‹ Étude sur l'apprentissage à ToulouseChapitre 37 sur 50 · I. Voir p · texte numérisé non relu

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c'est toujours sans indemnité des parties que finissent pour un motif quelconque les conventions d'apprentissag-e : du moins^ cela m'a été confirmé dans tous les métiers observés^ que le salaire y fût versé à la semaine ou au mois. Quelques maisons exig*ent et s'imposent elles-mêmes en principe un avertissement à l'avance. Mais dans l'application, en cas de brusque rupture, aucune des parties ne poursuit l'autre, et nous avons vu la pénurie d'affaires de ce g-enre au Conseil de prud'hommes ^ « Nous n'usons pas de tout ça », me déclarait le patron d'une g-rande usine. C'est que, outre la difficulté que nous avons notée de trouver une responsabilité elfective chez l'apprenti, bien des, patrons craindraient que les débats ne missent trop en lumière la façon dérisoire dont ils enseig'nent le métier. Remplissent-ils toujours, en effet, les devoirs qui s'attachent à leur fonction?

Obligations réciproques des parties. — Et l'examen des faits va-t-il nous révéler l'exécution, chez les deux parties, d'oblig-ations réciproques, tant au point de vue professionnel que moral? Nous touchons ici au point dominant de la question. Nous avons étudié le fonctionnement de l'apprentissag-e sous ses aspects successifs, et nous avons pu constater que, dans son caractère g-énéral, ses formes extérieures, ses conditions matérielles, ses modes de cessation, il

I. D'ailleurs, nous n'avons pu trouver dans les recueils de jurisprudence aucune décision intéressante sur la question. (Il ne s'ag-it, en effet, ici, que des apprentis et non des ouvriers.) Ce qui semble bien confirmer les résultats de notre enquête particulière.

exprimait une incohérence vérilable, livre par la pression d'exig-ences diverses aux seuls besoins ou caprices individuels. Maintenant, va nous ap[)araître la conclusion qu'il était aisé de pressentir. L^îbsence de g-aranlies, institution ou simple règle même, doit, comme conséquence logique, entraîner la disparition progressive de toute obligation, qui n'a plus, en effet, désormais de soulien. En fait, (ju'en subsistet-il encore?

Au point de vue professionnel, bien des patrons agissent comme s'ils ne voyaient dans l'apprenti que l'utilité immédiate dont leurs maisons peuvent bénéficier. De là vient que certains prolongent outre mesure l'apprentissage, sans souci de l'avenir personnel de l'enfant : de l'avis d'ap])rentis de divers métiers, cette cause contribue à activer ce changement d'une maison à l'autre que nous observions, et le remède est pire que le mal. D'autres patrons, tout en maintenant une durée moyenne, laissent trop souvent l'apprenti se spécialiser dans une tâche. Or, si le développement du machinisme, par la division du travail qu'il implique, autorise sans inconvénients trop graves cette spécialisation, un grand nombre de travaux qui exigent une intervention personnelle de l'ouvrier (et nous savons que le travail de certaines machines fait partie de ces derniers^), du maçon qui bâtit un mur de briques jusqu'à la modiste qui (( crée » un chapeau, demandent pour cette raison la connaissance générale du métier. J'ai entendu faire ce reproche à quelques imprimeurs, qui auraient

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