EspiNAssE, op. cit.^ passim
2. Une autre cause influe sur la difficulté du recrutement des modistes : les veillées non payées. Mais c'est une cause qui, de l'avis de tous les patrons, a elle-même en partie sa source dans les exigences économiques d'une concurrence que rien ne limite (cf. Espinasse, op. cit., p. 244); cf. p. 84. — Notons, en opposition, le désir intense chez toutes les ouvrières des industries saisonnières de la suppression des veillées.
où sont employés prés de 80 enfants, certains jeunes apprentis parviennent à g-ag'ner, suivant les spécialités, o fr. 5o c, I franc par jour à i3 ans, ou encore 12 francs par semaine à i5 ans. Nous trouvons les mêmes prix de o fr. 5o c. par jour durant les deux ou trois premiers mois dans une manufacture semblable. Dans les g-arag-es, les plus dégourdis gagnent i'apidement i franc par semaine, puis o fr. 5o c. par jour, et peuvent arriver à 5 francs- par jour, « pour faire des réparations, et encore mal », selon l'expression d'un directeur de g-arag-e. Telle grande fonderie prend les apprentis à o fr. 5o c. par jour au début, avec aug'mentation prog-ressive de i fr. 26 c. et de 2 francs jusqu'au salaire de 2 fr. 5o c, qui est celui de demi-ouvrier après les 9.000 heures effectives. La maison donnait, il y a peu de temps encore, à la fin de l'apprentissage, une prime de 226 francs, qu'elle a dû supprimer en raison, m'a dit son directeur, des trop nombreuses sollicitations. Chez les maçons, l'apprenti est g-énéralement payé en entrant : en fait simple manœuvre, il peut arriver néanmoins à faire des journées de 2 francs ou 2 fr. 26 c. Chez les menuisiers^ il g'ag'ne le plus souvent i franc par jour au bout d'un an, 2 fr. 5o c. ou 3 francs la troisième année, et, en outre, des gratifications si le patron est content de lui. Un patron me citait le cas d'un de ses anciens ouvriers qui, après deux ans d'apprentissag'e, touchait effectivement 3 francs par jour. Dans le collag'e des papiers peints, les apprentis, dont se charg'ent les ouvriers et non les patrons, g-agnent facilement o fr. 5o c. par jour et i franc dès qu'ils sont un peu au courant. Dans Timprimerie, nous
avons déjà vu* que VUnion typographique toulousaine lendail à iniposer, pour les deux années de grâce, le tarif minimum : 3 francs la quatrième année, 4 francs la cinquième. Pour les débuts, telle g-rande maison paye o fr. 5o c. par jour au bout de 3 mois. Tel petit patron, occupant moins de personnel mais proportionnellement plus d'apprentis, leur donne i franc par semaine à la fin du premier mois, puis progressivement i fr. 25 c, i fr. 5o c, etc., jusqu'aux 25 et 3o francs qu'ils toucheront comme ouvriers, parfois dès les cinq ans d'apprentissag-e terminés, suivant le principe fixé par les syndicats. Une autre imprimerie importante paye o fr. 5o c. la première semaine. Voici, d'ailleurs, un des apprentis qu'elle occupe : i4 ans, intelligent, actif, il est entré le 24 octobre dernier et touchait, au commencement de mai, i fr. 75 c. par semaine. Avant d'observer, dans les métiers de femmes, quelques autres cas d'apprentissage payé, citons encore les coupeurschemisiers où, notamment dans une grande maison, les apprentis reçoivent, après 3 mois, 5 francs, puis 10 francs et jusqu'à 20 et l\o francs par mois durant les trois premières années. Chez les couturières ou tailleuses, le salaire est généralement de 10 francs par mois la première année, avec augmentation progressive de 5 francs chacune des années suivantes. Il y a toutefois quelques variantes. Une ouvrière m^a déclaré n'avoir rien gagné pendant les six premiers mois. En revanche, mais rarement, quelques ateliers donnent o fr. 5o c. par jour en entrant. Plus fré-