‹ ‚Ķtude critique des diff√àrents traitements de l'ophtalmie symathiqueChapitre 11 sur 24 · II. — Le globe conserve ses dispositions constitutives · texte numérisé non relu

II. — Le globe conserve ses dispositions constitutives

Quand Boucheron a commencé ses expériences sur la section optico-ciliaire, c'était dans le but de pratiquer l'atrophie du globe ; il s'aperçut, non sans un certain étonnement, que l'intégrité de l'œil était en partie conservée, et il put donner en 1876, à La Société de Biologie, le résultat de ses travaux : « Les sections des nerfs optiques et des nerfs ciliaires n'amènent généralement pas la désorganisation du globe oculaire. »

Redard arrive à peu près aux mêmes conclusions clans les recherches qu'il a publiées dans sa thèse.

Cependant le même auteur, à la suite d'expériences publiées à la Société de Biologie dans la séance du 19 juillet 1880, arrive à des résultats différents !

« On n'aboutit assez fréquemment qu'à des insuccès, la cornée se perfore, l'iris s'enclave, le globe de l'œil s'atrophie rapidement, (les insuccès arrivent surtout dans des cas où du sang, épanché en arrière du globe oculaire, empêche la réunion immédiate, ou bien lorsque le globe oculaire a été dénudé à sa partie supérieure et au

voisinage de l'insertion du droit supérieur La cause de ces

accidents nous paraît tenir à la lésion des vaisseaux ciliaires antérieurs. »

Telles sont les données de l'expérimentation, données offrant une évidente contradiction que nous ne pouvons expliquer que par la difficulté du procédé opératoire ne permettant pas au physiologiste de se placer dans les mêmes conditions.

Arrivons maintenant aux résultats cliniques :

Sur les quatre observations de Dianoux, nous trouvons notée trois fois une diminution dans la tension du globe ; et, dans une de ces trois observations, il y eut ulcération et perforation de la cornée avec une atrophie telle qu'on put adopter un œil artificiel.

Dans presque toutes les autres observations, la diminution de tension est la règle; dans un cas de Schœler(l), où il y eut aussi perforation de la cornée, elle est dite remarquablement descendue au-dessous de la normale. Enfin, chez beaucoup de malades, on a noté un certain degré d'atrophie, assez prononcée parfois pour admettre la prothèse immédiatement après la guérison.

Parfois, les troubles de nutrition sont plus accentués et vont jusqu'à produire une kératite neutro-paralytique. Le plus souvent, l'ulcération guérit en quelques jours ; dans d'autres cas, au contraire, le processus destructeur poursuit sa marche, et la cornée se nécrose complètement, comme dans les cas de Lanclesberg, de Santarnecchi (2) ; de Viscentis a eu un cas de sphacèle du bulbe.

Poncel (3), dont les analyses microscopiques ont démontré les troubles trophiques qui se passent dans l'intérieur du bulbe, les attribue non pas tant à la section des nerfs qu'à la section des vaisseaux et recommande de faire porter la section au moins à six millimètres en arrière du pôle « ce qui donne encore une sécurité suffisante pour couper tous les nerfs ciliaires et permet d'éviter la section des artères trop rapprochées de l'œil ».

(1) Obs. XIV de Redard.

(2) Santarnecchi, Nécrose de la cornée, Ann. d'ocul., 1880.

(3) Poncet, Sect. du trijumeau, Arch. cïopht., T. I, p. 417.

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