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la cour romaine, il faut d'abord l'étudier en la rapprochant des termes mêmes de la question. Nous ne connaissons pas le texte des lettres écrites par Nosseigneurs les ev^l^^»' ««^'^ Hinioer, du il septembre nous a rapporté la dema..de du supérieur religieux en même temps que la réponse de Rome. Il a même ajouté un des passages du Mémoire à l'appui, sans doute parce qu'on y a attaché quelque importance. Nous avons donc ici plus d'éléments pour une étude complète.
Le supérieur dont il est parlé demandait, à la date du 22 août, au Saint-Siège, si « en face de l'opinion publique des calho^ liques de France, une Congrégation, pour éviter les plus gran J maux, peul, en conscience et sans se déshonorer, se rés.gn à payer la taxe dite d'abonnement. »
La réponse est : « Sua Santita mantiene la delermmaz.one gia nota et per la quale inlende che superiori délie Congregazioni religiosi di Francis sino lasciali in piena l.berta di adollare di fronte alla legge del 10 aprili p. p. quella condotla che essi giudichino piu conveniente alla diffesa deglunteress.
délie loro Congregazioni. » ,-.•,.
Le Pape commence par affirmer quil entend maintenir la
ligne de conduite tracée dans ses lettres précédentes. Jl ne
veut, par conséquent, rien modifiera la première letlre adressée
à S. Ém. le cardinal Meignan, la plus importante et la plus
explicite de toutes. Quant à la question mô.ne du supérieur i
« sa Congrégation peut-elle en conscience et sans se^ desho-.
«orer payer la taxe, » le cardinal n'y répond pas. 11 1 esqmv.
h .bilem.nt et passe à côté. U se conteure de dire que leSa.nt-
Père maintient la direction déjà donnée et qu'il entend que
les supérieurs soient laissrs m pleine liberté. (Ce n'est paj
tout à fait synonyme de : ont pleine liberté, comme on a Ira-^
duit) d-adopter la ligne de conduite quils jugeront convenablej
Évidemment, il ne veut pas répondre ni résoudre le cas M
conscience qui lui est soumis.
Sans cela il aurait dit : la Congrégation peut, en conscience
et Bans se déshonorer, payer, ou : elle ne peut pas payer.
Au lieu de cela, il dit : qu'on laisse en liberté les Congrégations se déterminer elles-mêmes, elles n'ont à obéir ni à l'opinion ni à une pression quelconque.
Divers journaux ont publié (l'^'- octobre) une phrase italienne extraite d'une lettre particulière écrite par S. Ém. le cardinal Rampolla à un autre supérieur de Congrégation. La voici: Sr V. puo consicura coscienza prendere quella determinazione che gindicherà pin conveniente pel vantaggio délia sua Gon-
gregazione.
Cette solution, d'un cas de conscience particulier, n'infirme 3n rien notre manière de voir. Le seul point réî^olu est celui- ^i : le supérieur qui, après un examen sérieux fait devant Dieu, croira en conscience, à tort ou à raison — peu importe dans ce cas,— qu'il vaut mieux pour sa Congrégation, toutes choses bien pesées, payer que de refuser le payement, ne péchera pas.
En un mot, observe avec raison Texcellente Semaine religieuse de Coutances, l'autorité suprême dans l'Église, pour laisser une plus entière liberté aux Congrégations, refuse de prescrire ou de résister ou de soumettre; chacun peut et doit se former la conscience d'après les règles ordinaires que la théologie morale trace quand le devoir est douteux. 11 faut examiner, étudier, consulter, surtout prier, et, la conscience ainsi formée, se décider en pleine liberté.
Le Pape s'abstient de toute parole qui pourrait être prise comme un conseil de se soumettre et comme un blâme pour ceux qui veulent résister.
Quant à la première demande, elle était formulée en des termes tels que Rome n'avait à donner, comme elle a fait, qu'une réponse évasive. Est-ce donc au Saint-Siège de dire si nous pouvons faire un acte quel qu'il soit sans voits déshonorer? Est-ce à lui de décider les questions d'honneur?
Puis, quand on ne trouve à opposer « aux maux les plus grands » que « l'opinion publique, » surtout quand on donne pour mesure et pour justification de l'opinion le passage d'un discours où l'on remarque plus de véhémence que de rigueur
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iiiiMitiiiiiliiilliMili
Ihéologique, a-l-on vraiment exposé la situation dans toute sa vérité? On ne pourrait le soutenir. Aussi, S. Éin. le cardinal Eampolla a agi bien sagement en écrivant une lettre de véritable diplomate où l'on admire cette habileté et cette prudence auxquelles il nous a depuis longtemps habitués.
Dans sa lettre, le cardinal ne fait pas mention des évêques. Il n'avait pas à en parler. Il répond, en effet, à un Supérieur général qui, comme tel, n'est pas sous la puissance directe des évêques; de plus, même pour les Congrégations soumises à leur juridiction, si les évoques peuvent donner des avis et des conseils, comme ils n*ont qu'un droit assez restreint de surveillance ou d'administration des biens des religieux, le dernier mot reste toujours aux Congrégations propriétaires; ce sont celles-ci, après tout, qui sont aussi mieux à même d'apprécier, sous toutes ses faces, une situation qui les concerne directement.
En résumé, S. Ém. le cardinal Rampolla se borne à dire au supérieur qui l'interroge : L'opinion publique, surtout, si elle est basée sur des discours comme celui qui est cité, non plus que les avis des évêques qui n'ont que droit de conseil, ne doivent pas imposer aux Congrégations une ligne de conduite, et ne peuvent « leur enlever la pleine liberlé de prendre la détermination qui convient le mieux à leurs intérêts. »
Quelques-uns ont voulu épiloguer sur ce mot intérêts, et souteuir que, par là, le cardinal secrétaire d'État niait qu'il y eût dans le payement de la taxe un fait soumis à la conscience ou un principe d'honneur. Ils tiennent à n'y voir qu'une affaire d'intérêts matériels et de gros sous. Il s'agirait, pour les Congrégations, de calculer comment elles auraient à verser une somme moindre, soit en se rendant elles-mêmes chez le percepteur, soit en attendant que l'huissier mette leur mobilier et leur maison à l'encan pour se payer lui-môme.
Ce serait faire une injure gratuite au Saint- Père et aux Congrégations de dire ou depenserque, par ce mot, leurs intérêts, ils n'ont voulu entendre que les intérêts matériels.
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S'il ne s'agissait que d'argent, est-ce que le Saint-Siège regarderaitla question comme «extrêmementgraveet délicate?» Dirait-il « qu'elle présente les aspects les plus divers, » qu'il fau^ l'envisager u à tous les points de vue, » peser toutes les circonstances locales avec un esprit calme et débarrassé des premières impressions, avec toute la sollicitude dont sont capables les évêques et les religieux, pour déterminer une ligne de conduite digne et conduisant à de bons résultats ? (Lettre du 3 mai au cardinal Meignan.)
Dans la Note dont les cinq Congrégations ont accompagné te Mémoire de M. Louchet, on ne dit rien des intérêts matériels; il n'est parlé, au contraire, « que des intérêts religieux qui leur sont confiés, » et les Congrégations déclarent s'être placées « aux divers points de vue que comporte leur situation. » De même la Note des Frères des Écoles n'est inquiète que pour les œuvres et pour les intérêts spirituels. Le supérieur qui a consulté le Saint-Siège ne mentionneque la conscience, l'honneur et les plus grands maux. Il ne dit rien non plus des intérêts matériels.
Pour le Saint-Père et pour les Congrégations « les intérê ts que celles-ci ont à sauvegarder » sont sans doute leurs propriétés nécessaires pour vivre; mais au-dessus des propriétés, c'est Xhonneur qu'il faut sauver pour être dignes ; ce sont les œuvres, c'est la Congrégation, ce sont les intérêts de l'Église et de Dieu qu'il faut défendre, pour écarter les plus grands maux. Sauver les biens au détriment de sa dignité, et en laissant porter atteindre aux droits et à la liberté de l'Église serait-ce « conduire à de bons résultats? » Or, le Pape maintient encore aujourd'hui les avis de sa première lettre.
Dans une lettre autographe que nous avons lue, écrite le 27 août dernier à un archevêque de France, le Souverain Pontife s'exprime en ces termes : Spe fuUi vos consulturos utiad religiosœ rei utilitatem maxime conferet;\e Pape espère que les conseils des évêques viseront à sauvegarder par-dessus tout les intérêts de la religion.
Nous conckirods donc, avec la Semaine religieuse de Cambrai, que, da«9 les réponses de Rome, il s'agit de l'ensemble de tout ce qui peut intéresser les Congrégations, qui aiment leurs œuvres, mais qui aiment. aussi l'Église de Jésus-Christ, et cbactm de ces intérêts doit être placé et pesé par elles, au rang et avec la valeur qui lui appartiennent.
Le Pape a donc refusé de se prononcer explicitement sur la question tie conscience; il se tait à dessein. C'est aux Congrégations de voir ce qui convient le mieux aux intérêts d'ordres différents, qu'elles sont chargées de sauvegarder. 11 s'est borné à permettre de ne pas se soumettre à la loi : c'es assez la condamner.
Les évêques de France n'ont pas cru nécessaire d'être aussi réservés. La plupart se sont prononcés et, comme les cardinaux de Reims et de Paris, ils ont affirmé qu'en conscience les religieux ne doivent pas se prêter à l'exéciilion des dispositions de la loi.
Le clergé, les catholiques en masse envisagent la situation de la même façon. Ils ont affirmé leur manière de voir, soit isolément, soit dans les réunions et les Congrès, notammenldans celui de Lyon.
La grande majorité des Congrégations d'iiommes et de femmes, reconnues ou non, après avoir examiné dans le calme et la prière les conditions où elles sont mises, ont répondu à une enquête générale, qu'elles considèrent comme une obligation de conscience pour elles de s'exposer aux dangers mêmes les plus graves, afin d'éviter de se sounieltre à cette loi et d'y coopérer même matériellement.
La presse catholique paraît divisée. Mais ici les divers gences d'opinions ne sont peut-être que des affaires personnelles et purement accidentelles. La presse est pour la résistance.
Quelques évêques, toutspéciaJementMgrFuzet,ne partagent pas Fa vis commun; quelques Congrégations seraient austei portées à admettre la légitimité de la soumission. Gomiite