I. Voir p
prenlis, la construclion n'existant pas à Toulouse. II n'y a g^uère que des ateliers de réparations et des g-arages. Or, rien de plus variable que le temps de formation des innombrables gamins, à la classique veste de toile bleue, qui ont envahi les garages, dans l'attirance d'un métier de luxe. Ils s'intituleront facilement mécaniciens quand ils sauront tout au plus faire les réparations élémentaires et justifier de leur capacité de chauffeur. Trois mois, six mois, un an suffisent alors aux plus dégourdis, et, de l'avis de beaucoup de patrons, il n'y a à Toulouse, dans cette forme d'industrie, ni ouvriers, ni apprentis véritables : sauf peut-être dans quelque atelier plus complet où certains se spécialiseront à l'ajustage, au tour, après avoir passé deux ou trois ans à la forg-e, il ne se formera le plus souvent que des « bons à tout faire ». Et ce n'est pas, à part quelques indispensables exceptions, Touvrier d'industrie, me disait le représentant toulousain d'une des meilleures marques françaises, l'ouvrier apte, dans une g-rande usine, à devenir outilleur^ qui se fera embaucher dans les g-arages. Chez les menuisiers, l'apprentissage dure en fait assez généralement trois ans, suivant d'ailleurs l'usage local. Chez les maçons, chez les plâtriers, grande variabilité : en réalité, manœuvres dès le début et pour un temps plus ou moins long, c'est au hasard des circonstances et du goût manifesté pour le métier qu'ils efïectuent et terminent leur apprentissage. Quant aux ferblantiers et zingueurs, dans la plupart des cas, leur apprentissage se poursuit longtemps, sans qu'on puisse préciser à quel moment il se termine.
Voici mainlenanl, dans la salle de piqûre d'une grande manufacture de chaussures, une jeune fille de treize à quatorze ans : elle est dressée par la mécanicienne qui se charg-e d'elle, sans que le patron ait à intervenir. Elle restera ainsi deux ans en moyenne, quelquefois trois, la mécanicienne récupérant sur le travail de l'apprentie les efforts qu'elle dépense à lui apprendre. S'il s'ag-it du travail à la table, où se prépare le travail de la machine, l'apprentissag*e ne dure g'uère plus d'un an. Il se prolong-e encore moins longtemps dans les ateliers de la même usine qui occupent des ouvriers : là, en effet, si ce n'était la question de force nécessaire pour conduire certaines machines, quelques mois à peine suffiraient le plus souvent à dresser un apprenti. Nous tenons même à ce sujet d'un ouvrier, dont les propos nous ont élé confirmés par le patron, qu'entré, il y a plusieurs années, dans la maison, après avoir été quelque temps maçon , il apprenait très rapidement à conduire une machine et pouvait, au bout de sept jours, (( se faire » déjà i8 francs par semaine. Ici apparaît rintérsssant problème des rapports de l'apprentissag'e avec le développement du machinisme : nous aurons à y revenir plus tard^ Dès maintenant, toutefois, sans rappeler l'exemple de ces apprenties mécaniciennes en chaussures qui font une sorte d'apprentissag*e d'au moias deux ans, nous pouvons sig-naler les brodeuses d'un atelier (articles de literie) où l'on emploie des machines à pédales activées par un moteur à vapeur : a L'apprentissage est long^