‹ Étude sur l'apprentissage à ToulouseChapitre 40 sur 50 · Voir p · texte numérisé non relu

Voir p

raccroissement progressif des charg-es fiscales? Dans une société tout s'enchaîne, tout se tient : quand seuls les individus ont une existence sociale, ils doivent seuls supporter TefFort de cette existence qui, ne s'exprimant plus par la marche régulière d'institutions fixes et indépendantes, les emporte alors pour les rejeter dans son tourbillon vide et sans cesse accru. Où sont les corps de métier, où sont les familles professionnelles qui formaient jadis l'ossature du monde ouvrier et peuplaient de leurs forces déjà ordonnées les cadres protecteurs des corporations? J'ai bien rencontré quelques cas de fils suivant la profession de leur père : un imprimeur, un coiffeur, un menuisier ; mais on les compte presque, et ce dernier m^iffirmait : « A Toulouse, dans la menuiserie, il n'y a pas plus de quatre à cinq fils de patron qui continuent. » Continuer, mot mag-nifique où se révèle l'essence véritable de la vie sociale! N'éclaire-t-il pas mag-iquement cette autre expression jaillie des lèvres d'un homme de métier : a S'il n'y a pas une réaction quelconque, dans dix ans nous aurons de la peine à faire de jolis travaux. » Réag"ir contre la décomposition individualiste qui permet aux aveug'les forces économiques de tout dominer, de tout absorber, un tel mot exprime à son tour les nécessités brutales où demeure enfermé l'avenir de l'apprentissag-e^ Ces nécessités, qu'il fallait, pour être équitable, rappeler ici avec tous leurs effets, suffisent-elles pourtant à justifier chez les patrons la méconnaissance de leurs obligations pro-

Page 1