‹ ‚Ķtude critique des diff√àrents traitements de l'ophtalmie symathiqueChapitre 17 sur 24 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

Enucléation.

En déclarant bien terrible, mais cependant quelquefois bien justifiée, la triste nécessité d'enlever un œil pour préserver son congénère, White Cooper émettait le premier l'idée d'appliquer l'énucléation au traitement de l'ophtalmie sympathique.

L'année suivante, en 1854, Fritchard de Bristol réalisa en pratique l'idée de Cooper, et, sur vingt cas traités par ce procédé, il obtint vingt guérisons. — Un tel résultat obtenu dans des circonstances où les autres traitements employés jusqu'alors restaient impuissants, devait créer à l'énucléation une large place dans la thérapeutique oculaire. Depuis longtemps déjà on avait tenté, dans certains cas de moignons douloureux, l'extirpation de l'œil; mais, en raison de la gravité bien connue de cette opération, on n'y avait recours que dans des cas exceptionnels. Bonnet de Lyon (1), en 1841, était venu, en créant le nouveau manuel opératoire de l'énucléation, rendre l'ablation totale de l'œil aussi bénigne que facile à exécuter. Dès lors, le traitement de Cooper réalisait les meilleures conditions de succès, et il ne lui manquait, pour entrer définitivement dans la pratique courante, que de vaincre les dernières répugnances des ophtalmologistes en effaçant jusqu'au souvenir des dangers de l'extirpation.

Pendant longtemps, il fut considéré comme la seule méthode thérapeutique applicable à l'ophtalmie sympathique ; des milliers d'yeux furent énucléés, surtout en Angleterre, et pour un

(1) Bonnet, Traité des sections tendineuses. Lyon, 1841.

moment on put croire que le véritable traitement, cherché depuis Wardropp était enfin trouvé.

Mais bientôt une vive réaction se fit, d'autant plus violente qu'avait été grande la tendance à l'énucléation. On accusa celle-ci de produire une mutilation qui, dans certains cas, aurait pu être épargnée au malade; on lui reprocha de causer parfois des accidents graves ; et enfin, dans ces dernières années surtout, son action curative fut mise en conteste. Parmi les auteurs, les uns défendirent l'énucléation et ne lui ménagèrent point leur confiance ; d'autres, comme Schweigger et Manthner, s'y déclarèrent franchement opposés. De quel côté se trouve la vérité ?

Pour essayer de résoudre cette question, nous allons examiner l'opération au point de vue de ses dangers, de la mutilation qu'elle occasionne, et de son action curative dans le traitement de l'ophtalmie sympathique.

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