurs portes : les agents ne pénétreront dans la clôture qu'après l'avoir forcée.
Les Congrégations non autorisées, n'ayant pas d'existence légale, ne possèdent rien. Elles n'ont donc rien de saisissable. Les meubles et les immeubles dont elles jouissent peuvent servir de àase, non de f/age à l'impôt. L'Étal ne peut les saisir. Si le fisc essaye de passer outre, les tiers qui les ont acquis les revendiqueront et alors il y aura lieu de recourir aux moyens légaux pour s'arracher à ses poursuites. Si nous sommes amenés devant les tribunaux ou devant le Conseil d'Académie, nous espérons trouver des juges assez équitables pour se prononcer en faveur de la cause de la justice.
Dans certains cas, cependant, il pourra être préférable d'en arriver de suite à Tattilude passive, et de laisser le fisc se payer par la vente à l'encan de nos propriétés, sans essayer d'introduire une réclamation judiciaire.
En tout cas, même après une condamnation devant les tribunaux, comme la sentence n'aura pas plus de valeur que la loi qu'elle prétendrait sauvegarder, nous n'aurons qu'à n'y point faire droit. Nous obligerons même, après jugement, par l'attitude passive, l'administration à se payer elle-même par la vente de nos biens.
Au sujet des Congrégations autorisées, nous nous bornerons à emprunter quelques avis d'une note rédigée par un jurisconsulte compétent.
Les Congrégations autorisées, qui sont personnes morales, n'ont pas à redouter la saisie de leurs immeubles.
L'État a sans doute le droit de faire vendre les immeubles de ses débiteurs; mais il nen me jamais, à cause de la procédure longue et épineuse, qui le serait bien plus pour les biens des Congrégations.
Si les Congrégations autorisées y étaient acculées, elles auraient intérêt à laisser vendre, elles auraient autant de moins
de biens imposables, aussi le gouvernement n'a jamais permis aux Congrégations qui le demandaient de vendre des parcelles d'immeubles pour payer l'impôt, il veut qu'elles payent sur leurs aumônes.
A-t-on à craindre les saisies-arrêts?
Elles n'ont d'ordinaires ni fermes ni maisons de rapport. Les renies sur l'Étal sont insaisissables même pour débet vis-à-vis du Trésor, du moment que le débet ne concerne pas un comptable public. (Loi du 8 nivôse an VI, art. 4, 22 floréal an Vil.)
Restent les saisies mobilières.
Le mobilier des couvents a peu de valeur. D'ailleurs, les lits, les objets nécessaires à l'industrie du débiteur — le mobilier scolaire — sont insaisissables.
Pour les vases sacrés, ornements, ne sont-ils pas souvent et ne peuvent-ils pas devenir la propriété de l'aumônier ?
C'est dans cette occasion qu'il faut mettre en pratique les conseils donnés par le Comité des religieux :
Pas de protestations. Pas de déclarations. Ne répondre à aucun avertissement. Ne pas s'émpuvoir des menaces. Rester dans les formes polies avec les agents du flsc. Ne prendre aucun engagement écrit. Ne rien signer. Ne rien payer.
Si l'administration décerne une contrainte, l'examiner, y faire opposition, puis attendre la saisie, et, si elle a lieu, s'assurer d'un homme de loi pour suivre le représentant du fisc et soulever des incidents faciles.
Il est douteux qu'on saisisse et surtout que l'on vende.
Si, pour une raison ou pour une autre, une Congrégation ne peut s'en tenir à l'attitude passive sur tous les points, elle devra s'efforcer, dans l'intérêt général, d'y rester fidèle dans la limite du possible, car il s'agit, par une attitude commune, d'agir plus efficacement sur l'opinion et sur le gouvernement. Parfois, sur un vaste champ de bataille, un général habile engage quelques-uns de ses régiments à abandonner une position, pour concentrer ses forces et attaquer, avec toutes
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ses troupes, un poste qui lui paraît plus important. Dans I notre armée de religieux, il y a unité dans la façon d'envisager sa loi ; si, pour des raisons spéciales, une Congrégation a cru devoir céder sur quelque détail, ne tardons pas à nous réunir tous pour atteindre le but commun :1a revision des lois fiscales.
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Enfin, il est un autre devoir non moins efficace et plus nécessaire que les deux autres, c'est la souffrance. Nous avons à agir, mais il ne faudrait point allribuer à l'action, surtoul dans la question actuelle, une valeur qu'elle ne saurait avoir. Au fond, les actes que nous aurons à accomplir n'auront pour résultat que d'éclairer Fopinion, d'intéresser le peuple à notre cause et de déterminer le pouvoir à retirer ses lois. Cette action reste dans les limites des choses humaines; elle en a toute l'incertitude, toute la mobilité et toute la faiblesse. Aux yeux des homme sa portée peut paraître grande, el elle est le plus important de nos devoirs; poumons, religieux, elle forme le petit côté de la question.
La prière est plus puissante, puisqu'aux forces de l'homme elle ajoute celles de Dieu.
Cependant, ce qui est plus efficace que Faction, ce qui n'est pas moins nécessaire que la prière, c'est de souffrir.
Dans toutes les causes d'ordre surnaturel, la force la plus grande, depuis la chule de l'homme, c'est la souffrance. La Passion est le mystère par excellence; le Fils de Dieu est descendu sur la terre plus encore pour mourir que pour vivre au milieu de nous. S'il a opéré la rédemption du monde, ce n'est pas dans le triomphe de sa Résurrection et de son Ascension, c'est au jour lugubre et sanglant du Vendredi-Saint. Or, en ce j jour béni, où toute injustice a été réparée, où la liberté a été
redonnée aux hommes, où les droits de Dieu ont été vengés, où l'Eglise a reçu sa naissance, Jésus-Christ n'a pas agi; aucun miracle n'a signalé sa puissance, le divin Crucifié n'a même laissé échapper de ses lèvres que quelques oraisons jaculatoires; mais ce jour-là est le jour de ses douleurs, de ses humiliations et de sa mort : c'<}st par ses souffrances et non par ses miracles qu'il nous a sauvés.
Ce qu'il a fait, il veut que nous l'accomplissions : comme lui, nous ne serons puissants que si nous savons mourir. Nous ne devons pas nous abuser : pour que notre prière soit exaucée, il faut qu'elle soit précédée de l'expiation. Que de péchés dont nous avons à porter la responsabilité ! Qui de nous n'a pas à se frapper la poitrine pour ses fautes personnelles? Quelle est celle de nos Sociétés qui, aux yeux de Dieu, a répondu pleinement à sa sublime vocation? Hélas! aux grâces divines dont nous sommes inondées, n'avons-nous pas mêlé parfois des vues etdes faiblesses humaines? Et puis, notre patrie, noire peuple, la France n'est-elle pas bien coupable? Ceux qui la gouvernent ne semblent avoir pour but que de l'arracher aux inlluences de Jésus-Christ. Je ne veux pas insister. Or, il y a une véritable solidarité entre les membres d'un corps social; les actes mauvais des chefs pèsent bien lourdement sur la tête des sujets, et le peuple, comme celui de David, a presque toujours à supporter le châtiment des crimes de ceux qui lui commandent.
Pour que la Providence divine daigne conserver à notre pays la grande et noble mission qu'elle lui avait confiée, d'être partout le chevalier du Christ et de son Eglise, pour que la France mérite de nouveau d'inscrire en tète de son histoire la belle maxime : Gesia Dei per Francos, nous avons des expiations à faire. Or, expier, c'est verser des larmes, c'est aussi verser son sang : Sine sanguinis effusione non fit veniissio, A celui que le Fils de Dieu a répandu si surabondamment, il faut que les chrétiens viennent ajouter le leur; à eux de réaliser la parole hardie de l'Apôtre : Adimpipo rjiue desunt passionum Ckrisii.
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A la colère de Dieu irrité par nos crimes, il faut des victimes expiatoires; son pardon et son concours sont à ce prix.
Nous ne voulons pas comprendre celte vérité, pourtant fondamentale, du christianisme. Nous avons semblé croire que nous rétablirions toute chose avec des pèlerinages, des Iriduums, des Comités, des articles de journaux et des discours. Tout cela ne suffit pas; tout cela doit être purifié par la douleur. II faut souffrir, et, jusqu'ici, nous ne semblons avoir eu pour but que d'écarter la souffrance.
Notre siècle est un siècle de jouissance autant qu'un siècle d'argent; la vie commode, ses aises, qui donc ne les recherche pas? Nous-mêmes, religieux, ne nous ressentons-nous point de cette mollesse qui énerve les courages et paralyse l'énergie?
La justice réclame des victimes pure? et sans tache, des hosties choisies. Où donc Dieu les Irouvera-t-il, sinon dans les rangs des âmes qui, pour éviter les souillures du monde, lui ont dit un éternel adieu ? N'est-ce point à nous aussi de détromper les hommes de leur fol amour des jouissances terrestres, par l'exemple du sacrifice? C'est à nous, religieux, de prendre sur nos épaules la croix de Jésus. Si nous voulons sauver l'Kglise de France et nos Congrégations, acceptons d*être victimes et de monter au Calvaire.
Déjà notre vie a ses sacrifices; la ferveur de beaucoup sait encore y ajouter des souffrances volontaires, cela ne suffit pas. Il y a dans la douleur imposée par la persécution un trait de ressemblance de plus avec la Passion du Sauveur; et c'est quand nous aurons communié à celte Passion que nous pourrons entonner un chant de victoire.
Envisageons donc avec courage et môme avec joie les conséquences douloureuses qui suivront notre altitude passive. Acceptons-les avec une générosité virile; unissons-les d'avance aux souffrances de Jésus, et soyons certains que ces peines idonneront plus d'efficacité à nos prières et à notre action pour rétablir nos Congrégations et l'Église dans leurs droits 0t dans la liberté.