CHAPITRE III
TR HIEHEXT CHIRIRGKAL
En présence de cette insuffisance du traitement médical, un ne tarda pas à songer à une intervention plus active : la difficulté était de savoir sur quel point il fallait faire porter cette intervention, si l'on devait agir sur l'œil sympathisant ou sur l'œil sympathisé.
Les idées que l'on avait alors sur la pathogénie des accidents sympathiques étaient trop vagues pour être d'un utile secours dans une question aussi difficile. Demours, en 1818, avait résumé tout ce que l'on savait sur la question, en disant que l'œil sain est, par sa liaison sympathique avec l'autre, continuellement exposé au même sort. C'était déjà beaucoup d'avoir saisi la relation qui existait entre l'affection du second œil et celle du premier ; c'était bien peu, pour établir scientifiquement sur des données aussi indécises, la base d'un traitement rationnel.
Ce que l'on ne pouvait obtenir par une déduction scientifique rigoureuse, fallait-il le demander à l'expérience ? Mais l'ophtalmie sympathique, de date récente, offrait aux cliniciens, un champ trop restreint, pour qu'ils y pussent trouver une abondante moisson de faits ; et, d'autre part, l'extrême difficulté de produire à volonté l'ophtalmie sympathique empêchait de recourir à l'expérimentation in anima vili.
Heureusement, le hasard, aidé par un habile observateur anglais, vint, à propos, sauver la situation : Il existe, chez le cheval, une affection oculaire qui attaque d'abord un œil, puis l'autre, et finit par détruire la vision. Si le premier œil suppure et s'atrophie, l'autre reste indemne. Les vétérinaires avaient déjà fait cette remarque curieuse, et, imitant la nature, avaient coutume de détruire l'œil malade pour sauver l'autre.
A Wardropp revient le mérite d'avoir saisi la relation qui pouvait exister entre cette pratique en usage dans la médecine vétérinaire et le traitement de l'ophtalmie sympathique chez l'homme : « Un pourrait, dit-il, obtenir aussi quelque avantage, « en appliquant avec discernement à l'homme, dans certaines € affections où le mal, attaquant d'abord l'un des yeux, passe « ensuite à l'autre pour y déterminer la cécité complète, l'opé- « ration qui réussit si bien chez les animaux. »
Dès lors, la voie est tracée, la direction principale est donnée au traitement, et la thérapeutique chirurgicale, si variée qu'elle ait été dans la suite, a désormais un but qu'elle ne perdra pas de vue, la suppression, en totalité ou en partie, de l'œil sympathisant, point de départ de l'affection.
Avant d'étudier les différentes modifications du traitement indiqué par Wardropp, occupons-nous d'abord d'une méthode moins rationnelle applicable seulement à quelques cas particuliers, et que l'on a voulu, pour un moment, ériger en méthode applicable à la généralité des cas ; nous voulons parler de l'iridectomie.
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Iridectomie.
L'iridectomie est née du besoin de substituer au traitement de Wardropp une mesure moins radicale. Un a cru lui trouver de nombreuses indications plus ou moins justifiées dans la suite, et l'on en a essayé l'application sur l'œil sympathisant et sur l'oeil sympathisé. Etudions d'abord son action sur ce dernier :